Frappée et humiliée : c’est fini

Une histoire:

Une femme rencontre un homme, ils font connaissance, elle vient de se séparer depuis peu, lui depuis 2ans, les mois passent, ils aiment passer du temps ensemble.

4 mois plus tard, elle tombe enceinte, fait une fausse-couche au bout de 2mois.(sous contraceptif).

La relation commence à ne pas être simple, jalousie, mal qu’elle n’avait jamais éprouvé, elle le vit et commence à se sentir dans l’insécurité de leur couple.

1 an après elle re-tombe enceinte, refait une fausse-couche 2 mois après…(sous contraceptif).

Quelques jours après la dernière fausse-couche, elle retombe enceinte(sous contraceptif), mais là le bébé tient, elle hésite mais finalement garde l’enfant, elle est toujours avec lui, pas mal de disputes et espère qu’avec ce bébé qui grandit, les querelles cesseront.

La grossesse avance, la relation de couple est difficile avec lui. Ils se disputent beaucoup, des cris, des pleurs, des séparations, ils se remettent ensemble. Elle doit rester allonger car son col est ouvert, elle tient malgré la peur, l’angoisse, les humiliations qu’il lui renvoie de son image, de qui elle est.

Le bébé nait, une petite fille magnifique. Elle espère encore le changement.

1 an après cette merveilleuse naissance, la 1ere gifle.
15 mois après la naissance les 1ers coups sur le visage, le corps…

Elle dépose une « main courante »

Ils se séparent.

Mais elle se sent si mal seule qu’elle se dit qu’il doit avoir raison, c’est forcement de sa faute à elle, elle n’est jamais d’accord avec lui sur la façon de faire avec leur petite fille, elle fait tout mal.
Ils se remettent ensemble quelques jours après. « Il accepte » il est si bon lui dit-il, « c’est une faveur… »

Elle continue dans cette relation pourrie, où chaque dispute finit en violence, ça en devient une habitude. Elle se maquille pour pour cacher les bleus, elle évite qu’on la prenne par le bras, le cou, la tête. Ses jambes lui font mal, son ventre aussi.

1 an après elle est enceinte malgré sa contraception (encore) elle est enceinte à nouveau, elle songe à l’avortement fortement, même si elle sait que lui est contre (elle connait son avis il lui a déjà donné dans le passé), elle finit en fausse-couche. La raison est contente, le cœur non.

D’autres fausses-couches suivront (maudit contraceptif tu le fais exprès avoue merde).

Elle va voir son gynécologue pour se refaire prescrire sa pilule,elle est de nouveau enceinte (encore) , elle calcule les dates avec le gynécologue, elle a vomi sa pilule parce qu’elle a été malade en décembre.

4 mois déjà, mais elle n’a rien senti dans son corps, elle réfléchit aux coups reçus depuis le début de cette grossesse, elle a peur que l’enfant ait des gros problèmes vu qu’il tapait à coups de pied dans le ventre…

Grosse dispute avec lui quand elle lui annonce la grossesse, ils se séparent, elle vit mal la grossesse, il continue de la rabaisser, même séparés, il parle à leur 1er enfant  » ta mère t’aime pas, elle s’occupe mal de toi ».

L’enfant répète à la maman sans comprendre le sens des mots.

Il revient dans sa vie, elle se sent perdue sans lui, encore une faveur qu’il lui fait lui dit-il.

Promis cette fois elle fera comme lui veut. Il a raison, personne s’intéresse a elle, ses soit disant amis, en fait ils s’en foutent d’elle, il n’y a que lui qui sache qui ELLE est vraiment, ce qu’il doit supporter, il a raison. Elle grossit, elle n’arrive pas à contrôler, elle  » se venge » sur la seul chose qu’elle arrive a gérer » la nourriture ».

Le bébé vient au monde, une 2eme petite puce, une merveille, un trésor.

3 semaines après la naissance, il veut la frapper, elle n’a encore pas écouté, elle veut vraiment n’en faire qu’à sa tête, pfff elle fait exprès ma parole.

