Bleus au corps, blues à l’âme

 « -Finalement, c’est comme si votre corps ne vous avez jamais appartenu. »

C’est comme ça que se termine ma séance chez le psy. Je venais de lui parlais du site, que je lis régulièrement, et qui m’avait fait réalisé que mon corps avait toujours été un problème… d’abord pour les autres (par là, je veux dire mes proches, en particulier mes parents) avant de faire ce problème le mien.

Née trop petite et trop malingre (parce que trop pressée de découvrir le monde), j’ai fini par « vite [me] rattraper » m’a-t-on toujours dit.

avant l’âge d’a peu près 8 ans, je ne pensais pas que mon corps pouvait faire des siennes. à cette période, mes parents se séparent et je me mets à avoir des maladies imaginaires. par exemple, j’ai fini aux urgences parce que je ne pouvais plus plier la jambe, même avec l’aide de ma douce infirmière de mère… alors que le joli interne , avec son beau sourire, me la plie sans aucun cri de ma part. puis, je finis par ne plus rien voir à l’école : verdict, myopie. rien d’exceptionnel me dirait vous, sauf pendant l’adolescence où tout le collège se fout de ta gueule parce que t’es une binoclarde, que les garçons n’envisagent même pas de sortir avec toi parce que, bien sur, c’est la honte d’être avec une fille à lunettes qui, en plus, porte un appareil dentaire…

à la même période, ma mère m’envoie chez ma tante à l’étranger et là-bas, je prends 3kg. Pour une gamine de 8 ans, c’est pas la mort. mais pour ma mère, j’étais devenue trop grosse alors, elle s’est évertuée, dès la rentrée, à ma faire rentrer dans le rang.

9 ans, mon corps commence à changer. l’adolescence a décidé de débuter son oeuvre. ma prof de danse classique alerte ma mère « attention, elle change, elle forcit« . qu’y puis-je? rien mais manifestement, y a un problème.

10 ans, tout le monde me complimente sur mes jambes « elles sont longues, tu vas être grande« . je me rêve mannequin. je vous dis pas la désillusion quand je m’arrête de grandir à 12 ans et que je n’atteindrais jamais le mètre 60. des soirée à pleurer sur mes rêves de grandeur…

11 ans, mes premières règles. une fierté pour certaines. pour moi aussi si je n’avais pas été en CM2 et que l’école avait pensé à mettre des poubelles dans les toilettes. je sens encore le regard plein de haine de la part du personnel de la cantine quand je tente, tant bien que mal, de camoufler ma serviette usagée au fond de la grosse poubelle noire au milieu de la cour de récréation. mes copines m’envient… j’ai honte d’être si précoce.

suivent des années de remarques insultantes de mes parents, ma mère trouvant toujours mes jeans trop moulants « t’es sure que tu veux mettre ça, ça te fait de grosses fesses. » « t’as de la culotte de cheval ma fille, c’est comme ça alors, faut que tu la cache« . mon père ne m’aide pas plus. dès que je passe la porte de son appartement miteux, empli de cafard, il remarque que j’ai « encore pris des fesses cette semaine ». je m’habille en noir, me cache derrière des pull informes. mes lunettes sont tellement grosses qu’on ne voit plus mon visage. j’accumule les blessures : entorses à répétition, à telle point que mes chevilles ne supportent plus la moindre ballade en montagne (je trouve toujours le moyen de me tordre la cheville juste avant d’arriver), les chutes de cheval qui me cassent le dos, ce cheval qui me tape dans la cuisse et me laisse un creux à la place du muscle. j’ai gardé le bleu 2 ans. dans le vestiaire du gymnase, mes copines comptaient le nombre de clous dans le fer du cheval.

je ne me rend pas compte de mon corps. je me cogne en permanence, en particulier la tête. j’investis l’intellectuel à fond. suis tête de classe. j’ai du mal à assumer le regard des garçons, plus âgés, sur mes formes. quand je revois les photos de cette époque, je réalise que j’étais canon. je me suis toujours trouvé grosse alors qu’à l’époque, mon tour de taille peine à dépasser les 60 cm. Un jour, alors que j’attendais l’heure de mon cours de danse, un garçon que je connaissais me saute dessus et me mets les mains sur les seins. je suis sidérée et me forge l’idée que les mecs sont tous des obsédés sexuels. c’est donc comme ça qu’il faut attirer leur attention?

le lycée. j’utilise mon corps pour séduire, du moins, en prenant soin de cacher mes fesses, toujours trop proéminentes, mais je n’assume que très peu cette possible sexualité. je rencontre un gars que j’aime passionnément. je lui donne tout, même mon corps. quand il me quitte, je deviens folle. je prends des médicaments. pas assez pour quitter ce monde… puis la douleur passe et je rencontre l’homme de ma vie.

arrive la terminale. cet homme auquel je tiens tant part faire ses études. son absence me pèse. je le montre dans mon corps. je prends 7 kg en 2 semaines. commence une longue descente aux enfers. les kilos s’accumulent. ma mère me fait faire des régimes. j’ai 18 ans et je dois déjà me battre pour rester dans ce qui est « normal » selon certain. j’ai tenté plusieurs méthodes. weight watcher, 3 fois, la première fois à 18 ans… pour 7 kilos qui finalement me faisait passer d’un 38 à un 40… en réfléchissant, 56 kg, c’est pas mal…

pendant mes études, je me maintiens tant bien que mal. mais, en dernière année, c’est l’enfer. la perspective de la vie active me stresse. je suis dans un domaine où y a peu de boulot. J’arrive à trouver un travail rapidement mais, c’est beaucoup de responsabilité. j’arrive à maintenir un poids correct pour mon mariage. puis c’est l’horreur : 5 ans, 20 kg. aujourd’hui, je suis grosse : 83kg pour 1,57m, je suis une tour. mes articulations me lâchent : je n’ai plus de ligaments au genou. pour m’habiller, j’ai développé la faculté de me regarder dans le miroir par portion : comme ça, je ne constate pas l’étendue des dégâts. quelque part, c’est comme si ce n’était pas moi dans ce miroir.

