Dans ma seconde vie qu’est Internet

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 En y réfléchissant, j’aurais pu avoir une vie heureuse et sans problème.
Après tout, mes parents m’aiment malgré la difficulté que présente mon père à communiquer et ma sœur semble m’apprécier malgré notre manque évident de complicité. Je vis correctement, je mange à ma faim tous les jours, je suis habillée et j’ai même accès au besoin superflu que représente internet. C’est d’ailleurs ce dernier qui a déréglé ce semblant d’harmonie pour laisser place à un joyeux calvaire.

Déjà gamine, je ne me sentais pas adaptée totalement dans la société qui m’entourait. Pourtant jamais seule, je ne me suis jamais totalement sentie intégrée dans mon groupe. J’ai toujours regardé les relations que se créaient les filles entre elles avec une certaine distance. Je les ai d’abord enviés, désirant moi aussi connaître ses liens si forts qui les unissaient puis, je les aie considérées comme un tas de mensonges et de faux-semblants. Avec les garçons c’était assez semblable, j’en étais entourée dans le milieu scolaire sans pourtant pouvoir en attirer un quelconque regard. Dès mes onze ans j’ai souffert de ce manque d’attention tandis qu’internet m’ouvrait grand les bras. Un endroit merveilleux, n’est-ce pas ? Où tout semble possible, des milliers… que dis-je ? Des millions et des millions de personnes accessibles, un réseau immense d’amis potentiels. Les jeunes de mon âge me semblaient peu intéressants étant donné qu’on m’avait conforté dans l’idée que j’étais trop mature pour eux. Alors, j’ai cherché à m’élever en traînant dans des endroits où seuls les adultes se logeaient, je m’y faisais passer la bas pour beaucoup plus vieille sans réelles difficultés, c’est toujours plus facile lorsqu’on pianote sur un clavier d’ordinateur. Bien que je ne me souviens pas de la qualité de mes discussions, celles-ci ne semblaient pas trop mals pour une gamine de onze ans. J’étais peut-être un peu plus mature mais je restais une enfant et… les enfants sont vulnérables.

Dans cette seconde vie que m’apportait internet, j’étais fière de mes mensonges qui m’apportaient une grande distraction. L’on dit bien qu’il ne faut pas jouer avec le feu puisque j’ai rencontré sur internet un homme. Je dis bien un homme puisqu’il avait trente-sept ans tandis que j’étais sur la fin de mes onze ans. J’ai discuté avec cet homme durant longtemps, aussi bien à l’écrit qu’en vocal – ma voix grave me permettait de me faire passer pour beaucoup plus vieille que je ne l’étais -. Puis, au fur et à mesure des conversations, cet homme qui me pensait être une jeune femme d’une vingtaine d’années à commencer à me faire la cour. C’était la première fois que quelqu’un s’intéressait à moi et je vous confie que cela a flatté mon égau à un plus haut point. Ainsi, je promettais déjà à cet homme monts et merveilles lui faisaient croire à une future romance dans la vraie vie. J’étais donc en couple sur internet avec un homme qui avait plus du double de mon âge et qui fut bientôt plus gourmand en demandant des photos de ma personne. Alors, je me suis contentée de lui donner une pauvre photo de très mauvaise qualité de moi-même qui pouvait laisser croire que j’étais beaucoup plus âgée. Mais les hommes sont friands de ces choses, il en demandait encore mais… je refusais. En contrepartie, j’ai accepté d’échanger quelques mots sensuels avec lui au téléphone. J’étais si excitée de pouvoir plaire que je ne me rendais pas compte de la bêtise qui m’envahissait. Ainsi, ma première masturbation au téléphone faite, il en suivit d’autres…
L’homme proposa de me voir, plusieurs fois, je refusais mais il insistait. Alors un jour, j’ai accepté… J’étais dans un immense pétrin, que faire . J’ai donc pris mon courage à deux mains, et j’ai envoyé un SMS pour dire que je ne voulais plus de cette relation. Cela peut sembler ridicule mais même par le biais d’internet une gamine de douze ans peut s’attacher à un homme de trente-sept ans, j’ai donc pleuré toutes les larmes de mon corps.

Mais, l’homme revint vers moi, il était réellement blessé de cette « rupture » et tenait à l’image idéale que je lui donnais de moi. Comment résister à la promesse d’une jeune et jolie blonde de vingt ans ? C’est alors que j’ai continué à mentir, me plaisant presque à jouer avec cet homme qui était à cette heure victime de moi. Il m’a plu de lui raconter que j’étais en couple dans la vraie vie avec un autre homme mais que celui-ci était méchant avec ma personne et m’avait même frappé. Inutile de préciser que j’étais perturbée mais l’on peut remarquer que j’avais un certain goût pour les mélodrames. Et… dans ce cycle infernal, j’étais à nouveau pendu virtuellement à ses bras. J’ai continué la découverte de ma sexualité via ses instructions quand j’ai craqué à nouveau. Je lui ai à nouveau inventé un immense mensonge pour lui expliquer notre rupture. Mais, lorsqu’il est revenu vers moi j’ai trouvé bon de ne plus lui mentir qu’à moitié. En effet, je lui ai avoué que j’étais mineure et pour ne pas le choquer totalement que je lui ai à nouveau menti sur mon âge. Tandis que je lui disais que j’avais quatorze ans, j’en avais en vérité douze ans et demi.
C’est alors que l’improbable s’est produit. Alors, que je m’étais préparée à me faire jeter par l’homme à qui je m’étais indéniablement attaché, celui-ci a trouvé bon de me dire que malgré tout il m’aimait et qu’il voulait tout de même me rencontrer en vrai. Eh bien, j’étais « amoureuse » alors, j’ai dit oui

Ma première rencontre avec cet homme n’a pas été comme je le pensais. Je maudis aujourd’hui ce jour qui n’a fait que m’embourber dans un cercle vicieux dont j’ai eu du mal à sortir.
C’était en mars il me semble et je me rappelle tout à fait encore comment j’étais habillée, j’allais prendre mes treize ans dans quelques mois. Il était là dans sa voiture et je suis montée, on a parlé puis… il m’a embrassé. Nous avons à nouveau parlé lorsqu’il m’a présenté son sexe. Je n’en avais jamais vu alors il a trouvé judicieux de me montrer à quoi ça ressemblait. MAIS BORDEL MÊME SI J’ÉTAIS CENSÉE AVOIR QUATORZE ANS ON NE MONTRE PAS SON SEXE A UNE FILLE DE QUATORZE ANS QUAND ON EN A PLUS DU DOUBLE ! Eh oui j’ai touché son sexe, et oui celui-ci a même atterri dans ma bouche, je n’avais même pas encore douze ans et j’étais totalement inconsciente de mes actes…
Et puis, nous sommes partis à l’hôtel, j’étais curieuse, trop curieuse pour mon âge. Ma première fois s’est donc déroulée dans un hôtel bas de gamme avec un homme qui avait deux enfants plus âgés que moi.
Après cet acte, je me suis sentie obligée de révéler quelques semaines plus tard à cet homme que j’étais plus jeune qu’il ne le pensait, j’allais en effet bientôt prendre mes treize ans, j’en avais donc douze. Il était en pleurs et répétait « Je suis un pédophile, je suis un pédophile ». J’ai cru que c’était fini pour de bon, je pleurais également, j’étais attachée.
Pourtant, il a dit qu’il m’aimait malgré tout et qu’il voulait rester avec moi, il m’a demandé de mettre ma webcam et de me masturber devant lui.

