Stabat Mater Dolorosa ? Pleurer mon IVG ?

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Ces derniers temps, il est beaucoup question de l’IVG. Ici, parce que l’Espagne s’apprête à supprimer le droit le plus élémentaire à l’avortement, là, parce que la France vient de supprimer, à juste titre, la notion de détresse.

Ces derniers temps, je lis un peu tout et n’importe quoi sur l’IVG. Je lis des connards (et beaucoup de connasses, étrangement) qui nous sortent l’éternel discours de grenouilles de bénitier :
« L’avortement c’est le mal, vous tuez un petit être, vous abandonnez l’idée d’être maman » (allez vous noyer dans votre eau bénite).

Mais ceux qui sont contre l’IVG et que je lis le plus souvent, sont ceux qui insidieusement vous expliquent que quand même, les femmes avortent par confort, que quand même certaines avortent par facilité, que quand même certaines utilisent l’IVG comme un moyen de contraception, que quand même avec tous les moyens qui existent aujourd’hui…
Et puis quand même c’est un acte lourd, à prendre au sérieux, que ça a une incidence sur la vie de la femme, qu’aujourd’hui les femmes jouent avec leur corps n’importe comment et qu’elles n’ont plus le sens de ce que c’est qu’une vie. Qu’on avorte comme on va chez son boulanger en somme.

Et puis, il y a les pro-choix. Tout du moins ceux qui s’affichent comme tels. Qui indiquent qu’ils sont absolument pour le droit à avorter, mais qui dans le même temps sont capables d’indiquer que l’avortement est TOUJOURS une situation de détresse, que l’avortement est un acte lourd, que l’avortement n’est JAMAIS facile et que c’est une décision qui n’est pas à prendre à la légère.

A tous ceux-là (oui, tous ceux cités plus haut), je voudrais leur adresser un bon gros fuck.

Oui l’avortement peut être bien vécu, non les femmes ne culpabilisent pas TOUJOURS, non dans leur esprit elles ne sont pas enceinte d’un petit bébé dont elles vont se séparer, OUI elles vont bien, merci.

Ça a été mon cas, et quand ça s’est mal passé, c’est parce que j’ai été confrontée à des gros tocards qui ont tout fait pour rendre cette IVG compliquée, qui ont tenté de me culpabiliser ou qui ont tenté de distiller du doute en moi.

Allez-vous faire mettre, TOUS, avec votre bonne morale. Tant que l’on part de l’idée qu’une IVG est forcément une situation lourde/grave/compliquée, et bien on aura du mal à avancer, même avec vos bons sentiments.

Mais l’enfer est pavé de bonnes intentions…

20 réflexions au sujet de « Stabat Mater Dolorosa ? Pleurer mon IVG ? »

  1. Moi, ce que j’aime par dessus tout, c’est les « t’écartes les cuisses, t’assumes » et les « avec tous les moyens qui existent ». Tous les moyens qui existent. J’ai tellement le choix, dans tous les moyens qui existent : un stérilet (le cuivre, m’voyez, avec tous les effets secondaires, m’voyez, dont la plupart que j’ai naturellement, M’VOYEZ), deux marques de pilules (dont une que je supporte pas et une de troisième génération qui me convient mais qui me fait flipper à cause de la molécule -c’est chouette, au passage, de flipper sur sa contraception !-) et à ces deux merveilleux choix s’ajoutent les préservatifs.

    J’en ai du moyen, pour ma contraception, hein ?

    Après, quand j’étais plus jeune, j’étais moi même persuadée que l’IVG, les femmes devaient pas mal se sentir coupable. Et puis j’ai grandi. Merde, t’as le droit de faire ce que tu souhaites de tout utérus. Et le stade embryonnaire, peut-on réellement parler d’être conscient ? Tout au plus un amas de cellules qui se coordonnent entre elles. (Oui, je vais en choquer certaines, je sais, mais j’estime qu’on ne peut pas parler d’être conscient tant qu’il n’y a pas un minimum de cellules neuronales.)