maintenant que je suis installée dans ma vie professionnelle et personnelle, j’ai cru que mon corps deviendrait mon allier. j’étais prète à l’accepter avec tous ces plis et les vergetures que j’ai accumulé toutes ses années… comme les cicatrices de mes souffrances… mais encore une fois, il me laisse tomber… deux ans que nous voulons un enfant… deux ans d’attente, de pleurs chaque mois quand les règles reviennent me dire que je ne décide de rien… deux ans où les médecins ne savent plus quoi dire parce que rien, absolument rien, sur le plan médical, n’explique pourquoi mon ventre reste vide, flasque… un ventre que ne veut pas accueillir de bébé.

alors oui, mon corps ne m’a peut-être jamais appartenu… je ne sais pas encore comment le (re)trouver, comment faire alliance avec lui. en attendant, je continue d’aller chez le psy pour parler inlassablement du même sujet : je souffre de ne pas avoir cet enfant qui me manque pour donner un sens à ma vie, à mon histoire et à mon corps aussi.

pour l’instant, j’attends…

S.

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Ce corps que je hais

Je ne sais pas depuis quand je suis comme ça, je veux dire, depuis quand
je maltraite mon corps en le bourrant de nourriture. ça ne fait pas
longtemps que j’ai percuté ça : que je ne lui filait pas un excès de
plaisir à travers les ingestions de chocolat et autres « crasses » comme
disent les belges, mais qu’en le bourrant plus que besoin de nourriture,
en mangeant parfois jusqu’à l’écœurement, en le bourrant de chocolat
jusqu’à ce que la bouche brûle, idem pour les turcs apéro… bref, tous
les trucs « gourmands », ben c’était pas du plaisir, juste de la douleur
en fait. Je me rappelle qu’enfant, j’étais normale en fait… et
pourtant, des remarques à la con de la part d’un oncle de ma famille,
comme quoi j’étais tellement ronde qu’il pouvait pas faire le tour de
mon poignet avec son pouce et son index, et puis la vieille (salope de)
tante qui voulait pas me laisser ramener le paniers de fraises car elle
dit que je vais tout m’enfiler en rentrant chez mes parents (à 20m),
etc, etc, etc… vient le collège, la peur des autres, encore plus parce
que je suis d’une famille « où on reste en famille justement », je ne sais
pas décoder les codes sociaux, j’ai peur des autres, mais pourtant
tellement envie d’aller vers eux. Je ne suis pas grosse, mais je me sens
différente, je cogite tout le temps, j’analyse les attitudes, je me sens
bien avec les grands, mais je dois subir les conneries des autres, et
puis je suis mal à l’aise, je ne les comprend pas. Le mardi soir, mes
parents vont à une activité… ils partent juste à temps pour que
j’aille à la boulangerie acheter des trucs à me manger toute seule
devant la tv : des chips, du chocolat, des bonbons, etc… des fois mes
parents rentrent plus tôt, je manque d’être prise en flag. Les fêtes de
Noel, ma mère achète du saumon fumé, mmm j’adore ça ! je passe en douce
devant le frigo et je choque vite trois quatre tranches que je bourre
dans ma bouche et je repars de l’autre côté pour aller vite manger cette
nourriture qui m’étouffe presque tellement j’en ai plein la bouche. les
années passent, je ne suis pas grosse mais pas mince, je suis complexée,
mes soeurs sont minces, ELLES ! elles sont sportives, moi j’aime lire,
je dévore des livres, je me planque dans les couloirs de mon lycée,
toujours un livre prêt à lire, j’ai toujours peur des autres, je suis
amoureuse 1000 fois sans réussir bien entendu à avoir un copain, je me
sens seule, la lecture est une fuite de la vie. Parfois je me demande ce
que ça ferait si je disparaissais, j’ai pas de réponse. Un jour ma mère
découvre que j’ai trop bouffé de conneries, j’ai vidé les placards, elle
trouve des emballages dans ma poubelle, elle pête un plomb elle ne sait
plus quoi faire : elle me traine à l’épicerie de mon village et achète
des 10nes de paquets de gâteaux, plein, comme j’en rêvais, mais j’ai
honte devant la vendeuse, on rentre à la maison, elle vide une étagère
de ma chambre et me dit que puisque je veux manger, ben voilà, je peux
manger mais au moins je volerai plus dans les placards, j’ai honte, je
met un grand poster devant… mais je ne résiste pas, ma gourmandise,
mon manque de volonté font que je pique une plaque de chocolat par ici,
un paquet de gâteau par là. je suis nulle, je suis incapable de me
contrôler. à 14 ans j’ai enfin un petit copain en été lors d’une colo,
ouf, mon premier baiser « avec la langue »… vaut mieux en profiter, ça
ne reviendra pas avant longtemps tellement je suis pathétique lorsque je
suis amoureuse d’un mec, je le vois, je fond et je suis incapable de
sortir quoique ce soit de censé… navrant… mais j’ai envie d’amour,
envie d’en donner mais j’ai pas le mode d’emploi. à côté de ça je trouve
le moyen d’avoir des amies « vampires » : vous savez, la nana super
populaire ou mignonne (ou les deux ) qui a toujours une copine élue
« pauvre fille de l’année », ben la pauvre fille, c’était moi. je tombe
dedans à chaque fois… quand j’y repense j’ai la nausée : devant ces
nanas qui en fait étaient bien pauvres d’esprit à se valoriser sur moi,
et devant moi qui était bien triste de soumission… Le temps passe,
j’empiffre tout le temps mon corps, la nourriture est mon ami fidèle, je
peux arriver dans un lieu et repérer tous les endroits qui peuvent
procurer de la nourriture, ceci en moins de 2minutes. J’ai 20 ans,
toujours pas eu de copain, je pars vivre un an à l’étranger… je livre
mon corps à un pauvre mec qui, lors d’une conversation un peu intimiste
où j’avais besoin de parler, sans doute en sachant ce que ça allait
provoquer, lorsqu’il apprend que je suis vierge, le mec devient comme
dingue. Je ne m’en rendais pas compte tellement j’avais le mal du pays,
mais là quand j’y repense… Bref, le mec se retrouve à en parler « sans
en avoir l’air » de cette pesante virginité, en fait je me dis qu’il
avait juste envie de se taper une pauvre fille qui était déjà quasi
