Cette carapace que je hais tant

carapace

 

Avant il n’y avait pas de question, tout était fluide, avant c’était l’enfance il y avait de l’amour dans les yeux de mon père, dans les yeux de ma mère, avant c’était l’insouciance et l’inconscience.
Puis il a grandi, au premier abandon paternel il a grossi, à chaque regard d’homme son embonpoint il a poursuivi, sans questionnement, le sucre, dans cette vie, hum c’est la seule chose de bon.
Un jour il y a eu les réflexions, ce corps si lourd prenait trop de place aux yeux des autres : un sentiment de honte et de culpabilité, une incapacité à prendre du plaisir, chaque main posée me rappelle qu’il est la, qu’il est gros, trop de graisse….
La descente aux enfers, des paquets de gâteaux, des pots de glace et puis tout ce qui passe, suivi de cette envie de mourir tellement la honte est grande.
A certain moment l’incapacité de te sortir par angoisse profonde de te montrer, toi qui me fait si honte.
Puis vient cette période sans alimentation, où tu fonds comme neige au soleil, mais ne crois pas que je me sens mieux, je te vois toujours si gros, si laid, et je suis si honteuse. Et ces hommes qui me font croire qu’ils m’aiment pour mieux abuser de moi, non tu ne m’y prendras pas, je retourne à mon chocolat. Mais je ne te supporte plus à te sentir plein de graisse alors je me vide à chaque prise alimentaire, un peu plus violente chaque jour, gros que tu es, je te déteste.
Parfois j’ai envie de te tuer, parce que tu as pris 500grammes, mais le pire c’est que je sais que c’est stupide et que la vie c’est tout sauf ça, et pourtant je suis vouée à l’autodestruction, de toi, de moi, de nous.
Je sais que la vie ce n’es pas ça, j’envie les gens qui vivent pleinement, même avec 150 kg qui les enveloppe, j’ai conscience que toi c’est aussi moi et que je devrais t’aimer et pas te détester, mais c’est trop dur.
Je sais encaisser les coups, je suis une adepte de l’empathie, mais c’est simple, la honte que j’ai de vivre, cette culpabilité constante c’est mon quotidien.
Ne me parlez pas de me laisse aimer, c’est une illusion, m’aimer moi ? Mais pourquoi vu que tout ce que je suis est laid. Profitez des petits bonheurs, impossible, je suis trop utile aux autres, pas le temps pour les plaisirs de la vie,
Je continue à garder espoir qu’un jour je me sentirai libérée de ce poids, et dans tous les sens du terme….
En attendant ma vie est un combat contre moi même.

Une réflexion au sujet de « Cette carapace que je hais tant »

  1. Je ne vous dirais pas de vous aimer, je sais que vous ne le pouvez pas… juste cette empathie qui m’interroge, est elle juste une manière d’encaisser les coups ?
    Vous vous protégez par cette prise de poids, vous le savez, je le sens car votre écriture est lucide…
    Elle est belle aussi, vraiment, alors, tout est toujours laid chez vous ?
    Vous m’avez émue… merci… acceptez cela, si vous le voulez bien

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