Mon sourire…

sourire

Savez-vous ce qui peut se cacher derrière un sourire, aussi ravissant soit-il ? Une jeune fille pleine de joie, sympathique, dynamique, heureuse ?
Vous êtes-vous seulement posé la question ?
Personne n’a jamais su voir ce qui se cachait derrière mon sourire : je cache si bien mes tourments …
Qui pourrait deviner que derrière ce sourire se cache des années de souffrance, des tonnes de larmes, de lourds secrets et des idées toujours plus noires les unes que les autres ?
Qui pourrait croire que ce regard pétillant cache des bras et des jambes lacérés, boursouflés d’innombrables cicatrices ?
Qui pourrait imaginer que cette joie cache un tel mal-être, une haine viscérale, cette haine qui te bouffe de l’intérieur, celle qui t’empêche d’avancer qui te bloque, te tétanise ?
Voilà ce qui se cache derrière mon sourire qui semble pourtant si sincère, une vie bloqué dans le passé, un futur qui semble inconcevable, une haine dévastatrice et un manque, un vide horrible, impossible à combler.
Une envie de tout balancer, de laisser tomber cette vie qui n’a plu aucun sens, qui n’en a jamais eu d’ailleurs.
Un besoin d’aide qui devient vital mais que jamais je ne demanderai car c’est tellement plus simple de se cacher derrière une jolie façade et de se croire fort

Voilà, c’est mon sourire … aussi dévastateur que tout le reste

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Mon sourire

De nombreuses personnes ont salué mon sourire. Je souris tout le temps. Je ne suis pas de nature râleuse ou boudeuse, et le sourire vient naturellement et pour pas grand-chose. On dit même que je suis photogénique et que je souris constamment sur les photos. Je ne sais pas faire autrement.

D’autres l’ont aussi critiqué. Parce qu’il n’est pas parfait. Les dents sont en avant et l’une de devant part de travers, même après une correction.

C’est au collège que ce complexe a fait son apparition. Moi à cet âge là, l’apparence je m’en fichais pas mal. Ce qui m’importait c’était les copines, l’école, et les trucs de mon âge. Le physique, la séduction et les garçons ne faisaient pas partie de ma vie. Mais à cet âge, on est ingrats et méchants les uns envers les autres. On m’appelait cheval, castor, lapin de garenne. Sois disant pour rigoler. Sans savoir les traces que ça peut laisser en soi, que la confiance peut s’altérer.

J’ai porté un appareil dentaire comme tous les jeunes de mon âge. Et j’ai pu me vanter d’un sourire parfait pendant quelques temps. Mais au bout de plusieurs années, la nature a repris ses droits. Je préfère même dire que je n’ai jamais eu d’appareil dentaire. Le complexe est revenu.

Peu à peu, j’essaye de gommer cette gêne et vivre ma vie. Je n’ai pas cessé de rire pour autant, mais je bannis les photos de profil qui montre l’avancée de mes dents de devant, prête à mordre n’importe quoi. Sans pour autant me trouver plus jolie qu’avant, je me sentais mieux. Ce complexe disparaissait peu à peu parce qu’il est temps de se séparer de sa peau d’adolescente pour aller vers son corps de femme.

Puis j’ai rencontré mon amoureux. Insouciante, heureuse. Je me sentais belle dans son regard. Jusqu’à ce que je rencontre sa mère et qu’elle fasse un compte rendu de mon physique « Elle est jolie, gentille, fine. Pas de défauts ? Oh, juste ses petites dents en avant. » Et pan. Voilà que ça revient. Moi qui pensais en être débarrassée, apparemment, ça se voit plus que le reste. Si elle l’a vu au premier rendez-vous, ça veut dire que n’importe qui remarque qu’elles sont de traviole.

Je ne peux pas rester comme ça. Si ça se voit trop, autant faire quelque chose. J’ai pris rendez-vous chez l’orthodontiste que je consultais dix ans plus tôt, pour voir ce qu’il pouvait faire. Mais selon lui, rien d’alarmant qui nécessite une correction importante. Les solutions proposées – comme le fait de casser la mâchoire pour l’agrandir – sont assez atroces. Bref, j’épargne les détails, ça m’a choqué.

