Lui ou moi… Moi et lui !

corps des femmes
Mon corps et moi c’est toute une histoire.
J’ai 5 ans, et jusque-là je n’y avais pas fait attention. Il était là je jouais, je dansais, je sautais mais sans vraiment m’en préoccuper.
Et puis il y a eu ÇA… Cet épisode qui a marqué le début d’une relation compliquée. Mon cousin, une caravane stockée dans une grange, une cave chez une grand-mère. Des jeux d’un autre âge, de celui de mon cousin pas le mien. Il a 10 ans de plus que moi. Ses jeux ne sont pas les miens, pas ceux de mon corps. A cause de lui j’ai senti ce corps. Mais je n’aurai pas dû le remarquer si tôt, pas de cette façon…
Et puis pendant longtemps j’ai « oublié ». Moi oui, mais pas mon corps.
Enfant, très sage, très comme il faut. Mais quand les adultes ne sont pas là, je plonge dans le placard à gâteaux. Mon père me l’interdit, pour que je ne sois pas trop grosse, mais en achète plein. Il est malade dans sa tête mais à cet âge-là je ne remarque rien. Je ne suis qu’une ENFANT.
L’adolescence, comme dans une drôle de bulle, hors de la réalité. Mes copines ont des petits copains. On leur a demandé : « est-ce que tu veux sortir avec moi » ? C’est tout bête cette petite phrase, mais personne ne me l’a jamais dite. Et la seule fois où j’ai OSE demander par l’intermédiaire d’une copine, elle est revenue en me disant « non il ne veut pas, il dit que t’es trop grosse… » BAM !
Je mange trop, sans vraiment m’en rendre compte. J’espère maigrir à chaque fois que je suis loin de la maison. Mais ça ne dure pas assez longtemps et je replonge dans le placard à gâteaux.
Premier vrai petit copain.
Après coup je me dis que j’ai fait n’importe quoi avec lui. Premier baiser, premier rapport, première « expérience »… Tout allait trop vite, comme si je voulais rattraper mon « retard ». Je ne respecte pas mon corps, je ne sentais même pas ce qui se passais, mais je le faisais quand même.
Je fini par rencontrer quelqu’un de bien, qui m’aime et m’apprend à m’aimer. C’est long. Je pensais y être arrivée, mais ce n’était qu’une ILLUSION.
Au fond rien n’allait bien. Je veux maigrir une fois de plus, mais là ça va trop loin. Je n’habite plus chez mes parents, je gère mes « repas » toute seule. En fait je ne mange pas ou très peu. Je me déteste toujours, mais je suis enfin mince. Je m’insulte toujours, mais je suis enfin MINCE. Mais lui ne sais plus comment gérer ça. Sa détresse m’incite à aller voir une psy. Ça va mieux, ça m’aide, mais ce n’est toujours pas ça.
Mon corps visuel n’est pas satisfaisant, mon corps sensuel inexistant.
Les années passent. Je ne me déteste plus, mais je me tolère. Et ça, ça ne suffit pas.
Je tombe enceinte sans prendre de poids. Ma vie bascule. Entre bonheurs et incertitudes je deviens ADULTE petit à petit. Un deuxième bébé, toujours pas de kilos et cette fois, ça se passe plus facilement. Ça m’aide mais le problème n’est pas réglé…
Après m’être mise au sport, je suis de plus en plus mince. Plus mince que je ne l’ai jamais été. Mais je n’ai toujours pas de VRAIE VIE SEXUELLE. Ça me dépasse, moi qui pensais que le problème venais de là…
La peur est quand même là, peut-être même un peu plus maintenant que la graisse s’est littéralement envolée. Mais je ne sais toujours pas quoi faire de lui. On n’est pas complices, on ne se connait pas. Alors quand j’ai trop peur, je mange. Un peu trop. Alors je l’oblige à bouger, bouger encore et encore pour que rien ne s’accroche. Je l’oblige tellement qu’il finit par craquer. On finit tous les deux à l’hôpital. Rien de très très grave, mais assez pour que je puisse plus faire de sport. AÏE ! J’ai peur, de nouveau… Alors je mange.
Et là, cette fois je décide que C’EST FINI !!! Je décide que ÇA SUFFIT !!!
J’aurais voulu retrouver ce corps plus mince, mais on me trouvait maigre. Alors je décide que je vais essayer de L’AIMER VRAIMENT. De vivre avec lui, en LUI.
Nous avons vécu l’un à côté de l’autre pendant 35 ans.
Nous vivrons ensemble les 50 prochaines autres.
Fini les frustrations.
Fini les obligations.
Fini les observations.
Maintenant place à la vie, une vie d’équilibre avec ses hauts et ses bas. Mais pas ses peurs qui font faire n’importe quoi. J’espère pouvoir continuer sur cette voie qui semble bien apaisante. J’espère que je ne suis pas une fois de plus dans cette ILLUSION qui m’a souvent fait croire que tout allait bien.
Nous sommes là, tous les deux, chair dans la chair, liés à jamais.
2016 sera notre année de retrouvailles.

