Il dit quoi ce ventre ?

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il ME dit quoi ? ce ventre ? ou MON ventre ? il serait peut-être temps que je dise MON ventre, non ?

Des mots passent dans ma tête.

GROSSESSE NERVEUSE – DENI DE GROSSESSE – BLOCAGE – DETACHEMENT

Je n’ai pas eu mes règles depuis 6 mois environ, mon corps que je commencais à apprivoiser à recommencé à se jouer de moi.
Faut dire que je lui en voulais de toujours me faire croire des trucs que les batonnets blancs et autres prises de sang démentaient en de coups de cuillère à pot.

Et puis merde moi je ne sais pas comment vivre avec un corps qui marche bien !

Et là tout s’enchaîne, j’ai des examens de prescrits pour vérifier tout un tas de choses, mais mon ventre à moi il s’arrondit, mon ventre à moi il pourrait bien être plein, oui regardez la photo.
J’ai même l’impression que parfois y’a des trucs qui bougent dedans.

Sauf que pour le moment tous les examens ont prouvé le contraire.

Dans quelques jours je serais fixée, dans quelques jours je ferais une échographie.

Le radiologue pense que je viens faire une écho de contrôle lié à mon dérèglement hormonal, alors que moi je viens voir si le nid que je fabrique dans mon ventre abrite un oeuf ou non. Et lui il va pas comprendre quand l’image sera vide que moi j’attendais autre chose.

Mon corps me ment ou je mens à mon corps ?

Au fond de moi je sais bien que mon ventre est vide, alors pourquoi tout ça ?
Surtout que je continue mon train train quotidien, cela ne m’obsède pas, je n’y pense pas tout le temps, j’oublie souvent. Là c’est la date de l’écho qui se rapproche qui me fait paniquer.

Et puis il y a les autres.
« Tu peux nous le dire si tu es enceinte ! » « Arrête de le cacher, on sait bien que tu es enceinte ! »
« Tu te reposes, tu es enceinte c’est ça ? » etc etc

Alors j’ai décidé de voir une psychologue pour laisser partir tout ça.

Je sais pas où j’en suis, qui je suis, si un diagnostic doit être posé, en tout cas, ça m’arrive là maintenant et j’aurais bien besoin d’être entendue.

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Mon estomac , mon corps … et moi

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25 ans, 1m59, 111kg … des chiffres oui! Mais qui pèse lourd sur ma vie !

D’abord un beau bébé joufflu puis une enfant aux bonnes joues, une ado rondelette ( 70 kg) pour finir à une adulte obèse .
Une femme jalouse maladive qui vit la peur au ventre que son mari ouvre enfin les yeux et se demande ce qu’il fait avec une baleine pareille.
Une mère honteuse de l’image qu’elle renvoi à son fils.
Une sœur , une amie complexée face aux autres.
Une fille mal à l’aise face à un père moqueur.

Mon estomac, mon allié, mon ennemi.

Une frustration ? un malaise? une colère? une tristesse ? toute émotion négative … BONJOUR LA BOUFFE ! Je me goinfre!
Mon estomac, mon allié !
Puis la honte, la culpabilité, la balance et encore 10kg de plus , puis 20 puis 30 …
Mon estomac , mon ennemi !

Des moments difficiles passent par là , ma copine la bouffe , mon alliée la boulimie et les voilà ces 111kg qui s’affichent sur la balance !
A la trappe la fille joviale et souriante. Du moins en apparence .
A l’intérieur , je suis mal , je me dégoûte , je me trouve immonde. Et plus je me dégoûte et plus je bouffe ! Totalement con mais si réconfortant !
Je ne me sens bien nul part.
Ni dans la rue où je regarde mes pompes pour ne croiser le regard inquisiteur de personne.
Ni dans les magasins où je ne vais plus car j’ai le sentiment que toutes les jolies nénettes me dévisagent en ce demandant ce que le cachalot fait là.
Pas même dans mon lit où bien qu’ayant un super beau et adorable mari qui m’a toujours aimé comme je suis, je persiste à me demander comment il fait en observant toute cette graisse.

