Rester en vie…

rester en vie

Mon ventre, mon sexe, mes seins, tout fragiles, tout froids. J’ai mal. A chaque instant, tous les jours, toutes les heures. J’avais 7 ans, dans mon souvenir (peut-être 5 ans selon un psychiatre) quand tout a commencé. Mon propre père qui me conduit dans le lit conjugal lorsque ma mère est en déplacement pour ses études. Il me touche tout le corps, s’empare de mon âme, de mon cœur…je me laisse faire, j’ai peur, peur de lui, peur de mourir. Il essaie de me pénétrer, mon pauvre sexe se ferme, il me dit « détend toi, je t’aime » mais je suis forte, il ne m’a jamais pénétrée.
Et çà recommence encore et encore, jusqu’à mes 11 ans. Il m’a fait des attouchements sexuels durant peut être 6 ans. Il a massacré mon enfance, il m’a rendue « adulte », renfermée, étrangement mature pour mon âge. A l’école primaire je suis seule dans un coin, je noue très peu de contacts avec mes camarades de classe. Les institutrices ne m’apprécie guère, je ne suis pas jolie, je suis introvertie, je ne montre pas mes sentiments, mon cœur est une ruine, à seulement 9 ans. Je m’enferme dans ma bulle, je développe une myopie, réconfortante, je ne peux plus voir loin, mon avenir est détruit, flou, angoissant comme mon présent.
Aujourd’hui j’ai 27 ans, j’ai eu plusieurs thérapies avec 7 psychiatres et psychologues différents. A chaque fois j’ai stoppé les thérapies avant la fin. Typique des personnalités névrosées paraît-il. Je suis border line. Mon corps maigrit, grossit sans cesse. J’ai de la chance car je monte au maximum à 57kg et je descends à 53kg (pour 1m66), pour le moment çà va plutôt bien. Mais mon ventre sans cesse est tout rond comme un ballon, triste, il revendique une maternité que je ne peux lui apporter. Mon compagnon actuel ne veut pas d‘enfants pour le moment. J’ai subi un avortement à 23 ans, que je regrette chaque jour. Et mon ventre se gonfle tant…un jour ma mère m’a demandé si j’étais enceinte, une amie m’a dit « c’est étonnant ton ventre comme il est rond ». Oui mon ventre est rond,balloné,bruyant, et vide, je suis bouffée par le vide.
Je souffre de dyspareunie, douleur durant les rapports, et cela embête mon compagnon. Il en a assez de m’entendre me plaindre de douleurs. Je n’aime pas le sexe…actuellement je n’ai plus aucune libido. Je me réfugie dans mon monde, je pense aux oiseaux, je les adore, je les trouve magnifiques. Comme eux je rêve d’être libre, ici ou ailleurs. Je rêve que mon âme s’envole enfin, loin d’ici. J’ai mal au corps.

5 réflexions au sujet de « Rester en vie… »

  1. Je suis consternée. Par ce que tu as vécus. Le passé est passé… C’est malheureux de t’avoir fait subir tout ça.
    Je suis révoltée par ton passé. Tout ça me fait tellement de peine pour toi.
    Et par cette incompréhension de ton partenaire. Connais-t’il ton passé ? Comment un homme peut-il en avoir assez des douleurs de sa femme, de la femme qu’il aime ?
    Je souffre de dyspareunies. D’une « vestibulodynie ». Rien ne me calme, j’ai mal constamment. Fais des recherches à ce propos, appelle « Les clés de Vénus ». On rencontre des professionnels formidables.
    Ton homme ne doit pas en avoir marre, ton homme doit t’accompagner. Si tu ne peux lui fournir la vie sexuelle qu’il demande, c’est lui qui doit attendre. Ce n’est pas lui qui a subit les atrocités. Ce n’est pas LUI QUI A MAL. Qui irait dire à un aveugle « j’en ai marre que tu te cognes partout, j’en ai marre de t’entendre te plaindre « ? Qui irait dire ça a un cancéreux ? Evidemment, ce n’est pas le même impacte d’un point de vue objectif. Mais en subjectif, t uvis des choses dures. Très dures. Trop dures pour être vécue par une seule et même personne.