Pas le choix, je dois me rendre à l’évidence. Soit je passe par une intervention importante qui comporte évidemment des risques, sans être sûre à 100% que mes dents deviennent droites et parfaites. Soit j’assume toute la vie ces dents là, ce sourire. J’ai choisi la deuxième option. Je suis toujours gênée, en plus elles jaunissent sur le côté. Et je déteste toujours les photos de profil. J’ai parfois l’impression qu’elles avancent un peu plus chaque jour pour bientôt sortir de ma mâchoire. Mais ce n’est sûrement qu’une impression.

En attendant, j’ai décidé de continuer à sourire à la vie. Même si.

Po.

Le sourire de Dracula

Mon mal a moi n’est pas un drame pour les autres….

Mon mal a moi est le mal du sourire retenu..

Deux dents qui ont choisi de sortir hors du sentier pour pousser et obliger les autres a ce pousser ce qui finalement m’empêche moi d’avancer. Ce sentiment que l’on ne voit que ca qu’il ne faut surtout pas trop sourire et encore moins rire ou alors derrière une main, un papier, un ami….

Toujours sourire caché pour ne pas laisser sortir ses deux dents acérées…qui pourtant bien rangées auraient libéré l’expression de mon bonheur qui jusque la se retrouve arreté par mes crocs….

Je me suis promis un jour de sourire de rire toutes dents dehors…ce jour viendra peut être!

On aurait pu éviter tout ca si ma maman avait insisté sur l’importance qu’une jolie dentition avait mais elle a cru bon de me laisser choisir…choisir a 12ans de ne jamais sourire librement!! Ne pas sourire a mon homme, a mon fils, a la vie…. Sourire intérieurement en espérant que cela se voit ………autrement qu’a travers mes dents!!!! En plus avec le temps les vilaines choisissent de jaunir…

Quand perdue dans le sommeil je rêve qu’elles tombent et me libèrent c’est un sourire large et édenté qui apparait et me laisse face a un public plié de rire dévoilé !!!

 

Mon mal a moi c’est celui la.

Mes pointillés

 

Mes cicatrices et moi, c’est une grande et longue histoire d’amour. (Faut dire que ça a commencé tôt).

La première fois, j’avais 1 an et demi, sur la lèvre du haut de ma bouche : bing-la-tête-la-première-sur-le-levier-de-vitesse ( ???), et bam-1-point-de-suture. Celle-là, je ne m’en souviens évidemment pas, elle s’est tout de suite faite fine, en plus. Elle ressemble un peu à un signe de ponctuation (un trait avec un point de chaque côté, en symétrie ; hum, pas clair..). Ce qui a été pratique, c’est qu’elle a longtemps été un signe de distinction avec ma sœur jumelle. Je l’ai appelée Géraldine, comme ma maîtresse de petite section. 10 ans après, presque jour pour jour, j’ai remis ça : bing-la-tête-contre-le-volant-des-auto-tamponneuses-crac-je-me-mord, et bam-5-points-de-suture. Là, je m’en rappelle, je saignais, je saignais, je n’arrêtais pas de saigner. Une fois les fils enlevés, elle s’est « mise une boule », ma cicatrice. Beaucoup plus visible, sur ma lèvre du bas. Ma mère m’a consolée en me disant que plus tard, je pourrais la cacher avec du rouge à lèvres (elle qui ne se maquille jamais, tu parles si ça m’a parlé !…). Que nenni, ma cicatrice, elle se voit encore plus avec du rouge dessus. Bon, tanpis. Deuxième signe distinctif. Je l’ai appelée Angéline (qui était le deuxième prénom d’une de mes arrières grand-mères, je crois). Très vite, je me pose LA question qui tue : et si ça m’empêchait d’embrasser de façon agréable ?… Alors pour mon premier baiser, j’ai demandé à mon premier amoureux si ma bouche toute recousue le dérangeait. Ouf que non.

