Mon corps mon ennemi de tous-jours

yeux

La première fois que je l’ai perçu comme étant quelque chose d’étranger à moi, j’avais à peine huit ans et je venais de subir les assauts dégoulinants d’un cousin tout juste pubère. Me sentant sale et coupable, je me suis réfugiée dans la nourriture, prenant l’habitude en rentrant de l’école, de m’enfiler des gâteaux comme j’aurai accumulé des perles sur un collier. Je suis ainsi entrée dans l’âge ingrat avec le physique assorti, attirant sur moi des regards pas bienveillants pour un sou. Je me détestais d’être différente et je haïssais cette carcasse qui me servait de corps et que je considérais comme traître! Je suis tombée dans l’hyperphagie comme dans un puits sans fond et j’ai continué à grossir. Une dépression et des souvenirs d’inceste refoulés plus tard, je n’ai plus eu qu’une idée en tête : me punir, me détruire et même m’anéantir! Je n’ai plus du tout habité mon corps dont je me servais comme d’une arme que je retournais contre moi : un suicide à petits feux… J’ai enchaîné les relations avec de pauvres types qui ne me demandaient rien d’autre que d’écarter les cuisses ; je me suis offerte comme paillasson et pendant un temps, j’estimais ne rien pouvoir espérer d’autre… Un jour pourtant, j’ai eu le sentiment que je perdais le contrôle et le dégoût était devenu si fort que je suis tombée du jour au lendemain dans l’effet inverse : l’abstinence. Plus question que quiconque ne me touche… et pour tenir, pour résister à la frustration puisque ma sexualité avait été plutôt compulsive, je me suis mise à m’auto-mutiler. Au début, c’était léger, indolore et épisodique mais très vite, c’est devenu quelque chose d’incontrôlable, un rituel froid et mécanique, de plus en plus souvent et de plus en plus fort. Je voulais me faire mal mais surtout ressentir quelque chose, moi qui me sentais tellement vide! Je crois que dans le fond, je cherchais à réveiller la partie morte de mon être…

Aujourd’hui, mon IMC dit que je suis obèse et mon enveloppe corporelle porte les traces du sang que j’ai fait couler pour toutes les larmes que je ne parvenais plus à verser.

Je ne m’aime toujours pas et je me sens encore détachée de mon corps, la seule chose que je tolère dans mon aspect extérieur, c’est ma paire d’yeux, mais j’apprends petit à petit à me pardonner : j’ai enfin assimilé que je n’étais pas responsable des actes de mon géniteur. J’expérimente depuis peu l’indulgence envers moi-même et si le chemin reste long, je m’accroche! Il paraît que ça en vaut la peine…

Jx

« Comme les yeux savent parler quand il n’y a plus de mots. » Francine Ouellette

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Plaire toujours plaire…

plaire

Je en sais plus vraiment comment j’en suis arrivée là. Comment j’ai pu aimer mon corps mais le détester à ce point. Comment j’ai pu croire qu’un jour il me laisserait en paix.

J’ai toujours eu cette impression, que mon corps et mon esprit n’étaient pas fait pour (sur)vivre ensemble. Je n’ai jamais vécu de traumatisme particulier, jamais été en manque d’amour de mes parents. J’ai été une enfant gâtée toujours un peu plus. J’ai toujours été bonne élève avec des résultats scolaires élevés. Pourtant j’ai toujours détesté l’école d’ailleurs je n’y vais plus. L’impression de ne pas être à ma place peut être.

Petite, j’étais de nature très timide et réservée et je ne parlais pas beaucoup. C’est en troisième que tout à dérapé, que j’ai commencer à haïr ce corps à la fois trop vide et trop plein. La nourriture pour le remplir encore et toujours plus, les vomissements et les mutilations pour le vider. Lui faire du mal pour tester ses limites, pour voir quand il craque dans l’espoir qu’un jour il me dise « stop ».