tombée dans ses filets… un jour il m’invite chez lui… je vais pas
faire un dessin… Je sais pas trop ce qu’il s’est passé en soit, des
fois j’en viens à me demander s’il aurait pas mis un truc dans mon verre
tellement ça me semble irréèl de passer à boire un verre d’eau sur le
canapé pour se retrouver nue sur son lit avec l’autre qui me propose de
lui faire une pipe et me demande combien je dois être contente de plus
être vierge… ah ? c’est ça faire l’amour ? bon, ben ça va, je me
rappelle pas de tant de chose, juste quelques images, et je me retrouve
un peu écoeurée de je ne sais trop quoi, bref, je ne suis plus vierge ;
ça, c’est fait ! mais j’évite d’y penser, j’ai la nausée, j’ai le
sentiment d’avoir été utilisée, mais bon, y a pire comme on dit.
Je deviens étudiante, je deviens un peu plus sociable, j’apprends peu à
peu à aller vers les autres, ils me font un peu moins peur. J’ai un
autre copain, on couche ensemble, c’est pas mal, c’est doux, mais le mec
est encore plus mal dans sa peau que moi, on s’aide pas trop quoi…
bref, le temps passe, je bouffe, des paquets de gâteau pour amis, des
paquets de crasses pour copain, je me retrouve souvent à pleurer seule
dans mon coin, pourtant je devrais aller bien, merde ! Je passe un super
été, me fais pleins de potes et je fond à vue d’oeil… je me sens bien,
je fais 62kg de muscles mais dans ma tête je suis grosse. je dois
acheter une robe pour un mariage, j’achète la taille 42 pour être
confortable mais la 40 m’allais nickel… pfff, je suis grosse vu que je
met pas du 38 !!! Je rencontre mon mari actuel, je me sens belle dans
son regard, mais je n’arrive pas à m’y voir, dans ce regard, tellement
je trouve mon corps moche, trop gros, trop gras, des seins trop visible
devant lesquels les mecs bavent pourtant, mais ça m’embarrasse… mais
pour une fois dans ma vie je me sens belle, même si j’évite de penser à
ce corps. des problèmes persos, un déménagement, un burn out… et je
perd pied, je prend 20kg en 6 mois, mon mec n’a rien vu, que ça soit de
mes excès de bouffe comme de mon corps qui gonfle comme un ballon : mon
qui était finalement mince et me voyait grosse, je devient grosse sans
voir que je suis grosse. Je me réveille et je vois que je fais 86kg et
1,69m. Je décide de voir une diététicienne pour bosser sur mon
comportement ! Elle me demande pourquoi je viens, je répond que j’ai
besoin d’apprendre à gérer pour pas m’effondrer en cas de gros coups dur
! Elle m’aide, je me dépatouille dans mes problèmes persos, familiaux,
je lui dis que toutes les familles ont des grosses valises à trainer et
pourtant il faut bien faire avec et tout le monde ne devient pas
boulimique non ? Parce que oui le mot se prononce… moi (et tout le
monde aussi d’ailleurs) qui me croyait juste trop gourmande, sans
volonté, je me rend compte que oui mon comportement avec la nourriture
en mode remplissage c’est anormal, c’est pas QUE une question de
volonté, mais un mal être plus profond, c’est pas aussi simple que ce
que ma mère dit « si je dois moins manger, ben je mange moins ». Elle
m’aide, mais je maigris pas, je me stabilise un peu, j’apprends à gérer
petit à petit, mais c’est dur, j’ai peur d’aller dans les magasins, je
ne peux souvent pas me promener avec de la monnaie dans les poches sans
vouloir acheter à manger, c’est plus fort que moi. j’ai honte, je me
sens nulle, si nulle, mais je ne sais pas comment faire. et finalement
le coup dur, du genre coup dur de compétition arrive dans ma vie… un
enfant vient habiter mon corps pendant 9 mois… et quitte la vie juste
avant d’en sortir. je m’effondre, je veux mourir, la vie me semble juste
insupportable… mais je ne mange pas plus. Je suis contente de moi, je
sais gérer mes émotions et la bouffe… sauf que des années et des bébés
plus tard, ben j’ai encore pris du poids, lentement, petit à petit,
chocolat après chocolat, je retombe doucement dans la boulimie. ce corps
je le hais, il m’encombre, je tente de ne pas y penser à ce à quoi il
ressemble quand je fais l’amour et que j’aime ça, toute cette chair qui
ballotte, qui bouge dans tous les sens… Comment il peut aimer mes
seins mon mari ? je les trouve si immonde ? Je m’habille comme un sac,
je fais 102kg, je suis moche, c’est si dur d’écouter son appétit quand
ça fait des années qu’on la nie, quand j’ai envie d’exploser je me mord,
presque jusqu’au sang, j’ai envie de lui faire encore plus de mal à ce
corps physiquement parlant, j’aimerais faire autrement que de le remplir
comme ça, je me vois comme une oie qu’on gave, sauf que je suis la gavée
et la gavante, je me dis que ça serait plus facile si j’avais fumé ou si
je m’étais droguée, si je buvais ? au moins je peux arrêter totalement,
alors que la nourriture, je peux pas ! Je me dis que jamais je n’y
arriverai, qu’il va falloir l’aimer comme ça ce corps, mais je me rêve
légère et pas encombrante à tel point que je me cogne partout, je n’ai
pas conscience de mes limites corporelles, normal, je ne l’habite pas ce
corps, du moins je suis en lutte constante pour y arriver, mais c’est
dur de rompre avec cette haine que j’ai pour lui depuis si longtemps. Je
ne comprend rien à tout ça, je culpabilise énormément de ce mal être que
je me traine depuis toujours, je culpabilise moins depuis ce bébé qui a
traversé ma vie car ça a été un tel chamboulement dans ma vie que je
m’en veux moins de mal vivre ça, mais je me dis que j’ai eu une enfance
heureuse, des parents aimant même si sans doute maladroit, donc pourquoi
je suis mal, pourquoi je sais pas m’aimer ? J’ai pas le mode d’emploi…
j’aimerais pouvoir déménager de ce lieu où je suis si mal …
paradoxalement, les seuls moments où je me sens infiniment belle, c’est
quand je suis enceinte, là je me trouve magnifique, désirable, plus
belle que tout, j’aime ce ventre que d’habitude je hais, ces courbes si
belles, je me prend en photo et là je me sens plus belle que tout…..