Mon ventre-sourire

mon ventre sourire

Il y a 6 mois, j’ai accouché par césarienne. Qui l’eut cru ? Moi, l’enfant violée qui étais terrifiée à l’idée d’une grossesse.
En arriver là fut un combat : combat pour retrouver l’envie de rester en vie, combat en justice, combat pour mener une vie de couple normale, combat pour réussir professionnellement, combat pendant plusieurs années de thérapie pour accepter l’idée de vivre avec moi-même.
Puis je me sens un jour suffisamment bien dans ma peau et dans ma vie pour avoir le désir de fonder une famille. Je me sens même prête à supporter une grossesse, moi qui n’ai longtemps juré que par l’adoption. Enceinte, je m’apprête à livrer un nouveau combat : je vais régulièrement voir une psychologue, m’entoure de praticiens compétents, avertis chacun d’entre eux de mes réactions angoissées à tous les examens qui attentent à ma pudeur.
Se pose alors la question de l’accouchement. Et pour la première fois de ma vie, j’ai choisi de ne pas me battre. De ne pas rechercher la performance pour masquer le traumatisme : j’ai fait le choix de la césarienne. Un choix certes guidé par mes peurs et mes angoisses, mais aussi un choix de respect pour le chemin parcouru et restant à parcourir, un choix rassurant, un choix doux pour moi-même. Un choix qui dit « tu t’es bien battue, tu as droit à une pause. Tu n’as pas toujours à gagner ton bonheur, tu peux aussi juste t’en saisir ».
Et elle est née par césarienne, dans le moment le plus doux, le plus beau, le plus fort et le plus émouvant qu’il m’ait été donné de vivre. Cette enfant est une lumière. Aujourd’hui, restent mes souvenirs, et ma cicatrice. Elle ne m’a jamais fait peur, j’aimais déjà l’idée de ma cicatrice avant d’accoucher. Et maintenant qu’elle est là je l’aime encore plus. Inscrite sur mon bas ventre, que j’ai tant détesté, cette cicatrice est un sourire, qui atteste de ce que le bonheur est passé par là.
Depuis que mon enfant n’est plus dans mon ventre, mon intérieur me fait de nouveau souffrir, le combat reprend. Mais mon ventre-sourire est un espoir de me réapproprier un jour mon corps durablement, et les doux yeux de mon enfant me rappellent qu’en attendant, la vie vaut toujours d’être vécue.

J.