Aprés avoir passé quelques années à être en conflit avec ce corps qui n’était pas le mien et cet estomac qui m’aime mais que je deteste, j’ai décidé qu’il était temps de dire STOP !
Aprés une procédure entamée en 2010 mais non aboutie (… pas le bon moment au final je pense) l’électrochoc !! !!
Cette fois s’en est trop! Je décroche le téléphone et je prends rdv chez le chirurgien et la SLEEVE se décide !

UN beau jour de 2011 ce foutu estomac est amputé de son tiers qui finit à la place qui lui revient de droit : LA POUBELLE !!
Malheureusement vont s’en suivre quelques mois de complications post op dont je vous passerez les détails.
Je dirai juste que j’ai beaucoup de chance d’être toujours en vie .

Voici un peu plus d’un an de ça et la balance affiche maintenant – 45kg !

Pourtant même si j’ai brutalement mis fin à mon conflit avec mon estomac celui avec mon corps perdure ..
Bras chauve souris, ventre en gelée, intérieur des cuisses qui pendouille, seins aussi !

Habillée je suis relativement satisfaite . Je dis relativement car à 66 kg idéalement j’aimerais me débarrassé encore de 6 kg . Mais je dis bien IDÉALEMENT mais si la perte de poids en reste là je serai très satisfaite quand même.

Nue c’est L’HORREUR !
Mon corps a 28 ans et en parait 20 ou 30 de plus …

Je peine à mesurer le chemin parcouru. Je me vois toujours obése.
J’ai retrouvé ma féminité mais je n’ose pas m’aventurer dans les magasins autres que ceux qui « acceptaient » mon 50/52 d’avant.
Je ne porte que des basiques, les extravagances c’est mon mari qui me forcent à les faires , je gueule sur le coup en lui disant qu’il ne me voit pas! Et quelques jours aprés , à force de me voir dans le vêtements je fini par lui dire qu’il a eu raison de m’obliger ^^
Je vois toujours ces bourrelets sur mes hanches, mon double menton … ( je pourrais faire encore une longue liste ^^)
La route sera encore longue vers la réconciliation avec mon miroir.
Un psy, la chirugie réparatrice …

Mais avant ce nouveau passage au bloc il va falloir affronter mes proches .
Mon mari, ma mére, mon frére, ma famille … mon fils et son regard inquiet lorsque j’évoque une nouvelle hospitalisation.
 » tu n’en a pas eu assez ?!! tu ne te rends pas compte? Tu ne te souviens pas de tel ou tel épisode?? ETC ETC …

Et bien si je m’en rappelle ! C’est même moi qui l’ai vécu, moi qui savait plus marché, moi qui est passé des semaines à l’hosto etc …
Mais si c’était à refaire je le referais !!
Oui je suis passée par une belle porte mais vivre dans ce corps obése, douloureux, lourd c’était aussi mourir mais à petit feu!

Alors oui je veux continuer.
C’est moi et moi seule qui suis face au miroir, qui pleurait seule sur la balance, qui rasait les mur pendant que les autres se baladez sereinement.

Sauf que je ne leur dirais pas !
Ils ont eu peur, ils ont eu mal et cette histoire n’est pas digérée pour eux tous .
Alors je vaix continuer à en parler de temps en temps pour que le truc face son chemin tranquillement et que dans un an quand ça deviendra bien concret l’idée ait fait son chemin et que ça passe mieux.