Des marques que j’ai tant aimées et tant détesté à la fois. Que j’ai regretté en me disant « Mais qu’est ce que tu as fait ? Regarde toi tu es devenu laide ». J’ai un physique enviée de plusieurs mais toujours cette peur d’être moche et de ne jamais plaire. Mais ces marques sur mon bras, mes chevilles, mon seins et mon pubis je les aiment. Je les aiment parce qu’elles font parti de moi. Parce que chacune d’elle veut dire « Regarde c’est toi qui à fait ça, c’est ton corps a présent ». Cette envie de m’approprier ce corps toujours plus grande. L’envie de le marquer, de le trouer partout. De lui montrer que c’est moi le maître du jeu. Mais non le maître ce n’est pas moi : « tu te fera des piercing à tes 18 ans quand tu ne sera plus sous notre responsabilité ». Cette impression que mon corps appartient à mes parents, qu’ils me possèdent.

Premier rapport sexuelle à 15 ans avec un garçon que je ne connaissait que depuis 2 heures. Pourtant j’avais un copain. Pourquoi ? Me direz vous. Pourquoi ne l’a-t-elle pas fait avec son copain ? Parce qu ‘il ne pouvait pas. Il devait se faire opérer mais n’a jamais voulu en parler à ses parents. Comment j’aurai du le prendre ? Je voulais offrir ma première fois a cette homme, lui offrir mon corps. J’ai eu l’impression qu’il ne voulait pas de moi, que si il ne faisait pas l’effort dans parlez c’est que cela ne l’importai pas.

A partir de la, l’envie de plaire, de séduire est devenu omniprésente. Et cette quette de perfection toujours plus poussée à l’extrême. A 16 ans maintenant, j’ai eu une histoire de cul avec une dizaine de garçons. Je n’ai fait l’amour qu’avec deux. Toujours plus envie de leur montrer ce corps « parfait », ce corps qu’ils aiment tant. « Tu n’es qu’une barbie avec la tête vide ». J’aurai voulu lui répondre « Je sais maman, mais l’on ne m’aime que pour ça ». Combien de ces hommes a vraiment cherché à me connaître ? Très peu. Il y avait maintenant MOI et LUI. Les garçon ne faisaient attention qu’à LUI.

Baiser, encore et encore, comme si on allait oublier, comme si avec ça le mal allait disparaître. Je n’ai jamais rien ressenti en faisant l’amour. Des fois j’ai même souhaité pour que ça s’arrête ne disant jamais que j’avais mal. Ils seraient déçu que ce corps si beau ne ressente rien. Incapable de dire non de peur de perdre l’amour d’hommes qui au fond ne m’ont jamais aimé.

Et ce besoin inassouvi de plaire à n importe qui. En fermant les yeux on oublie vite ce que le fait. On se plonge dans ses pensées en attendant que tout ça se termine.

Mais maintenant mon corps me lâche. Affaibli par tant de colère, de haine et de tristesse. Maintenant qu’il ma trop fait souffrir il me laisse m’abandonne. Lui ma seul armure qui laisse mon MOI à vif. La fatigue tout le temps à mes cotés …

Un jour lui et moi nous ne ferons plus qu’un et l’espoir renaîtra dans mon cœur froid.

Je crois que j’ai besoin d’aide

7
Aujourd’hui, mardi 30 juillet 2013, je tombe par inadvertance sur ce blog, je me dirige directement dans la rubrique « Viols », j’ai lu tous les articles, tous sans exception, c’est horrible. Je lis, et je pleure, je ne cesse de pleurer. Je prends conscience de chercher celui qui me correspond le plus en définitive. J’ouvre « TextEdit » et je décide d’écrire, peut-être qu’en l’écrivant j’arriverai à vivre en paix avec ceci :

J’ai bientôt 20 ans, je suis ronde et je déteste mon corps et j’ai couché avec 110 mecs différents, je trouvais ça normal.
Le fait de manger beaucoup ? J’avais faim.
Le fait de coucher avec pleins de mecs ? J’aime juste séduire et changer.
Le fait d’aimer dominer les hommes ? C’est mon caractère.

Tout faux, j’avais tout faux.

Lorsque mon grand-père est décédé en 2009, j’étais au téléphone avec ma soeur lorsqu’elle m’a dit : « De toute façon il avait des choses à se faire pardonner. », Je la questionne, elle m’avoue des attouchement mais je sais qu’elle ne me dira jamais tout. Et là, un tilt dans ma tête, une remonté d’informations que j’avais délaissé remontent à la surface.