ça fait un an que j’ai eu un choc : je lisais pour la première fois THE
roman d’ado « moi Christine F, droguée, prostituée, etc… » et quand elle
parle de son état avant/pendant/après avoir pris de l’héroine, je
réalise que je suis dans le même état quand je prend du chocolat… ça
me fait peur, vraiment, d’autant plus que je fais une sorte de bad trip
en mangeant trop de chocolats une fois, je sens limite le sucre me
monter au cerveau… ça me fait peur… vraiment.
ça fait presque un an que j’apprends peu à peu à habiter cet étranger
qu’est mon corps, à en prendre soin, à lui faire du bien, à tenter
d’arrêter de le maltraiter, je ne maigris toujours pas, mais déjà je le
coiffe un peu, je le maquille un peu plus, je tente de remplacer les
sacs par un paréo… mais c’est dur, l’habitude de cette violence est
là, tenace et peine à me quitter, j’ai envie d’y croire, j’ai
l’impression de vouloir monter une montagne infranchissable, mais bon,
faut bien y croire non, j’ai pas bien le choix ?

Une vie avec mon corps

Depuis aussi loin que je m’en souvienne, il y a deux chose dans ma vie : mon corps et moi.

Ce n’est pas un ennemi, ni un ami, je ne le considère pas, et il semble que lui non plus. Le secret arrangement de ceux qui doivent cohabiter mais qui se savent trahi. Qui a commencé ce cercle vicieux ? Je ne me dérobe pas, je dirais que nous ni sommes ni lui ni moi pour grand chose : la force des chose en somme.

Je suis née sans identité, d’une mère trop jeune qui n’a pas su quoi faire de moi, d’un père absent qui n’avait même pas connaissance de mon existence, et j’ai fini chez un oncle qui lui n’aurait pas trouver à y redir. Je connais bien ma mère maintenant, et je sais que ce qu’elle a fait, ce n’est que par ignorance, or je ne peut pas en vouloir aux ignorants : il patissent de leur propres péchers.

Cet oncle donc. J’avais bien un nom, mais pas de parole, à quelques mois à peine, c’était déjà mon corps qu’il maitrisait, sans avoir voulu faire de moi qui que ce soit. Mon corps, qui passait les premiers mois, les premières années, se mit à me trahir. Ces mains qui passent sur vous et qui vous rebuttent, mais vos reins qui se cambre tout de même avec force, comme un défi contre vous même. Cette haine que l’on ressent face au viol, mais qui n’existe pas réellement face au plaisir lorsque vous ne savez même pas qu’il s’agit d’un viol. Que pour vous c’est la seule marque d’affection qui vous donne une existence. Et ce corps, se traite, qui jouit quand vous voulez pleurer.

Ça finit par passer, les abbominations rejoignent leur frères en enfer (qu’il y reste! Je n’était pas la seule.). On rentre alors dans un socièté différente, le foyer est pour les enfants ce que la colocation forcée seras plus tard pour d’autre. J’avais quoi, six ans, et je ne connaissait pas encore le terme d’intimité. Quel était ce monde ou la sexualité était tabou pour de soit disante raison d’âge ? Je ne percevais pas d’autre marques d’affection, or mon corps en réclamait. Je me déshabiller devant ses petits garçons qui n’avait jamais vu de fille, les inviter à toucher. Puis je me cachait pour pleurer, avec l’impression que cette fois ci, c’était moi qui les avaient violer.

Ma mère reviens dans ma vie, me fait sortir de cet endroit. Quelques années, je connais le bonheur, j’ai beaucoup « d’amoureux », mais je ne me trouve satisfait par aucun, qui eux se contente d’un bisou rapide les lèvres fermées pour croire en l’amour. Pendant ce temps là, mon corps refuse de grandir, mais mon esprit va trop vite pour lui. Je ne prend pas un centimètre, et je perds du poids, je suis maigre à m’en casser les os en saisissant un objet. Pourtant je n’ai pas de problème avec la nourriture, j’ai un appétit démentielle, et à 10 ans j’avale plus de nourriture qu’un adulte à la même table. Et je n’aime pas mon corps. Je fais 1m35, 21kg, j’ai des hanches déjà large pour mon âge, mais qui sont bien trop sayante, je suis déjà obligée de porter des soutiens groge alors que les autres filles n’ont même pas une brassière. A croire que tout ce que j’avale se fourre dans ma poitrinne. Et j’ai un réel problème avec le sexe.