Il se casse la main en la frappant( ouf durant quelques jours il ne la frappera plus).
Que nenni… Il a toujours l’autre main, les pieds, hé hé hé…
Le dernier bébé a 10 mois, l’ainée 3 ans, elle n’a pas encore écouté, elle mérite vraiment la raclée.

Elle tombe avec le bébé dans les bras, il la roue de coups, l’ainée, tombe avec elles, elle lui tenait la jambe, il part, les laissant au sol toutes les 3, la mère toujours évanouie, les enfants hurlant.

Elle se réveille, la tête dans le jus, elle entend au lointain des cris, mais ils sont sourd ces cris, elle reprend conscience, elle entend: SES FILLES HURLENT.

Elle se lève, prend ses filles, va à l’hôpital.

Elle dépose aussi une main courante. Elle refuse de déposer plainte. Elle a peur, elle sait qu’une fois qu’il le saura elle va morfler encore.

Elle y arrive, elle le quitte pour de bon cette fois, elle remonte la pente doucement, mais elle continue de prendre du poids. Même séparée de lui il continue à l’insulter, l’humilier, la menacer main levée… Mais elle est forte, elle tient tête. Elle reprend vie, des ami(e)s l’aide beaucoup a rire de nouveau,elle se dit que finalement elle doit pas être si nulle que ça même si lui dit l’inverse.

Elle prend un avocat( sans jamais parler des coups) elle fait faire un jugement de garde pour leur 2 enfants, ils résideront chez elle, mais les enfants verront leur papa. Elle sort, fait des rencontres masculines, ne leur parlant pas de « ca ».

18 mois qu’ils sont sépares, un soir de décembre, il fait nuit, il lui ramène les enfants, il est énervé, elle le sent, il la frappe, elle a encore un enfant dans les bras, les escaliers sont derrière elle, elle ne peut pas lâcher l’enfant, il continue, elle protège l’enfant, elle repousse le père, mais rien ne l’arrête….

CETTE FOIS ELLE A DÉPOSÉ PLAINTE.


ELLE
c’est moi.

Ma douleur

27 juillet 2009… Un accouchement rapide… Très rapide… Trop rapide… Une petite poupette qui, coincée dans mon bassin, est en souffrance fœtale… Une péridurale qui ne fonctionne pas, ça serait pas marrant sinon…3h du matin, un lundi de juillet… Un gynéco, pressé, appelé en urgence sinon , « c’est césarienne »… Il aurait mieux valu…

Un gros « aller on se dépêche je n’ai pas que ça à faire… »…

Evaluation de la situation et forceps… Gros forceps… Sans ménagements…

Une poussée, l’ultime, 5 heures après la première contraction minime… Trop forte la poussée… Les forceps finissent sur le carrelage alors que mon bébé arrive…

Un bébé qui tombe dans le baquet posé par terre et personne qui n’a pu la rattraper au vol…

Mon bébé qui est gris et qui ne pleure pas… Trop rapide… On nous la montre mais sans plus d’explications déjà on nous l’emmène… Peur, angoisse…

« On est passé à 2 doigts de la catastrophe ! » furent les premiers mots du praticien… Mais pas pour ma fille… Pour moi… « Vous vous êtes déchirées de haut en bas, la déchirure s’arrête à 2mm de l’anus… » Suivi du mémorable « Ah bah va falloir recoudre… » …

J’entends ma fille pleurer… Soulagement… Son père part auprès d’elle… 30 minutes… les plus longues de ma jeune vie… Recousue à vif… Muscle, chair, peau… Pas le temps de remettre de l’anesthésie et en même temps pourquoi faire étant donné que j’ai la péridurale…

Mais ma fille va bien, elle respire et n’a aucune séquelle…

Octobre 2009… Je ne retiens plus mes pets depuis mon accouchement… « Ça arrive et ça passera avec le temps… »… J’ai fini ma rééducation du périnée… Je souffre quand je suis dans certaines positions… Je souffre lors des rapports… C’est normal, ce sont les suites d’un accouchement…