Ainsi, j’ai eu une relation amoureuse avec un homme qui avait plus du double de mon âge pendant plus d’un an, c’est-à-dire jusqu’à mes quatorze ans. Je mentais à mes parents en leur disant que j’allais voir des amies. Chacun moi il venait un week-end et nous nous retrouvions dans un hôtel pour avoir des relations sexuelles. Nous étions comme un couple finalement, on sortait au restaurant, on s’offrait des cadeaux. Pourtant un truc clochait, nos âges. Nous nous tentions de nous persuader que ce n’était qu’un détail et qu’à mes dix-huit ans tout irait mieux et que notre amour serait légalisé aux yeux de la loi. Ainsi nous nous cachions…
Puis mes quatorze ans passés, le corps de cet homme a commencé à me dégoûté, lorsqu’il venait je me forçais à coucher avec lui.
Énormément de disputes plus tard, j’ai décidé de rompre mais j’étais malgré moi rattacher à lui, après tout, c’était…mon premier amour…
Avec mon consentement il est revenu me voir uniquement pour du sexe. J’étais perturbée, je ne savais plus où j’en étais, il m’écœurait. Il est reparti puis via internet il a menacé de diffuser des photos de moi nue. Il ne l’a pas fait. J’ai coupé tous les ponts avec lui et j’ai décidé de ne plus jamais le revoir.

Aujourd’hui j’ai seize ans. Cette expérience n’a pas marqué que mon corps, elle a fait bien plus que ça. Elle m’a marquée tout entière, elle est irréversible, indélébile. Elle reste présente, dissimulée dans un coin de ma tête tandis que je tente d’avancer. Quinconce vous dira que je suis une adolescente normale car personne ne sait. Personne ne doit savoir. Elle reste là enfouie à tout jamais, bouillonnante, toujours prête à éclater. Personne ne doit savoir. Alors, personne ne sait et je suis seule face à cela, bien trop effrayée devant les conséquences qu’une poignée de mots pourrait déclencher.

Ma vie sentimentale et sexuelle ne s’est pas arrêtée pour autant.
Dans la suite de ma rupture j’ai connu des préliminaires pathétiques avec un garçon de dix-neuf ans qui après avoir obtenu son éjaculation a prétendu s’en vouloir étant donné mes quatorze ans. Je l’aimais.
L’année dernière, quelques jours seulement après m’être mise en couple avec un garçon j’ai faits des préliminaires avec celui-ci. Nous nous sommes quittés même pas après un mois de relation. Je ne l’aimais pas.
Durant les vacances d’été j’ai couché avec un garçon de nombreuses fois. Je ne l’aimais pas.
Durant les dernières vacances j’ai faits des préliminaires avec un même garçon dans des toilettes lors de deux soirées alcoolisées. Je ne l’aimais pas.
Le fait d’avoir d’autres expériences sexuelles m’aide peut-être à avancer. Elles effacent mes débuts et me permettent de faire disparaître peu à peu le mot « Pédophilie » de ma tête.

Mais je me sens sale, je me blâme en me disant qu’il n’est pas normal que je prenne du plaisir à ces actes étant donné mon passé. Mon passé a gâché mon enfance, a bafoué mon innocence et me pourrit encore pourtant, je ne sais sur qui remettre la faute. J’étais une enfant perturbée, je ne sais pas qui il était. Impossible de définir exactement ce passé.
Je n’ai pas grande confiance en mon avenir, j’ai l’impression de me laisser sombrer peu a peu. Je ne prend goût qu’aux plaisir facile, renonce devant toute difficulté, je n’ai aucune motivation et le sentiment que je vais finir mal.

