A qui la faute?

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Comment je peux raconter ça, comment je peux décrire ça, en sachant que j’ai tous les symptômes, tous les signes d’ « après » mais pas de souvenir d’un événement déclencheur précis…
Le souvenir le plus ancien que j’ai, c’est mon père dans la salle de bain, le sexe en érection (je ne le savais pas à l’époque, je l’ai compris lorsque j’ai vu celui de mon premier petit ami) me disant : ça c’est quand papa a envie de faire pipi…
J’ai le souvenir d’avoir raconté ce souvenir à mon petit ami de l’époque, le premier, premier tout. Mais je n’ai plus vraiment d’image de ce souvenir. Je me souviens avoir compris l’état de son sexe à ce moment-là, car à l’époque je ne savais pas et on ne m’a jamais expliqué grand-chose à ce sujet ensuite… Je me souviens donc que ce petit ami m’a dit alors, oui c’est vrai que quand on a envie de faire pipi fortement, on peut être un peu en érection… ça ne semblait pas anormal selon lui, ni au petit ami suivant d’ailleurs.
J’ai mis 1 an avant d’accepter de faire l’amour pour la première fois avec ce garçon, j’avais 15 ou 16 ans. J’avais peur de la pénétration, une peur de l’inconnu pure et simple peut-être. Je l’ai fait, ça a été un peu douloureux après, comme un bleu.
Nos ébats étaient toujours formidables, nous découvrions ensemble la sexualité. Et puis j’ai arrêté de l’aimer mais je n’arrivais pas à le lui dire, trop peur de changer la situation, j’avais des crises d’angoisses parfois. Donc je disais oui, alors que je voulais dire non, je me taisais car je ne voulais pas qu’il comprenne que ça n’allait plus pour moi. Que j’allais briser son cœur. Mon corps a parlé à ma place, il se fermait, il n’acceptait plus aucune intrusion. Et puis j’ai finis par lui dire. Nous nous sommes séparés, dans la douleur et le fracas.
J’ai ensuite rencontrée un autre garçon, le parfait gendre, de bonne famille. Il écoute mon récit et me dit qu’avec lui je n’aurai jamais besoin de psy….
Avec lui je fais beaucoup l’amour au départ, j’en avais envie mais pas envie en même temps. Parfois envie au début et plus envie pendant mais CHUUUT… ne blesse personne, ne fait pas de vagues, n’emmerde pas ton monde, ne lui brise pas son plaisir….Et puis peu à peu je me ferme à nouveau, j’ai mal pendant les rapports. Je commence à refuser certains rapports et là commence le chantage, pour qu’en échange d’une pénétration-éjaculation pour lui, je puisse enfin recevoir ses gestes d’affection. Etrange deal, deal destructeur. Car cette personne n’est pas spécialement tendre et ne sait pas gérer son désir, ne sait pas gérer l’intimité, la nudité. Si on est nus, c’est pour qu’il me pénètre, rien d’autre. La sexualité n’est que cela pour lui. J’ai peur de ses gestes, de son désir. Je suis toujours avec une main entre les jambes et sur ma poitrine pour qu’il n’aille pas toucher ces zones-là, car ce sont les seules qui l’intéresse.
Après 3 mois de relation avec lui mon corps me parle de nouveau. Je développe un herpès. Ma vulve est un terrain miné, je la sens comme brûlée, comme passé sous des lames de rasoirs, endoloris et ces boutons me faisant mal, m’empêchant de dormir tellement la douleur est intense. C’est pourtant auprès de lui que je cherche le réconfort. Cette douce absurdité qu’est l’aveuglement de l’amour et de la dépendance affective. Et finalement pas de virus de l’herpès en mon corps. Mon cerveau a créé cela de toute pièce… pour l’éloigner, le dégouter.
Je vais voir un psy pour comprendre ces problèmes. Elle me dit que ça n’a rien d’étrange que mon père m’explique le fonctionnement de son sexe en pleine érection, sous mon nez. La même qui me dit que cet herpès créé de toute pièce semble avoir un impact disproportionné sur ma vie, car j’en parle avec émotion.
Un médecin à qui je parle de mes douleurs lors des rapports qui passe bien plus de temps que de normal à me palper les seins.
Je me cherche une raison à ces douleurs, je suis aveuglé, toujours. Un gynécologue-chirurgien pense que j’ai un endométriose. Après être allé voir par célioscopie, ce n’est pas ça. Je le savais quelque part… Après l’opération sous anesthésie générale, il me dit que vu mon physique je devrais être mannequin… violence supplémentaire, abus de mon corps supplémentaire.
Aujourd’hui je suis avec quelqu’un de patient et à l’écoute mais avec qui je n’arrive pas à dire ce que je veux, car je ne le sais pas. Le lit est un endroit pour moi ou je suis en libre-service, je suis à disposition, je perds toute volonté. J’ai mal durant un rapport sur deux.
J’alterne et j’ai toujours alterné durant mes relations entre des moments d’envie intense mais toujours mêlés de refus et des moments de replis complets. L’envie complète et totale n’a eu lieu que lors de relation courte. Les rapports à long terme créé une relation de possession qui me font perdre mon indépendance, ma volonté, mon autonomie et me dépossède de mon corps, de mes désirs, de ma sexualité.

Je sais que quelque chose ne va pas, quand je lis des récits de femmes violés, je sens un échos en moi, un échos puissant. Lorsque j’entends des récits sur ces sujets, au sujets de femmes dont la volonté n’est pas respectée par un conjoint ou par une figure médicale, par un violeur, je sens une colère sans nom monter en moi, une volonté, une énergie qui me ferait tout détruire sur mon passage pour rétablir la justice et condamner ces comportements.
Je n’arrive jamais à comprendre quand cela à commencé et donc il me semble alors que c’est moi qui ai tout créé…. Moi qui n’ai jamais su m’affirmer… Je ne sais pas, que dois-je faire ?