Moi, mon mini estomac et …. mon corps …

Aujourd’hui j’ai vieilli

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Aujourd’hui, j’ai vieilli. Je suis ferme, je suis sure . Dure.
Mes mains ont appris à dominer la matière, à jouer avec elle, un combat sensuel.
Mon métier fais de moi une femme solide , à 26 ans.
Oui; aujourd’hui, j’ai vieilli.
12 années déjà qu’il à fallu traverser.
Peccadilles pour quiconque est épargné.
Ce n’est pas mon cas, ca ne l’as jamais été, ou si loin que je ne m’en souviens pas.
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Il a fallu te connaitre toi,
Me laisser manipuler des semaines durant pour avoir l’honneur de prendre ton sexe entre mes reins .
La gueule sur la table de la cuisine, ton infect poids me brisant le dos, et ta voix répétant « non je ne peux pas… »
Bien sur que tu as pu, pas de ça entre nous va, nous n’en sommes plus aux jeux de dupes.
Tu es arrivé derrière ta Princesse comme une Ombre, sans un bruit…
Couilles molles .. Mon violeur est un couard, j’aurai préféré me faire défoncer pour ne pas avoir à te trouver des excuses.
Je ne sais même plus si tu as jouis.
Oui; aujourd’hui, je déteste la faiblesse . Merci, c’est grâce à toi.
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Une victime trouve toujours très vite de nouveaux bourreaux .
Un petit ami qui peut te baiser comme un sac à viande, devant son frère, ses amis… moyennant bien sur un petit peu de « cames » diverses et variées.
Faut pas déconner.
Je n’ai pas 15 ans, je sais maintenant comment me maintenir dans l’oubli.
Au pire, si cela ne fonctionne pas, tu pourras toujours essayer de me battre.
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Déjà deux ans..
J’ai besoin d’aide, il faut que j’en parle. La lame ne suffit plus, le sang versé n’estompe rien.
Un professeur, Vite.
Oui; toi tu as l’air de t’intéressé à moi, tu va m’aider c’est sur .
Je ne peux que me jeter vers cette main tendue.
Ma dernière chance, mon oxygène.
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Ah bon, c’est comme cela? Pourquoi l’alcool? les médicaments? l’ecsta?
Tu veux me caresser ? Certes…Ta langue au fond ou ca fais mal? les pinces sur les seins.. D’accord…
Vraiment, tu es sur? Le scalpel sur ma peau? Ne pense tu pas que j’en ai eu assez ?
… »Non »…
D’accord, continue .
Merci, tu as pris de moi ce qu’il restait pour y mettre le feu.
Merci, Grace à toi, La Folie est mienne.
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Oui aujourd’hui j’ai vieilli,
Déjà douze longues années..
J’ai soignée les chairs, j’ai maintenant environ deux cents cicatrices… Oui, celle que tu vois au travail, dans la rue, dans nos amitiés… Celles qui te font juger .. facilement en plus. Si tu savais au contraire l’effort qu’il m’as fallu pour les faire…
Tu aurais la décence de respecter au moins cela. C’était de ma main, mais c’était de ta faute à toi.
J’ai vieilli oui… et je sais que derrière les yeux noirs tu ne vois pas ce qui est écrit ici.
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Nella.

Mais voilà, mon corps je le hais

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« Je suis bien dans ma peau, elle est juste à me taille », voilà ce que j’aimerais pouvoir dire, chanter à tue tête, le crier à qui veut l’entendre, mais voilà, mon corp je le hais, j’aimerais pouvoir m’effacer et me re-dessiner, prendre un moule et m’y loger pour ressembler aux autres, à celle que je croise tout les jours, si mince, si belle, si heureuse.

Pourtant je sais que quand on me croise certaines pourraient penser de même que moi, mais pour moi je suis difforme, anormale, trop grosse, trop petite, trop bananle, trop imparfaite …
1 mêtre 67 pour (à vue de nez, la pesée me fait peur) 54 kg, mais le miroir me renvoi un corp qui pèse le double.
De trop petit seins, un ventre trop flasque, et des cuisses … mon dieu des cuisses si énormes que quand je marche je pourrais entendre ma cellulite appeller à l’aide.
Souvent ont pense que j’en fait trop pour me faire plaindre, mais je peut rester de longue minute bloquer devant mon miroir, les larmes aux yeux en me sentant si anormale, en me sentant si malheureuse, comme si le bonheur avait un rapport avec la minceur, comme si si j’arrivais à la taille 34 tout mes soucis s’envoleront, c’est stupide, j’en ai conscience, mais je persiste à le croire, cela fait 16 ans que j’ai un problème avec mon apparence, pré-adolescente c’était « trop maigre, mais si laide … » puis ca c’est transformé en « Si laide et tellement grosse », je ne parle même pas de mon visage, un nez trop large, des lêvres trop épaisse, des yeux trop petit et un strabisme, rien ne va …
Il n’y a pas un endroit que je n’ai pas regardé sans desespoirs, même les veines que je taillaidais plus jeune sont passé dans mon jugement imparfait.