Février 2010… Il n’y a plus que mes pets que je ne retiens plus… Cela m’arrive au boulot… 2 fois en peu de temps… l’humiliation… La galère pour rencontrer un gastro-entérologue et poursuivre le parcours médical… Examens… Mon intimité est devenu un sujet d’études, d’analyses…

Mai 2010… Après tout ce parcours, je suis diagnostiquée incontinente anale… Le terme est rude… A 23 ans… Grave hypotonie du sphincter externe… Plus de sensibilité et plus de retenue…

On ne veut pas y croire… On voit 3-4 experts en proctologie… tous le même discours… on n’envisage rien après minimum 2 ans de kiné stimulatrice (sonde électrique) à hauteur de 3-4 fois par semaine… Opération dangereuse qui peut avoir des séquelles…

Aout 2010 début de la rééducation… Retour d’une certaine sensibilité qui me permet de sentir la chose venir mais qui ne m’empêche pas d’avoir à courir aux WC dès ces premiers signes de « la descente »…

La peur… L’angoisse… La frustration…

On veut porter plainte contre le gynéco de haine… ça ne sert à rien tout le monde le dissuade ce sont des choses qui arrivent il n’y a pas eu erreur médicale…

On me propose des tampons anaux… Je vis avec des sous-vêtements de rechange dans mon sac à main… Un pantalon dans mon coffre de voiture… Le repérage des WC est ma première préoccupation quand j’arrive dans un lieu nouveau… Couper la parole aux gens à n’importe quel moment pour s’échapper aux toilettes en courant… Camoufler un bruit de pet quand on est en public… Ne plus pouvoir faire n’importe quoi dans l’intimité avec son homme…

On me demande de me mettre au régime car le poids sur mon muscle l’affaiblit et je risque une descente d’organes… ma prochaine grossesse si j’ai la chance d’en avoir se soldera en césarienne bien avant terme et je serai surement alitée pour éviter que le poids du bébé ne pèse sur mon muscle… Tout est donc décidé à l’avance… Pour mon bien…

« Un cas rare » selon les médecins et pour lequel on ne peut pas faire grand-chose… On apprend à vivre avec… On rencontre par hasard 2 personnes qui ont vécu similairement la même chose et qui nous disent toutes « et ça s’arrange pas avec l’âge même avec une opération… »

Octobre 2011 je refais un examen pour vérifier l’évolution du muscle après près d’un an et demie de rééducation : que dalle… ça a même empiré… On finit par se demander si ce n’est pas plutôt neurologique… Je vais donc faire l’examen pour lequel on m’annonce une place en Janvier… J’exige de parler au médecin… Il me rappelle et me demande quel est le problème étant donné que chaque cas est urgent… Je lui dis qu’après un accouchement difficile je me « chie dessus » à 25 ans… les mots sont lâchés… J’ai touché juste… J’ai rendez-vous le 28 octobre soit 15 jours après mon appel…

Dans la salle d’attente que des personnes âgées, je ne me sens pas à ma place… Le docteur me dit ne recevoir que très rarement des personnes aussi jeunes… Cet examen désagréable (une série d’aiguilles plantée bien là où il faut) déterminera que le problème est à la fois musculaire et neurologique (donc la rééducation ne peut rien faire…), la seule solution, l’opération…. La modulation des racines sacrées… Un boitier implanté au-dessus de la fesse sous la peau qui va prendre le relais de mes nerfs défaillants… A vie car si on l’enlève retour en arrière… Rien n’est gagné ça ne marche pas toujours… et si ça marche, il faut être clair je ne récupérerai jamais ce que j’avais « avant »…

J’ai 25 ans, le moral qui flanche de temps en temps mais ma fille va à merveille et me remplit de joies et de forces pour aller vers l’avenir et c‘est bien là le principal… Pas d’autre grossesse de prévue, ce serai trop dangereux…