Je ne pourrais jamais vivre dans ton corps

bide
J’ai toujours détesté mes seins. Il faut dire qu’avoir un 90C à l’entrée en 6e, et faire une tête de plus que tout le monde, c’est pas forcément simple pour s’insérer dans la société. Alors j’ai fait du basket, et j’ai trouvé pour un temps ma place…
Mon corps a continué à s’épanouir, encore et encore… Ma tête n’était pas prête du tout! Le regard des hommes… Terrible! Le regard pervers des hommes sur la « petite fille » que j’étais, et que je voulais rester… Certains sont allés plus loin que le regard. A 15 ans, un inconnu m’a fichu la trouille de ma vie en me collant une magistrale main aux fesses… je revis encore cet instant avec stupéfaction 20 ans plus tard… Et mon cœur s’arrête de battre une minute. Et je veux fuir. Et me cacher.
A 16 ans, mon entraineur de basket m’a fait du chantage: soit je couchais avec lui, soit il n’entrainait plus l’équipe l’année suivante… Je crois que je n’ai vraiment pas compris sa proposition. Mon père est mort très tôt, et j’ai vraiment grandi dans l’innocence absolue de ce qu’était un sexe masculin et « le sexe » tout court… j’ai du tilter quelques mois ou années plus tard, quand une des filles de l’équipe m’a rappelé qu’un jour nous avions eu un autre entraineur… Ah oui tiens, il ne m’avait pas dit un truc avant de partir? ‘Tilt’
Je me demande aujourd’hui si ma prise de poids à cette époque n’était pas (aussi) un moyen de me cacher de tous ces regards. « Ne me voyez plus, je suis cachée sous la graisse, je ne suis plus désirable ».
Bref… rien de dramatique au final! J’ai lu des histoires tellement plus graves ici, des viols, des incestes, des femmes battues, des enfants réprimés… Rien de tout cela dans ma petite vie.
Le titre de mon témoignage est une phrase très spontanée lancée par ma mère, me croisant nue dans un couloir de notre appartement, quand j’avais 17 ans… Ma mère-belle-mince-parfaite. Cette phrase résonne encore profondément en moi… surtout depuis que j’ai des enfants. Comment peut-on dire cela à son enfant? Une adolescente de 17 ans pourrait presque entendre  » à ta place, je me suiciderais » Ca ne m’a pas vraiment traversé l’esprit, mais j’ai souffert, ca oui.
Ma mère n’a pas été une mauvaise mère, et je pense qu’elle a voulu déclencher en moi un déclic… La seule chose que je pourrais lui reprocher aujourd’hui, c’est de n’avoir pas envisagé autre chose qu’un manque de volonté. Et aussi d’avoir cru qu’être mince était la seule option possible pour être heureuse dans ce monde.
Et si je n’y pouvais vraiment rien? Et si ca ne me dérangeait pas vraiment, de faire 1m, 74 et 75 kilos? Je ne me trouvais pas si mal. Bien en chair, mais bien proportionnée. Musclée. Et ma paire de seins à elle seule comptait déjà pour 3 kilos dans la balance… si j’avais pu l’enlever…
Malheureusement, cette phrase (et surement d’autres éléments) a déclenché le cercle infernal: honte, régime, perte de poids, reprise rapide, régimes, yoyo, remords, haine de mon corps, haine de moi-même de ne pas être fichue de me maitriser, régime etc..
Encore du très classique. Rien de nouveau sous le soleil
Bilan? Aujourd’hui 20 kilos de plus, deux enfants et une jolie bavette.
Etonnamment, depuis que j’ai eu des enfants, je ne suis plus complexée par mes seins. Je pense que l’allaitement y est pour beaucoup. Mes seins, mes énormes seins, ont nourri mes filles pendant leur première année. Ils ont trouvé là leur fonction, leur essence. Je les ai acceptés. Alors que l’allaitement ne leur a pas rendu service… Et pourtant, ils ne me dérangent plus. Ils font partie de moi.
Mon ventre, ma bavette, c’est une autre histoire… Pourtant, ventre nourricier, ventre-maison de mes deux amours pendant 9 mois… mais non. Ce n’est pas toujours si simple.
J’ai beaucoup lu vos témoignages avant de me décider à poster ici. Vous m’avez beaucoup appris sur nous, les femmes, sur moi-même, en tant que femme. J’ai appris, en vous lisant, et parfois avec stupéfaction, que grosses-grandes-maigres ou menues, nous étions toutes névrosées… à différents degrés bien sûr, et sans forcément de connotation malsaine ou maladive. C’est juste un constat. Et une interrogation: qu’est ce qui dans notre éducation commune à toutes, nous femmes de ce monde, si différentes, a engendré ce même rapport au corps, cette horrible besoin de perfection? Ces désordres mentaux, qui nous font nous voir affreuses, d’où viennent-ils? Suis-je inconsciemment entrain de les reproduire chez mes filles? Angoisse…
Une amie m’a décomplexée un jour en quelques secondes: « certaines femmes pèsent un jour 180 kilos, et quand elles arrivent à ton poids après des mois ou des années d’effort, elles se sentent BELLES » wais, dingue… des femmes vivent dans mon corps et se trouvent belle? Intéressant comme concept.
J’ai compris beaucoup de choses sur moi-même depuis que j’ai des filles. Deux filles. Totalement différentes. Et en particulier, dans leur approche avec la nourriture. La première, toujours affamée, très gourmande, même à la naissance, elle buvait systématiquement plus que de raison, pour régurgiter ensuite le trop plein. Elle hurlait sa faim souvent. Ce besoin n’était jamais mitigé, toujours volume au max. Aujourd’hui à 6 ans, on lui met 10 gâteaux devant elle, elle va les engloutir, et en réclamer deux de plus, et me demander ce qu’on mange au diner, inquiète. Ma seconde, sur 10 gâteaux, elle en mangera deux, croquera dans le troisième, avant de le reposer et d’aller faire autre chose. Bilan: 15 mois d’écart, une fait 17 kilos, l’autre 27… J’ai compris grâce à ma deuxième fille que les réactions de ma première face à la nourriture n’étaient pas des réactions normales. Je ne pouvais m’en rendre compte avant puisque ce que vivait ma grande n’était autre que ma propre expérience.
Mon ainée est mon « clone de bouffe »! Mais? Mais? Dans la mesure où j’ai fait tout mon possible pour ne rien reproduire des erreurs qu’auraient pu faire mes parents… Dans la mesure où j’ai consciemment, sciemment, élevé mes deux enfants de la même façon… Mais? Serait-il possible que ce désordre soit autre que psychologique?
Et si? Et si c’était… génétique?
Soulagement: Et si ce n’était pas ma faute? Ce n’est pas ma faute? Le corps que j’habite est celui que m’a légué la nature, pas celui que j’ai monstrueusement créé?
Libération!
A ce jour, j’ai entamé une psychothérapie. J’ai ouvert la porte du cabinet pour une toute autre raison. Mais fort est de constater que si je veux un jour être bien -heureuse!- dans quelque domaine que ce soit, j’ai une montagne à gravir: m’accepter. Accepter ce corps que j’habite. Plus que cela, apprendre à l’aimer! Moi qui ait passé ma vie à me faire une opinion de moi-même en la cherchant dans le regard des autres, aujourd’hui, je dois me voir avec mes yeux, et m’approprier ce que je suis.
Je n’y suis pas encore. Je grimpe le sentier tout doucement. J’ai appris à ne plus dire « la chose monstrueuse » en parlant de mon corps. J’ai appris à ne plus insulter intérieurement les « grosses », les encourageant à cacher leur gras sous de larges vêtements (comme ceux que m’offraient ma mère?) J’ai appris que même les maigres avaient du ventre. J’ai appris qu’en fait, il est anormal de ne pas avoir de ventre.
Et un tilt: ma mère n’avait réellement pas de ventre. Non, pas un trou béant à cet emplacement, mais un ventre creux, jamais proéminent… Ah! Découverte! C’est donc après cela que je cours depuis des années? Mais quelle absurdité!
J’ai appris à toucher ce ventre. Non non, pas en étalant rapidement du gel douche, par obligation d’hygiène, en le frolant à peine, cerveau en mode déconnecté, pour vite le rincer ensuite, ce ventre, et l’oublier jusqu’à la prochaine douche.
Non, le toucher. Poser mes mains dessus. Ressentir. Palper. Pincer. Caresser.
Je réprime le dégout. Je réprime la honte. C’est à moi. Je n’ai pas honte d’avoir 5 doigts à chaque main, je ne devrais pas avoir honte d’avoir un ventre… Compliqué.
Demain je l’accepterai. Peut-être. Surement. J’espère. Je n’ai pas d’autre choix. Je veux être heureuse et épanouie, et mon ventre est ma montagne à gravir pour y arriver. J’y arriverai. Ensuite on passera aux bras, aux cuisses, au double menton. Mais ce sera plus facile. Et ensuite j’irai mieux.
Je sais aussi pourquoi je l’ai tant fait grossir, ce ventre. Ce ventre vide. Vide d’un 3e enfant que je désire tant. Moi qui suis tellement épanouie enceinte. Moi dont la faim insatiable et permanente disparait enceinte. Ne lisez pas ici que je désire un enfant pour les 9 mois de plénitude qui m’attendent. Ce n’est pas ce que j’ai dit. Mes deux merveilles sont la plus grande réussite de ma vie. Mon cœur brule du désir de voir grandir et d’accompagner un jour un 3e merveilleux petit être conçu dans mes entrailles.
Mais enceinte, c’est le seul moment de ma vie ou j’ai une relation saine avec la bouffe. Pas d’envies de sucré ou de salé. Pas de frustration devant un plat de légume. Parfois même, je m’arrête de manger avant d’avoir fini mon assiette. Relisez bien la dernière phrase: oui c’est dingue: je n’ai PLUS faim! Enceinte seulement. Et quelques jours après l’accouchement, je pèse moins qu’avant la conception. Mes démons me rattrapent bien vite ensuite. Mais encore une preuve, si il en faut, que mes « désordres » ne sont pas uniquement psychologiques. Quand la physiologie de mon corps est différente, ma relation avec la bouffe change. En mode « normal » j’ai faim. Tout le temps. Et j’ai peur d’avoir faim. Et je mange pour ne pas avoir faim…
Peut-être bien que je n’y peux rien.
Je ne suis pas coupable!
Et merde, j’y vivais plutôt bien dans ce corps, avant que tu le détestes, maman.