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Violences conjugales : ce jour où j’ai décidé de partir

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Bonjour ,je n arrêté pas de voir les extraits du film l emprise qui passe ce soir faut que je parle que je raconte comment ma vie à changer en 1 soirée.
13ans et demi à faire semblant, pardonner,déprime, vivre, mourir.ca à commencé si vite les 2 mains sur l épaule claquée sur un mur .et puis un pardon un je voulais pas..aussi c était de ma faute j avais qu a me taire..
Et puis les brimades verbales je passe le détails. .c est un peu tout les jours mais le pov c est son travail ça le pèse. ..
5ans et je v accoucher ds le mois mais il recommence je croyais qu enceinte il aurait confiance en moi.j appel ma maman lui supplie de venir le dernier mois gros caprice je peux pas lui dire pourquoi mais au fond elle se doute comme tous d ailleurs mais chut!
Aye elle est la il se l accapare me la volé je suis mauvaise mère aussi trop fatiguée bonne pour nourrir.une soirée un jeu il perd on rigole….on rentre j ai à peine le temps de la poser sur la table à langer et je m en prend une..bah oui le pov il est au chômage et dvt nos amis je me moque en rigolant…
Les années passent mon père décédé il le savait pouvait plus le voir il voulait que m éloigné. .mais non je l aime il a un dur passé le pov..
Et mais c est quoi ses bleus aux bras?c est l été merde faut que je me cache.un matin j ai mal mal mais je sais pas où. .ah oui c est la dispute ce qu il me dit ..je suis vraiment nulle je le cherche aussi. .
Voilà enceinte de bb 2!c est génial il travaille n à plus mal au dos..et oh je suis la!!mais non j existe plus. .elle a bientôt 1 an il M étranglé devant elle je peux plus sa grande soeur en peut plus des crises de son papa..alors on y va.
Bonjour je viens porter plainte. ..ça fait combien de temps que vous vivez ça ?8ans? Bah faut partir madame. …pis la honte je m en vais s en plainte….l été d après il recommence c est de ma faute je l énervé. .la famille Noël une crise…mais tu dois te taire arrêté aussi de l énerver fais le pour nous on vous voit pas souvent. .mais vous savez ce que je vis?oui mais chut si on parle on verra plus les filles. Mes soeurs savent tout le monde a peur personne n agit…4 ans après un drame la il va me tuer non une chaise je vais voir les gendarmes. Monsieur c est pas bien on la laisser partir car elle vs aime mais changez la prochaine fois on vient vous chercher. 3jrs après soirée sans enfants je pardonné soulagée le pov il a si mal au dos..on rentre il se jeté sur moi ç est la fin je vais mourir. ..et puis plus rien trouvé noir j ai mal au genou au secours au secours j ai plus de batterie je peux plus marcher….au secours. ..mes collègues vont m aider on est à 15jrs de Noël j ai trouvé mon appart les filles on part c est fini je vous le promet…tjrs trop bonne je lui laisse tout je porte pas plainte il doit se soigner voir un psy…
Le docteur de famille me soutient sa famille enfin aussi. ..à quel prix? Ce que je dis pas c est le traitement commence en juin pour bb 3 qui n arrivant pas je me suis dit c est parce que il sera pas le bienvenue. ..j ai fais le deuil d une famille à 4..on est le 7 janvier 2015…mes règles n arrivent pas foutu traitement foutu choc elles vont arriver. ..non elles arriveront pas je suis enceinte de 6 semaines. ..
Ce bb je le garde…quand il sera soigné je reviendrai oui non?Mais non on car pour lui il est pas malade c est les médicaments pour son dos ça le rend fou…
Docteur vous en pensez quoi? Que vous avez vécu avec un vrai pervers narcissique et qu un jour il vous tuera. ..
Non un jour c est moi qui vais le tuer car en décembre j ai riposté un coup de poing vite le couteau la faut que je le prenne avt lui..trop tard mon genou est pété. ..si j étais pas tombé je l aurai tué ….