    Ce qui me fait particulièrement peur, dans les messages anti que l’on trouve actuellement, c’est que la plupart des gros clichés sont partagés par toutes les tranches d’âge. Toutes. On pourrait se dire que les jeunes femmes sont plus conscientes que leurs ainées des problèmes que nos ainées ont eu, ne serait ce que pour avoir le droit de voter, mais il semblerait que non.

    Bref, ce bon gros fuck, que je soutiens.

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    1. Quand je lis plus haut ton mécontentement face aux méthodes de contraception « ordinaires », qui ne te conviennent pas, & quand je lis : « Merde, t’as le droit de faire ce que tu souhaites de tout utérus » –> pour toi, l’IVG c’est une méthode de contraception comme une autre?

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      1. Nop, j’établis une certaine distinction entre l’IVG et les contraceptifs ordinaire dans le sens où les contraceptifs « ordinaires » interviennent normalement avant la conception. Après, c’est purement personnel et pas forcément logique, mais dans ma tête c’est comme ça.

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  2. j’ai avorté 2 fois dans ma vie :
    – une première fois à 26 ans; j’avais oublié ma pillule pendant 2 jours et le bon dieu m’a faite très fertile…quand je l’ai annoncé au futur papa, il m’a quitté mais a dit qu’il paierait l’IVG;ce qu’il a fait avant de partir définitivement.
    -une deuxième fois à 29 ans : j’avais pris ma pillule mais j’ai du la vomir (j’avais eu une intoxication alimentaire à ce moment là) et comme le bon dieu m’a faite très fertile, je suis retombée enceinte…Je l’ai dit au futur papa qui était amoureux de moi mais sans situation stable.
    Je n’ai jamais ressenti aucune honte à faire une IVG et je pense que dans les deux cas, je n’étais pas prête à accueillir un enfant.
    Dans le premier cas,j’ai eu un mal de chien à trouver un gynéco qui pratique les IVG et j’ai avorté au cours de la onzième semaine .
    Dans le deuxième cas, pas de problème pour trouver le gynéco mais une infirmière un peu sadique qui m’a laissé souffrir plusieurs heures avant de me donner un anti douleur pour que « je comprenne bien ce que je faisais »
    L’IVG est un droit chèrement acquis et je me battrai toujours pour qu’il reste légal.
    Aujourd’hui, j’ai un petit garçon de 6 ans et je suis la plus heureuse des mamans et, non, je ne pense pas chaque jour à mes deux fœtus morts en me disant que je pourrais avoir 3 enfants et non un seul.

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  3. Absolument d’accord avec vous! Ces personnes ont leur réflexion amputée, mais heureusement, il reste toujours des personnes réellement capable d’empathie, de logique et tout simplement d’intelligence. La période de crise remettant à la mode les idées les plus ignobles et la bigoterie, il va falloir du courage pour surmonter ces tristes personnages! Essayons de se focaliser sur ceux qui n’ont pas perdu pieds, sinon on va finir misanthrope!

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  4. J’ai avorté en 2007.
    J’y suis allée « la fleur au fusil » comme on dit. C’était clairement un accident, je n’ai eu aucun souci de morale, pas une seule fois j’ai pensé le garder, dans ma tête il n’y avait qu’un seul choix possible.

    J’ai été très bien accompagnée et très respectée. Je n’ai eu AUCUN mot déplacé, aucune parole culpabilisante.
    On m’a proposé des antalgiques tout au long de la procédure (IVG médicamenteuse), on m’a encouragé quand je marchais dans le couloir pour évacuer.
    On a discuté posément et respectueusement avec moi d’une autre forme de contraception.

    Le soir de l’IVG, j’ai commencé à pleurer et ça a duré un an.
    Ni regret ni remords, juste une très grande tristesse. J’ai été « guérie » quand j’ai pu symboliser par un bijou, ce qui était une « perte » pour moi (malgré la volonté associée).

    Quand je l’a annoncé à ma gynéco, elle m’a demandé « et ça va ? », toujours dans le respect et l’ouverture au dialogue.