La femme que je suis.

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Bonjour a toutes et tous,

Je parcours ce blog de nombreuses fois, j’ai hésité plusieurs fois avant d’écrire… Écrire quoi ? Ma vie banale, je pense. Une vie normale, je crois. Des complexes, une mère trop mère-poule, un père présent mais trop absent, ce qui fait maintenant que je suis un peu parano…

Je ne parlerais pas de mes années collège trop de souffrances, d’attouchements dans des coins sombres, au milieu de la cour… Privation de sorties parce que ma mère ne voulait pas que je traîne les rues, même dormir chez une amie cela m’était interdit… Deux frères derrière moi qui eux ont plus de droits mais bon ce sont des garçons…

15 ans : Le lycée synonyme de liberté, je sèche les cours, je me fait des amis plus vieux qui touchent a l’alcool, aux drogues, un peu de tout… Je découvre le cannabis, j’adore, il ne me quittera plus jusqu’au 23 juillet 2014. L’héroïne que j’adore aussi, la cocaïne, le speed, les ecstas. Je suis avec un mec, le premier, il fait tout découvrir, le sexe, la violence, les insultes, mais ce n’est pas de sa faute il est schizophrène et puis je l’ai forcement cherché…

17 ans : Mon père se pend. Pourquoi ? Une question sans réponse. Je quitte mon copain. Je batifole un peu mais pas vraiment, je suis meurtrie de l’intérieur… Chaque journée est un supplice… Il avait beau ne pas s’occuper de nous, il me manque…

18 ans : Meetic, une rencontre, un amoureux qui me fait oublier un peu ce passé houleux, il a 26 ans. Je vois en lui l’homme de ma vie. Des projets :
mariage, bébés… Une idylle de deux ans… Il rompt sans explications, 9 mois de déprime… Ou je ne suis plus rien.

21 ans : Un autre homme, je crois etre amoureuse, je tombe enceinte, je n’en veux pas mais je le garde pour cet homme qui est si heureux. Une petite fille entre dans ma vie. Je l’aime malgré mon non-desir !

23 ans : Un mariage non réfléchi, a la va vite, et arrive la prostitution dans les bars en Belgique… Mauvaise expérience, heureusement mon ami le cannabis est la et me soutient !

24 ans : Séparation houleuse avec le papa de ma fille, mon mari. De nouveaux amis qui se droguent, LSD, MDMA, speed, ecstas, coke, héro… Je prends tout ce qui passe pour oublier que je suis une mauvaise mère, une mauvaise épouse, je continue la prostitution, pour me droguer, payer mon loyer, ma nourriture. Je vois ma fille une fois par semaine. Pas suffisant a mon goût mais je n’y peux pas grand chose décision de justice, son père a la garde exclusive !

Dans ces nouveaux amis, il y a Lui, l’homme, mon homme qui me redonne goût a la vie, a l’Amour, qui me fait rêver. On est ensemble, on se drogue ensemble mais on perd petit a petit nos amis… On plonge dans la came un temps, on arrête a deux. Mais mon ami canna est toujours la.

25 ans : Je prends une décision qui va changer ma vie, je me range des drogues, l’arrêt du cannabis me fait tomber en dépression, maison de repos, mais Il est toujours la, présent, aimant. Mais lui aussi a des problèmes, une schizophrénie a 22 ans, Il a un traitement a vie. Maison de repos pour lui aussi. On est loin l’un de l’autre. Première séparation on se voit peu mais Il est la, Il m’aime. Je le sais. Mon divorce est prononcé. Je suis enfin tout a Lui.

Ma fille est toujours présente dans ma vie, une fois par semaine et deux fois par semaine en semaine paire. La moitié des vacances scolaires.

A eux deux, Ils sont ce que je suis ! Nous construisons notre vie a deux, a trois… Maintenant il faut un logement, un travail et je pourrais voir ma fille une semaine sur deux.
Pour le moment je me soigne encore psychologiquement et addictologiquement.
Un long chemin. Mais je crois en cette vie meilleure avec Elle et Lui.

Ca nous ronge de l’intérieur jusqu’au point de non retour

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Quand je repense à tout ce qu’il s’est passé depuis ma naissance, je me dis que j’ai quand même eu beaucoup de force pour tout garder pour moi et de courage surtout pour continuer à avancer.

Mon enfance a été assez douloureuse. Je n’ai quasiment aucun souvenir de ces périodes, mis à part les choses qui me hantent depuis enfant.
Je suis née d’une grossesse non désirée. Mon père était alcoolique, droguée et avait fait de la prison. Ma mère était une jeune fille de 19 ans un peu paumée.
Lorsqu’elle a appris sa grossesse il était trop tard pour elle d’avorter, elle a alors caché pendant un moment sa grossesse à la famille, car ça aurait été assez mal vu selon elle.
Quelques mois après ma naissance, mon père nous a mise à la porte toute les deux. Ma mère c’est réfugié chez son père. J’ai grandi en étant trimbalé un coup chez ma mgrand-mère, un coup chez mon grand-père, mon père me gardait de temps en temps les weekends.
Ma mère a toujours reporté sur moi la colère qu’elle avait envers mon père de l’avoir traité ainsi (elle avait été battue, rabaissée…). Elle voyait mon père en moi.
Elle s’occupait rarement de moi, c’était mes grand-parent qui jouaient son rôle, pendant qu’elle sortait faire la fête avec ses copines. J’ai grandi sans avoir vraiment de mère, puisque nous n’avions jamais tissé de lien et sans père puisqu’après nous avoir mis à la porte, ma mère a tout fait pour l’éloigner de moi.