J’avais entre 8 et 10 ans, en fait je ne me souviens plus, je sais que j’étais au primaire. Tous les lundis soirs j’allais dormir chez mes grands parents. Ils venaient me chercher à l’école le soir et m’y amenaient le mardi matin, tout se passait très bien. Je dormais avec ma grand mère dans la chambre de mes grands parents et mon grand père dormait dans la chambre de ma soeur. Sauf que ce soir là, ça ne s’est pas passé de cette façon. Je m’étais endormie dans la chambre ou je couchait, ma grand mère assoupie dans le fauteuil devant la télé et d’un coup je me réveille en sursaut, sa bite devant ma tête, proche de ma bouche qui me regarde d’un air pervers en me disant « tu veux toucher ? » Ecoeurer, je suis écoeurer, j’ai envie de pleurer, je me lève, il essaye de m’en empêcher, je cours voir ma grand mère, lui avoue la chose et la réponse fatidique je ne me rappelle plus les mots employés, mais à ses yeux j’étais devenue une menteuse.

J’ai vécu ma vie en annihilant ce souvenir, jusqu’à ce fameux jour de 2009, où j’avouais à ma soeur ce lourd fardeau. Cette dernière qui l’avoua à ma mère, à ma demande.

Ma grand-mère atteinte de la maladie d’Alzheimer, obligation d’emménager cher moi, je la déteste du plus profond de mon être, je n’arrive pas à vivre sous le même toit. Sans aucune explication, je décide de m’inscrire dans un lycée à Marseille, en internat, passant tous les week-end chez ma tante. Tellement dur de cohabiter avec des gens avec qui l’on a jamais vécu, mais grâce à elle j’ai grandi et pris conscience de beaucoup de choses qui me paraissaient normales mais qui au final ne l’étaient pas :

– depuis cet épisode de mon enfance, je n’ai eu de cesse que de grossir, alternant boulimie et anorexie, avec beaucoup plus de boulimie ;
– j’ai souvent pleuré sans raison ;
– je me suis scarifiée ;
– j’ai touché au sexe à l’âge de 13 ans ;
– j’ai eu mon premier rapport sexuel à l’âge de 14 ans avec un garçon qui en avait 22 ;
– quand mon passé à ressurgi (j’avais 16 ans), le premier mois j’ai couché avec 10 mecs ;
– mon conteur affiche aujourd’hui 110 mecs.

Je me suis donc rendue compte :

– que j’étais boulimique ;
– que j’étais légèrement dépressive ;
– que pour compenser je fais des achats compulsif (mon énorme dressing représente le vide qu’il y a au fond de moi) ;
– que depuis ce jour j’ai abandonné l’idée de travailler à l’école (je viens de louper une deuxième fois mon bac S)
– que j’aimais prendre les mecs et les jeter comme de vulgaires chaussettes pour montrer le dessus que je n’ai pas eue lorsque j’étais petite ;
– que je m’attachait à quiconque me portait un peu d’attention
– que je ne supporte plus ce corps qui pour moi représente ma seule existence pour les hommes

Je pleure en écrivant ceci, je n’arrive pas à guérir, j’espère le pouvoir un jour. je me sens tellement mal, ce corps me fait mal, et ce qu’il contient aussi, je ressens souvent l’envie de mourir.
Je crois que ça fait du bien d’écrire, mais je ne veux pas le relire.

A ce qu’il parait : « Pardonner ce n’est pas oublier. C’est accepter de vivre en paix avec l’offense. »
Je crois que j’ai besoin d’aide.

Mon corps n’est pas un jouet

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Dans ma tête je vais bien. Je crois que je vais bien.
Dans ma tête je vais bien, mais pas dans mon corps. Il bourgeonne, il suinte, il démange. Je gratte.
Des particules de peau partent sous mes ongles. Je gratte. Je me fiche que cela empire. Je voudrais cramer mes plaques d’eczéma avec quelque chose, n’importe quoi. Des fois, de l’eau bouillante suffit. Ça me soulage un instant. Puis à nouveau ma propre peau me rejette.
Je la hais quand elle trahit mon malaise.