Selon lui, j’étais pleine de vices

main

yeux

Il y a mes yeux, en amande, d’une couleur ni grise, ni bleue ni verte, un mélange un peu des trois, et variant selon la luminosité mais aussi selon mon humeur. Couleur de la mer quand il fait mauvais, que le ciel est noir et qu’elle semble vouloir se déchainer, se démonter et tout avaler. Ce sont les yeux de ma grand-mère paternelle (que je n’ai que très peu connue) et la yeux de ma « tante » (la soeur de mon père, la fille de ma grand-mère donc, que je n’ai qu’à peine plus connue)
Mais pour mon père, jai les yeux « couleur huitre » ce qui est vachement valorisant quand on y pense.
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Il y a mon prénom…. Syb’ ille… qui rime au collège avec débile….
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Je ne sais plus quand ils ont commencé à faire leur apparition, trop tôt ça c’est sûr, mais j’avais parfois ce que ma mère qualifiait de « tête d’épingle » qu’elle s’évertuait à percer pour les faire « disparaître » mais on sait bien que ce n’est surtout pas ce qu’il faut faire… avec un « C’est rien, ça va passer avec l’âge ». Plus tard, je répétais les mêmes « charcutages » avant de découvrir 30 ans plus tard l’art du camouflage avec du fond de teint. Oui car aujourd’hui j’ai 42 ans (tic-tac, tic-tac), bientôt 43 ans (tic-tac, tic-tac), et non, eh non, ce n’est TOUJOURS pas passé, tu n’es plus là pour que je te le dise en face, mais non, ce n’est pas passé. Alors quoi, il faut attendre que je grandisse encore jusque combien pour que ça passe ? Une dermato m’a gentiment dit que j’avais de la chance, lorsqu’elles seront toutes ridées et toutes desséchées, moi j’aurai une jolie peau. Quelle chance ! Alors je jubile (Syb’ ille jubile) quand je vois une collègue qui d’habitude, en 6 ans que je la côtoie et qu’elle affiche sa peau irréprochable, arbore ce matin un affreux disgrâcieux sur la joue, qui une semaine plus tard est toujours là (gnark-gnark-gnark). Je ne m’appitoie pas sur un jeune dont le visage est ravagé par le travail sourd et muet des hormones… mais je me dis que finalement, ça aurait pu être aussi ça.
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Il y a mon corps, longiligne, sans forme, plat comme une punaise (ça aussi, qu’est-ce que j’ai pu l’entendre ! C’est si mignon une punaise……) tellement plat et longiligne que avec une coupe garçon et les vêtements (recyclage oblige) de mon parrain sur le dos, je me fais traiter de PD … À 10 ans, je ne savais pas ce que cela signifiait, mais je le ressentais comme une véritable insulte, une image vulgaire et sale… qui marque.
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Je me savais aimée, je ne pouvais pas me plaindre, lavée nourrie blanchie comme on dit, éduquée (il fallait filer droit), soignée lunettue et orthodontue, j’avais le sourire d’acier. Rajoutez que j’étais bonne élève et discrète, sans vague, tellement discrète si j’avais pu m’évaporer je l’aurais fait. Alors j’étais la chouchou des profs. Ben oui, des comme moi, ils n’auraient voulu que ça. Rajoutez à tout cela que j’avais 1 an d’avance, merci papa-merci maman ! Quel cadeau : n’être toujours que la plus jeune de toute la classe, quand il y en a qui se retrouvent avoir plus de 4 ans de plus dans la même classe. Quand on est ado (même pré-ado) ce n’est pas un cadeau. Donc en tout ça, je me savais aimée, car du moins pas maltraitée. Mais je ne me sentais pas aimé. Être embrassée, bisouillée, chérie, cajolée, consolée quand j’en aurais eu besoin…. tu parles……
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Je me rappelle au collège les moqueries des autres filles, les moqueries des garçons, moqueries à propos de mes vêtements, de mes lunettes, de mes attitudes gauches, timides, de fille coincée, pas délurée pour deux sous, loin de tout ça, dans ma bulle… comme venue d’une autre planète. Je me rappelle les chaussettes baissées (pourquoi?!??), la jupe relevée pour voir ma culotte, les coups frappés dans le dos pour vérifier si je porte un soutien-gorge… les simulations (parfois pas!) de crachats dans ma capuche, dans mon sac, dans mon dos, sur ma tête. Je me rappelle toutes les manigances pour me voir nue dans la cabine à la piscine ou voir mes fesses dans les wc. Je me rappelle les garçons qui profitent des files d’attente où tout le monde se presse pour monter au réfectoire, ou pour monter dans le bus : ils frottaient leur sexe à moi dans mon dos en simulant des jouissances. Je me rappelle les attouchements sur le sexe au détour d’un pilier dans la cour, sur ma poitrine même pas naissante, des mecs qui se branlent en classe et simulent une jouissance à côté de moi, et les moqueries des autres. Je me rappelle ceux qui venaient me demander des nouvelles de ma chatte, ceux qui disaient qu’ils allaient me violer……. J’ai gardé tout ça au fond de moi. Parce que je n’aurais pas su mettre de mots sur ce qui arrivait et ce que je ressentais… de la peur des autres, de la peur de me montrer, d’exister. Du dégoût et de l’incompréhension. Isolement.
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Mon premier petit copain a été une révélation: on m’aimait ! on me bisouillait, on me câlinait, on me bécottait, on me caressait, on me gâtait, on me comblait…
Et puis il y a eu les autres… et l’autre révélation. On me prenait pour mon corps, et on me jetait sitôt servi….
Période de troubles, de vide, d’anéantissement où je cherchais un sens à la vie, un sens à mon existence, un devenir…. J’ai cherché à me perdre, à m’auto détruire… Alcool, drogues, douces puis dures, mutilations … eux, puisque je n’étais rien pour eux, ils ne devaient rien être pour moi. En tout cas, ils allaient payer… au sens vrai. Descente. Regard sale, vide sur moi. La peur m’a fait reprendre pied, chaque fois. J’ai essayé de me perdre différement, tête brûlée sur la route en moto. Peur aussi là… Escalade, alpinisme, canyoning, ice climbing, je veux me dépasser, dépasser mes limites, toujours plus haut, toujours plus fort, toujours plus loin… Et me perdre si cela doit arriver. Puis peur, peur de perdre ma fille d’abord, puis peur de me perdre et ne plus être là pour elle…
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Aujourd’hui.
« Telle que tu es habillée, ils te prennent pour une pute ou une danseuse » (comprendre les danseuses nues des bars à filles, ce qui en somme revient au même).
« Les mecs, quand ils te voient, ils ont juste envie de te mettre un coup de bite. C’est ce que tu génères »
« Mais tu es belle, tu es très belle et tu le sais, ne dis pas que tu ne le sais pas »
« Donc ça doit rôder » « Quand ils te voient, s’ils pouvaient se pencher pour regarder ou renifler ta culotte ils le feraient »
« et pas la peine de faire ta tête de pleureuse, parce que évidemmment c’est encore de ma faute alors que je subis »
« Parce que tu es belle et tu t’habilles de manière très particulière moi ça me plait, mais même en France c’était particulier -en l’occurrence au moment de ses propos : jupe crayon en jean, pull noir, bas noir mat, escarpins vernis noirs, sac à main noir et veste longue en cuir. Où est-ce particulier ? Où est-ce vulgaire? c’est classique d’une femme qui va travailler au bureau et oui, j’aime être féminine- « Il y en a beaucoup qui sont habillées comme toi ? » Beaucoup non, mais il y en a puisque je suis dans un milieu de bureau Bref à ce stade de la conversation, si j’ouvre la gu… j’ai un comportement de coupable et non d’innocente, ou je cherche à retourner le truc contre lui. Alors je ne dis rien mais ma tête en dit long sur ce que je ressens mais c’est moi la coupable. J’en suis à un stade où j’ai juste envie de pleurer, j’aurais envie de revenir en arrière, ne jamais l’avoir connu, ne l’avoir jamais suivi ici, que tout s’arrête, qu’il me quitte. Souffrir un bon coup de son absence . Alors je pourrai remettre mes robes, sortir en ville avec ma fille faire les magasins comme on en a envie, visiter et prendre en photo tout ce qui nous plait, aller aux activités qui nous plait, je voudrais pouvoir emmener ma fille à ses cours d’équitation et moi pouvoir suivre des cours de création de vitraux, chausser mes baskets et aller courir. Au lieu de ça, je l’aime, je ne veux pas qu’il nous quitte, je veux une vie commune avec lui dans une maison avec jardin sur l’Ile d’Orléans, je veux avoir un bébé avec lui, il veut un bébé avec moi, nous voulons nous marier. Je regrette seulement qu’il n’assume pas comme je suis et qu’il ne voit le mal (et les mâles !) partout. Alors j’ai peur, faut-il vraiment que nous ayons un enfant ensemble, faut-il vraiment que l’on se marie ? J’ai, je crois la réponse. Il faut vivre les choses, dans tous les cas, pour se dire qu’on l’a fait et ne rien regretter.