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A toi

a toi

Faut que j’en parle, il le faut bien un jour, je dois dire ce que je ne pourrais jamais te dire en face que c’est par ta faute que je suis comme cela, toi que je considérer tant, toi qui m’a vu grandir et qui disait m’aimer, toi qui m’a fait souffrir et qui n’a d’ailleurs pas fini, oui à toi mon ancien meilleur ami as-tu prit conscience qu’à cause de toi ma vie n’a plus de sens?
Voilà j’ai subi un tsunami, pas n’importe quel tsunami celui qui ne cesse de te détruire, je suis comme un volcan, je brûle mais jamais je ne m’éteins, je suis morte au fond de moi et toi tu es bien vivant.
Moi je ne m’en sors pas, tandis que toi tu es heureux. Tout le monde parle de toi en bien, MA famille, Mes amies et moi je suis là, condamnées au silence parce qu’il ne faut pas salir ta réputation, attouchée, laissée comme cela, comme une moins que rien, comme un objet sans aucune valeur, tu étais tout pour moi !!!Cela ne signifie rien pour toi alors !!!Moi à moitié, mi violé, mi saine et sauve. J’ai droit à quoi moi?
Me souillais et obliger de continuer de te côtoyer ne t’a pas suffi, il a fallu que tu sois apprécié par ma famille, tes gestes, tes sourires de côtés, ta voix, à l’aide, à l’aide je n’en peux plus….
Je cherche comment en parler, quel terme dois-je utilisé, j’utilise le mot viol mais ce terme me semble trop violant. Un silence si pesant au bout de 8 ans, ma parole se libère peu à peu, je veux passer à autre chose, mais le chemin reste encore long.
Il m’a volait m’on insouciance et volé mon enfance, il a réduit mes rêvent et a fait les cauchemars accompagnée mes nuits. Comment oublier il me suffit juste d’être allongé durant des heures et de fermer mes yeux pour revivre ce cauchemar, parfois je me réveille et je ne peux m’empêcher d’haïr la vie et de me haïr.
Mais j’ai voulu disparaître, parfois je me sens sale et je suis dégouté au fond de moi, j’ai haï les hommes comme jamais je ne pouvais haïr et peut après je me suis haïe, je me sentais brûlait lorsque l’homme me touchaient, dégouter lorsqu’il me regarder ou me draguait, les câlins m’insupporte, les bisous aussi, même leurs compliments à mes oreilles sonnent faux. J’avais un besoin de reprendre le contrôle de mon corps ne plus rien manger être maigre ne plus avoir ses formes qui encouragent l’homme à me regarder, me faire vomir me scarifier en gros m’autodétruire de toute les façons c’est ce que je méritais chercher une solution pour ne pas attirait le regard de l’homme sur moi puisque c’est à cause de ce corps que j’ai étais violer.
J’ai mal X ne vois-tu pas que je souffre? Comment tu ne peux pas le voir, car devant toi la peur peut se lire dans mes yeux et malgré moi j’affiche devant toi ce mal que tu m’as infligé. J’aimerais que l’on m’enlève ce poids sur mon cœur, ne serais ce qu’une journée juste pour souffler, je ne demande pas beaucoup mais juste une petite journée.
Les autres me regardent, vite je dois sourire me montrer heureuse, faire la conne devant eux, car il ne faut pas qu’ils le sachent, il ne faut pas qu’ils le voient, mais malgré tous ces efforts j’ai l’impression qu’ils le voient quand même, est-ce marquer sur mon front que j’ai subi un traumatisme?
Je suis en larme et je ne vois plus rien, mais je tape toujours, X pourquoi me fait tu ça, ai-je méritais tout cela!!??REPOND MOI, je ne suis pas quelqu’un de bien c’est ça? Il est 00h et après tant de cauchemars je suis la assise par terre, ivre encore une fois, seule chez moi, ma bouteille comme seule compagnie, 8 ans après tu me fais toujours cet effet, cet effet ou je me sens misérable, une moins que rien.
Il n’existe pas de mots assez fort pour exprimer ce que tu m’as fait, j’aimerais pouvoir être enfin moi, est ce qu’un jour j’aurais la chance d’être cette fille-là ?
Aujourd’hui à bientôt 20 ans j’ai la sensation que ma vie est fini, alors que je devrais seulement la découvrir, à mes yeux le viol est une souffrance incomparable, tu sais j’aurais aimé disparaitre après, plutôt que de vivre toute ma vie avec ce souvenir qui me hante.
Personne ne peut comprendre, parce que les gens ne sont pas vous. Personne ne peut comprendre ce que je ressens moi à l’intérieur. Difficile d’être comprise, parler ces ceux que les gens disent, mais au début les gens nous entourent, seulement à un moment ils oublient, mais pas moi et c’est ce qui est le plus dur c’est que jamais je ne pourrais oublier.
8 ans après je m’accroche à ceux que la vie ma réservée et me réserve, à mes amie et à ma famille à mes rencontre d’un instant, à mes expériences amoureuses (qui sont d’ailleurs lamentable) et amicales, aux gens qui arrivent et qui repartent et a ceux qui y reste, je me suis façonnée ma bulle l’endroit où j’oublie tout , ou tout est rose et magnifique sa peut faire rire plus d’un mais moi ça me tient en vie, la détruire c’est me détruire ne pas chercher à y rentrer elle n’est faite que pour moi.
J’ai mis 3 jours à taper ces lignes, 3 jours waw j’aurais jamais penser y mettre autant de temps j’ai eu peur de cet lettre de la lire et de la relire et de la taper car ces mon histoire en fait , pas celle d’une autre la mienne la pire de tous, l’encre noir indélébile sur ma vie !taper, effacer, réfléchir au bon mot ,je n’es pas pu faire semblant d’avoir oublié cet histoire puisqu’en fait elle est ancrer en moi, j’ai la haine a certain passage j’ai ce dégout qui a étais encore plus fort et qui m’a empêcher de manger correctement durant ces 3 jours, au bout de ces 8 ans je n’es toujours pas fait le deuil de ce qui m’est arrivée je n’es pas mis de mot sur ma souffrance puisque très tôt j’ai voulu tourner cette page et je ne suis pas prête de la retourner, je ne mentirais pas je me sens un peu mieux de l’avoir dit, et lorsque j’apprends que des jeunes filles voir des garçons qui ont subi cela n’ont pas su ce relevé j’ai mal et une larme coule de mes yeux car je me dit que ça aurait pu être moi.
Chaque viol commis, chaque agression me ramène à mon histoire car même si chaque histoire est différente la peur est la même pour tout le monde, et la vie d’après dur pour chaque personne.
A celui que je croyais connaître, j’espère qu’un jour la haine que j’ai envers toi puisse s’atténuer, et qu’arrivé à te pardonner et ne plus continuer de te voir puisse m’aider à avancer.
Méli-mélo.

Ma première fois

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Cela pourra sembler très, voir trop personnel mais tant pis, je vais le faire tout de même et brièvement (ou pas finalement !).
Je veux simplement mettre des mots sur cette soirée, sur cette nuit, sur ce moment là. Parce que je m en souviendrais certainement bien longtemps si ce n est toute la vie. En fait, je ne sais pas si c est quelque chose qui marque autant que ça, si ma grand mère ou même ma maman s’en souviennent encore.
Je ne raconte pas cela pour me mettre a nue ou m en vanter (je ne vois pas en quoi je pourrais m en vanter d ailleurs) mais simplement parce que, je pense que c est une étape dans la vie d une femme et aussi parce que j aime écrire et avoir une trace des moments importants de la vie.
Certes, c est une étape importante mais je ne pense pas qu il faille sacraliser autant cette fameuse « première fois ».
De nouvelles sensations, de nouvelles notion comme celles de la nudité, la pudeur, la timidité parfois et l’appréhension. C est une approche différente avec son corps, avec le corps de l autre également. Mais après tout, chaque nouvelles fois avec un partenaire n’est pas une sorte de « nouvelle première fois » ?
Mais chacun à sa propre vision des choses, alors, sacraliser cette première fois et prétendre a ce que celle ci se réalise avec une personne qu on aime, avec qui on est en couple depuis quelques mois (bah oui sinon tu passes pour une « fille facile » ou « qui couche le premier soir ») je ne pense pas que c est essentiel ni même nécessaire pour que les choses se passent bien.

C était en Décembre dernier, une virée en boîte de nuit tant nous aimons danser jusqu’à en avoir mal aux pieds et des acouphènes en se couchant ! Nous sortons à nouveau et par surprise, ils sont encore là. Toujours plus beaux. Il faut alors qu’on discute.

Chose faite, nous passons une très bonne soirée tous ensembles et prévoyons de nous revoir.

Les semaines passent, nous discutons et le rendez vous est pris. Ce samedi, a la mi mars, nous nous rendrons chez eux.
La soirée se passe, nous discutons toute la soirée, nous rigolons, sans ambiguïté !
Vient le moment de se coucher. Nous jugeons finalement bon de rejoindre leurs lits respectifs, après mûre réflexion.
Je ne vous détaillerais bien entendu pas la suite des événements mais je veux tout de même en toucher deux mots.
Ma seule peur était de le regretter plus tard. Chose qui est arrivée à certaines de mes amies et que je ne veux en aucun cas ressentir moi aussi. Parce que du haut de mes 17 ans (je trouvais la phrase jolie, no comment !)je n’avais pas encore fait l’amour et c’était loin de là une quelconque honte ou je ne sais quoi, non, ce n’est en aucun cas une course.
Le principal, pour moi, n’était pas de le faire « pour le faire » mais de le faire lorsque je m’en sentirais capable, prête et lorsque j’en avais envie. Et si ce moment là arrivait avec une personne avec laquelle je ne suis pas en couple et que j’ai rencontré en boîte de nuit (et d’un côté, je n’aime pas écrire ça, c’est le stéréotype de la fille dévergondée et sans complexes)eh bien c’est comme ça ! Je me suis sentie prête, et je ne le regrette pas, pour rien au monde.
Le lendemain de cette soirée, je me suis jurée de ne jamais l’oublier. Parce que, sur le moment, on pense encore à cette fougue, au moment « tout neuf » qui vient de passer mais avec le temps, souvent, on oublie. Je ne veux pas oublier. Je veux me rappeler, toujours, que c’était un moment unique, doux, sucré, tendre. Tout était de l’ordre du respect et de la tendresse. Je ne regrette rien de rien et si c’était à refaire, je dirais mille fois oui.
Voilà comment, moi aussi j’ai dévoilé mon corps à quelqu’un. Un corps qui ne me plaît pas sur tout les points et que j’aimerais façonner selon mes envies mais ce serait bien trop facile ! Pendant ce laps de temps là, plus rien ne m’y a fait penser, j’étais juste bien.