 

J’aimerais pouvoir tout démêler. Dénouer les fils, les enrouler sagement, et tout ranger dans des boîtes. Mais voilà. C’est le bordel. Je ne comprends pas ce qui vient de mon mal être de base, et ce qui vient du viol.
Oui, du viol. Oh, rassurez-vous, rien de théâtral. Juste un viol ordinaire, où l’on douterait presque de ma bonne foi. Oui, j’ai accepté de danser avec lui. Oui, je l’ai suivi dans une arrière cour. Mais non ça ne m’a pas plu. Et oui j’ai eu mal. Et non je ne voulais pas que ma première fois se passe comme cela. Et oui, encore une fois, je n’ai cessé de lui dire non.
Mais il faut croire qu’il était sourd, le pauvre enfant. Le pauvre petit con qui ne savait pas que baiser une gamine non consentante, c’était mal. Que ça faisait mal. Même après.
Il m’a blessée, il m’a meurtrie. J’ai maintes fois pleuré. Je me suis scarifiée. Je me suis cognée contre les murs. Je me suis affamée, puis écœurée de sucreries. J’ai abusé de l’alcool. Puis j’ai réalisé qu’une bouteille de vodka n’était pas un médicament, en dépit de son pouvoir désinfectant.
Je vois un psy. J’ai compris que quand je me faisais mal, ce n’était pas si mauvais signe. J’ai compris qu’exprimer la douleur, qu’importe par quel moyen, montrait une volonté d’avancer, de me battre.
Je ne veux plus être une victime. Je refuse la déploration.
J’affirme mon droit inaltérable de chérir mon corps, de le posséder, de l’habiter, de donner, mais aussi de recevoir.
Je ne veux plus être une victime.
Parce qu’au fond de nous, on est toutes des guerrières.

L’enveloppe et sa lettre.

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Rapport conflictuel sans fin. Et pourtant, on devra cohabiter jusqu’à la mort, moi et mon corps.

Tout allait bien dans l’insouciance de l’enfance. Tu joues, tu cours, tu ris,  tu montes aux arbres, tu tombes, tu pleures, tu t’épuises, tu manges de bon appétit, tu dors profondément. Il répond si bien à tes attentes que tu ne lui demandes rien, tu ne penses même pas à lui. Nous ne faisions qu’un.  

Et vient l’adolescence. Il s’amochit, s’encrasse, s’empâte. Les hanches s’élargissent, des boules de graisse informes pointent sous ton tee shirt, ta peau devient granuleuse. Tu perds de ta souplesse. Moi qui faisais si bien le grand écart à la gym… Je deviens plus lourde. J’arrête de manger. Je cours. Je perds peu. Puis je m’en fous, j’achète des vêtements trop grands, je me cache. Des vêtements noirs, en taille 42 alors que j’en fais deux de moins. Mais je m’en moque, je veux être une ombre, que personne ne me voit, disparaître dans les coins sombres.

Et je mange. Je bois de l’alcool pour faire comme mes amis, et je mange du chocolat en masse, la sucrerie du réconfort. Encore. Une addiction. Chocolat, gâteaux, sucre, yaourt, j’adore. Je mastique, je profite à peine, je plonge ma main dans le paquet, je rumine, je déglutis, et je recommence. « Tu as grossis ». Ah oui ? Oui. 20kg. Boum. Je ne les ai pas vu passer ceux la. Les vêtements jadis trop grands sont à ma taille. J’ai 14 ou 15 ans, et je suis en surpoids. Je suis grosse. Je ne m’aime pas.

Je lacère ma peau. Je lui fais du mal à ce corps vu qu’il s’enlaidit autant. Il n’avait qu’à répondre à mes attentes, à mes envies, à mes rêves. Il m’est étranger. On commence avec les ciseaux d’écolière, on finit avec des couteaux de cuisine de la charcutière. Cicatrices au poignet, au biceps pourquoi pas, puis à la hanche et aux cuisses, c’est moins visible. Certaines à l’endroit de la culotte, personne ne les verra c’est sur. Je pleure des larmes de sang. Ma mère, elle pleure aussi certainement. Je me hais. Il n’y a que mon corps que je voulais faire souffrir, pas ma famille qui m’aime tant. Ça dure quelques années puis on arrête un peu, mais la tentation est toujours la, de temps à autre, rarement, je l’ouvre encore cette peau ingrate. Juste pour vérifier que la machine ne se rouille pas.