J’ai 22 ans, je suis complexé par l’ensemble de mon corps, même ma personalitées est imparfaite.
Je suis un monstre.

Ode à mon corps

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Je commence par prendre des photos de moi.
Je les regarde.
Ce n’est pas si souvent que j’ose regarder mon corps. Je suis plutôt du genre à éviter les miroirs. En tout cas, ceux où on voit en dessous du visage ! Je trouve l’ensemble de mon corps gros, mes épaules larges, mes seins tombants, mon ventre, n’en parlons pas, j’ai plein de bourrelets au niveau des côtes et mes fesses et mes cuisses sont énormes et pleines de cellulite. Même mes mains sont larges. Elles se fendent d’énormes
fissures dues à une espèce d’eczéma.
J’ai tout plein de raisons de ne pas l’aimer mon corps…

Bien sûr j’ai mon histoire, comme vous toutes qui vous livrez si sincèrement sur ce blog…
Une histoire qui s’est transcrite sur mon corps. Mon corps me parle, m’a toujours parlé et je n’ai pas le sentiment d’avoir compris vraiment ce qu’il voulait me dire. Nous sommes dans un système de prise en charge spécifique. Donc si je suis grosse, je n’ai qu’à faire un régime ! J’y ai longtemps cru et ça a souvent marché… mais avec au final une prise de poids toujours plus importante. J’ai décidé d’arrêter pour limiter les dégâts. Reste donc à s’accepter et essayer d’aller mieux dedans pour que le mieux être surgisse au dehors. Vaste programme.
Dommage que j’ai presque le double de 20 ans… Quel dommage à 20 ans avec 20 kilos de moins, je me trouvais grosse. Rétrospectivement, j’étais magnifique !!!
Quel dommage, je n’en ai jamais profité pour m’habiller ou me comporter de manière féminine. Lorsque je mettais une jupe ou que je faisais un effort vestimentaire, j’étais plutôt dans un esprit de déguisement. Genre pour les grandes occasions. C’est encore le cas aujourd’hui.

Je n’ai jamais assumé ma féminité.

Être publiée sur ce blog intitulé  » les corps des femmes » revêt pour moi une signification toute particulière. Je suis donc une femme…
Aujourd’hui la femme en moi crie et se débat de toutes ses forces, elle a envie d’exister, que je lui fasse une place.
Elle cherche par tous les moyens à se faire entendre.

Aujourd’hui et par le biais de ce blog, j’ai donc décidé de changer et de commencer par faire une déclaration à mon corps et toutes les parties de mon corps…

Mes pieds, je vous aime,
mes mollets musclés, je vous aime
mes cuisses solides , je vous aime
mon sexe, toi que je méconnais encore, je t’aime
mes hanches généreuses, je vous aime
mon ventre, toi qui a accueilli de merveilleux petits êtres et en porte les traces, je t’aime
mes fesses confortables, je vous aime
ma poitrine lourde, mes gros mamelons et mes veines si voyantes, je vous aime
mes épaules imposantes, je vous aime
mes avant-bras et mes bras, je vous aime
mes mains, vous qui me faites souffrir et qui cherchent tant à exprimer quelque chose, je vous aime
mon dos garni de bourrelets, je t’aime
mon cou vieillissant, je t’aime
mon petit goitre, je t’aime
mon joli visage plein de grains de beauté en relief, je t’aime
Mon corps, je t’aime !