Ce que mon corps ne m’octroie pas, je le fais par autorité. Je suis violente, je n’apprècie pas les gens de mon âges, je ne suis qu’avec des plus grands, à peine dix ans je fume, je bois, je baise. La sainte trinité. Je m’échappe par là, j’ai une répartie suffisante pour que des garçons bien plus âgés finissent par la fermer et s’occuper de moi. Mais je ne retrouve aucun plaisir. J’essaye juste de cacher par là que j’ai vraiment un problème avec le sexe, avec mon corps. Je le maltraite, je me frappe, je me brûle, je me griffe au sang, mais toujours à des endroits que les gens extérieur ne voient pas : le dos, le haut du ventre, l’intérieur des cuisses. Mon corps me fait mal à force de ne pas ressentir de plaisir, et au bout de trois mois, je me mets à vomir de faççon innexpliquer, ma mère me fait passer des test, le verdict tombe. Mon corps se rebiffe, je suis diabétique insulino dépendante. Le salaud. Mais les premiers temps du traitement, je reprend du poids, mais je ne grandit toujours pas. Je me cache au mieux pour commettre mes méfaits, une bouteil par ici, une clope par là. Ma mère travail et n’ai jamais là, ça aide. Et puis arrive mon beau père.

De suite, je ne l’aime pas, et lui non plus. Dans la rue, mon physique et ma réputation me permette à onze ans d’attirer les regards, mais lui m’ignore magnifiquement. Alors je me mets à detester le seul coupable qui soit à ma porter. Mon corps. Quelque chose doit clocher. J’ai pris trop de poids sans doute (après coup, 30kg pour 1m 42 ne me semble pas tant que ça!). Alors j’arrète de me soigner. Sa marche magnifiquement bien, je perd 10kg en 2 mois. Mais je perds aussi la raison. Les hyperglycémie me rendent folles et je me remets à me mutiler : la nuit, je me bande les membre jusqu’à ce que le sang ne circule plus, j’attend un bon moment, puis je relache la pression d’un coup, la douleur suffit à me faire gémir. J’ai alors un déclic, je ne ressent plus de plaisir par le sexe, je le ressentirait par la douleur. Je m’enfonce des aiguilles un peu partout, je m’oblige à rester dans les positions les plus inconfortables jusqu’à ce que des bleus se forment, je me frappe, je me gifle, je m’arrache les cheveux et la peau. Mais je reste raisonnable, car mon corps reste la seule chose qui me permet de me faire remarquer. Du moins je le croyais.

Mon beau père continue de m’ignorer, et après 2 mois sans me soigner correctement et à m’infliger des traitement sado-masochiste, je tombe dans le coma. Je deteste encore plus mon corps à mon reveil, qui m’a trahi sans me laisser aller jusqu’au bout. J’ai des sequelles, mes reins fonctionnent bizarrement, je suis complétement dessécher, j’ai le foi stéatosé, et surtout, on s’inquiète de ma fertilité. Si il y a bien une chose que je ne veut pas, c’est être priver du choix d’avoir un enfant.

Je retourne au collège, décider à m’assagir, mais ma mère est tomber enceinte entre deux. On a de gros problème d’argent, et ça me préoccupe presque plus qu’elle. Ma sœur née, l’accouchement se passe mal et il découvre à ma mère des problème cardiaques dont il faut urgemment s’occuper. J’ai douze ans, mon beau père est absent, je devient maman par la force des chose. Ma sœur ne me quitte plus, je l’mmène au collège avec moi. J’habite une banlieu difficile, ils comprennent la situation, et les surveillant font les baby sitter pendant les heures de cours, ça tiens les élèves plus calmes, elle est tellement mignone que personne ne veut l’abimer. Mon corps finit par ressentir le poids d’un enfants, non sur le physique, mais la fatigue, la pression, la résponsabilité me laisse des traces. Je suis pâle comme une morte, je maigris encore, j’ai des cernes jusqu’en bas du visage, les yeux rouges, mal au dos de tout le temps la porter… Mais au moins je ne me fait plus souffrir pour rien. Maintenant qu’elle est là, je ne recommencerait plus, je prends conscience que des choses bien plus importante mérite mon attention. Mais ma mère sort de l’hopitale, ma sœur n’est plus à moi. C’est premiers mots, c’est à moi qu’elle dit, et c’est « maman ». alors comme une mère je décide de sacrifier ce que j’ai, et je n’en ai qu’une. Ma sœur n’a plus besoin de mes bras pour la porter, alors à treize ans je me prostitue pour lui offrir les cadeaux que nos problèmes d’argent ne lui permette pas d’avoir. Je redécouvre le sexe, cette chose qui dissocie tant mon corps et mon esprit, car je découvre que si je ferme les yeux, peu importe qui il y a en face, mon corps à les mécanismes suffisants pour réagir instinctivement. Je m’endors pendant mes rapports sans que ses hommes ne s’en aperçoivent. Et puis un jour, je tombe de douleur, une douleur au bas ventre insoutenable. Le diagnostique tombe, j’ai un cancer. Minime, un cancer de l’appendice. Mais quand même… entre mon corps et moi, les coups, c’est chacun son tour.