On se guérit un peu, mais les traces restent, témoignage d’une période noire, cicatrices éclatantes au soleil, prétexte parfait pour le jugement d’autrui qui se moque, lance des regards sombres, parle de pitié. Mais ferme la donc. On continue à manger, on se stabilise dans le surpoids. Oh je ne suis pas si grosse, je ne fais fuir personne, ils sont la les hommes pour venir me gouter, ils ne disent pas non. Certains le font avec douceur, avec amour. Mon corps me plait avec eux. Et d’autres font preuve de maladresse, de bestialité, ils ne voient que la chair et ne daignent pas reconnaître mon esprit. Mes seins, mon vagin me volent la vedette il faut croire. Mes parties triviales, mes parties génitales suscitent un intérêt plus grand que moi !

J’ai 19 ans, j’en ai déjà marre de cette graisse et de ces mecs. Je me mets au régime, durablement pour la première fois de ma vie, et j’arrête de voir ces types. Je perds 12kg. Je mange plus de fruits, plus de légumes, je cours. On me complimente, on me trouve resplendissante. Je me sens mieux, je me sens plus belle. Enfin. Par moment je me permets un peu de chocolat, un peu de noisettes, un peu de gâteau, sans culpabilité, avec le sourire. Et je continue à mincir. Puis je ne mincis plus. Je ne comprends pas, je continue le sport et à manger sainement pourtant. Nous sommes le 30 avril 2013, je ne m’empiffre plus de sucre, je ne me taillade plus, non j’ai trouvé autre chose pour animer cette relation terrible entre mon corps et moi, je vomis. Accroupie près de la cuvette, les deux doigts au fond de la gorge, je titille, j’appuie, je gratte, ça sort. C’est magique. Je me purge, je m’allège. En larmes sous l’effet des contractions du ventre, ma gorge me brûle. Les gestes deviennent mécaniques. Manger quelques excès. S’attacher les cheveux. Boire de l’eau. Sauter sur place. S’accroupir près de la cuvette. Enfoncer ses doigts dans la bouche. Ça vient. Mon nez coule autant que mes yeux, mon haleine pue, mes doigts sur ma langue sont couverts de grumeaux, mais je continue. Je suis pathétique.

La solution est pourtant simple. Je dois partir. « Ailleurs est un mot plus beau que demain » disait Morand, et comme il a raison. Le voyage signe la réconciliation, mes pas me portent jusqu’où je le veux, la fatigue physique m’apaise, on est monté jusqu’à plus de 5000m mon corps et moi. Et j’en suis si fière. Être ailleurs me permet de me distraire, de ne plus penser à ma carcasse. Ne pas la regarder, ne pas lui prêter attention, la traîner tout simplement, sans l’affronter au miroir et aux regards. Dans cinquante jours, je pars très loin, dans les montagnes himalayennes, pendant plusieurs mois. Dans cinquante jours, je vais renaitre et oublier ma prison de chair. Dans cinquante jours, mon être prendra le dessus sur mon paraître. Lui et moi vibrons d’impatience.

L’autre.

Mon ventre, ce gouffre à sentiments

ventre

Je ne suis pas bien vieille et pourtant, je me fais l’effet d’avoir une centaine d’années. Alors, pour annihiler cette impression de douleur cumulée et de mort imminente, je renvoie l’image de l’enfant que je n’ai presque jamais été. Car, si je me mets à réfléchir en adulte, que je suis, je ne peux faire face à mon passé, mes manques, mes pulsions…

