Mettre sa vie en JE

En découvrant ce site, dés la première lecture j’ai commencé à avoir une boule au ventre.
Et puis des larmes, et puis des envies de mots. Je me suis dit bof, t’as pas grand-chose à dire…. Sauf que j’ai quand même un petit peu à dire. Et que ce site si j’ai tout compris c’est le lieu.
Alors voila ce que je crois de mon corps et des liens que je fais de moi avec moi. C’est décousu mais voila.
J’ai un souvenir, celui d’un père nu qui vient prendre son bain avec ses deux filles. Ce souvenir il est lourd parce qu’il est anodin mais trop présent. J’ ai que ça, rien d’autre …. Ma sœur ne s’en souvient pas. Je suis sur de rien.
Un jour un copain de la famille m’a prise sur ses genoux dans la piscine et à « fouiller » dans mon maillot avec ses doigts. J’ai levé des yeux interrogateurs vers lui, me suis dégagée et ai plongé… j’ai pris le fond de la piscine, direction le docteur. Trou dans le front. J’ai rien dit pour le reste.
Un jour, je suis mélangée à la foule et en jupette. Un type derrière moi s’arrête et collés les uns aux autres en profite pour glisser sa main sous la jupette. J’ai voulu qu’on parte.. on c’est juste décalé dans le foule.
Un jour ma copine a ses règles et je m’en souviens.
Un jour j’ai mes règles mais je ne m’en souviens pas.
Un jour ma sœur à mal à la poitrine car ses seins poussent.
Un jour mes seins sont là mais je ne sais pas comment il sont arriver jusque là..
Un jour je suis femme et mon corps plait beaucoup. J’ai un joli minois et un corps « de rêve ». Alors j’avance avec ça. Si ça plait aux autres…….
Par contre je me drogue beaucoup et bois aussi. Dans ses états j’y fais pas gaffe à se « corps de rêve ».
Un jour je me brule un sein et je suis fière d’arborer un énorme pansement et plus tard la marque. Nous sommes en été et les gens ne regardent que ça. Ça me rassure.
J’ai des envies de tatouages, de piercing, de marquage…. Mais de beau quand même.
Et puis je pars. Avancer, changer, résoudre, évoluer….
Un jour la panique me prend et pour m’apaiser je bois et je baise à tout va… c’est pas toujours très jolie, ni très glorieux mais c’est moi qui choisi non ?!… et ça dure des jours et des jours….. Accrochés à ma bouteille de rhum…. Et cette panique, cette angoisse qui part pas. Ce qui me gonfle c’est que je ne sais pas d’où ça vient. Alors je me dis que quitte à avoir mal autant envoyer ! Je commence à me bruler l’avant bras. Et comme par magie ça passe de suite. Une douleur se transforme en une autre beaucoup plus simple. Visible. Explicable. Je me tatoue point par point le poignet là où on tranche normalement. C’est bon.
Alors je recommence. Et les cuisses aussi. Des coups d’aiguilles chauffées où avec le briquet brulant.
En plus j’aime les marques, les cicatrices, les traces…. Alors j’arrache les croûtes, je fais durer le plaisir. Car c’est un plaisir cette souffrance là comparé à l’autre. Mais ça me fait peur. Parce que j’ai 27 ans et que je trouve ça tordue comme attitude à mon âge. J’ai toujours cru que ça on le faisait plutôt à l’adolescence.
Je rencontre des gens dans ma nouvelle vie et pour beaucoup des femmes, elles ont été abusées, certaiones sont restées dans le dénnis, le silence, ou le refus durant des années…. Alors je m’angoisse et s’ensuit la peur du souvenirs, de l’horreur.
Re-panique, angoisse….. le type avec qui je suis trouve « que j’exagère »….
Je subis une agression mais échappe au viol… sauf que dans ma tête j’ai déjà intégrer que j’étais une femme violée… mais non. Mais un peu quand même, ben non pas aux yeux de la loi, ouais mais quand même…. Bé non on te dit….. ok si vous le dite alors…..
Et toujours le super copain. « c’est bon c’est pas grave »…..
Je garde ça pour moi alors….. ?
Deux ans de rapports conjugaux parce qu’il le faut. Quelques sentiments d’être même forcée parfois…. Aucune libido mais que du flan, du vent, du cinéma.
Sentiment d’être juste un objet. Je n’aime pas mon corps mais ne peut pas en parler : « Oui, ho ça va toi, t’as vu comment t’es gaulé… les trois quart des meufs en rêvent et t’as tout les mecs à tes pieds. »
Ok bon ben je me tais alors…. Mais moi j’m’aime pas !… PUTAIN QUE C’EST BON DE L’ECRIRE !!!
Quand je reviens de soirée et que je fais le bilan des bleues, des coupures, des égratignures je suis contente.
J’ai lu un jour, de Cyrulnik je crois qui écrivait sur l’adolescence : « Mettre sa vie en JE »…. Pourtant sortie de cette période à 31 ans, j’ai le sentiment de continuer de me mettre en JE et en JEU…
Je ne sais pas vraiment ce que je dois être pour tant je rêve comme tout le monde mais peut être un peu trop…. Une idéaliste me dira’t-on un jour. J’t’emmerde !
Les histoires d’un soir dans le noir. Parce que comme ça je garde ça pour moi et se corps là je le vois pas.

Du vernis ? Tu te fous de ma gueule ?

Non mais tu as une jolie ligne mais tu devrais te muscler. Ah t’as vu cette nana ? Elle est grosse hein ? T’as perdu du poids mon amour ? C’est bien je suis fier de toi. Encore ? Bravo, tu verras ça t’ira mieux. Et, tais toi, non chut pourquoi tu pleures ? Ca t’a pas plu ? Pourquoi pourtant je baise bien. Non ? Allez c’est bon casse toi. C’est quoi cette jupe ? Tu veux attirer les mecs ? C’est quoi ces talons, allez dégage moi ça. Du vernis ? Tu te fous de ma gueule ? T’as changé toi vraiment t’es plus celle que tu étais. Ah tu te maquilles ? Pour qui ? Pour quoi ? Pour plaire ? Je te suffis plus ? T’as changé. Ce décolleté là, tu me remontes ça, tous les mecs vont regarder tes seins c’est pas possible. Oh ma chérie que tu es belle, je t’aime tu es parfaite. Non cette jupe tu l’enlèves, pantalon stp, et une taille au dessus au moins ça ne te moule pas. Oh mon amour je t’aime, dis, si on avait un enfant ? Tu peux refermer le bouton du haut stp ? Oh mon amour, si on avait un autre enfant ? Cache ce corps, aies honte de toi. Pourquoi tu ne mets pas cette jupe juste pour nous le soir ? Tu sais moi ça m’excite. Pourquoi tu portes ça pour sortir ? Tu veux allumer ? Allez mon amour, j’ai envie ce soir. Pas toi ? Je m’en fous. Et souris, t’as tout pour être heureuse. Quoi ? Tu me quittes ? Mais moi je t’aime ! Salope.