    J’aimerai t’apporter de l’aide. J’espère que tu parles avec ton partenaire, et que tu ne te forces jamais. Je me suis forcée trop longtemps à avoir des rapports douloureux pour savoir que c’est le mauvais chemin à prendre.
    J’espère que ton partenaire comprendra. Car aujourd’hui, c’est le présent, et le présent te fait souffrir. Le passé est derrière nous, mais il a tellement d’impact. J’ai subi les attouchements aussi. C’est tellement dur de s’en défaire. Je comprends ta douleur, je comprends le désespoir.

    Je te souhaite tellement de courage, et j’aimerai t’offrir de la force en ce noël 2014. J’espère que tu arriveras à toucher cette liberté et cette douceur que tu espères tant.

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    1. Bonjour à toi

      Je te remercie pour ton beau message de soutien et tes conseils. Je vais prendre contact avec les clés de Vénus, je crois que j’avais lu le nom de cette association sur un site. Oui je parle beaucoup avec mon partenaire et je pense qu’il est assez patient malgré tout. Non je ne me suis jamais forcée avec lui mais dans le passé je le faisais beaucoup avec mon ex, et tu as raison c’est un mauvais chemin. J’espère que tu as passé de douces fêtes de fin d’années et je te souhaite une belle année 2015. Tu as l’air d’être une femme forte et combative et tes paroles me font du bien, je me sens moins seule. J’espère le meilleur pour toi, avec toute ma tendresse.

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      1. Bonsoir Myriam,

        Voir des témoignages pareil me bouleversent toujours énormément. Prendre conscience de l’horreur du monde encore et encore…
        J’spère que cette association t’aideras. Car ce n’est pas parce que tu as été malheureuse, que tu as subis des choses terribles, que tu n’as pas le droit de toucher le bonheur et de le prendre dans tes bras.
        Je pense qu’il faut s’accepter, s’aimer ; tu sais, j’ai des douleurs permanentes au niveau du sexe, quand je m’assied ou même quand je dors. J’ai un brasier dans le bas ventre. J’aimerai que cette douleur parte, j’ai haïs mon corps à un point… Mais maintenant, je tente de l’aimer, d’aimer mon sexe et mon ventre.
        Il ne faut vraiment pas que tu ressentes de la pression de sa part. Peut-être qu’il pourrait t’accompagner lors de ta rencontre avec un gynécologue lié à l’association, pour qu’il se rende compte de l’ampleur de ta douleur.

        Je ne suis pas forcément forte. Je te le laisse croire car je te dis des choses que je n’arrive pas forcément à m’appliquer à moi même… Mais j’espère être fière un jour de tout ce chemin que j’aurai accompli, pour assumer mon corps, ma sexualité, mon passé. Quand j’aurai fait la paix avec moi même, je serai fière… Mais après tout, je suis déjà très fière d’avoir levé la tête un jour et de m’être dit : « je veux guérir. »
        Voici un forum où tu pourras discuter avec de femmes atteintes des mêmes maux que toi :

        forum-vaginisme.xooit.com/

        Je suis « quelquun » sur ce forum. N’hésite pas à prendre contact avec moi !

        Je te souhaite une année pleine de beauté et de tendresses.

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  2. Ton passé , que dire …. rien sauf mais PUTAIN MERDE c’est ton père qui devrait faire une thérapie c’est lui le FOU !
    le sujet n’est pas là .. toi aujourd’hui tu as le droit de retrouver la paix , tu as le droit d’aimer ton corps , tu as le droit d’avoir mal pendant les rapport , tu as le droit d’avoir quelqu’un qui t’écoute , te soutiennes et te comprends …ton compagnon actuel ne semble pas te laisser le droit de tout ça …
    Ton enfance a été briser , aujourd’hui tu as le droit d’avoir une vie heureuse et tu le MERITES !!

    courage ! tiens bon !

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