Enfant, j’ai souffert de l’abandon, puis plus tard, j’ai essuyé trois viols dont une tournante. À cette occasion, j’ai dû sortir « vivante » d’une benne à ordure… À l’heure actuelle, mon corps est mon pire ennemi. Soit je l’ignore royalement, soit je le combats, le martyrise jusqu’à ce qu’il hurle d’horreur et de douleur.
Quand je me vois dans un miroir ou sur une photo, l’incapacité à me reconnaître me laisse perplexe. Parfois, bien maquillée et habillée je puis me trouver jolie, mais cette pensée est vite balayée par la jalousie : je voudrais être cette fille, c’est injuste que je ne puisse pas ressembler à « ça » ! Mon corps et ma tête ne sont jamais accordés. Quand je prends du poids, je me rends compte que je grossis. Ça me gêne, mais, ce n’est pas dramatique. Lorsque je perds du poids et que je me retrouve avec un corps plus proche de mes attentes, quelque chose chute dans ma tête. Je me trouve affreuse, débordante de graisse. Mon ventre devient difforme. Je me dégoûte… Je m’affame alors pendant des semaines, à raison d’une cuillère à soupe de riz, ou un quart de pomme. L’envie de me déchirer, à coups d’ongle et de dents vengeresses, l’intérieur des bras devient viscéral. Puis, c’est là qu’interviennent les hommes…

Mon rapport aux hommes est, au final, assez conflictuel lui aussi. Je ne suis pas devenue hargneuse ou peureuse après les viols. Mais, j’ai développé un besoin envers eux. Je ne me sens exister qu’à travers la sexualité… Au début les hommes ont donné de la valeur à mon corps à travers les billets de banque. J’ai enduré divers mépris et horreurs uniquement pour avoir ses billets, preuve irréfutable de mon existence et de mon intérêt auprès d’eux. Mais, aussi pour avoir la satisfaction de m’en être sorti « vivante ». Le jeu de la roulette russe : tant pis pour moi si… J’ai arrêté avec beaucoup de difficulté et me suis « contenté » des compliments de l’homme qui partageait ma vie. Malheureusement cela sert uniquement pour pouvoir accepter vaguement de cohabiter avec ce corps embarrassant. Et très vite l’idée que, de toute façon, cet homme est aveuglé par son amour et donc, n’est ni fiable ni objectif s’impose irrémédiablement.
Et là, c’est le retour à la case départ d’un besoin de regard pour me sentir vivre. Vivre à travers les compliments des autres, vivre à travers leurs désirs que je ne partage pas mais auquel je me soumets pour, enfin, trouver une explication à mon existence. Avec cette sensation tenace et irrémédiable que, je ne suis intéressante qu’à l’horizontale.

Je voudrais simplement arriver, un jour, à faire connaissance avec moi-même…
Bulle d’Acide

La mort à fleur de peau…

S

J’ai toujours été une fille très sage, belle, très souriante, une fille sur qui on pouvais compter dessus… même si personne ne m’as jamais réellement accordé son amitié ou simplement un peu d’attention :(
Jusqu’à mes 16 ans 1/2…
Je tombe littéralement amoureuse d’un beau Grec qui est en première année de Science Po, celui à qui j’offre ma première fois au bout de 6 mois. Je trouves en lui mon âme soeur. Quand il m’embrasse, il me fait voir des étoiles. Je jouis de ses simples baiser, je passe des journées entière serrée dans ses bras, les heures passent d’une vitesse affolante !
Mais ma mère est une véritable mère poule et me prive de liberté car elle a peur que je la délaisse un peu, du coup elle enchaîne les punitions : « Range ta chambre et tu pourra sortir » et quand je fini, elle me redonne une autre punition… sans raisons…
Du coup mon amoureux se lasse de m’attendre. Il me demande d’être plus cool avec ma mère, alors que je fais déjà TOUT ce qu’elle me demande de faire.
Je suis punie 1 semaine… puis 2… puis 3 … Le jour de la St Valentin je décide de fuguer, passer la journée avec mon amoureux que je n’ai pas vu depuis si longtemps !!! Il me fait rentrer en cachette dans sa chambre pour ne pas que sa mère alerte la mienne. Il me joue de la guitare… je lui offre son petit cadeau… On fait l’amour pour la 3 ième fois. Magique…
Il me ramène au bus fin de journée. Ma mère apprend que j’étais avec, du coup… sanction !
Je ne peux plus le voir ! Elle est devenue jalouse ! Il décide donc de me quitter… et moi, j’ai qu’une envie, c’est de crever !
J’erre comme un fantôme pendant des mois, ma mère à peur car je perd du poids, je deviens blanche, je ne fais plus attention à moi, je ne parles même plus. Je me sent mentalement morte.