Ca nous ronge de l’intérieur jusqu’au point de non retour

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Quand je repense à tout ce qu’il s’est passé depuis ma naissance, je me dis que j’ai quand même eu beaucoup de force pour tout garder pour moi et de courage surtout pour continuer à avancer.

Mon enfance a été assez douloureuse. Je n’ai quasiment aucun souvenir de ces périodes, mis à part les choses qui me hantent depuis enfant.
Je suis née d’une grossesse non désirée. Mon père était alcoolique, droguée et avait fait de la prison. Ma mère était une jeune fille de 19 ans un peu paumée.
Lorsqu’elle a appris sa grossesse il était trop tard pour elle d’avorter, elle a alors caché pendant un moment sa grossesse à la famille, car ça aurait été assez mal vu selon elle.
Quelques mois après ma naissance, mon père nous a mise à la porte toute les deux. Ma mère c’est réfugié chez son père. J’ai grandi en étant trimbalé un coup chez ma mgrand-mère, un coup chez mon grand-père, mon père me gardait de temps en temps les weekends.
Ma mère a toujours reporté sur moi la colère qu’elle avait envers mon père de l’avoir traité ainsi (elle avait été battue, rabaissée…). Elle voyait mon père en moi.
Elle s’occupait rarement de moi, c’était mes grand-parent qui jouaient son rôle, pendant qu’elle sortait faire la fête avec ses copines. J’ai grandi sans avoir vraiment de mère, puisque nous n’avions jamais tissé de lien et sans père puisqu’après nous avoir mis à la porte, ma mère a tout fait pour l’éloigner de moi.

A mes 2 ans, nous sommes allé vivre dans une autre région, car elle avait rencontré un autre homme (avec qui elle a eu ma belle-soeur).
Cet homme a eu du mal à m’accepter et me l’a fait ressentir pendant des années: il m’injuriait, me rabaissait, disait que je n’étais qu’une mois que rien, que j’étais idiote, sans cerveau, il m’a maltraité (il me donnait des douches glacées, m’enfermé dans le garage dans le noir à genoux sur le paillasson le doigt en l’air pendant des heures, me donnait des claques plus que forte cul nue à répétition, il a même été jusqu’à me donner des coups dans le dos une nuit…). C’était juste horrible.
Ma propre identité en à souffert.

Mon adolescence a été elle aussi difficile. Ma mère et moi on ne faisait que s’engueuler. Cris, larmes, claquements de porte, injures étaient notre quotidien.
Tout ce qu’elle m’interdisait, je le faisais. Elle était beaucoup plus complice avec ma petite soeur, qu’avec moi. J’étais comme invisible. J’ai essayé à plusieurs reprises de tenter des gestes de tendresse (l’enlacer), mais cela la gênée.
J’ai été violé par un garçon à mes 12 ans, trop naïve…je pensais que c’était mon ami, je l’ai invité chez moi quand ma mère n’était pas là. Il a demandé à voir ma collection de CD alors nous sommes montés dans ma chambre et là j’ai vécu un enfer…(je n’expliquerait pas en détail car ça fait trop mal).
Je pense que ce garçon a du raconter des choses sur moi au collège, car une fois en rentrant chez moi (c’était un petit chemin au bord d’un canal) deux garçons m’ont suivis, j’ai marché plus vite mais ils m’ont couru après. Un m’a attrapé et plaqué contre le mur, mis la main sur la bouche et à commencé à me faire des attouchements. L’autre garçon rigolait à côté. J’avais très peur les jours suivant de faire la route à pied seule. J’ai commencé a être mal dans ma peau ensuite. Je restais enfermée dans ma chambre et n’en sortait que pour l’heure du repas ou pour aller en cours (lorsque je ne les séchait pas).

A mes 19 ans, ayant signé un contrat d’un an, j’ai profité de l’occasion pour quitter la maison. J’ai alors pris mon appartement car la vie sous le même toit que ma mère était devenue impossible. Moins on se voyait, mieux c’était.

Entre temps, j’ai fait des recherches et j’ai retrouvé mon père, j’ai repris contact avec lui. Malgré que je lui en voulais de ne pas avoir été présent, je l’avais toujours porté dans mon coeur et souhaitais le rencontrer pour apprendre à le connaître et pourquoi pas rattraper un peu le temps. J’avais besoin de savoir qui était mon géniteur et connaître un peu plus ma famille (de son côté).
Nous avons échangé des mails et des coups de téléphones pendant quasiment 3 ans (il habitait une autre région, était sous tutelle). Nous avions décidé de nous rencontrer. Il était convenu qu’il viendrait dans ma région et prendrais un hôtel pendant quelques temps pour que l’on puisse passer du temps ensemble. Il faisait son possible avec sa tutrice pour faire des économies pour réaliser ce projet. Il y était presque…
Malheureusement, le 2 décembre 2012, il est décédé sur son lit d’hôpital. L’infirmière l’a trouvé tout bleu et crispé. Il était rentré à l’hôpital pour un sevrage alcoolique, il avait décidé de s’en sortir avant de venir me rencontrer. Il voulait me prouver qu’il pouvait y arriver, car il voulait retrouver sa fille qu’il aimait tant.
J’ai très mal vécue cette période. Je suis partie en train pour les funérailles mais arrivé là bas ceux ci ont été repoussé pendant 15jours (autopsie, enquête étaient en cours car il était décédé dans un hôpital). J’ai du repartir entre temps chez moi et n’ai pas pu assister aux funérailles de mon père, car je devais être présente au travail et mes jours de congés exceptionnels étaient épuisés.
Pendant mon séjour là bas, j’ai demandé à voir le corps. Je voulais lui dire « bonjour et au revoir », au moins voir son visage en vrai une fois…ça n’a pas était possible, la dame m’a répondu : « son corps est trop endommagé, il ne vaut mieux pas que tu le vois comme ça. »