Oui, j’ai du travail, mais j’ai envie de commencer à prendre soin de toi mon cher corps. Je veux faire de toi mon allié et non plus mon ennemi. Soin de moi au dedans et soin de toi au dehors. Pour retrouver une harmonie générale… Pour me retrouver moi et pour faire étinceler voire jaillir la femme qui sommeille depuis trop longtemps en moi.
Mais j’ai pensé à plein de petites et grandes choses à faire pour respecter mon corps… Améliorer mon alimentation, bien entendu, me faire masser de temps en temps, m’habiller sexy pour mon mari ET pour moi, faire un peu de sport, oser franchir les portes d’un cabinet d’une esthéticienne, rejoindre un cercle de femmes…
Je voudrais arriver à faire tout ça… Je vais y arriver ! Et je vais aussi me laisser du temps pour tout ça…
Ce sont des perspectives qui me plaisent et l’idée qu’il y a du travail m’excite aussi.
J’aimerais pour mes 40 ans pouvoir être fière de la femme que je suis. Et cela commence dès aujourd’hui avec cet article.

La récente naissance de ma fille n’est pas étrangère à tout cela bien entendu. Je veux lui offrir ce qui m’a tant manqué : la présence d’une mère et d’une FEMME qui s’assume comme telle, moi dont la mère est morte quand j’étais petite.

Madame M.

Intimité, pudeur et respect

Intimité, pudeur et respect

 Premier souvenir.
J’ai 12 ans, je suis en vacances chez ma tante. J’ai de forts maux de ventre, qui me tordent et me font pleurer. En fait j’ai une appendicite mais on ne le sait pas encore. Ma tante décide d’appeler le docteur de garde.
Il arrive, on est dans le salon, il décide de m’examiner. Il me demande de me mettre à quatre pattes pour me faire un toucher rectal. Pour vérifier si il n’ y a pas une occlusion ou une constipation importante à l’origine de mes douleurs.
Je me rappelle de ma tante qui reste dans la pièce, je me souviens de son rire quand le docteur enfile un gant en latex, je me souviens de ma peur et de mon extrême gêne en me retournant, ma tête qui tourne en pensant à des images vues à la télé – ce gant – ce vieux canapé à fleurs qui sent le renfermé, mes yeux qui se ferment, mon visage qui grimace et sûrement une larme ou deux.
Je me retourne, remonte ma culotte, c’est fini.

Deuxième souvenir.
Je dois avoir 13 ou peut être 14 ans. Je suis partie faire du vélo avec ma cousine. J’ai pris le vélo de son père. Je ne suis pas très grande et la barre transversale me gêne. On roule autour de l’étang, la piste est bosselée. Je chute et je me cogne l’entrejambe sur la barre transversale. Très vite j’ai un énorme hématome qui se forme, gonfle et se gorge de sang, juste à l’entrejambe, comme un énorme testicule plein de sang. Ça fait un mal affreux et en plus je ne peux pas marcher sans que ça fasse pression sur l’hématome. Je suis donc conduite aux urgences.

Là bas, dans une salle d’examen, porte ouverte sur la salle d’à côté, bruits du couloir, on m’examine. En été, avec un petit t-shirt et sans bas, on se sent vite nue et vulnérable sur une table d’examen au milieu de toutes ces blouses blanches. Mon vagin de jeune fille nu et souffrant exposé.
Le professionnel de garde n’a jamais vu ça ! Il commente à haute voix son grand étonnement et invite des collègues à venir voir ça. Ça débarque, c’est un peu le spectacle ? Je ne sais plus où regarder, j’aurais bien envie de disparaître tellement j’ai honte.
Je me souviens de mon père qui vient me chercher, et aussi des invités, qui sont, le soir là, à la maison. J’étais tellement gênée que j’aurais voulu être seule et que personne ne sache tout ça.