LUMINOU

 

Ce satané reflet

Je n’ai jamais été fine ! Mais mon corps tout en rondeurs je l’avais apprivoisé…

Et pourtant…

Je n’ai jamais été, avant, au-delà du « surpoids »… j’ai toujours su que des femmes souffraient certainement plus que moi de leur corps, mais j’étais quand même en « surpoids »… et c’était déjà trop pour moi…

La grossesse, pour moi, était une partie idyllique de mon avenir… Mes problèmes de poids étaient bien loin derrière, mon hyper-sensibilité aux hormones n’avait pas encore été décelée… Une chance inouïe, celle de tomber enceinte dès le premier cycle d’essai ! Des bouleversements hormonaux naturels et propres à cet état…… mais peu m’importais, puisque j’allais donner naissance à un petit bout de nous… Le fruit de notre amour pouvait bien déformer un peu mon corps, il en valait la peine !

Et puis un arrêt de travail à 3 mois de grossesse, à cause de mon métier qui exigeait beaucoup trop de déplacements… Un été à la maison, un été très très chaud, l’un des plus chaud de ces dernières décennies… Un été enfermée dans la maison, avec la douceur de la climatisation… Et puis mes chères hormones… environ 18h de sommeil par jour… des fringales incontrôlables… un ennui exacerbé…

Le résultat ? A 6 mois de grossesse, ma balance m’annoncait +26kg !!! La panique m’envahit… l’atteinte d’ un point de non-retour… des kilos qui allaient être trop durs à perdre avec bébé à la maison, en plein hiver ( prévu pour décembre ) !

Une sonnette d’alarme sonnée chez mon gynéco, avec l’espoir qu’il m’oriente vers un diététicien, comme je ne connaissais aucuns médecins dans le coin… Le test du diabète ( négatif ) suivi de cette réponse, qui en choqua plus d’un : « rhooo c’est pas grave, vous perdrez bien tout ça un jour ou l’autre ! »…

La nutritionniste que j’ai trouvé par mes propres moyens était une spécialiste de la nutrition pendant la grossesse et l’allaitement… Aujourd’hui, je le sais, je dois beaucoup à cette jeune femme, qui pendant les 3 derniers mois de ma grossesse m’a aidé à limiter les dégâts, à apprendre à m’alimenter, à contrôler mes pulsions alimentaires, à analyser mon comportement… pour réussir à finir ma grossesse à + 30kg (soit environ 100kg… pour 1m60) !

Beaucoup ? OUI ! Cas isolé ? NON ! Insurmontable ? JE LE SAURAIS DANS LES MOIS QUI SUIVENT !

Ce que je n’avais pas mesuré, c’était les cicatrices que laisse une prise de poids très importante… Et là est ma tare aujourd’hui…

Les régimes ont été durs ( draconniens ), mais efficaces. Les périodes de privation laissaient libre court à quelques périodes de leste… La reprise d’activité avec une formation de reconversion, avec ce rythme, un peu soutenu, mais qui m’a sans aucuns doute permis de perdre mieux ( plus efficacement ) mon poids.

Je m’étais lancé un pari, que beaucoup ont jugé fou… lors de la commande de ma robe de mariée, je l’ai commandé 1 taille en dessous de celle qui m’allait à l’essayage… je n’avais donc pas le choix, il fallait que je perde assez de poids pour rentrer dedans… 8 mois après !!!

Ce qu’il faut savoir, c’est que ce poids que je visais été 5kg en dessous de mon poids d’avant grossesse… car avant de tomber enceinte j’avais déjà 10kg de trop à cause de la pilule reprise à la rencontre de mon mari…

J’ai mis 13 mois pour perdre les 30kg qui me séparaient de mon poids d’avant grossesse… Sans ma « diététicienne miracle », car nos revenus ne me permettaient plus d’assumer des rendez-vous non-remboursés… à cause de la perte de mon emploi.

J’ai donc pris les choses en main seule, mais bien après tout !