Je n’ai pas eu le temps de me remettre du décès de mon père qu’en mars 2014, j’apprends que je suis enceinte. Ma 1ère grossesse, mon 1er enfant, vous n’imaginez pas mon bonheur dans ma tête. Le jour de la 1ère échographie, elle m’annonce que je suis à 8 semaine 1/2, qu’il mesure presque 5cm mais… qu’il est situé dans ma trompe droite. Je fais une grossesse extra utérine. Il faut m’opérer de toute urgence.
L’opération a eu lieu le samedi 27 avril 2013, ils m’ont enlevé mon enfant et ma trompe droite. Le père de l’enfant a préféré fuir que de me soutenir. Je suis passée à deux doigts de la mort, ma trompe avait éclatée et l’hémorragie interne commencée à être importante. Par la suite, il n’a pas été plus présent, j’ai du me débrouiller toute seule pour tout, malgré qu’il fallait que je reste coucher pour mes douleurs et cicatrices. Il m’a également rabaissée, injuriée. Peut être m’en voulait-il, je ne sais pas. En tout cas, moi oui j’avais une bonne raison de lui en vouloir, car il m’avait laissé seule.
Depuis ce jour là, mes journées sont devenues un enfer. Je voulais tant cet enfant…je l’aimais déjà tant…

Ensuite je me suis complètement renfermée sur moi-même. J’ai fait comme si tout allez bien, alors que rien n’allait, c’était dans ma tête un tourbillon d’horreur.
Jusqu’à il y a quelques semaines, où la couple pleine à céder par ces années de souffrance et d’accumulation. Me taire m’a tué à petit feu…
J’ai commencé à me mutiler le 16 mars et c’est fou mais ça me fait du bien. Je me sens tellement vide. Je ne ressens plus rien à part la douleur de tout ce qui c’est passé et la tristesse. Je ne sais pas qui je suis. Je n’ai aucune confiance en moi.
J’ai été voir le médecin le 17 mars dernier et j’ai craqué devant lui. Je n’ai pas tout raconté, je lui ai dit qu’il fallait que je vide mon sac parce que je n’en pouvait plus de vivre avec tout ce poids sur mes épaules.
Il m’a donné un traitement contre mes angoisses et me voit chaque semaine en psychothérapie maintenant.

Tout ça pour dire que, même si c’est difficile de parler des choses qui nous font mal, ça l’est encore plus si on les garde pour nous, car tôt ou tard ça nous ronge de l’intérieur jusqu’au point de non retour.

Mémoire corporel, naissance d’un déni, accouchement du bébé lointain.