Un soir je craque, j’ai tellement de haine, de rage en moi que je veux me faire mal physiquement. Aussi mal que j’ai intérieurement. Je me frappe le visage, je tombe sur un rasoir de coiffeuse avec une lame aussi grande qu’un index. Et la je me coupe une fois… deux fois… 25 fois… et au bout d’une heure je me sent plus calme. Comme si j’étais apaisée par cette douleur physique.
Forcément, vu l’état de mon poignet… ma mère le remarque. Elle commence alors ses discours qui ne servent à rien face à la rage que j’ai envers elle. « tu as besoin d’aide… tu devrais prendre des médicaments… tu te mutile pour te rendre intéressante » J’ai qu’une envie, c’est de lui crever le coeur pour qu’elle ressente comment je vie depuis 7 mois !
Elle pense que je fume du cannabis et que je prend de la cokaine, elle me menace chaque jours de m’amener à l’hôpital pour faire des testes et moi je ne demande que sa pour qu’elle puisse me lâcher la grappe étant donné que je n’ai jamais rien pris !

Mon père m’inscrit au Viet vodao afin de canaliser mon énergie et à me changer les idées. Et sa marche !
Je rencontre un autre homme et j’oublie ma peine de coeur, ma peine de tout les jours :)

Mais… Ma mère recommence les punitions ^^
Et cette homme me propose de vivre avec lui. Je fais ni une, ni deux, j’prépare mes valises à 18 ans et 5 mois. Je me caaaaasssse !
Ma mère me fait la gueule car elle déteste mon nouvel homme et elle ne me parles plus. je ne peux plus voir mes 2 frères et mes deux soeurs… Du coup sa me fait énormément souffrir… En plus sa ne se passe pas très bien avec cette homme, et j’peux pas retourner chez maman, ni vivre des mes propres moyens vu que je suis toujours étudiante. Je n’ai pas de copines car mon hommes les dragues… il as 6 ans de plus et le décalage d’age se fait bcp ressentir.

19 ans (Novembre) je me sent patraque, j’ai vomis dans la voiture… je suis malade avec les odeurs… Je suis enceinte !
J’apprend que je fais un déni de grossesse, je suis à presque 5 mois de grossesse et en 10 min mon ventre a gonflé tellement que je ne peux plus attacher mon pantalon. Cette grossesse imprévue va bouleverser toute ma vie.
Il ne veux pas d’enfant, et moi je me sent déjà mère et j’aime mon bébé… il me dit « Tu avorte ou je te quitte » Je n’ai personne à qui parler, et si je le garde, je me retrouve à la rue. Je subi une IVG en hollande à 5 mois 3/4, il paye 900 euros pour ruiner ma vie…
Il passe les teste psychologique à ma place car je suis tellement sous le choc, que je n’arrive même pas a réaliser, à parler, j’suis tétanisée.

En rentrant le soir même à la maison, je vide une demi bouteille de vodka cul sec (Lui il est trop occuper à jouer sur son ordi, et à faire des rencontre « coquine » car il me trompe)
Je me déteste, je veux ENCORE CREVER… Donc j’y vais franco, j’enfonce la lame dans mon avant bras, dans mon bras et dans ma gorge le sang coule à flot, je suis fière car je me sent mourir et c’est ce que je veux plus que tout ! Je vois mes tendons bouger, trop dégeu.
Malheureusement, ou heureusement, il descend au frigo et me trouves à moitié morte et appelle l’ambulance.
On me réinjecte du sang et on me fait 42 points de suture. J’explique mon histoire aux urgentistes (ils étaient bien 15 dans la sale) y en as qui se mettent à pleurer quand je raconte que je veux mourir… Le jour après je signe une dérogation pour sortir de l’hôpital car je veux pas passer devant le psy qui vas me bourrer des médoc et je retourne chez cette homme, que je salifie de MONSTRE à présent. Il avait fait mes valises… et le soir même, j’étais à la porte !

Je me suis retrouvée au sans abris à 19 ans…

j’ai repris vie grace l’arrivée de mon fils que j’élève seule, il est toute ma vie. C’est lui qui me fait oublier ce passé monstrueux. Et chaque jour qui passent à présent, nous les mordons à pleines dents :D Et nous sommes très heureux, lui du haut de ses 3 ans et moi du haut de mes 25 ans :))

Plus jamais aucun homme ne me brisera !