Je ne sais pas pourquoi j’ai eu envie d’écrire ça mais certaines lectures m’ont fait remonter ces deux souvenirs, qui sont gravés dans ma mémoire et ont marqué mes souvenirs d’enfance, sûrement autant que mon rapport au corps et ma pudeur.

N.

Je me sens belle

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Mon histoire risque de surprendre, j’hésite depuis plusieurs mois à écrire ici, aujourd’hui je me lance !

Pourquoi surprendre ?

Parce que je me suis toujours sentie grosse, j’écris bien « sentie » car en regardant les photos de moi ado à présent je ne l’étais pas du tout. Je me sentais grosse parce que tout mon entourage autour de moi me le disait, me le criait.

Moqueries, insultes, humiliations, …

J’ai connu la solitude à l’école très tôt, j’ai connu les coups aussi, que je recevais puis que je donnais, seule véritable arme que je connaissais à l’époque pour me défendre, me protéger, me préserver.

Pour survivre.

Oui la cours de l’école est ingrate, les platanes s’en souviennent peut-être, les seules à m’écouter.

Mais pas que, j’ai connu les professeurs humiliants, rabaissant, violents. Ceux qui pensent que s’en prendre à l’élève fragile de la classe pour briller aux yeux des autres est ce qu’il y a de plus courageux. Un professeur me donnait même des gifles en sport. Un autre me traitait de grosse vache devant toute la classe, et je pleurais, et ils riaient.

Durant toutes ces années difficiles, je construisais ma vie seulement en moi, dans ma tête, à cette endroit mes parents étaient réconfortants et doux, mes frères protecteurs, mes professeurs soutenant et mes camarades amusants.

Et puis j’ai pu intégrer un lycée au lycée, à 100km de chez moi, en internat, où j’apprendrais l’Art et peut être même à vivre à l’extérieur aussi.

Je ne connaissais personne là bas. C’est là que j’ai découvert que j’avais un corps.

Je n’existais pas seulement à l’intérieur, dans mes pensées. J’existais aussi avec un corps.

Alors j’ai commencé à le découvrir, me toucher, à me masser, ça à commencé bêtement, j’ai acheté une crème ventre plat et la notice disait masser vous le ventre en faisant des mouvements circulaires matin et soir bon je m’exécute, et là je découvre que mon corps peut ressentir des choses, qu’il est là, qu’il est à moi, c’est le mien !

Grâce à ces petits massages anodins je prends possession de mon corps et je commence à l’aimer.

C’est le début d’une belle histoire d’amour.

Oh elle traverse des tempêtes mais elle perdure.

Aujourd’hui, je suis en surpoids, toujours, mais j’aime mon corps, chaque centimètre de mon corps. J’aime mes vergetures, j’aime mes grains de beauté, j’aime mes bourrelets, mes yeux, ma bouche, mes petites rides qui arrivent, mes sourcils bien fournit, mes poils qui repoussent trop vite, mon sexe, mon nez, mes mains …

J’aime mon corps non pas parce que je suis grosse, je l’aime parce que c’est le mien.

Depuis maintenant plus d’un an j’ai découvert pourquoi j’étais en surpoids, après une importante réforme alimentaire il y a 10 mois environ, j’ai perdu une vingtaine de kilos et je continue de perdre du poids.

J’aimais mon corps avant cette perte de poids, comme je l’aime maintenant.

Je le chouchoute, je le masse, je lui choisi de beaux vêtements, je danse, je vibre dans ce corps que j’ai cru inexistant pendant très longtemps.

Je suis intimement convaincue que la beauté d’un corps réside dans la manière dont on l’habite.

Je me sens belle ! Pour la première fois de ma vie, j’ose le dire ! J’ose l’écrire !

J’ai mis du temps à faire une photo, et puis j’ai décidé de vous montrer ce que j’aimais le plus en moi, ce petit grain de beauté très léger parfaitement déposé sur mon front entre le sixième et le septième chakras. Entre la terre et le ciel, là où je suis, là où nous sommes.