Sortie de là, je décide de me reprendre en main, mais je rechute de temps en temps. J’ai pris vingt centimètre en 2 mois après l’opèration. Je n’ai jamais dépasser les 50 kg pour 1m70, mais c’est encore trop, il faut que je rende les coups après ce qu’il m’a fait ! Alors je boit, je boit, je boit encore, et à quinze ans je me retrouve complétement alcoolique. Je rencontre quelqu’un, on flirt, on sort ensemble, on couche ensemble, et finnalement on s’aime. Alcoolique lui aussi. Sa me fait prendre conscience, j’ai peur de ce que je suis devenue, de ce que je fais subir, non plus juste à mon corps, mais à moi même ! Alors je part, j’emménage chez mon père, retrouver quelques années avant, à 800km de là où j’ai grandit. Je pense pouvoir repartir à zéro, mais mon corps me trahi encore. Le sevrage est compliquer, mon corps tremble tout seul, il voit des chose qui n’existe pas, se sent en danger. Alors je retombe dans le piège. Je couche pour une bouteille de rhum, une barrette de shit. Sa dure plusieurs semaines, mais je prends peur. Sa fait quinze ans que mon corps est maltraité, abusée, tromper, trahi, frapper, humilier. Ma sœur loin, je me rend compte à quel point ce désir d’enfant me dévore. Et je rencontre un homme, l’homme qui changea, et continue de changer ma vie. J’ai tout quitter, études, famille, domicile, et j’ai emmenager avec lui. J’ai arréter de maltraité mon corps. Je suis tomber enceinte à 17 ans, mais j’ai fait une fausse couche. J’ai compris le message. Mon corps me disait « écoute, ça peut se négocier, si tu reste bien avec moi, je ne t’embéterait plus, mais je te rend le dernier coups, pour la forme ». C’était le coup de trop. Une grosse dépression, je quitte mon ami. Je fréquente d’autre type et je prend peur : mon corps continue à prendre des décision seul ! Je couche avec ses hommes en dormant, sans m’en rendre compte, à mon inssue et pourtant de mon fait à leur dire. Je les crois. Mais j’ai peur, car je ne maitrise pas. Je ne veut pas tomber enceinte d’un inconnue, ou chopper une saleté à cause d’une nymphomanie sommanbulique. Je n’ose pas consulter, car j’ai honte. Et je retrouve cet homme qui à tout changer. Lui, pendant mon sommeil, il ne me fait pas l’amour. Il me fait parler, il me fait expliquer pourquoi je fais ça.

Apparement, mon corps à beaucoup de chose à dire, il lui manquait juste de l’écoute. Maintenant, je m’aime, j’aime mon corps, je suis devenue quelqu’un, et non plus juste quelque chose. Et j’ai un ami merveilleux qui accepte de sacrifier son sommeil à cette thérapie nocturne encore aujourd’hui.

Zeeva.

Malgré ma perte de poids, je n’arrive pas à m’accepter


Je vais fêter mes dix sept ans dans trois mois, je fêterais d’ailleurs mes un an en couple avec un garçon très posé qui est très amoureux de moi et moi aussi !! Le problème est que j’ai perdue trente cinq kilos en l’espace de trois mois, je n’accepte pas ce corps au vergetures. Ce corps gros, laid et dont je suis prisonnière. Mon copain aime mon corps, il dis qu’il est parfait et que je fais tout de même un 36-38 et que c’est plutôt bien. Mais nous vivons dans une société où les normes sont de faire du 34 a 16 ans. Je me sens très mal dans ce corps, je ne supporte pas mes jambes qui sont beaucoup trop grosses et mon ventre. Je sais que je dois me mettre en tête que je suis passée d’une taille 48-50 à un taille 36-38, mais je ne sais pas comment m’accepter je n’y arrive plus. Je ne peux pas me regarder dans un miroir et mon copain aimerais que je mette des robes, des shorts et cela assez souvent, alors je fais des efforts, il me dis que mes jambes et mon ventre sont très bien que je ne dois pas changer, mais je sais au fond de moi que je suis prisonnière d’un corps laid. Je sais que mon copain est très sincère, le soir il aime mettre sa main sur mon ventre, et tout ce genre de choses, il me dis que je me vois comme j’étais avant avec mes 85-90 kilos. Aujourd’hui j’ai envie d’être maman dans 3 ou 4 ans mais j’ai peur de ne pas avoir assez de courage pour reperdre le poids que j’ai perdu, de refaire les 5 heures de sport, les privations de manger etc. Il faudrait que j’apprenne à aimer ce corps, mais je pense qu’il restera un bon moment mon unique ennemi

Mon « ventre » et moi…

Je ne sais pas pourquoi j’ai commencé a prendre des kilos, peut etre pour etouffer des souvenirs malheureux, des chagrins d’enfant… pour me refugier parce qu’elle etait la seule amie a me consoler, pour echapper a mon quotidien… Mais en tout cas, quand j’etais petite, j’etais une gamine toute maigre, toute mince, qui s’habillait en dessous de sa taille…
Et puis a la préadolescence, l’engrenage a commence… je mangeais, je mangeais, j’avalais tout ce qui pouvait se trouver et qui etait comestible… Je pouvais avoir manger a midi et refaire a manger a 14h… et le chocolat qui se mangeait facilement, et les chips, et la charcuterie… Tout, absolument tout…
Evidemment, cela a eu des consequences sur la balance… je suis tres vite montee dans les spheres supérieures… A 14 ans, je pesais 66kg
pour 1m66. A 17 ans, j’ai atteint les 85 kg. Et irrémédiablement, j’ai eu les moqueries des autres, et je ne comprenais pas, parce que d’autres filles etaient beaucoup plus enveloppees que moi…
Mais j’etais la proie facile, celle dont on pouvait se moquer, parce que de toute facon personne ne viendrait la défendre, celle qui n’avait pas de pere qui viendrait pousser une bonne gueulante, et c’est tellement plus facile de s’en prendre a quelqu’un qui n’a pas les moyens de se defendre…
Donc, des annees, les moqueries, les insultes… et puis le calme… puisque presque tout le monde m’ignorait ensuite.. Normal, on ne va plus vers les gens qui se moquent de vous a force.. En fait, on se replie sur soi meme, et du coup on se desocialise…
Meme dans ma famille, j’etais parfois sujette a moqueries. Un jour, ma grand mere m’a dit « mon dieu qu’est ce que tu es grosse ! » Inutile de dire que les gens ont ete choques, parce que cela ne se dit pas…
Et toujours le frigo, qui etait tentant…
Et puis ces problemes hormonaux, je n’avais pas eu tellement de regles avant l’age de 16 ans. Mais je ne pense pas que cela soit responsable de ma prise de poids…
Et je me faisais mal… je prenais un cutter et j’ouvrais ma peau… je m’en voulais de pas pouvoir me controler, de ne pas pouvoir arreter…
Et puis un jour, il y a eu l’accident… C’est ca qui a tout declenche.
Un stupide accident dans une patinoire, une entorse qui n’a pas ete soignée rapidement, un malaise convulsif et tout s’est enclenché…
Urgences : constat d’obesite. On me platre mon pied et on me demande si je veux voir une dieteticienne. Je suis d’accord. Je suis a la lettre le regime qu’elle m’a donné et au bout de trois mois, j’ai perdu 7 kg. Une petite victoire, il ne faut pas perdre beaucoup en peu de temps, elle a dit.. Je continue et au bout d’un an, j’ai perdu 30kg, je fais un poids acceptable pour ma taille et mon age…