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Alors j’ai le coeur serré, je ne sais plus comment il faudrait faire. Je vais en jean au travail, je rase les murs, je regarde mes pieds. Et je voudrais qu’il arrête de dire que je regarde les hommes et que j’aime qu’ils me regardent parce que ce n’est pas vrai. S’il m’arrive de regarder c’est pour me dire que les mecs ici sont gros et qu’ils ne ressemblent à rien. Je rase les murs, je voudrais passer inaperçue. Et si je m’habille en jupe ou en robe avec des escarpins (qu’il nomme talons aiguilles, alors qu’il font 5 cm de haut et pas du tout aiguille) si je me maquille (entendre crayon noir et mascara sur les cils, c’est tout) c’est pour être belle pour moi, avant tout pour moi, parce que déjà que la vie est métro-boulot-dodo-et-ça-recommence si je ne fais pas un effort pour me sentir belle…
Chez moi, manger et me sentir belle est juste une question de me sentir bien dans ma tête.
Et puis si tu savais mon Amour comme j’ai souffert gamine d’être différente des autres, si tu savais comme on m’a craché dessus… Aujourd’hui j’ai juste envie de faire un pied de nez à tous et leur dire que moi je suis fière de mon physique plutôt agréable pour une fille de 40 ans, et j’ai juste envie de m’habiller en femme pour me plaire à moi-même.
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Il ne veut pas que j’aille courir. Car courir, pour lui c’est courir, c’est me montrer, m’exposer, courir après les beaux mâles et pour que les beaux mâles me courent après. (Entre nous les beaux mâles ici au Québec…. ça ne court pas les rues, sans humour !) Courir c’est ouvrir la porte à tous les droits. Impensable. Impossible. Alors que pour moi courir, c’est me lâcher, me défouler, sentir les muscles travailler, me sentir à bout de souffle, tout en écoutant les Black Eyed peas ou Eminem ou les Rage, c’est mon moment de vide et de méditation dans lequel il ne faut surtout pas venir interférer. Courir….. J’en rêve. Rêve simple, non?
Alors comme je ne peux pas courir, alors je descends un arrêt plus tôt du bus, ou je monte un arrêt plus loin pour avoir à marcher un peu, un peu chaque jour, et entre 2 bus, je chausse mes kickers à la place des escarpins pour arpenter les rues entre 2 arrêts de bus. En même temps je traverse Québec du Grand Théâtre au Charest et je prends l’air, je hume la ville, je dis bonjour à un écureuil, je photographie de mes yeux les traces d’un chat, la façade d’une maison, une belle voiture américaine, les façades colorées, le ciel et les nuages qui calvalcadent et caracolent. Et à mon tour je cavalcade et je caracole d’un arrêt à l’autre, ma courte escapade, ma bouffée d’air frais… et je complète en pratiquant aussi souvent que je peux les escaliers de la RAMQ, 5 étages à pied à chaque fois. Et ma fille je ne peux pas l’emmener aux chevaux, alors je suis là pour ses devoirs, et je vais lui apprendre à coudre et à cuisiner. Et à aimer. Et à s’aimer elle.
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Aujourd’hui on est vendredi, casual day, je porte un pantalon trellis couleur vert militaire et un pull noir. « Tu as mis ton pantalon sexy aujourd’hui?… » bis repetita, des fois que je n’aurai pas entendu. Ce n’est pas que je n’ai pas entendu, mais je ne veux pas relever. Ne rien dire, surtout pas de vague, je n’ai pas envie de gâcher ce moment entre nous. On en est qu’au petit dej. Ne pas laisser s’envenimer la situation. Une 3ème fois encore « tu es très sexy avec ce pantalon » puis sur le départ au boulot, lors du baiser pour la journée « et ne te fais pas trop toucher les fesses » comme si c’était dans mes habitudes de me laisser peloter !!!!! Comme si je laisserais quiconque me toucher! encore plus les fesses ! Comme si j’allais au travail pour ça!!! Autant me traiter tout de suite de p… . Merci mon amour, je t’aime. Comme par hasard ce matin tu as oublié ton portable… Hasard qui n’existe pas.
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« Tu te fais draguer! Ne dis pas que tu ne te fais pas draguer! Tu te fais draguer je le sais »… Dire non, c’est faux, c’est avoir une attitude de coupable. Ne rien dire quand ce qu’il affirme et me gueule dessus est faux… pffff. J’ai l’impression d’un cauchemar quand ça commence comme ça, et ça me fait une boule au ventre…
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Comme toutes les femmes j’ai tous les vices. Et je lui sers tous mes vices. Parce que je ne pense qu’à ma trogne et qu’à lui servir mes vices. Vices qui sont gros comme des maisons. Et ma fille (onze ans!) aussi est pleine de vices. Puisque c’est une femme. Pire, parce qu’elle est ma fille. Et que je suis pleine de vices. Lui est sans vice, cela va de soit. Avec le recul, oui prenons du recul, pour quelqu’un qui est dans la construction, lui qui est sans vices (=sans vis) c’est plutôt couillon, non ? bon sauf que lorsqu’il en est à faire le constat que je ne suis qu’une femme pleine de vices, le ton n’est évidemmment pas à la plaisanterie. Il faut savoir une chose, c’est que son ex et l’ex encore avant étaient toutes 2 pleines de vices. Décidément, c’est pas de bol de tomber que sur des greluches pleines de vices…
Mais je l’aime.
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Il y a les Germaines. Elles gèrent et elles mènent. Ce sont les germaines. Il ne les aime pas.
Ma chef s’en va. Ma chef c’est une germaine. On m’a proposé de prendre son poste. « ah ben tu vas en voir des gars! et les déjeuners, et les dîners, et »…. je n’écoute plus. Certes il y aura des réunions en plus. Mais je connais les limites entre le travail et la vie privée, et j’ai une vie de famille.
Je deviens une germaine.
Il me dit qu’il en a marre de supporter tout ça, qu’il ne peut plus supporter, qu’il ne supporte plus, qu’il ne veut plus supporter. Et moi je découvre avec effarement que vivre, aller travailler, c’est insupportable pour lui…. Il m’aime, je l’aime, on s’aime, mais… où est l’erreur?
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J’enrage !!! Avoir tout quitté en France, mon pays, ma famille, mes amis, ma maison, mon piano, ma 207, mon job, mes montagnes, mon petit marché du samedi matin, les croissants tout frais de la boulangerie, …. tout vendu, tout vidé, avoir imposé cette déchirure et cette nouvelle vie à ma fille (et à mon chat) pour en arriver là ?!!!!!??
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Prison dorée qu’est l’amour…
Mes parents m’aimaient à leur façon et me voulaient près d’eux.
Je ne me sentais pas aimée de mes parents alors je suis partie, partie loin, dès que j’ai pu, toujours plus loin. Jusqu’à tout quitter pour le rejoindre,, LUI, lui qui m’aime, qui nous aime. Pour me rendre compte que ceux que j’ai quitté m’aiment mais voilà j’ai tout fait pour vivre avec lui, LUI, et offrir à ma fille une vie de famille.
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J’ai souvent eu l’impression d’un grand VIDE, d’un Grand INUTILE, d’un grand À Quoi Bon. À quoi bon continuer, se nourrir, travailler, se lever … pour quoi pour qui…. Aujourd’hui je sais, j’ai la réponse : pour ma fille. Pour elle, la plus belle, ma chair, ma vie. Pour être là pour elle quand elle en a besoin, dès qu’elle en a besoin. Pour la regarder vivre et la regarder grandir. Pour l’aimer. Pour l’aimer comme moi on ne m’a pas aimé. Pour mon chat aussi, parce que lui m’aime et me poupougne sans condition.
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Il parait que quand on meurt, on n’est plus qu’une âme, une âme errante…. alors je serai libérée de mon corps
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Epilogue : à l’heure de l’envoi de mon mail, IL EST PARTI !!!! J’en suis encore essoufflée, avec mal au dos, tellement de tension et tellement de stress jusqu’à son départ définitif, tellement d’insultes entendues et de crasses subies !…. Mais même pas mal et tellement de soulagement, un gros poids en moins. Les serrures sont changées, et je réaménage notre appart, pour l’effacer à jamais de notre vie, pour en faire un petit nid d’amour pour nous 3, vous l’aurez compris, ma fille, mon chat et moi. UNE NOUVELLE VIE COMMENCE