Les kilos restant, ont largement été perdus avant le fameux mariage !!! Tout le monde était ébailli par cette métamorphose, par cette volonté dont j’avais fait preuve… Mon mari m’a trouvé magnifique dans ma robe, « au-delà de tout ce qu’il aurait pu imaginé » d’après ses dires !

Et moi, tout ce que je voyais, c’était ce satané reflet dans le miroir… celui d’un corps bien trop abîmé par les kilos…celui d’ un ventre strié de vergetures indélébiles avec un petit tablier de peau recouvrant le haut de ma culotte… celui d’une poitrine alourdie ayant perdu sa fermeté… celui de ces fesses sans aucun arrondi… celui de ces cuisses diformes et larges… celui de ces vergetures derrière les mollets, marques indégniables de cette prise de poids excessive… Et puis cette blessure, faite au fer rouge, par une reflexion quelques mois après la naissance de mon fills, de la part de l’homme que j’aime, qui, sans le vouloir, avec sa logique d’homme, a dit tout haut ce qu’aucune femme n’est prête à entendre… il s’est, depuis, confondu en excuses, et j’ai bien compris qu’il ne pensait pas ce qu’il avait exprimé à haute voix, du moins pas comme ça… mais la blessure est toujours là, prête à se rouvrir…

Je suis aussi dans un esprit de défaite constant, par le simple fait que je suis entourée de femme qui n’ont aucuns problèmes avec l’aspect de leur corps… des nanas qui mangent ce qu’elles veulent quand elles veulent, et qui viennent se plaindre dès qu’un petit kilo est venu s’installer sur leurs fesses ! Des grossesse avec les kilos perdus dès la sortie de la maternité ! Des maris qui ne concoivent pas que le corps de leur femme puisse être déformé ou enrobé…

J’ai, depuis mon mariage, repris 6 kg… Mon combat n’est pas fini… je n’oublie pas ma victoire, mais je ne mérite pas encore de médaille !!!

Mon corps est mon pire ennemi aujourd’hui ! Le simple fait de le regarder dans un miroir est un supplice, le simple fait de monter sur une balance est une défaite… Je suis prisonnière des régimes, prisonnière de mon image… prisonnière de mon ressenti… Je suis hantée par les 15kg que je souhaiterais encore perdre… hantée par la perte de poids déjà atteinte , et puis par l’échec depuis…

 

 

Mon enveloppe

Mon corps… vaste (très vaste !)sujet. J’aime la haine que je ressens parfois pour lui. C’est elle qui me permets d’avancer, de tout faire pour qu’il (re)devienne à l’image de ce que je voudrais qu’il soit. Des complexes ? J’en ai des tas ! Poitrine et fesses trop tombantes à mon goût, un peu de cellulite disgracieuse, des ongles de pouces gondolés (oui-oui, comme des vénitiens), des cuisses que je trouve trop épaisses, des poils qui repoussent trop vite, des cheveux qui eux mettent trop de temps, des sourcils trop courts et surtout un ventre flasque avec un bourrelet disgracieux…

Oui mais… j’aime la couleur de mes yeux, j’aime la forme de mes pieds, j’aime le fait de ne pas être très grande, j’aime mon nez droit, j’aime mes cheveux blancs qui témoignent des années passées, j’aime les rides qui marquent mon sourire, j’aime même ma cicatrice de césarienne, elle qui ancre en moi le fait que j’ai eu la chance de donner la vie. J’ai lutté pour ce corps, contre ce corps, jusqu’au jour où je me suis enfin détachée de lui, de l’image que je pensais qu’il pourrait donner de moi. Et paradoxalement, c’est à partir de ce moment que j’ai commencé à me le ré-approprier, à prendre soin de lui, donc à prendre soin de moi. J’ai enfin réussi à m’assumer telle que je suis, et c’est ce qui m’aide à faire en sorte de devenir ce que je veux être, ce que je veux faire ressortir de moi.

Et puis c’est MON corps, mon enveloppe, je l’aime.