Cela aurait pu s’arreter la… mais ca aurait ete trop simple… l’accident a eu des sequelles.. un an plus tard, j’ai fait un malaise dans un train.. on pense que je suis diabetique.. une amie de ma mere lui conseille un neuro, mais trop d’attente, on prend rendez vous chez un autre. Consultation, et demande d’hospitalisation pour les calendes grecques… Cinq mois passent et nouveau malaise.. Le medecin traitant demande une hospitalisation immédiate. Les tests sont faits, le diagnostic est posé… On me parle d’epilepsie idiopathique, elle est d’origine inconnue… Ce n’est pas grave hein, mais si j’avais su, j’aurais prefere ne jamais l’etre… La valse des traitements a commencé, et ceux qui ont deterioré mon corps, mon etat psychologique…
L’un d’entre eux, l’Epitomax, a l’effet secondaire de faire maigrir… En effet, si on a envie de rendre a chaque fois qu’on voit ou qu’on ingere de la nourriture…
Et j’ai toujours dans la tete ces mots qui m’ont fait mal… du coup je m’impose des regimes stricts, ou je perds du poids, enormement de poids… Ce qui a fait de moi a l’epoque une loque, 48 kg pour 1m70, les os saillants. Mais je me voyais grosse, je voyais ce ventre qui partait pas, et j’esperais qu’en perdant du poids, on ne le verrait plus…
Qu’il serait plat comme ceux de toutes ces filles qu’on voit a la tele… Ca n’a jamais marché… Ca m’est aussi arrivé de me faire vomir… juste apres le repas, ou dans la douche, je buvais l’eau chaude, pour evacuer plus facilement…

Et puis, le rejet des gens par rapport a mon etat de santé. A l’heure actuelle, je me dis j’aurais peut etre préfére rester enveloppee (j’aime pas le mot obese, grosse, ils sont péjoratifs pour moi) que d’etre malade…
Du mal a avoir un emploi stable, du mal a avoir une relation stable… Il y a des choses qui m’ont ete dites, on ne se serait jamais permises de les dire si je n’avais ete qu’enveloppee… on les aurait pensees, c’est tout…

Mais avoir a mettre en doute ses competences professionnelles, entendre des insanités sur son compte sur le plan professionnel (et des petits ennuis juridiques du coup), et entendre quelqu’un dire « je ne sortirais jamais avec elle, t’as vu comme elle est handicapee » sur le plan personnel, s’en sortir apres une TS ratée et une dépression… des fois c’est dur, mais je m’en suis a peu pres bien sortie.

Bilan : Mon ventre, il est pas parfait, mais je l’aurais dont autant s’y faire. Mon epilepsie, je ne l’accepte toujours pas, meme apres autant d’annees. Cependant, j’ai demandé la réduction de mon traitement, et je me sens beaucoup mieux (j’avais des troubles de la concentration, des troubles de l’elocution, et des pensées parfois desordonnées). J’ai l’impression que ca s’arrange, et je me sens moins mal foutue…
Et je me suis réorientée vers un autre secteur de travail.

Me réconcilier avec mon corps

Mon corps, j’ai longtemps été en désaccord avec lui. Ca a commencé à la puberté. J’ai commencé à avoir des poils partout sur les jambes (merci papa), et ma poitrine a surgi de nulle part. Je n’ai rien compris car je me suis retrouvée avec une poitrine qui était trop grosse et trop lourde à mon goût (merci maman) et moi qui étais d’un naturel timide, me retrouver avec ces deux obus ne m’a pas aidé à prendre confiance en moi. C’était trop voyant, comment allais-je passer inaperçu désormais ?

La puberté, l’adolescence, c’est l’âge des premiers amours, seulement moi je n’attirais pas les garçons de mon école, et encore moins ceux de mon âge. Je ne le comprends que maintenant, parce qu’à l’époque je mettais ça sur le compte de ma mocheté, de mes fringues, de ma non popularité, je me disais que j’étais une fille quelconque. Faisais-je plus vieille que mon âge ? Certainement, car j’attirais toujours des garçons plus mûrs, beaucoup plus âgés. Je l’ai surtout remarqué quand je sortais les weekend. C’est surtout cette période du collège qui m’a posé problème, me retrouver formée d’un seul coup, je n’y étais pas préparée, et puis les jeunes ne sont pas tendres entre eux. Je ne me souviens pas d’en avoir parler une seule fois avec ma mère, on ne parlait pas de ça. Mais j’ai fait avec, parce que je suis une fille docile, parce que je suis discrète, parce que de toute façon je n’avais pas le choix. Me fondre dans la masse.

 

Ce passage de ma vie a certainement laissé des traces pour le futur, je n’ai jamais été du genre à ouvrir ma gueule quand il le fallait, et non, toujours rester discrète, ne pas faire d’histoire -se fondre dans la masse- inconsciemment telles étaient mes devises!! Ma timidité a toujours pris le dessus, et puis se faire remarquer c’est risquer de se faire critiquer, d’être mal aimé, et ça, je ne sais pas pourquoi, je ne l’ai jamais supporté. Je me souviens encore d’un garçon de ma classe m’interpellant « hé la grosse! » alors qu’à bien y réfléchir, je n’étais pas grosse, je pesais 57kg (je paierai cher pour faire ce poids aujourd’hui) mais ma poitrine était imposante pour mon âge, on ne voyait que ça, je suis petite, alors voilà, on me voyait grosse, ronde, quelconque.