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Mon corps est rempli de plis qui contienne trop d’histoire et trop de secret. Parle à ma main et celle-ci racontera une fourchette plantée dedans un soir à table. J’ai toujours peur quand mes enfants ont dans les 20 mois et que leur sens de la gestion de la fourchette est plus dans l’expérimentation que dans l’usage précis et conventionnel de l’objet. Quand on s’approche de mon front, pour l’embrasser, ou tout autre projet… en mois, je me souviens de ce jour en 1er maternelle où mon corps à violement rencontré un chauffage pendant la sieste car j’avais bougé trop près du chauffage et que je le suis retrouver en dessous. Dès ce jour, je n’ai plus dormis sur les matelas aux sols mais sur les lits de camps. Mon corps s’empreinte de son histoire, et m’interdit l’oubli. Et quand j’ose cette effronterie, il me le balance au moment qui est le plus inadéquat.
Je ne supporte pas les bisous dans le creux du coup que ce soit à droite ou gauche d’ailleurs mais pas derrière. Et tout autre contact là, me provoque des reflexe de protection. Ironique quand on aile le portage avec un porte bébé asymétrique de surcroit… il faut jouer de stratégie et d’ajuste pour préserver la zone sensible sous peine de se pencher. Cela me rappelle ces baisers préféré, à Lui .Cela me rappellent le dégout. Cette zone est interdite, et si je pouvais la laisser à l’air sans le moindre contact, j’en serais heureuse. J’ai appris à supporter les cols des pulls et les écharpes.
Il ne faut jamais me pincer ou mettre sa main sur le dessus de ma cuisse gauche, pas parce qu’un jour ne me suis blessé à l’escalade. Non. Parce qu’en voiture, Lui, posait systématiquement sa cuisse main dessus. Et s’amuser soit à la pincé pour déclencher un réflexe, soit laisser « juste » sa mains là entre les passages de vitesses.
La cuisse droite, se souvient de ma cousine mordant. Et là encore, ça un rapport avec Lui. Car je l’ai vu Lui, lui tuer sa chair et je l’ai vu elle, l’oublier. Et j’en porte un souvenir.
Puis vient la vie, le temps qui passe, la thérapie… Enfin entre temps il y a eu un homme, trompettiste sans talent (enfin ça se discute, là où il pratique, il en-là, mais je lui refuse ce droit. Il n’a le droit a rien selon moi). CeLuiLà, c’est une autre histoire, mais en soit, il a aussi marqué mon corps, et je ne tourne jamais ma tête à droite quand on fait l’amour. Sinon, j’ai encore peur qu’il sente mon odeur de petite fille qui lui donnait tant de plaisir. Et je n’aime pas les poulaillers convertis en débarras. Il y faisait des lits avec 6 chaises pour mieux me dire « je dois le faire »… et moi ? je dois me taire. Ma pire crainte, c’est que je sais que son truc de merde où il joue de la trompette aurait du faire la Madeline (une fête locale dans mon coin de Belgique, j’ai fuis un pays a cause de Lui, CeLuiLà, et CeDernier).Et la Madeline passe devant chez moi. Heureusement, ils ont dû annuler, faute de budget. Ouff. Sinon, je l’aurais agressé, parce que son souffle, son odeur son encrée dans mon nez. Mais c’est une autre histoire. C’est de Lui, que je veux parler.
Lui, donc… il a marqué mon corps en essayant de m’étouffer une fois, en écrasant son pied, juste assez pour me faire peur, mais pas assez pour me tuer… C’est la seul fois où je me suis défendu. J’ai tapé du sol dans ses couilles. Il était au-dessus de mon torse. J’ai osé… et payer cher cette insolence vitale.
Lui, me violait. Lui, c’était mon père. Lui, a 16 ans un dimanche matin, où je regardais par la fenêtre. Lui là, ce porc… moi, je regardais l’oiseau, et je voulais volais comme lui. J’écoutais mon imaginaire. Loin. Point. Je volais, j’étais un oiseau. Je n’entendais plus « Tu es vraiment une petite perverse à me forcer a coucher avec toi. Tu es vraiment une perverses, hein. Et tu aimes ça ».
J’ai oublié le reste.
C’était bien d’oublier.
Mon premier né à connu la césarienne. Oui, c’est bien au fond. Ca ne raconte rien de ce dimanche matin-là.
Mon second, je n’ai pas compris. Ca me faisait si mal. Mais pas mal comme vous le croyais… cette naissance m’a déchiré. Ma brisé, ma mutilé. Elle m’a fait tellement de mal…Mais surtout parce que je ne comprenais ce qui se passait en moi. Je n’ai pas pu. Pauvre naze, mettre au monde cet enfant fée ; qui a mis 25h a quitter mon girond. J’ai quitté la maison où je voulais tellement l’accompagner, pour le pire hôpital du coin. Un lieu de merde, que personne ne recommande dans la région, à deux pas, 1min30 en voiture. Je suis allé là où l’on m’avait fait une césarienne, au fond inutile. Mais qui m’avait évité ça. Et je ne le savais pas. Moi je voulais laisser à mon corps le droit au chemin de la vie.
J’ai eu mal, j’ai dit que c’était parce qu’il se présentait par les reins. Mais j’ai souvent repensé au dimanche matin, chaud. Il faisait chaud se jours-là. Trop chaud. Et avoir du plaisir ça fait mal. Vous saviez ça ? Moi pas. J’étais une petite perverse.
Puis, un bébé non prévu, une histoire pas simple. Bref, pas besoin de revenir dessus. Enfin sur le début.
Je suis abonnée au bébé sortant à presque 42 semaines quand on leur laisse leur temps. C’est horrible. La grossesse, j’ai subi une agression, un harcèlement. Je ne suis pas au mieux. Mais je m’enferme du monde.
Et puis ça y est, ça commence. Maintenant, je sais que ça me fait mal. Mais je suis forte. Je vais y arriver.
C’est la nuit, je dis « non, j’y arrive pas ». Qu’est-ce que je fais. Retour à l’hôpital carnage. Mais je le dis, ce n’est pas mon corps. C’est ma tête.
Mais je ne dis pas quoi.
J’ai mal. Je me dis que c’est la personne qui m’a agressé. Je l’insulte, parce que je me dis que ca va m’aider à dépasser tout ça. Non, rien y fait. Une image s’impose à moi. En moi y a un combat. « Dégage papa, tu es qu’une merde, une pourriture, lâche moi, je t’ai vaincu »… et je revois ce dimanche matin-là… celui du néant, celui du vide.
Chut.
Je veux partir a l’hosto de merde, me faire traiter comme une merde. Je veux qu’on m’arrache ce bébé, je veux plus de bébé (enfaite si, un dernier). Je veux plus ressentir son corps franchir mes entrailles. La gynéco, une garce. Elle me fait une épisio alors que la tête ce n’est pas sorti. La sage-femme me donne du synto… « Mais, je ne peux pas, j’ai eu une césarienne »… « Je sais ce que je fais »… « je veux pas ça » … Pu’ain, ne gâche pas ma capacité à s’attacher ace lui-là… Avec le 1° né, c’est si compliqué, avec le second, il commence seulement à m’aimer… me détruit pas ça… j’ai envie pour une fois que ce ne soit pas un combat de s’attacher.
Ça fait mal de l’écrire. Je veux plus que ça me brule…
Et puis, y a la sage-femme qui me met un ballon sur le ventre et s’assoie dessus. Ça fait mal… Ça fait mal comme ce dimanche. Y a qu’une différence entre ce dimanche, et le reste… c’est que ce jour-là, a 16 ans, c’est trop tôt pour le poser sur ces lignes déjà trop longue.
Elle, elle été comme lui, elle me dominer le corps. Je hais cette sage-femme, je veux qu’elle disparaisse de la terre. C’est une montre.
Mon homme sait à quel point j’ai souffert de ces attachements si difficiles.
Alors il refuse de prendre notre bébé dans ses bras. « Non, ça sera d’abord ma femme ». L’équipe ne comprend pas, refuse. Ils ne comprennent pas, lui font la morale. Parfois, vous savez vivre avec un psy, c’est chiant. Mais ce jour-là… c’était bien. Car il savait que pour moi, c’était vitale. Alors… il résiste. Refuse, et incite pour qu’on me le rende… qu’on me sépare pas de lui, comme pour le précédent. Même si il est post terme, faite pas chier…
Je suis une merde, je n’arrive pas à mettre mes bébés au monde au-delà de la torture de ce lui de merde. Je suis une pauvre naze, une merde. Les autres elles y arrivent. Moi je suis une petite chochotte. Je ne supporte pas la douleur.
J’ai mon bébé, et c’est magique, tout va bien… dans les 3 jours qui suivent sa naissance, mon homme commence une formation. Je serais seule avec mes 3 garçons. Et je sais que j’aurais pas d’intendance a gérer. Belle-Maman me fera le repas de midi tous les jours. Et mon homme ira les cherche la veille. Je refuse de voir tout le monde. On me dit que c’est une dépression. Non. Je m’en protège. Je suis ailleurs avec mes 3 garçons, leur père. Je suis bien.
Ma relation avec mon 3ieme enfant, dans son attachement coule de source, tout ce passe bien. C’est le merveilleux. Avec les deux autres, c’est paisible. La vie est douche.
Mais je sens un truc. Je n’en parle pas. Enfaite, je ne le sens pas. Je le vois. Un film au ralenti. Chut. Non, coupé la lumière.
Je n’aime pas les dimanches matins ensoleillé et sans nuage.
La vie est belle. Mais je tais la réalité. Le la laisse dans le silence.
Je fini par en parler, vaguement à mon homme. Il comprend ou pas. Je ne sais pas, à quel point ça me brise. Fais une deux sortit avec mes enfants dans le 1° mois post natal. Mais pas trop. Je ne veux pas voir les gens.
J’ai une visite. Une amie, une sœur. Une de ces femmes qui veille sur moi, qui lit dans mon cœur et qui y vois des beautés que je ne vois pas.
C’est bon. Mon bébé dort sur elle. C’est beau.
Je reste quand même dans un silence. Chut. Ne pas dire.
Et puis je le dis a elle, et des amies très proches. Je ne sais pas si elles sont capable de l’entendre. Mais je veux être entendu… je veux pas ca enfaite. Je ne sais pas ce que je veux. Je le dis.
Dans ma vie, j’ai 3 fées qui sont des amies. Elles sont de vraies magiciennes. Ces 3 femmes m’ont offert tellement d’amour, derrière tous ces défauts que je vois.
Elles lisent avec quelques autres aimes. Rare.
Un jour, un dimanche matin, j’ai voulu être un oiseau. Parce que j’ai le bonheur de ressentir mon corps, depuis toujours dans ses moindre mouvement ovarien. J’avais 16 ans. Et les oiseaux ne sont pas des magiciens. J’aurais voulu qu’il soit l’oiseau bleu, pour plein de raison. J’ai ovulé ce jour là. Et 4 mois plus tard. J’ai rejeté ce bébé. je l’ai expulsais dans le silence. Il était mort, et tant mieux. Je ne voulais pas de ce monstre.
Personne à part 6 amies, ma sage-femme et mon homme peuvent comprendre pourquoi je suis si revendicatrice du droit à l’ivg… Je n’y aurais jamais eu accès. Et lui, là, ce bébé, ce truc m’aurait acheté une vie déjà si dure.
Mon père est mort.
Mais mon corps lui, n’a pas voulu que j’oublie ce bébé. il m’a fallu 3 bébé pour regarder en face. Je croyais avoir régler le déni.
J’ai été violé par 3 hommes différents. L’un est le fils de ma nourrice (CeLuiLà), encore parfois la nuit, je me réveille quand mes règles sont en retard, comme si par magie un spermatozoïde boosté à l’uranium de Tchernobyl aller féconder une ovule et que j’accouche de lui. J’ai peur de lui. On est bien en étant dans un autre pays. Il est mon premier meurtrier corporel. Mon père, ce Lui, m’a violé, battu trop longtemps, et il est mort. Et j’en suis heureuse. Cedenier, c’est une autre histoire. Mais ce n’est pas celle qui m’a fait le plus de mal. J’ai porté plainte, il n’est pas en prison. Mais pour moi, c’est fini.
Vous savez, je n’ai que des garçons. C4est parce que les petites filles, on les viols.
Voilà. Je veux dans 2 ans accompagner un 4ieme enfant. Mon compagnon pas. Mais, serais-je capable de faire face à ça. Je veux que mes fées, que mes amies soit là. Je vais être entouré, et pas seule. Mais je ne sais pas si un jour ça se fera.
J’ai eu un bébé a 16 ans, je l’ai tellement hais. J’ai tellement frappé mon corps, qu’au final… mon corps l’a tellement rejeté, car je ne pouvais pas avoir accès a l’ivg… je me dis que j’ai de la chance. Mais je me suis fait mal pour en arriver là, anorexie, mutilation, me frapper le ventre encore et encore. J’ai aimé l’oublier
Mais mon corps, lui n’oublie pas. Si je suis grosse, c’est parce qu’on ne viole pas les grosses.
C’est con d’avoir mes clichés. C’est con, parce qu’ils sont faux, bête et stupide, mais il me permette te tenir mon chemin d’équilibriste.
Je suis maman de 3 enfants. J’ai une vie. Et loin de tout ce passé, dans un autre pays.. Je peine, je dessine, je fais de la photo. On me dit que j’ai du talent. J’accompagne des gens. J’ai un psy, que je vois au besoin, depuis pas mal d’année. Je m’auto gère plus ou moins bien. Ça doit être dur d’être mon enfant. Les gens me voient tel que je ne suis pas en vrai. On une perception loin de mon être. Je suis proche de mes enfants, physiquement. Parce que je n’ai pas peur d’être comme mon père, le fils de ma nourrice, ou CeDernier. Peu de gens connaisse mes capacités à ce que ce passé, glauque ne pourrisse pas mes pratiques professionnel. Les gens qui croisent ma route ne comprennent pas ma distance. Ce n’est pas que je ne veux pas. J’ai besoin de plusieurs années pour être proche, intime. Et une fois que je le suis, je ne vois plus l’intérêt de parler de ça. Ça ne me définit pas.
Un viol peu avoir un impact sur une naissance. Et une fausse couche provoqué par une haine de soi, un corps automutilé… n’oublie pas ce qu’on enferme dans un tiroir.
C’était long. Navré. Je ne pouvais pas faire autrement.
J’aime ma vie. Et elle m’a conduit à mon aujourd’hui. Mais, sinon, ça me brule. J’avance avec cette ombre. J’ai maintenant une belle relation avec mes deux ainées. Et ma relation avec mon 3ieme est belle. J’en profite. C’est doux. J’ai une vie ou y a des combats quotidiens. Des combats parce que je n’ai pas suivi le chemin normal…Je fais de la photo, je fais du dessin, je fais de la peinture. Je donne des formations. Je partage des tas de choses et j’offre beaucoup. Je suis dans un monde ailleurs… et au fond, j’ai construit un autre monde en décalage.
J’ai du mal à relire ces pages. Ça brule. Alors, ce n’est peut-être pas compréhensible. Mais là, je ne sais pas relire, corriger la formulation, tout ça. Et je sais que l’écris est mon abime. Et que j’en suis obscure.