A mes 2 ans, nous sommes allé vivre dans une autre région, car elle avait rencontré un autre homme (avec qui elle a eu ma belle-soeur).
Cet homme a eu du mal à m’accepter et me l’a fait ressentir pendant des années: il m’injuriait, me rabaissait, disait que je n’étais qu’une mois que rien, que j’étais idiote, sans cerveau, il m’a maltraité (il me donnait des douches glacées, m’enfermé dans le garage dans le noir à genoux sur le paillasson le doigt en l’air pendant des heures, me donnait des claques plus que forte cul nue à répétition, il a même été jusqu’à me donner des coups dans le dos une nuit…). C’était juste horrible.
Ma propre identité en à souffert.

Mon adolescence a été elle aussi difficile. Ma mère et moi on ne faisait que s’engueuler. Cris, larmes, claquements de porte, injures étaient notre quotidien.
Tout ce qu’elle m’interdisait, je le faisais. Elle était beaucoup plus complice avec ma petite soeur, qu’avec moi. J’étais comme invisible. J’ai essayé à plusieurs reprises de tenter des gestes de tendresse (l’enlacer), mais cela la gênée.
J’ai été violé par un garçon à mes 12 ans, trop naïve…je pensais que c’était mon ami, je l’ai invité chez moi quand ma mère n’était pas là. Il a demandé à voir ma collection de CD alors nous sommes montés dans ma chambre et là j’ai vécu un enfer…(je n’expliquerait pas en détail car ça fait trop mal).
Je pense que ce garçon a du raconter des choses sur moi au collège, car une fois en rentrant chez moi (c’était un petit chemin au bord d’un canal) deux garçons m’ont suivis, j’ai marché plus vite mais ils m’ont couru après. Un m’a attrapé et plaqué contre le mur, mis la main sur la bouche et à commencé à me faire des attouchements. L’autre garçon rigolait à côté. J’avais très peur les jours suivant de faire la route à pied seule. J’ai commencé a être mal dans ma peau ensuite. Je restais enfermée dans ma chambre et n’en sortait que pour l’heure du repas ou pour aller en cours (lorsque je ne les séchait pas).

A mes 19 ans, ayant signé un contrat d’un an, j’ai profité de l’occasion pour quitter la maison. J’ai alors pris mon appartement car la vie sous le même toit que ma mère était devenue impossible. Moins on se voyait, mieux c’était.

Entre temps, j’ai fait des recherches et j’ai retrouvé mon père, j’ai repris contact avec lui. Malgré que je lui en voulais de ne pas avoir été présent, je l’avais toujours porté dans mon coeur et souhaitais le rencontrer pour apprendre à le connaître et pourquoi pas rattraper un peu le temps. J’avais besoin de savoir qui était mon géniteur et connaître un peu plus ma famille (de son côté).
Nous avons échangé des mails et des coups de téléphones pendant quasiment 3 ans (il habitait une autre région, était sous tutelle). Nous avions décidé de nous rencontrer. Il était convenu qu’il viendrait dans ma région et prendrais un hôtel pendant quelques temps pour que l’on puisse passer du temps ensemble. Il faisait son possible avec sa tutrice pour faire des économies pour réaliser ce projet. Il y était presque…
Malheureusement, le 2 décembre 2012, il est décédé sur son lit d’hôpital. L’infirmière l’a trouvé tout bleu et crispé. Il était rentré à l’hôpital pour un sevrage alcoolique, il avait décidé de s’en sortir avant de venir me rencontrer. Il voulait me prouver qu’il pouvait y arriver, car il voulait retrouver sa fille qu’il aimait tant.
J’ai très mal vécue cette période. Je suis partie en train pour les funérailles mais arrivé là bas ceux ci ont été repoussé pendant 15jours (autopsie, enquête étaient en cours car il était décédé dans un hôpital). J’ai du repartir entre temps chez moi et n’ai pas pu assister aux funérailles de mon père, car je devais être présente au travail et mes jours de congés exceptionnels étaient épuisés.
Pendant mon séjour là bas, j’ai demandé à voir le corps. Je voulais lui dire « bonjour et au revoir », au moins voir son visage en vrai une fois…ça n’a pas était possible, la dame m’a répondu : « son corps est trop endommagé, il ne vaut mieux pas que tu le vois comme ça. »

Je n’ai pas eu le temps de me remettre du décès de mon père qu’en mars 2014, j’apprends que je suis enceinte. Ma 1ère grossesse, mon 1er enfant, vous n’imaginez pas mon bonheur dans ma tête. Le jour de la 1ère échographie, elle m’annonce que je suis à 8 semaine 1/2, qu’il mesure presque 5cm mais… qu’il est situé dans ma trompe droite. Je fais une grossesse extra utérine. Il faut m’opérer de toute urgence.
L’opération a eu lieu le samedi 27 avril 2013, ils m’ont enlevé mon enfant et ma trompe droite. Le père de l’enfant a préféré fuir que de me soutenir. Je suis passée à deux doigts de la mort, ma trompe avait éclatée et l’hémorragie interne commencée à être importante. Par la suite, il n’a pas été plus présent, j’ai du me débrouiller toute seule pour tout, malgré qu’il fallait que je reste coucher pour mes douleurs et cicatrices. Il m’a également rabaissée, injuriée. Peut être m’en voulait-il, je ne sais pas. En tout cas, moi oui j’avais une bonne raison de lui en vouloir, car il m’avait laissé seule.
Depuis ce jour là, mes journées sont devenues un enfer. Je voulais tant cet enfant…je l’aimais déjà tant…

Ensuite je me suis complètement renfermée sur moi-même. J’ai fait comme si tout allez bien, alors que rien n’allait, c’était dans ma tête un tourbillon d’horreur.
Jusqu’à il y a quelques semaines, où la couple pleine à céder par ces années de souffrance et d’accumulation. Me taire m’a tué à petit feu…
J’ai commencé à me mutiler le 16 mars et c’est fou mais ça me fait du bien. Je me sens tellement vide. Je ne ressens plus rien à part la douleur de tout ce qui c’est passé et la tristesse. Je ne sais pas qui je suis. Je n’ai aucune confiance en moi.
J’ai été voir le médecin le 17 mars dernier et j’ai craqué devant lui. Je n’ai pas tout raconté, je lui ai dit qu’il fallait que je vide mon sac parce que je n’en pouvait plus de vivre avec tout ce poids sur mes épaules.
Il m’a donné un traitement contre mes angoisses et me voit chaque semaine en psychothérapie maintenant.