    Ce que je regrette aujourd’hui, c’est que justement, quand on ose penser que OUI parfois, peut-être même souvent l’avortement peut être une douleur pour certaines femmes, et qu’on souhaite qu’elles puissent être un peu mieux accompagnées qu’un simple « voulez -vous voir un psychologue ? » à la consultation pré-IVG, ben on est direct taxé de faux-pro-choix, de tocard.

    L’avortement n’est ni tout blanc ni tout noir. Avec ce discours, vous vous situez dans l’extrême inverse de ceux que vous accusez et vous contribuez à les alimenter par la nonchalance que vous affichez à travers votre discours.

    OUI l’IVG est un droit et il doit rester inaliénable.
    OUI on a le droit de le vivre (plutôt) bien et de le dire (sans passer pour une grosse connasse sans coeur et sans morale).
    OUI on a le droit de le vivre (plutôt) mal et de le dire (sans passer pour une grenouille de bénitier déguisée).

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  5. Je suis tout à fait d’accord avec le dernier commentaire. Avorter est un droit qui doit rester inaliénable. Chacune est libre de faire comme elle l’entend, comme elle le souhaite et ça il ne faut pas y toucher.
    Je supporte très difficilement la pilule, ni les implants, encore moins le stérilet, c’est comme ça. C’est compliqué, mais par chance je n’ai pas eu à avorter. Plusieurs de mes amies sont passées par là et ont avorté pour diverses raisons.
    Je suis catholique, croyante mais pas grenouille de bénitier du tout. Ce sont les intégristes en tous genres qu’il faut combattre, y compris ceux-là. L’avortement doit rester à l’appréciation des femmes. C’est de leur liberté dont on parle. Malgré tout, je pense qu’il ne faut pas laisser croire que c’est un acte banal. Chacun le vit à sa manière et ça, il faut aussi le respecter. Effectivement ce n’est pas toujours fait dans une situation de détresse. C’est un choix de chaque femme. Respectons-le comme tel. Les femmes sont assez intelligentes pour savoir ce qui est bon pour elles.

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  6. Et bien, en ce qui me concerne j’ai avorté trois fois. J’ai grandi avec l’idée que l’avortement était un droit des femmes, que l’embryon c’était un amas de cellule et je me serai battue pour ce droit si cela avait été nécessaire. Mais avec le temps, plusieurs années de psychanalyse, et de nombreuses lectures, je me rend compte que je me suis trompée. Je m’empêche de regretter, car ce serait inutile, et insupportable, et surtout ma vie aurait été différente, et donc la merveilleuse petite fille que j’ai aujourd’hui, ne serait pas là. Alors je me doit d’accepter mon passé, mais c’est une douleur profonde et une blessure intime innommable.
    Aujourd’hui, je me demande sérieusement si l’avortement ne devrait pas être plus encadré, car au fond de moi, j’en veux à ceux qui ne m’ont pas prévenues voire mêem empêchée. Je précise que je suis une femme très libre, j’ai connu beaucoup d’expériences sexuelles, je ne suis pas mariée, artiste, joyeuse et athée. La vie ne me fait pas peur, je préfère la qualité de vie à la vie, je suis pour l’euthanasie, le mariage gay et la légalisation du cannabis. BRef, je trouve juste que l’avortement est une horreur, et au plus j’y réfléchi, au plus je me dis qu’on a peut-être fait une grosse connerie avec ce combat. En fait ça n’a rien à voir avec le droit des femmes, enfin, si évidemment qu’une femme violée ait le droit d’avorter, pour moi ça tombe sous le sens (et c’était juste ça le véritable progrès de l’avortement que les femmes ne soient pas engrossables à merci) ou bien pour des raisons de santé et de danger de la vie de la mère, mais pour le reste, je crois que ça permet un passage à l’acte, pas forcément salvateur. sur le moment oui, mais sur le long terme pas vraiment. je ne connais pas une seule femme qui trouve qu’elle a une vie de merde parce qu’elle a donné naissance à un enfant, alors que des blessées de l’avortement j’en connais plein. Je suis née en 1974, et toutes mes copines ont eu peur de la maternité. Tomber enceinte ça fait peur, et le fait que l’ivg nous permette de reculer, je suis pas sûre que ce soit si bien que ça.