 

Mon corps je ne l’aimais pas, j’aurai voulu être plus mince, plus grande, avoir les cheveux raides, des yeux bleus… et bien sûr des seins plus petits ! Être tout le contraire de ce que j’étais finalement. N’empêche… je devais me sous-estimer parce que quand je regarde les photos de moi plus jeune, j’étais belle, ni grosse ni maigre, joyeuse, j’avais de beaux cheveux, et je ne m’en rendais même pas compte ! Et surtout, surtout, j’avais une vision démesurée de ma poitrine, elle me dérangeait tellement que je ne voyais que ça, je la voyais énorme ; j’ai très vite et longtemps fait un 95D, des mensurations parfaites aux yeux de certain(e)s, mais non non non je n’étais pas préparée!

 

J’aurai du en profiter en portant des vêtements qui m’auraient mis en valeur, [comme le faisait une fille de ma classe à la même morphologie que moi sauf qu’elle on la tagguait direct de salope bref] au lieu de ça je me cachais car j’en avais honte. Se fondre dans la masse. Je m’habillais large en haut, alors forcément je paraissais grosse. Mais… il fallait se fondre dans la masse.

 

Peut être parce qu’à 9 ans, un soir, j’ai subi des attouchements et que cela m’a traumatisé ? peut être que devenir femme allait vouloir dire attirer le regard des hommes et me voler à nouveau mon innocence ? je ne saurais jamais.

 

Aujourd’hui, j’ai un mari formidable (qui est plus jeune d’une année que moi, joli pied de nez). Dix ans qu’on s’aime, dix ans pour le meilleur et pour le pire, dix ans qu’il est toujours là et je sais qu’il sera là à mes côtés toute ma vie et vice et versa. Je me rends enfin compte à la trentaine passée, que s’il est avec moi c’est que je ne dois pas être aussi quelconque que ça. Quand je l’ai rencontré je pesais une « soixandizaine » de kilos, c’est beaucoup et en même temps c’est parfait pour ma morphologie, parce que dans ma famille nous avons de gros os, et je sais que je ne referai plus jamais les 57 kg du collège. Je ne suis pas de morphologie fine quoi.

 

Il a su m’amadouer au fil du temps, parce que ça n’a pas été facile, je ne supportais pas qu’il me touche les seins, objets pour moi de pornographie. Il avait beau me dire que j’étais belle, je ne le croyais pas. Je le crois depuis peu. Et puis au moins il les aime lui mes seins, pas comme moi ! Mais l’amour, c’est plus fort que tout, sa douceur et sa patience ont eu raison de ma gêne et ont fait de moi au fil du temps une amante comblée et parfaite à ses yeux.

 

En dix ans de vie commune, j’ai prix une vingtaine de kilos, sans m’en apercevoir, tout doucement qu’ils se sont installés ces enflures, et mes seins ont grossi avec, forcément. CQFD. Boulot, chômage, arrêt de la clope, dizaine de kilos, nouveau boulot, régime, soucis familiaux, grossesse, coup bas de la vie, re-grossesse, joie, vie quotidienne, encore des kilos, re régime, re re-grossesse, bonheur, maladie, soucis, et encore des kilos …. qui s’entassent, discrètement mais sûrement.

 

Inutile de préciser que je n’ai pas allaité mes enfants. Par expérience, allaiter, quand on a une forte poitrine, relève d’un vrai parcours du combattant, je l’ai fait 3 jours comme ça pour voir, parce « qu’allaiter c’est bien » qu’ils nous tannent partout, donc j’ai tenté, j’ai vu, voilà, on en parle plus. Pas à l’aise avec cet acte, pas à l’aise avec mes seins que je n’ai jamais considéré comme nourriciers, plutôt comme un danger car peur d’étouffer mon enfant. Non vraiment ça n’est pas mon truc l’allaitement. Je le laisse aux autres. Mais heureusement je l’ai très bien vécu, toujours ça de pris.

 

Fin d’année dernière, j’ai eu un déclic. Après une visite de contrôle chez mon docteur, le déclic est survenu. Côté santé tout allait mieux alors voilà c’était maintenant ou jamais. Je suis rentrée chez moi et j’ai annoncé à mon mari que j’entamais un régime, un vrai. Comme ça sur un coup de tête… Cela va faire 3 mois que j’ai changé mon mode de vie, et j’ai déjà perdu dix kilos. Je reprends confiance en moi petit à petit. Et surtout je suis fière de moi car j’en suis capable, c’est pas aussi dur qu’on le pense de tenir un vrai régime quand on est motivé. Manger équilibré et à sa faim (pas Dukkon hein, ça va pas !), tout en perdant du poids, que demande le peuple franchement ?

 

Bon… question poitrine, à force de grossir et de maigrir et re grossir, avec les grossesses, avec les années toussa, ils deviennent mous, s’aplatissent au niveau du décolleté, mais je ne suis plus du tout complexée comme j’ai pu l’être par le passé. Oh! Regretterais je mes seins d’avant !? Je les ai tellement détesté faut dire, que je les ai malmené. Mais je pense qu’en atteignant la trentaine les complexes passent au dessus, enfin c’est le cas pour moi.

 

J’ai eu le courage de me prendre en photo récemment pour me montrer aux amies car j’avais besoin qu’on me confirme que cette perte de poids se voyait. Besoin de l’entendre. Je me suis tellement fondue dans la masse que je ne suis même plus capable de me voir tel que je suis.

Je veux perdre encore dix kilos, et je serais de nouveau la jeune femme sur laquelle mon homme a flashé il y dix ans. Pour moi bien sûr mais aussi pour lui.

 

En écrivant ces quelques lignes je me rends compte que j’ai vraiment perdu du temps à me focaliser sur des détails. Quel gâchis… mais c’était certainement nécessaire à ma construction.

 

La nouvelle Moi est en train de naître. Je ne me fondrais plus dans la masse.