Tout ça pour dire que, même si c’est difficile de parler des choses qui nous font mal, ça l’est encore plus si on les garde pour nous, car tôt ou tard ça nous ronge de l’intérieur jusqu’au point de non retour.

Mon corps , mes grossesses et la femme que je suis ….

Ventre

37 ans , toutes mes dents enfin pas vraiment et ce corps de maman qui a porté 8 bébés dont 5 venus nous combler et nous faire travailler sur notre chemin de vie …..

1er bébé à 23 ans , 18 kg de prit pour avoir un joli bébé tout rond et moi qui a toujours été mince , je me retrouve avec un ventre en serpillière …
Au début je l’aime comme j’aime mon BB .
Notre puce arrive 18 mois aprés habillant encore un peu de vergetures ce ventre , ensuite c’est le tour de notre 3ième larron et là après ectte grossesse , je ne me reconnais plus , un ventre toujours rond alors que j’aborde une jolie robe de mariée , que je pars en voyage de noce dans les Iles entourées de si jolies nanas .

Mon homme m’aime comme je suis , pour moi c’est plus dur …..je ne me reconnais plus ….

Et puis je reprends le sport , des arts martiaux plusieurs fois par semaine , je perds mon poids , retrouve mon corps de jeune fille avec toujours ce ventre strié .

7 ans de sports intensifs , je pense trop tard à la chirurgie qui n’est plus remboursé .

Puis 2 autres loulous arrivent avec des grossesses superbes ou je me suis sentie si belle , juste du ventre me retrouvant à chaque accouchements plus mince qu’avant …..

Maintenant je ne pense plus à la chirurgie , j’ai accepté ce corps de femme et je l’aime comme ça , je me sens belle et sexy avec mes seins qui ont donné du lait et mon ventre zébré ;)

Je ne désire plus d’enfants , ma vie ayant pris vraiment uen autre direction plus intérieur et en même temps plus extérieur ;) J’accompagne de belles mamans pendant leure grossesses , j’accompagne de belles personnes quelque soit leur formes ;)

Popoya

Mémoire corporel, naissance d’un déni, accouchement du bébé lointain.