Gros becs du Québec !
Syb’ ille alias Germaine

La femme que je suis.

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Bonjour a toutes et tous,

Je parcours ce blog de nombreuses fois, j’ai hésité plusieurs fois avant d’écrire… Écrire quoi ? Ma vie banale, je pense. Une vie normale, je crois. Des complexes, une mère trop mère-poule, un père présent mais trop absent, ce qui fait maintenant que je suis un peu parano…

Je ne parlerais pas de mes années collège trop de souffrances, d’attouchements dans des coins sombres, au milieu de la cour… Privation de sorties parce que ma mère ne voulait pas que je traîne les rues, même dormir chez une amie cela m’était interdit… Deux frères derrière moi qui eux ont plus de droits mais bon ce sont des garçons…

15 ans : Le lycée synonyme de liberté, je sèche les cours, je me fait des amis plus vieux qui touchent a l’alcool, aux drogues, un peu de tout… Je découvre le cannabis, j’adore, il ne me quittera plus jusqu’au 23 juillet 2014. L’héroïne que j’adore aussi, la cocaïne, le speed, les ecstas. Je suis avec un mec, le premier, il fait tout découvrir, le sexe, la violence, les insultes, mais ce n’est pas de sa faute il est schizophrène et puis je l’ai forcement cherché…

17 ans : Mon père se pend. Pourquoi ? Une question sans réponse. Je quitte mon copain. Je batifole un peu mais pas vraiment, je suis meurtrie de l’intérieur… Chaque journée est un supplice… Il avait beau ne pas s’occuper de nous, il me manque…

18 ans : Meetic, une rencontre, un amoureux qui me fait oublier un peu ce passé houleux, il a 26 ans. Je vois en lui l’homme de ma vie. Des projets :
mariage, bébés… Une idylle de deux ans… Il rompt sans explications, 9 mois de déprime… Ou je ne suis plus rien.