Le corps d’une autre…

 

Voilà ce que je souhaite pour Noël: un corps, mais surtout plus le mien!! Ça fait 15 ans que j’entends le même discours: que je suis moche, grosse, qu’il faut maigrir, que la honte et la culpabilité ont pris le dessus et que rien ne pourra changer.

Mais ce discours vient de moi et moi seul. Oui je suis en colère contre ce corps, je le déteste, je veux plus le voir.

15 à 20 kg en trop, des vergetures, des mollets de cyclistes, des genoux hideux, un cul énorme, la liste est longue, trop longue à mon goût. Cette image de moi à l’horizontale est la représentation exacte de ce que je ne veux plus voir. On est comme un vieux couple ce corps et moi: on s’aime plus mais on se quitte pas pour autant, du moins surtout lui, il s’accroche et moi j’en pâtit. Je le repousse chaque jour, mais il me rappelle ma souffrance au travers de chaque miroir. Je déteste aussi mes pieds, ils sont boudinés, pleins d’ampoules, de cor, séchés. C’est con, mais je trouve que c’est une partie qui peut être très féminines et jolies, mais là encore, j’ai manqué le coche….

 

Signé: Une complexée parmi tant d’autres

Mon trou de cheveux


 

Depuis le 8 février je sais ce qui me donne mal à la tête. Une MAV, soit une malformation Arterio veineuse qui a saignée. Plus clairement un AVC. Je suis passée tout près de la fin de ma vie, la fin de cette histoire que j’ai à peine commencé à vivre. Mon couple, ma fille, notre vie, je veux voir la suite!

 

Pour traiter cette malformation et eviter les AVC à répétition, il faut boucher la malformation puis l’enlever. (embolisation)

 

J’en suis à ma 3ème hospitalisations. Bientôt une 4 ème pour enlever définitivement ce petit amas de vaisseaux qui perdurbe le bon fonctionnement de mon cerveau.

 

A la suite des opérations, et des rayons pour que les neuroradiologues puissent voir dans mon cerveau, j’ai perdu beaucoup de cheveux.

 

Je ne sais pas vraiment comment je le vis. Ca dépend des jours. Honte, colère, tristesse, indifférence. Je suis parfois tout simplement heureuse d’être en vie même sans mes cheveux…

 

L’endroit où mes cheveux sont tombés se situe par chance sous d’autres cheveux. Si il n’y a pas de vent, ça ne se voit pas… C’est une une chance en quelque sorte…

 

La prochaine fois que je monte sur la table, c’est pour qu’il ouvre on crane et qu’ils aillent enlever le noyau de la malformation. Ils vont devoir raser encore une partie de mes cheveux… Mais peu importe si après tout ça, je suis guérie…

 

J’avais de magnifique cheveux, long, bouclés, epais. aujourd’hui, il ne sont plus que l’ombre d’eux mêmes.

 

Mon corps, mon conflit

J’ai 22 ans et je suis l’heureuse maman d’un petit garçon de deux ans et demi, que j’aime et que j’adore de façon incommensurable. Et voici mon ventre. Je suis enceinte de 4 mois et de mon deuxième enfant. L’horreur paraît donc atténuée car mon utérus grossissant retend peu à peu ma peau, mais l’horreur est bien là, et après l’accouchement, il me faudra ré-affronter cette réalité. J’emploie volontairement le mot « horreur », car je hais cette chose quand je vois quand je suis nue, quand je croise mon reflet, quand je m’habille. Et quand je suis seule, oui, je pleure. Souvent.

 

J’ai toujours eu des rapports conflictuels avec mon corps et ces conflits ont laissé beaucoup de marques. A l’adolescence, je ne m’aimais pas. Pour des raisons que je ne souhaite pas évoquer, je maudissais mon corps, je rêvais de le détruire, d’en sortir. Pendant quatre ans, tous les soirs, j’ai incisé mon corps de multiples zébrures qui couvrent aujourd’hui mes jambes, mes bras, et plus discrètement… mon ventre et mes seins. Je crois que je haïssais ma féminité.