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    1. Se baser sur sa propre expérience n’est pas toujours pertinent, surtout lorsqu’il s’agit d’un sujet aussi délicat, il faut savoir rester objectif; et votre souffrance vous ampute cette objectivité. Ce n’est pas parce que vous l’avez mal vécu que toutes les femmes le vivront mal.
      Vous dîtes: « je ne connais pas une seule femme qui trouve qu’elle a une vie de merde parce qu’elle a donné naissance à un enfant, alors que des blessées de l’avortement j’en connais plein » Alors oui, il est bien rare car très tabou d’admettre qu’on regrette d’avoir des enfants et qu’on aurait dû avorter, au risque de passer pour un monstre. Par contre, dire regretter un avortement, c’est permis puisqu’au yeux de la société, avorter, c’est mal. Donc forcément, les mères qui en ont marre ne vont pas crier sur les toits qu’elles ont fait une conneries en n’avortant pas… Il semblerait qu’elles préfèrent la méthode du congélot…
      Et dire « je ne connais personne qui… mais j’en connais plein qui… » ne constitue pas un argument assez fiable, vous ne connaissez pas la Terre entière et les gens ne disent pas forcément ce qu’ils pensent car c’est difficile d’aller à contre courant de la pensée générale.

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      1. Bonjour Magali,

        Vous avez tout à fait raison. La formulation de mes arguments est maladroite. J’ai écrit ce message rapidement et on ne doit pas faire de généralités avec des cas personnels. Toutefois, vous ne pouvez pas évacuer l’entièreté du contenu de mes propos avec cela, car contrairement à ce que vous dîtes, il y a une pensée derrière, car je réfléchis à ce sujet depuis longtemps. A part Pasolini, cinéaste homosexuel, de gauche,et qui est mort depuis longtemps, je ne trouve personne, parmi les féministes et les intellectuels progressistes pour exprimer la moindre nuance par rapport à la pertinence de l’avortement. Le tabou est plutôt de ce côté. Au fil de mes lectures (qui donc ne concernent pas mon cas personnel), j’ai compris que la grossesse qui donnait lieu ensuite à un ivg, était souvent à moitié désirée. Il est très rare que ce soit des parfaits accidents, ou des violences. Et encore une fois, loin de moi l’idée de forcer une femme à avoir un enfant qu’elle ne veut pas. Je reste pour l’ivg, mais je trouve que cela devrait être beaucoup plus encadré, et réservé à des cas très précis, et finalement rares. Je pense que les femmes sont mal informées, à cause justement de ce tabou, et qu’on a peur de nuancer l’avortement sans alimenter le bord inverse qui veut l’interdire pour des raisons religieuses . Je ne voudrais pas d’une loi qui de façon clinique distribue les autorisations d’ivg et empêchent les autres. Mais je trouve qu’il faudrait un accompagnement psychologique beaucoup plus important, AVANT et APRES. Un entretien avant ne suffit pas (et encore on parle de le supprimer). Vous me direz, avant, le temps presse, en effet. Ce qu’il faudrait, c’est une vraie politique de prévention, avec une éducation sexuelle à l’école digne de ce nom, un remboursement intégral de toutes les formes de contraception (préservatifs masculins et féminins, spermicides, stérilet, diaphragmes etc), et qu’on arrête de dire que l’ivg c’est une formalité médicale pour un amas de cellule. Car chacun qui veut le savoir sait que non seulement un embryon, ou un foetus à partir de six semaines commence véritablement à ressembler à quelque chose.Faire semblant que ce n’est pas vrai ne sert à rien. Par ailleurs, la valeur symbolique de l’embryon est aussi très importante, en tant qu’humain potentiel car autrement pourquoi ne pas autoriser en France les traffics d’embryon pour des produits de beauté comme cela se fait dans les pays de l’Est?
        Je suis de gauche, mais je suis consternée par la loi qui vient de passer, qui ne va pas du tout dans le sens de limiter les avortements. J’avoue que je ne comprends pas les femmes qui disent qu’elles ne veulent pas être « culpabilisées ». Si elles s’en sortent très bien avec l’ivg, tant mieux, et je ne vois pas en quoi le fait de dire aux autres que ça peut être horrible, peut les déranger. C’est aussi très égoistes, et ne penser qu’à leur cas personnel non?
        J’ai découvert en lisant que la plupart des femmes qui font une ivg, n’ont pas pris la pilule du lendemain, ni celle du surlendemain, et pourtant c’est très efficace pris à temps. Il y a donc une inconscience généralisée, et une méconnaissance du sujet pour que les femmes se retrouvent ensuite « surprises » de leur grossesse. Ou bien, et de nombreuses lectures et études le disent, inconsciemment la grossesse était désirée. Pour se rassurer et se sentir fertile, par amour pour un homme ou pour le retenir vainement, parce qu’on veut un enfant mais qu’on a peur, ou parce que l’image que l’on a de soi ou de notre propre mère est déficiente etc. Bref, les choses sont complexes, et ce n’est pas normal qu’en France le taux d’avortement soit aussi haut, alors qu’au Pays Bas il est très faible. On fait aussi beaucoup l’amour aux Pays Bas et l’ivg y est légal…