Mon corps, mes cicatrices, mes bourrelets, ma féminité

Mon corps, mes cicatrices, mes bourrelets, ma féminité
J’ai un mal fou à vivre dans cette enveloppe charnelle. Et c’est pas faute d’avoir essayé, sincèrement. Chaque fois je me fais violence, je me dis « merde, t’es pas si dégueulasse » mais y a rien à faire, que je pèse 45kg ou 65kg, c’est le même tas de graisse que je vois dans le miroir.

J’ai honte de moi, de la tête au pied. Honte d’être une maman grosse, honte de mes cicatrices sur le bras et la cuisse. Honte de continuer mes conneries d’adolescente, de ne pas savoir me débarrasser de mon penchant auto-destructeur. D’exiger de ma fille de ne pas faire de comédie alors que je suis moi même une pauvre petite gamine pleurnicharde.

Je sauve les apparences, je me fais passer pour une autre, du moins j’essaie. j’essuie mes larmes et je prépare le goûter de ma puce, on fait des dessins, on va au parc. Je l’amène à l’école, on prend le goûter toutes les deux sur un banc. J’essaie de ne pas rater son éducation, j’essaie de la rendre heureuse, je voudrais tant qu’elle ne souffre jamais. La moindre larme sur ses petites joues me fend le coeur.

Et quand je suis seule, j’essaie de ne pas sombrer. Et quand je vois que je péris, j’essaie d’être gentille avec moi même. Mais c’est difficile, c’est atroce de se haïr autant. Je me hais au point de me déchirer la peau, au point de me vomir ! Comment est ce que j’ai pu en arriver là ?!

Ce mal-être n’est pas sorti de nulle part, bien entendu. Mes parents ont divorcé quand j’étais petite, maman nous a pris sous son aile, et on s’est installés avec un homme, à l’autre bout du pays. C’est comme ça que j’ai passé mes 15 premiers printemps à voir maman se faire cogner. Entre autre..
Papa appelait, parfois. Quand il avait beaucoup bu, la première chose à laquelle il pensait durant ses soirées d’ivresse, c’était sa progéniture. Et donc il nous appelait. Aujourd’hui j’ai 27 ans et ça n’a pas beaucoup changé, hormis le fait que je ne répond plus à ses appels.
J’ai eu ma première expérience sexuelle à 7 ans. Ma vie amoureuse a été, ce soir là, réduite à néant avant même qu’elle n’ai pu naître. J’ai perdu toute confiance en l’homme, en moi même, plus rien n’avait d’importance, tout est devenu flou.

Depuis les choses ont évolué, dans le bon sens. Après plusieurs années à maudire mon corps et à laisser n’importe qui me toucher, me salir, j’ai rencontré le père de ma fille, qui m’a appris à m’accepter, à me respecter, à refuser un rapport sexuel, à ne plus avoir peur des hommes. Nous avons traversé un avortement tous les deux. Je suis la seule à en avoir souffert, et je lui en ai longtemps voulu. Aujourd’hui je comprends mieux ses réactions, j’apprends à faire le deuil de mon bébé, le temps a déjà bien apaisé ma peine. Je l’ai quitté au bout de 8 ans, car je n’étais plus amoureuse.