 

Je suis sortie de ce cercle dépressif lorsque je l’ai rencontré : le père de mes enfants. Pour lui, j’ai accepté de devenir une femme, il m’a aidé à devenir une femme. J’ai repris confiance. Je ne suis tombée enceinte que sept mois après notre rencontre. « Trop tôt » pour certains, « trop jeune » pour d’autres. Et alors ? On a lâché nos études. La vie est devenue difficile lorsqu’il a fallut que mon compagnon travaille. Loin de moi. Nous avons du déménager de région parisienne pour trouver un logement plus grand et abordable en province, mais il travaillait à Paris. Seule environ cinq jours sur sept… J’ai pris trente-deux kilos en tout au cours de ma grossesse, passant de 71kg (pour 1m75) à 103kg.

 

Je suis devenue mère à 20 ans tout juste. Il est devenu père à 23 ans. Et pas un jour nous ne regrettons nos choix, car nous aimons notre fils par-dessus tout. C’était comment, la vie, avant lui ?

 

Seulement, quand j’ai accouché, j’ai découvert « ça ». J’avais pris tellement de poids au cours de cette grossesse que ma peau a craqué, s’est distendue. Une fois mon ventre délesté de sa rondeur toute gracieuse de futur-mère, il me retombait, flasque, fripé et asymétrique, sur le pubis. Je pouvais pincer ma peau entre mes doigts et tirer vers l’avant sans rien sentir.

 

Ainsi donc : en 9 mois, je suis passée de « normale » à « obèse », et mon ventre est monstrueux. Mes seins pendent comme deux gants de toilette. 20 ans, et ce corps là. Beaucoup d’amies bien intentionnées et sûrement sincères tentent de me rassurer : « tu es toujours belle, je t’assure ». C’est sans effet : toutes ont mon âge et je sais pertinemment qu’aucune d’entre elle ne s’accepterait elle-même avec un physique tel que le mien.

 

Pendant plus d’un an, je ne me suis plus promenée nue devant mon compagnon. Je ne voulais plus faire l’amour que dans le noir, ou cachée dans un vêtement. Le simple fait d’écrire ces phrases me font monter les larmes aux yeux, car j’ai découvert ce qu’il y a pire que de ne pas se plaire à soi-même : penser que l’on est plus capable d’attirer celui qu’on aime, parce qu’on n’est plus celle qu’il a connu au début, parce qu’on ne se trouverait pas attirante si on était à sa place. Parce qu’on a peur qu’il parte avec n’importe quelle femme autour de nous ; à notre âge elles sont toutes si parfaites, minces et lisses… Parce qu’on se trouve physiquement bonne à jeter.

 

Il a mis du temps à comprendre à quel point ce changement me bouleversait, me faisait souffrir ; notre situation précaire faisait qu’il n’avait pas le temps d’y penser et mon problème lui paraissait probablement secondaire. Et aussi parce que ce changement, il le comprenait comme une conséquence « normale » du fait que j’avais porté notre enfant. En fait, il s’agissait bien plus d’un problème pour moi que pour lui. C’était rassurant, quelque part. Nous en avons parlé, récemment encore. J’ai aujourd’hui l’assurance de son amour, de son désir aussi.

 

Ah oui, et nous nous sommes mariés il y a un an. Il m’a prise pour épouse, moi et mon horrible bide, mes seins qui dégringolent, mes vergetures, ma cellulite et mon surpoids, pour le meilleur et pour le pire, jusqu’à ce que la mort nous sépare. C’est également rassurant, évidemment.

 

Aujourd’hui je me cache moins. Mais je ne peux pas m’empêcher de me sentir gênée lorsque que je passe dévêtue devant lui, je ne peux pas freiner ce réflexe de cacher mon « tablier » avec mes mains.

 

Je ne m’y habitue pas. Cela fait deux ans et demi. J’envisage très sérieusement la chirurgie.

 

 

– Hiljainen –