        Dernière chose, quand vous parlez d’une augmentation des bébés congelés, comme conséquence d’une éventuelle réduction du nombre d’ivg, vous êtes dans une double erreur. Car non seulement, les cas tragiques dont les journaux abondent ces dernières années peuvent justement nous interroger alors même que l’ivg est légal. Pourquoi n’avortent elles pas alors qu’elles le pourraient? On parle de déni de grossesse, mais est ce qu’une certaine désensibilisation du lien de la mère à l’enfant ne se serait pas créée avec la légalisation de l’ivg? Ce serait terrible, mais ce serait encore plus terrible de ne pas vouloir l’analyser. Ensuite, il y a des chercheurs américains qui ont récemment émis très sérieusement une théorie selon laquelle l’infanticide à la naissance devrait être autorisé au même titre que l’ivg, et ils ont des arguments à l’appui. Alors, j’espère vous avoir fait comprendre que je ne réfléchis pas uniquement à partir de mon cas personnel, mais que je réfléchis de manière beaucoup plus large, et encore une fois, c’est dans l’intérêt des mères et du lien mère-enfant que je m’interroge. Et un peu aussi pour les foetus, car quand je vois que des prématurés sont viables dès 25 semaines, voire 24, et même avant, et que dans de nombreux pays, comme l’Angleterre, le Canada, certains états des USA, il est possible d’avorter jusqu’à 24 semaines, je me dis que c’est hallucinant. L’avortement n’est pas moderne, il a toujours existé (même non légal),le soin apporté aux enfants, puis aux bébés (avant on disait que les bébés étaient des légumes) puis aux foetus, l’est.