Aujourd’hui je suis avec un homme qui me correspond parfaitement, je crois. J’ai toujours peur de m’engager, je ne veux pas lui appartenir, je suis encore très farouche et je ne veux pas qu’il ait trop de pouvoir sur ma vie, mais l’amour est là. Il sait presque tout de moi, mes qualités, mes défauts, mes erreurs, mes faiblesses. Il me force un peu à consulter un psychologue, me répète sans arrêt, tous les jours, que je suis vraiment belle et que j’ai des formes magnifiques. Il s’inquiète pour moi quand il voit que je me suis encore coupée, il essaie de m’aider comme il peut. Je culpabilise et j’ai parfois tendance à me voir comme un boulet dans sa vie, et à me dire qu’il mériterais une femme, une vraie, une normale. Mais il m’a choisie, je l’ai choisi, il me rend heureuse, alors j’essaie de le rendre heureux comme je peux. On passe beaucoup de temps ensemble, on rigole énormément, il me fait vraiment rire, avec lui je sais que je suis belle. A ses yeux, je suis belle, quoi que je fasse. A mes yeux il est merveilleux, il est grand beau et fort. Il est doux et patient. Et surtout, il aime ma fille comme si c’était sa propre fille.

L’année dernière j’ai obtenu mon permis, je n’y croyais pas… quelques mois plus tard j’ai trouvé un appartement de rêve, un travail… je suis de plus en plus confiante. Je me suis sentie vraiment bien ces derniers mois, c’était une victoire d’avoir pu réaliser tout ça, toute seule. Mais pour que mon bonheur soit complet, je dois me faire aider par un psy. Je voudrais me sentir libre, je voudrais apprendre à recevoir les émotions, les laisser venir, et les laisser repartir, en douceur. Ne plus avoir les mains pleines d’hématomes à force de m’énerver contre les murs, ne plus avoir la cuisse recouverte de coupures. Pour l’instant ma fille ne se rend pas compte que sa maman va mal. J’arrive sans aucune difficulté à lui cacher mes blessures, intérieures comme extérieures, et à lui apporter tout l’amour dont elle a besoin, je ne me lasse jamais des câlins et des bisous, tout le temps, chaque fois que ma fille croise mon chemin, à la maison ou ailleurs, je lui répète comme je l’aime. Mais un jour elle finira par avoir peur de moi… Parce qu’il y a dans ma tête un truc qui tourne pas rond et je dois absolument me sortir de là, pour elle, pour moi, pour mes proches.

Les barrières du corps

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Comment est-ce qu’on raconte le corps ?
Comment met-on des mots sur des maux ? Comment écrire pourrait suffire pour dire, pour expliquer, pour montrer ? C’est en tous cas un début.
J’ai moins souffert que la plupart des femmes qui ont témoigné ici. Mais je dois parler des barrières de mon corps. C’est nécessaire, je crois.
J’ai 8 ans et je m’assois sur le canapé en demandant à ma mère ce qu’est le sexe. Elle m’explique, elle prend le temps. Ce n’est pas un tabou.
J’ai 11 ans et je tombe amoureuse. Je suis la bonne élève invisible, celle qui n’existe pas. J’aime de loin, cachée derrière mes cahiers et ma frange de petite fille sage.
La vie passe sans encombres. J’ai 15 ans et mes règles arrivent enfin après des mois/années d’attente. Je suis « normale ». Enfin.
J’ai 16 ans et un garçon pose enfin les yeux sur moi. Les mains aussi, au bout de quelques temps. Il est gentil, patient, adorable, compréhensif. On s’aime. On prend le temps. Il a envie de moi. J’ai envie de lui. Dans le lit, au fond de la nuit, sa main glisse jusqu’à mon entrejambe. Lentement, délicatement, amoureusement, il tente de passer mais rien ne passe. Blocage total. Arrêt à la frontière. L’envie est là, le corps ne suit pas.
Le temps passe. Des mois. Des années. On retente. On essaye. On est fatigués. Quand je lui propose d’insister malgré la douleur insurmontable, il refuse. Il a raison. Je consulte un gynéco. RAS. Tout va bien. « La première fois ça fait un peu mal, c’est normal. » On ré-essaye. On est littéralement à deux doigts de réussir mais c’est impossible. C’est une douleur trop forte. C’est plus fort que moi. C’est incontrôlable. Je scrute les sites internet, les forums, tout et n’importe quoi. Est-ce que quelqu’un peut m’aider ? Est-ce que je suis la seule à être anormalement normale ?
J’ai 18 ans et je comprends. « Vaginisme ». Une fois que le mot est prononcé, plus rien n’est pareil. C’est médical. C’est involontaire. C’est hors de moi. Ce n’est pas « ma faute ». Je subis.
J’ai 19 ans et je consulte un sexologue. J’entame une thérapie. Je progresse un peu. J’arrive à mettre des tampons. Mais sexuellement je suis toujours aussi désarmée. Mon copain est toujours à mes côtés. Il me soutient. M’aide. Me comprend.
Jusqu’au jour où il ne peut plus. Jusqu’au jour où c’est trop lourd à porter. Où ça fait trop longtemps. Il me quitte et j’ai la sensation d’être abandonnée par l’intimité-même.
J’ai 20 ans, un cœur en miettes et un corps bancal. J’ai 20 ans et je suis vierge. Probablement pour longtemps encore. J’ai 20 ans et je vois ma vie me passer à côté.
Lentement j’accepte l’idée de solitude. Je porte ma douleur toute seule. Je porte ma honte toute seule. Je porte mon malaise toute seule. J’en parle à des amies mais qui pourrait comprendre ? Comment expliquer ? On ne peut comprendre que si on le vit. Je lis des mots qui font mal : « psychologique », « faire des efforts », « chochotte », « prude », « responsable ». Des mots qui heurtent mes sentiments. Mon corps m’a abandonnée, je décide de l’abandonner à mon tour. Je ne fais plus les exercices de mon sexologue. J’arrête tout. Quel intérêt, puisque personne n’est confronté à mon problème ?
Puis j’ai 21 ans et je retrouve quelqu’un. Je murmure mon lourd secret tard dans la nuit sous une couette épaisse, avec une porte ouverte pour qu’il puisse s’enfuir. Il ne part pas. Il reste. Il dit qu’il attendra. Qu’il restera. J’ai du mal à le croire mais lui le croit, pour le moment. C’est tout ce dont j’ai besoin.
J’ai repris mes exercices. J’ai recommencé à appréhender mon corps. J’ai recommencé à croire.

 

Ce site est une pépite. Merci. À toutes les filles/femmes qui vivent cela : vous n’êtes pas seules. Personne n’en parle. Beaucoup, même des professionnels, en parlent mal, maladroitement. Mais vous n’êtes pas seules. Nous sommes beaucoup à combattre ce mal intérieur de l’extérieur. Nous ne sommes pas responsables. Nous ne sommes pas douillettes. Nous avons mal. Mais nous nous en sortirons. Ça prendra du temps et de l’argent, ça volera du sommeil, ça mettra mal à l’aise, ça tirera les traits et ça demandera beaucoup. Mais un jour, on en viendra à bout.

CaptainV