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Mon corps est rempli de plis qui contienne trop d’histoire et trop de secret. Parle à ma main et celle-ci racontera une fourchette plantée dedans un soir à table. J’ai toujours peur quand mes enfants ont dans les 20 mois et que leur sens de la gestion de la fourchette est plus dans l’expérimentation que dans l’usage précis et conventionnel de l’objet. Quand on s’approche de mon front, pour l’embrasser, ou tout autre projet… en mois, je me souviens de ce jour en 1er maternelle où mon corps à violement rencontré un chauffage pendant la sieste car j’avais bougé trop près du chauffage et que je le suis retrouver en dessous. Dès ce jour, je n’ai plus dormis sur les matelas aux sols mais sur les lits de camps. Mon corps s’empreinte de son histoire, et m’interdit l’oubli. Et quand j’ose cette effronterie, il me le balance au moment qui est le plus inadéquat.
Je ne supporte pas les bisous dans le creux du coup que ce soit à droite ou gauche d’ailleurs mais pas derrière. Et tout autre contact là, me provoque des reflexe de protection. Ironique quand on aile le portage avec un porte bébé asymétrique de surcroit… il faut jouer de stratégie et d’ajuste pour préserver la zone sensible sous peine de se pencher. Cela me rappelle ces baisers préféré, à Lui .Cela me rappellent le dégout. Cette zone est interdite, et si je pouvais la laisser à l’air sans le moindre contact, j’en serais heureuse. J’ai appris à supporter les cols des pulls et les écharpes.
Il ne faut jamais me pincer ou mettre sa main sur le dessus de ma cuisse gauche, pas parce qu’un jour ne me suis blessé à l’escalade. Non. Parce qu’en voiture, Lui, posait systématiquement sa cuisse main dessus. Et s’amuser soit à la pincé pour déclencher un réflexe, soit laisser « juste » sa mains là entre les passages de vitesses.
La cuisse droite, se souvient de ma cousine mordant. Et là encore, ça un rapport avec Lui. Car je l’ai vu Lui, lui tuer sa chair et je l’ai vu elle, l’oublier. Et j’en porte un souvenir.
Puis vient la vie, le temps qui passe, la thérapie… Enfin entre temps il y a eu un homme, trompettiste sans talent (enfin ça se discute, là où il pratique, il en-là, mais je lui refuse ce droit. Il n’a le droit a rien selon moi). CeLuiLà, c’est une autre histoire, mais en soit, il a aussi marqué mon corps, et je ne tourne jamais ma tête à droite quand on fait l’amour. Sinon, j’ai encore peur qu’il sente mon odeur de petite fille qui lui donnait tant de plaisir. Et je n’aime pas les poulaillers convertis en débarras. Il y faisait des lits avec 6 chaises pour mieux me dire « je dois le faire »… et moi ? je dois me taire. Ma pire crainte, c’est que je sais que son truc de merde où il joue de la trompette aurait du faire la Madeline (une fête locale dans mon coin de Belgique, j’ai fuis un pays a cause de Lui, CeLuiLà, et CeDernier).Et la Madeline passe devant chez moi. Heureusement, ils ont dû annuler, faute de budget. Ouff. Sinon, je l’aurais agressé, parce que son souffle, son odeur son encrée dans mon nez. Mais c’est une autre histoire. C’est de Lui, que je veux parler.
Lui, donc… il a marqué mon corps en essayant de m’étouffer une fois, en écrasant son pied, juste assez pour me faire peur, mais pas assez pour me tuer… C’est la seul fois où je me suis défendu. J’ai tapé du sol dans ses couilles. Il était au-dessus de mon torse. J’ai osé… et payer cher cette insolence vitale.
Lui, me violait. Lui, c’était mon père. Lui, a 16 ans un dimanche matin, où je regardais par la fenêtre. Lui là, ce porc… moi, je regardais l’oiseau, et je voulais volais comme lui. J’écoutais mon imaginaire. Loin. Point. Je volais, j’étais un oiseau. Je n’entendais plus « Tu es vraiment une petite perverse à me forcer a coucher avec toi. Tu es vraiment une perverses, hein. Et tu aimes ça ».
J’ai oublié le reste.
C’était bien d’oublier.
Mon premier né à connu la césarienne. Oui, c’est bien au fond. Ca ne raconte rien de ce dimanche matin-là.
Mon second, je n’ai pas compris. Ca me faisait si mal. Mais pas mal comme vous le croyais… cette naissance m’a déchiré. Ma brisé, ma mutilé. Elle m’a fait tellement de mal…Mais surtout parce que je ne comprenais ce qui se passait en moi. Je n’ai pas pu. Pauvre naze, mettre au monde cet enfant fée ; qui a mis 25h a quitter mon girond. J’ai quitté la maison où je voulais tellement l’accompagner, pour le pire hôpital du coin. Un lieu de merde, que personne ne recommande dans la région, à deux pas, 1min30 en voiture. Je suis allé là où l’on m’avait fait une césarienne, au fond inutile. Mais qui m’avait évité ça. Et je ne le savais pas. Moi je voulais laisser à mon corps le droit au chemin de la vie.
J’ai eu mal, j’ai dit que c’était parce qu’il se présentait par les reins. Mais j’ai souvent repensé au dimanche matin, chaud. Il faisait chaud se jours-là. Trop chaud. Et avoir du plaisir ça fait mal. Vous saviez ça ? Moi pas. J’étais une petite perverse.
Puis, un bébé non prévu, une histoire pas simple. Bref, pas besoin de revenir dessus. Enfin sur le début.
Je suis abonnée au bébé sortant à presque 42 semaines quand on leur laisse leur temps. C’est horrible. La grossesse, j’ai subi une agression, un harcèlement. Je ne suis pas au mieux. Mais je m’enferme du monde.
Et puis ça y est, ça commence. Maintenant, je sais que ça me fait mal. Mais je suis forte. Je vais y arriver.
C’est la nuit, je dis « non, j’y arrive pas ». Qu’est-ce que je fais. Retour à l’hôpital carnage. Mais je le dis, ce n’est pas mon corps. C’est ma tête.
Mais je ne dis pas quoi.
J’ai mal. Je me dis que c’est la personne qui m’a agressé. Je l’insulte, parce que je me dis que ca va m’aider à dépasser tout ça. Non, rien y fait. Une image s’impose à moi. En moi y a un combat. « Dégage papa, tu es qu’une merde, une pourriture, lâche moi, je t’ai vaincu »… et je revois ce dimanche matin-là… celui du néant, celui du vide.
Chut.
Je veux partir a l’hosto de merde, me faire traiter comme une merde. Je veux qu’on m’arrache ce bébé, je veux plus de bébé (enfaite si, un dernier). Je veux plus ressentir son corps franchir mes entrailles. La gynéco, une garce. Elle me fait une épisio alors que la tête ce n’est pas sorti. La sage-femme me donne du synto… « Mais, je ne peux pas, j’ai eu une césarienne »… « Je sais ce que je fais »… « je veux pas ça » … Pu’ain, ne gâche pas ma capacité à s’attacher ace lui-là… Avec le 1° né, c’est si compliqué, avec le second, il commence seulement à m’aimer… me détruit pas ça… j’ai envie pour une fois que ce ne soit pas un combat de s’attacher.
Ça fait mal de l’écrire. Je veux plus que ça me brule…
Et puis, y a la sage-femme qui me met un ballon sur le ventre et s’assoie dessus. Ça fait mal… Ça fait mal comme ce dimanche. Y a qu’une différence entre ce dimanche, et le reste… c’est que ce jour-là, a 16 ans, c’est trop tôt pour le poser sur ces lignes déjà trop longue.