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      2. Merci pour cette réponse, c’est plus explicite. Je suis tout à fait d’accord sur la prévention, ce serait en effet plus simple de ne pas avoir à subir une ivg, mais il y aura toujours des accidents, c’est pourquoi je suis complètement contre l’interdiction de l’ivg. Je suis d’accord aussi sur la question de l’accompagnement et l’encadrement, mais sans jugement, il faudrait former le personnel médical à plus d’empathie et à expliquer les choses objectivement, car même sans parler d’avortement, il y a des médecins qui manquent cruellement de délicatesse! Mais en effet, l’ivg n’est pas un acte anodin non plus, ça mérite quelques explications ou mises en garde, mais médicale et non morale, car c’est à sa propre personne, selon moi, de juger de ce qui est mieux pour soi.
        Pour le congélo, c’était ni très fin, ni très sérieux de ma part^^ Ce que je voulais plus ou moins montrer, c’est que même en ayant des moyens assez corrects (moyens préventifs, ivg, adoption…) certaines arrivent à faire des trucs pareils, et je me disais que peut être sans ces moyens, ce serait encore pire. Après c’est un autre débat et c’est plus à propos de la santé mentale que de l’avortement, je pense.
        En tout cas, grâce à votre message, je comprends que vous avez réfléchi à la question bien plus que je ne croyais et que vous n’êtes pas non plus fermé à l’ivg, mais que je vous vous posez certaines questions, ce que je trouve plutôt sain.
        Il ne faut pas oublier les aspects positifs, les avancées médicales et les soucis qu’occasionneraient le retrait de ces avancées, et surtout ne pas supprimer un tel acquis à cause de certaines personnes qui risqueraient d’en abuser. Quoiqu’il en soit, chacun doit rester maître de son corps et de ses choix, et forcer quelqu’un à rester enceinte et avoir un enfant à contre coeur me semble plus dangereux qu’un avortement dans l’ensemble.

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  7. Je serai moins consensuelle que Magali !
    extraits du long laius de Carole (qui alterne lieux communs, et consensus) :

    « j’ai compris que la grossesse qui donnait lieu ensuite à un ivg, était souvent à moitié désirée. »
    ça ne veut rien dire, cette phrase.
    « était souvent à moitié » : ça donne quel pourcentage ?
    « j’ai compris » : non, vous n’avez rien compris. Vous avez juste admis une thèse.

    Je peux, moi, affirmer que d’après mes lectures : la plupart des nausées du 1er trimestre sont des refus inconscients de la grossesse.
    Bon, et donc, si j’ai compris ça, je prétends ensuite que les femmes doivent être encouragées dès le début à avorter ? Non, ce serait ridicule, mais pas plus que vos doutes quant à la corrélation « déni de grossesse »-« légalisation de l’ivg » !

    Vous avez avorté 3 fois, vous le regrettez aujourd’hui, et du coup souhaiteriez limiter pour les autres ce droit dont vous avez bénéficié ! Quel altruisme !

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    1. C’est pas une histoire de pourcentage…une grossesse à moitié désirée c’est une grossesse pour laquelle on a des sentiments ambivalents. Et c’est pas une thèse, tout le monde est d’accord avec ça. Il est rare qu’on soit dans le parfait rejet, et même ce rejet profond a un sens. Seulement on nous demande rarement pourquoi on a envie d’avorter, et on ne fait pas ce travail de réflexion, et à mon avis c’est un vrai problème.
      Pour les nausées, il me semble plutôt avoir lu qu’elles sont là pour protéger l’embryon des substances toxiques que les femmes au temps des chasseurs-cueilleurs déjà auraient pu absorber, baies etc, mais enfin, peu importe.
      Je trouve triste que mon témoignage soulève autant d’animosités. Je vous rassure, je ne milite pas contre l’avortement, et ce n’est pas moi qui vous empêcherait de le faire. Et en effet, le fait d’en avoir « bénéficié » m’a longtemps empêchée d’exprimer mes réflexions. Toutefois, n’est ce pas normal de vouloir partager son expérience? En tout cas, je ne souhait pas à ma fille d’avorter, et je ne le souhaite à personne. Une très bonne amie a avorté l’année dernière, à 35 ans, alors qu’elle crève d’envie d’avoir un enfant, mais elle n’a que des amants de passage. C’est évident qu’elle est tombée enceinte par désir, et pour savoir si « ça fonctionne bien ». Ensuite, elle n’a pas eu le courage de le garder seule. Evidemment, je n’ai cherché qu’à lui témoigner du soutien et de l’affection, mais je savais qu’elle en souffrirait bien plus qu’elle ne l’imaginait, et elle connaissait mon vécu. C’était difficile pour moi de rester impuissante, mais que faire? Je ne suis ni sa psy, ni le père de l’enfant. Elle a pris sa décision et ça la regarde. Je suis juste convaincue que si elle l’avait gardée elle serait plus heureuse aujourd’hui, même si elle devait l’élever seule. Après, on fait avec ce qu’on est au moment où ça nous arrive, avec les moyens, et la force qu’on a, avec les images, les représentations, les rêves, etc.
      Ce qui est étonnant c’est que vous parlez de consensus dans mes propos, mais justement mes propos ne le sont pas. Le consensus actuel c’est au contraire d’avorter et de ne pas réfléchir à cela.
      Mais bon, voilà, tout le monde ne se pose pas des questions dans la vie, il y en a qui ne s’embrassent ni de problèmes existentiels, ne de problèmes éthiques, ni de problèmes tout court. Heureux sont ceux qui ne se posent aucune question.
      Les autres, il faut peut-être les prévenir.