21 ans : Un autre homme, je crois etre amoureuse, je tombe enceinte, je n’en veux pas mais je le garde pour cet homme qui est si heureux. Une petite fille entre dans ma vie. Je l’aime malgré mon non-desir !

23 ans : Un mariage non réfléchi, a la va vite, et arrive la prostitution dans les bars en Belgique… Mauvaise expérience, heureusement mon ami le cannabis est la et me soutient !

24 ans : Séparation houleuse avec le papa de ma fille, mon mari. De nouveaux amis qui se droguent, LSD, MDMA, speed, ecstas, coke, héro… Je prends tout ce qui passe pour oublier que je suis une mauvaise mère, une mauvaise épouse, je continue la prostitution, pour me droguer, payer mon loyer, ma nourriture. Je vois ma fille une fois par semaine. Pas suffisant a mon goût mais je n’y peux pas grand chose décision de justice, son père a la garde exclusive !

Dans ces nouveaux amis, il y a Lui, l’homme, mon homme qui me redonne goût a la vie, a l’Amour, qui me fait rêver. On est ensemble, on se drogue ensemble mais on perd petit a petit nos amis… On plonge dans la came un temps, on arrête a deux. Mais mon ami canna est toujours la.

25 ans : Je prends une décision qui va changer ma vie, je me range des drogues, l’arrêt du cannabis me fait tomber en dépression, maison de repos, mais Il est toujours la, présent, aimant. Mais lui aussi a des problèmes, une schizophrénie a 22 ans, Il a un traitement a vie. Maison de repos pour lui aussi. On est loin l’un de l’autre. Première séparation on se voit peu mais Il est la, Il m’aime. Je le sais. Mon divorce est prononcé. Je suis enfin tout a Lui.

Ma fille est toujours présente dans ma vie, une fois par semaine et deux fois par semaine en semaine paire. La moitié des vacances scolaires.

A eux deux, Ils sont ce que je suis ! Nous construisons notre vie a deux, a trois… Maintenant il faut un logement, un travail et je pourrais voir ma fille une semaine sur deux.
Pour le moment je me soigne encore psychologiquement et addictologiquement.
Un long chemin. Mais je crois en cette vie meilleure avec Elle et Lui.

Ces traces sur mon corps

bleus bras
Tu es en moi, tu m’appartiens autant que je t’appartiens. Je n’arrive pas à me détacher de toi, à te quitter, à te dire que tout est fini, que maintenant tu dois partir, me laisser. Tu es plus fort que moi. Tu m’étouffes, m’oppresses, me fais mal. Je ne te supporte plus, et pourtant, je te garde en moi. Je veux te jeter hors de moi une bonne fois pour toute. Tu es mon fardeau, mon poids, mes douleurs, mes tremblements, mon angoisse. Mais rien ne sort de ma bouche, pas un mot. J’emprisonne mon propre bourreau et deviens moi aussi, autant que lui, mon tortionnaire. Je suis ma pire ennemie.

Il m’emprisonne, me détruit. Il est mes larmes, ma souffrance, ma haine, mon humiliation, ma peur, ma colère, ma honte, il est tout ça, et je le garde en moi, comme un secret précieux, comme un secret honteux.
Il parvient parfois à s’échapper ; négligence involontaire ou non de la gardienne que je suis. Juste quelques signes, quelques traces, quelques marques. Dès que je m’en aperçois je les camoufle, les renferme en moi, les dissimule. Ils font partis de moi. Ils sont en moi. Je les cache derrière une bonne humeur, un sourire, un peu d’humour, je les maquille aussi, quand des yeux autres que les miens peuvent les voir. Je suis devenue douée à ce jeu de cache cache. Tellement douée que j’aimerai bien y perdre une fois, rien qu’une fois, que quelqu’un me dise « tu as perdue, je t’ai trouvé ! » , pour me décharger de ce fardeau qui devient trop lourd, qui fait trop mal, qui me pèse, m’étouffe.
Juste parce que ça ne se voit pas, ça ne s’entend pas, ça ne se dit pas. Je le crie dans ma tête, en espérant que quelqu’un l’entende. J’espère que ça puisse se voir dans mes yeux, s’évaporer par ma peau, s’échapper de mes gestes. Un non-dit qui ne peut se dire, qui ne peut que se taire et qui hurle pourtant en moi.
Quand ils transpercent ma peau en passant du rouge au violet et du violet au vert je me dis « allez ! Vas-y ! tu as des preuves ! » et je ne fais rien. Je mets des manches longues, un col un peu plus haut, du fond de teint, et ça y est ! J’efface moi-mêmes les preuves de ma non culpabilité, de la vérité, et ouvre grand la porte à la sienne. Sa vérité. Celle qui me bafoue, me dénigre, me trahie. Celle qui me fait passer pour responsable, pour folle, pour menteuse.
Sa vérité est plus forte que la mienne. Elle fait moins peur, elle est plus heureuse, elle redonne espoir. Elle me dit qu’effectivement je l’ai bien cherché ; je n’avais pas à parler comme ça, je n’avais pas à faire ça. Elle me dit que j’en fait des tonnes pour rien, que tout le monde aurait réagit de la même manière face à ce que j’ai fait, ou pas fait, elle me dit que j’exagère, encore, toujours…elle me dit que je l’ai bien méritée ; elle me dit que la coupable c’est moi.