Elle, elle été comme lui, elle me dominer le corps. Je hais cette sage-femme, je veux qu’elle disparaisse de la terre. C’est une montre.
Mon homme sait à quel point j’ai souffert de ces attachements si difficiles.
Alors il refuse de prendre notre bébé dans ses bras. « Non, ça sera d’abord ma femme ». L’équipe ne comprend pas, refuse. Ils ne comprennent pas, lui font la morale. Parfois, vous savez vivre avec un psy, c’est chiant. Mais ce jour-là… c’était bien. Car il savait que pour moi, c’était vitale. Alors… il résiste. Refuse, et incite pour qu’on me le rende… qu’on me sépare pas de lui, comme pour le précédent. Même si il est post terme, faite pas chier…
Je suis une merde, je n’arrive pas à mettre mes bébés au monde au-delà de la torture de ce lui de merde. Je suis une pauvre naze, une merde. Les autres elles y arrivent. Moi je suis une petite chochotte. Je ne supporte pas la douleur.
J’ai mon bébé, et c’est magique, tout va bien… dans les 3 jours qui suivent sa naissance, mon homme commence une formation. Je serais seule avec mes 3 garçons. Et je sais que j’aurais pas d’intendance a gérer. Belle-Maman me fera le repas de midi tous les jours. Et mon homme ira les cherche la veille. Je refuse de voir tout le monde. On me dit que c’est une dépression. Non. Je m’en protège. Je suis ailleurs avec mes 3 garçons, leur père. Je suis bien.
Ma relation avec mon 3ieme enfant, dans son attachement coule de source, tout ce passe bien. C’est le merveilleux. Avec les deux autres, c’est paisible. La vie est douche.
Mais je sens un truc. Je n’en parle pas. Enfaite, je ne le sens pas. Je le vois. Un film au ralenti. Chut. Non, coupé la lumière.
Je n’aime pas les dimanches matins ensoleillé et sans nuage.
La vie est belle. Mais je tais la réalité. Le la laisse dans le silence.
Je fini par en parler, vaguement à mon homme. Il comprend ou pas. Je ne sais pas, à quel point ça me brise. Fais une deux sortit avec mes enfants dans le 1° mois post natal. Mais pas trop. Je ne veux pas voir les gens.
J’ai une visite. Une amie, une sœur. Une de ces femmes qui veille sur moi, qui lit dans mon cœur et qui y vois des beautés que je ne vois pas.
C’est bon. Mon bébé dort sur elle. C’est beau.
Je reste quand même dans un silence. Chut. Ne pas dire.
Et puis je le dis a elle, et des amies très proches. Je ne sais pas si elles sont capable de l’entendre. Mais je veux être entendu… je veux pas ca enfaite. Je ne sais pas ce que je veux. Je le dis.
Dans ma vie, j’ai 3 fées qui sont des amies. Elles sont de vraies magiciennes. Ces 3 femmes m’ont offert tellement d’amour, derrière tous ces défauts que je vois.
Elles lisent avec quelques autres aimes. Rare.
Un jour, un dimanche matin, j’ai voulu être un oiseau. Parce que j’ai le bonheur de ressentir mon corps, depuis toujours dans ses moindre mouvement ovarien. J’avais 16 ans. Et les oiseaux ne sont pas des magiciens. J’aurais voulu qu’il soit l’oiseau bleu, pour plein de raison. J’ai ovulé ce jour là. Et 4 mois plus tard. J’ai rejeté ce bébé. je l’ai expulsais dans le silence. Il était mort, et tant mieux. Je ne voulais pas de ce monstre.
Personne à part 6 amies, ma sage-femme et mon homme peuvent comprendre pourquoi je suis si revendicatrice du droit à l’ivg… Je n’y aurais jamais eu accès. Et lui, là, ce bébé, ce truc m’aurait acheté une vie déjà si dure.
Mon père est mort.
Mais mon corps lui, n’a pas voulu que j’oublie ce bébé. il m’a fallu 3 bébé pour regarder en face. Je croyais avoir régler le déni.
J’ai été violé par 3 hommes différents. L’un est le fils de ma nourrice (CeLuiLà), encore parfois la nuit, je me réveille quand mes règles sont en retard, comme si par magie un spermatozoïde boosté à l’uranium de Tchernobyl aller féconder une ovule et que j’accouche de lui. J’ai peur de lui. On est bien en étant dans un autre pays. Il est mon premier meurtrier corporel. Mon père, ce Lui, m’a violé, battu trop longtemps, et il est mort. Et j’en suis heureuse. Cedenier, c’est une autre histoire. Mais ce n’est pas celle qui m’a fait le plus de mal. J’ai porté plainte, il n’est pas en prison. Mais pour moi, c’est fini.
Vous savez, je n’ai que des garçons. C4est parce que les petites filles, on les viols.
Voilà. Je veux dans 2 ans accompagner un 4ieme enfant. Mon compagnon pas. Mais, serais-je capable de faire face à ça. Je veux que mes fées, que mes amies soit là. Je vais être entouré, et pas seule. Mais je ne sais pas si un jour ça se fera.
J’ai eu un bébé a 16 ans, je l’ai tellement hais. J’ai tellement frappé mon corps, qu’au final… mon corps l’a tellement rejeté, car je ne pouvais pas avoir accès a l’ivg… je me dis que j’ai de la chance. Mais je me suis fait mal pour en arriver là, anorexie, mutilation, me frapper le ventre encore et encore. J’ai aimé l’oublier
Mais mon corps, lui n’oublie pas. Si je suis grosse, c’est parce qu’on ne viole pas les grosses.
C’est con d’avoir mes clichés. C’est con, parce qu’ils sont faux, bête et stupide, mais il me permette te tenir mon chemin d’équilibriste.
Je suis maman de 3 enfants. J’ai une vie. Et loin de tout ce passé, dans un autre pays.. Je peine, je dessine, je fais de la photo. On me dit que j’ai du talent. J’accompagne des gens. J’ai un psy, que je vois au besoin, depuis pas mal d’année. Je m’auto gère plus ou moins bien. Ça doit être dur d’être mon enfant. Les gens me voient tel que je ne suis pas en vrai. On une perception loin de mon être. Je suis proche de mes enfants, physiquement. Parce que je n’ai pas peur d’être comme mon père, le fils de ma nourrice, ou CeDernier. Peu de gens connaisse mes capacités à ce que ce passé, glauque ne pourrisse pas mes pratiques professionnel. Les gens qui croisent ma route ne comprennent pas ma distance. Ce n’est pas que je ne veux pas. J’ai besoin de plusieurs années pour être proche, intime. Et une fois que je le suis, je ne vois plus l’intérêt de parler de ça. Ça ne me définit pas.
Un viol peu avoir un impact sur une naissance. Et une fausse couche provoqué par une haine de soi, un corps automutilé… n’oublie pas ce qu’on enferme dans un tiroir.
C’était long. Navré. Je ne pouvais pas faire autrement.
J’aime ma vie. Et elle m’a conduit à mon aujourd’hui. Mais, sinon, ça me brule. J’avance avec cette ombre. J’ai maintenant une belle relation avec mes deux ainées. Et ma relation avec mon 3ieme est belle. J’en profite. C’est doux. J’ai une vie ou y a des combats quotidiens. Des combats parce que je n’ai pas suivi le chemin normal…Je fais de la photo, je fais du dessin, je fais de la peinture. Je donne des formations. Je partage des tas de choses et j’offre beaucoup. Je suis dans un monde ailleurs… et au fond, j’ai construit un autre monde en décalage.
J’ai du mal à relire ces pages. Ça brule. Alors, ce n’est peut-être pas compréhensible. Mais là, je ne sais pas relire, corriger la formulation, tout ça. Et je sais que l’écris est mon abime. Et que j’en suis obscure.