Puis il y a eu l’appendicite (un 24 décembre, à la montagne, hum-hum). Assez moche aussi, celle-là, mais pas trop visible. Ou en tout cas, facile à camoufler. Je l’ai appelée Maryline (je n’avais pas beaucoup d’idée de prénom en -ine). Six mois plus tard, mon intestin a fait un nœud, une occlusion intestinale ça s’appelle, j’ai le droit à une cicatrice verticale, sous le nombril. Le doute n’est plus permis, j’ai vraiment compris que je ne cicatrisais pas bien du tout du tout. Ça me fait une vallée au milieu du ventre, c’est pas joli, presque complexant, alors je l’appelle Eglantine (j’aimais beaucoup ce prénom, c’est thérapeutique). Elle a une tête de ver de terre. Un ver de terre qui semble me grignoter le nombril.

C’est au tour d’un gros grain de beauté que je dois enlever « au cas où », en plein milieu du dos. Que même le dermato s’excuse de m’avoir fait une aussi vilaine cicatrice. Celle-ci est restée anonyme, puisque je ne la vois jamais. Elle ressemble beaucoup à Eglantine, un autre genre de ver de terre, mais de l’autre côté de mon ventre. Ce médecin m’explique quand-même que j’ai la peau très (trop) élastique, ce qui justifie ces cicatrices devenues difformes, qui se sont trop écartées.

Ma cinquième cicatrice, c’est mon épisio (j’aurais peut-être dû la prendre en photo ?…), et là, alleluia ! La sage-femme me dit chaque jour à la maternité « qu’est-ce que vous cicatrisez bien !… ». Ah. C’est sûr que c’est une chance. Je suis super contente de bien cicatriser de là, hein. L’avantage d’avoir beaucoup d’élastine dans la peau, c’est que mes tatouages, ils sont passés impecc. Pas de croûte, dès le lendemain, c’était nickel. (J’aurais pu me faire tatouer une paire de ciseaux qui fait mine de découper, tiens).

 

Moi, on peut me découper selon les pointillés, si on veut. Et ça me plaît bien, au final. Y’en a pas deux comme moi, du coup ! A suivre ?…

Ce sourire

Ce sourire qui depuis toujours est un gros complexe.

 

Oui j’ai des dents plus ou moins blanches, oui elles sont bien alignées mais on ne voit que ma gencive. On ne voit qu’elle….

 

Vers l’âge de 6 ans, mes dents du bonheur étaient trop écartées : coup de scalpel pour couper le frein et hop la gencive est descendue. Tout ça pour rattraper les dents du bonheur et bien aligner mes dents grâce à un appareil dentaire.

 

Normalement une femme qui sourit c’est une femme qui séduit. Ouais… ben c’est pas du tout le cas avec moi.

 

Pourtant je suis d’une nature joyeuse, je souris donc facilement, malgré moi. Etant petite je ne faisais que ça : sourire. Je n’avais pas encore conscience qu’il n’était pas « joli » , cela ne me gênait pas du tout.

 

Puis à l’adolescence, les filles sourient et font craquer les garçons. Pas moi, on me disait plutôt que je ressemblais à un cheval ou à un singe, c’était au choix. J’ai eu honte de sourire. Souvent.

 

Puis adulte, un homme a su voir au delà de ce sourire : il a vu ces yeux qui lui souriaient. J’ai les yeux qui sourient parfois plus facilement que la bouche. Il a vu surtout la femme complexée qu’il y avait derrière ce sourire. Sourire effacé, fermé, timide.

 

Aujourd’hui je ne souris pas plus facilement, même à mon mariage rares sont les photos où je souris à pleines dents : sauf celle-ci. Moment de relachement, de bonheur éclair, de partage avec une amie proche. J’étais la femme la plus heureuse du monde mais si la plupart de mes sourires étaient fermés ce jour là, je voulais de belles photos sans cette satanée gencive.

 

Je suis également la maman d’une magnifique petite fille. Je l’avoue, j’ai eu souvent peur qu’elle n’ait le même foutu sourire, que cela la complexe, comme moi. Heureusement pour elle : elle a le plus beau sourire et le plus coquin que je n’ai jamais vu. Elle aura la chance de ne jamais avoir peur de sourire : parce que cela la rend encore plus belle.

 

Selon Virgile « un enfant reconnaît sa mère à son sourire » : ouais, ben finalement c’est pas une si mauvaise chose que d’avoir ce sourire particulier.

 

Je l’accepte pour l’instant.

 

Signé : -O-