Mon corps l’engloutit cette culpabilité, comme tout ce qui va avec. La douleur, la peur, les larmes, je ravale tout. Je les garde en moi, comme un trésor. Mon corps enfle. Je veux qu’il explose. Que tout s’en échappe. Je le veux vraiment mais je n’y parviens pas. Dès qu’une bribe se faufile hors de moi, dès que quelqu’un commence à tirer sur le fil, je m’échappe et remporte le tout avec moi. Des médecins, mon kiné ont eu des doutes que j’ai très rapidement balayés d’un revers de manche. Je m’invente des chutes dans les escaliers, des chocs contre les portes, en priant pour que malgré toute l’assurance que j’y mets, mes mensonges ne soient pas crus. Mais je mens trop bien, il faut croire.

J’ai honte. J’ai mal. Je grossis. Je suis devenue obèse. Pourtant, mon alimentation n’a pas changée. Je gonfle. Pour qu’on me voit. Mais aussi pour qu’on ne m’aime plus, qu’on ne me désire plus. Et ça marche. Même moi je me déteste.
Je ne supporte plus qu’on me touche, qu’on touche ma peau; un simple effleurement est insupportable. Me déshabiller devant quelqu’un, même un médecin est devenu impossible. Mon corps est comme un témoin, un témoin que je dois faire taire, que je dois empêcher de parler à tout prix.
Il est le témoin et la victime de mon silence.

Celui que j’ai aimé me bat. Lui dit que non, que déjà, il ne me tape pas tous les jours. Et que ce n’est pas de sa faute si je marque vite. Que je n’avais pas à lui parler comme ça. Que n’importe qui aurait réagit comme lui. Il me bat. Lui. Celui que j’ai aimé. Celui qui était mon confident, mon meilleur ami, celui que je pensais être mon âme sœur. Il me cogne, me pousse contre les murs, me tord les bras. Il me frappe. Mais je marque vite. Les bleus se font sur mon corps au moindre effleurement. Il m’a assommé. Une fois. Rien qu’une fois. Donc ça ne compte pas. C’était un accident. Puis j’ai dû faire semblant, sûrement, de voir tous ces petits points brillants devant mes yeux, de me sentir partir, de manquer d’air, de force. Son coude avait juste effleuré ma nuque. Ça ne peut pas suffire à assommer quelqu’un. J’ai dû faire semblant. Et de toute façon, je l’avais bien cherché. Les fois précédentes ne comptaient pas. J’étais enceinte ; il se défendait juste. Je les avais bien méritées ces baffes qui m’ont mises à terres et m’ont fait perdre connaissance.
Il m’a violée. Trois fois. Mais c’est de ma faute. Après avoir mis au monde notre deuxième enfant, je ne voulais pas de lui. En plus mon vagin était tellement distendu qu’il ne sentait rien. Il m’a sodomisé, trois fois, sans mon accord. Il avait plus de sensation. On est un couple, et puis on a des enfants, ce n’est pas comme si nous n’avions jamais eu de relations sexuelles. Ce n’étaient pas des viols. Je n’ai pas pleuré assez fort. Je ne l’ai pas repoussé assez fort. D’ailleurs, il ne s’en souvient même pas.
Il me crie dessus, m’insulte, me traite comme la dernière des merdes. Mais je ne me rends pas compte à quel point je le maltraite en répondant à ses insultes, en ne l’aimant plus, en refusant qu’il partage mon lit, en lui demandant de partir. Je devrais l’aimer, le respecter. Un homme se respecte. Je l’ai bien cherché. C’est de ma faute. Tout est de ma faute. Je suis mauvaise. Je suis une mauvaise femme, une mauvaise mère. Une grosse feignasse qui ne fout rien de ses dix doigts. Qui doit tellement s’ennuyer qu’elle s’invente une vie.
Ça n’arrive pas tous les jours. Pas suffisamment donc pour dire que je suis une femme battue. Je suis juste une femme qui a ce qu’elle mérite. je ne suis plus rien.

Eliaitat

Mon enfer quotidien

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Obèse, 115kg pour 1m61, je suis obèse, difficile a dire, difficile a accepter, difficile a s’aimer…. Je me hais, je hais tout en moi, mes bras, mes jambes, mes énormes cuisses, mes hanches et ce ventre mon dieu ce ventre… Je me hais…. lors de ma quête du corps parfait j’ai testé tous ces régimes prometteurs de kilo en moins, ces médicaments qui vous filent la diarrhée et vous rendent malade….. 10kg de perdu 15 de repris….. La pilule aussi chaque changement ou reprise + 10 kg…….
Puis j’ai eu un entretient psy, je n’ai pas réussi à continuer, trop de choses sont remonté, trop de choses ont était remuer…. J’ai eu mes 2 enfants, 2 grossesses merveilleuses et qui plus et avec une énormes perte de poids 15kg pour le premier et 25kg pour mon second…. Malheureusement tous repris ou en tout cas en grande partie ! Je me hais…..

Je me sens être un «poids » et une honte pour ma famille, pour mes enfants.
Et LUI quand est ce qu’il se rendra compte du monstre que je suis devenue, quand est ce qu’il va ouvrir les yeux et se demander qu’est ce qu’il fou avec une erreur de la nature comme moi…. Quand ?
Ce regard de pitié aussi de ma mère qui se demande toujours ce qu’elle a pu louper alors que sa 2e est fine et magnifique et sportive et……..etc. Mes beaux parents qui me regardent et se demandent aussi pourquoi ? Leur fils vaut mieux que CA non ?!

Toutes ces copines qui se marrent de tout ce que je peux leurs raconter concernant mes soucis, grâces a « l’autodérision » … Oui oui faut pas croire qu’une grosse qui se fou du fait qu’elle soit grosse est une grosse bien dans sa peau…. non loin de la ! C’est une grosse meurtrie, qui en as tellement pris dans la tronche…. des boudins, ta vu ta gueule, grosse vache, tu fais des éclipses…Etc.
Les crachats que l’ont subit enfants, les insultes, les insinuations plus que douteuses sur notre existence….
bref je me hais…..

J’aimerais disparaitre et cette envie de disparaitre et accentué lorsque vient aussi le moment fatal de devoir s’habiller, s’acheter des vêtements, mettre des chaussures…. une paire de botte ? NON pas pour les grosses… Les vitrines de magasins qui affichent : « rassurez vous on va jusqu’au 42 » youhouuu je fais du 52 !
Ou celles qui n’affichent rien mais dont les vendeuses vous regardent d’un air mitiger entre la pitié, la moquerie et le dégoût ! Et quand de temps en temps y en as une qui se croit forte et qui vous balance « si c’est pour vous vous trouverez rien chez nous désolé ! »

Je me hais… Je LE hais……

Je suis une salope …et alors?

941bis

Étrange de se sentir salope avec mon enfance brisée…
Oui, je suis une salope au sens où j’aime le sexe. J’aime qu’un homme me désire, me caresse, me baise, me fasse jouir.
Et pourtant, qui aurait pu le croire…. Moi, la jeune femme coincée, timide, craignant le regard des hommes.

A huit ans, un pote de mon grand frère vient dans ma chambre en pleine nuit. Il soulève mes couvertures et fait de moi son jouet. Je ne suis plus une petite fille. Tout cela dure environ un an, jusqu’à son déménagement. Mais le mal est là. Du haut de mon enfance, je me sens coupable. S’il a fait ça, c’est parce que je suis jolie, mince, gentille. Timide et ne contestant pas l’autorité.

« Tu aurais pu te défendre ! » Mais comment se défendre quand on a huit ans. Quand on se sent honteuse. Qu’on se dit que c’est de sa faute. Et comment supporter que malgré l’horreur de ces attouchements, on ait pu éprouver une forme de plaisir? Impossible.

Il m’a fallu plus de 20 ans pour tolérer d’appeler ça un viol. Pour comprendre que non, je ne suis coupable de rien. Pour accepter que le plaisir que j’ai eu était un plaisir purement mécanique, et que parfois, même avec du dégoût, il y a le plaisir mécanique contre lequel on ne peut pas faire grand chose.

Ce viol a déterminé ma vie de femme d’une manière inimaginable…

Adolescente, j’étais effrayé par le regard des garçons. Des formes qui viennent très tôt, alors la seule solution pour ne plus être désirable est de grossir. Grossir encore. Encore. Encore. Ne plus être désirable mais juste une baleine dont on se moque. Après tout, je l’avais mérité.

Et ce mensonge qui enfle au creux du ventre. Ce mensonge à tout le monde, les parents, les frangins, les copines. Alors il en faut de la place pour le cacher ce mensonge.

Jeune femme, ma première expérience se fait à 19 ans. Gentille expérience, ça ne va pas bien loin. Mais voilà, je ne fais confiance à aucun homme. Je me sens honteuse du décalage entre mes désirs , mes envies de pluralité, masculine et féminine, et ma sexualité hyper coincée. Où je ne m’autorise rien. Même une fellation me débecte.

28 ans… Je divorce. Je couche avec mon meilleur ami. Je découvre alors que baiser, peut aussi être synonyme de douceur, de tendresse, et de plaisir mutuel. Oui, moi aussi je peux, et j’ai le droit d’avoir du plaisir. Oui, j’ai le droit d’avoir envie de certaines choses.

Deux ans plus tard, j’ai des sex friends. Pas un seul, mais plusieurs. Cette situation me convient. Tout doucement, j’apaise mes blessures. Petit à petit, je reprends confiance en moi. Je découvre ma sexualité. J’aime le sexe, plus que je ne pouvais y songer. Je découvre mon plaisir qui est particulier. Fait d’orgasmes multiples, répétés, qui s’enchaînent. Je découvre que j’aime être dominée. Et surtout, j’accepte enfin ma bisexualité. Mon désir de plusieurs partenaires en même temps.

Mais tout n’est pas aussi simple. Le changement est trop soudain pour moi. Les flash backs du passé reviennent dans mon sommeil. Je passe en auto destruction. Je passe dans les tentatives de sexe SM. Je sais que je m’auto détruit. Pourtant, je continue. Jusqu’à ce que je craque. Je me retrouve chez celui qui m’a ouvert les portes de mes désirs cachés, en position foetale. Pleurant sans pouvoir me calmer, et lui me tenant pour ne pas que perde totalement pied, me suppliant d’aller voir un psy…

Trois mois plus tard, je suis chez une psy. Et je lâche ce lourd secret que je tenais dans mon ventre depuis plus de 20 ans. Pourtant, je ne pleure pas, je suis très calme. Je sens que mon ventre s’allège, se vide peu à peu pendant la séance.

Aujourd’hui, j’ai rencontré un homme. Qui ne connaît pas encore ce secret, mais à qui je le dirai car je sais qu’il saura comment réagir, comment garder ce secret. Et est ce que je suis toujours une salope ? Oui, bien sûr ! Parce que j’aime quand il me fait l’amour ou quand il me baise. Mais avec lui, ma sexualité est différente. Plus belle, apaisante…