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      1. « Le consensus actuel c’est au contraire d’avorter et de ne pas réfléchir à cela » Vraiment? J’ai pas cette impression de mon côté; ça reste un acte considéré comme lourd et jugé guère moral. On entend souvent des témoignages de femmes dont les médecins faisaient pression pour qu’elles changent d’avis ou rendaient l’accès aux soins difficiles ou les culpabilisaient… Vu la perception de l’acte, j’imagine que ça ne tente pas grand monde et que ça reste un plan C, à condition d’avoir pensé à la pilule du lendemain sinon plan B… Je pense que ce sont les anti ivg qui ont justement lancé l’idée qu’on va se faire avorter comme on va au supermarché, mais je pense que ce genre de personnes reste une minorité.et ne justifie pas une remise en question de l’ivg, juste un accompagnement psy si nécessaire à la limite… Après s’il y a des gens qui ne sont pas responsables, ce n’est pas une raison pour pénaliser les autres.
        J’ai l’impression de me répéter, je crois que je vais arrêter, vous avez compris où je me situe de toute manière :-)

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      2. Effectivement, je vois que vous ne me comprenez pas. C’est dommage. Pourtant en aucun cas je ne constate chez les femmes une « légèreté « ; l’inconscient dont je parle est psychanalytique: ce qui est enfoui, ce qui échappe à la conscience, je ne parle pas de légèreté du tout. Et je ne pense pas que notre choix nécessite plus de « jugement moral » de la part des autres, c’est au niveau du sens de notre acte que je me situe, des motivation profondes, dans notre intérêt, pas pour qu’on nous blâme: « qu’est ce qui fait qu’on ne veut pas poursuivre une grossesse alors qu’on se trouve enceinte ». C’est très difficile de répondre à cette question, pour l’avoir justement moi-même vécu. Les seules raisons qui viennent sont souvent des réponses extérieures à nous, des raisons d’âge, d’amour, de travail, de disponibilité, d’argent. Or, apparemment, selon de nombreux psychologues qui étudient le rapport mère-fille au sujet de l’ivg, il semblerait que les raisons réelles soient la plupart du temps autres, refoulées, inconscientes, et c’est lorsque qu’elles rejaillissent, parfois plus tard, que l’on se peut se dire que si on les avaient connues, on aurait pu les affronter. Mais tout le monde n’a pas besoin ou envie de chercher dans son psychisme, et parfois, on s’en sort très bien et c’est tant mieux. Encore une fois, ce je que je déplore c’est en ce qui me concerne de ne pas avoir été prévenue, et qu’on ne m’ait pas (ni la psy, ni le médecin) demandé pourquoi j’avortais. Mais vraiment demandé, et mise en conditions de pouvoir répondre, pas juste posé une question par pure formalité. Ce fut probablement par respect pour mon choix, et c’est ce malentendu que je voudrais soulever. Selon moi, aider quelqu’un à vraiment connaître ses raisons, ce n’est pas le culpabiliser, ni l’influencer, c’est lui permettre d’effecteur un choix en pleine conscience. Et la loi actuelle, en supprimant la notion de détresse, va aggraver les choses, comme si justement il n’y avait plus rien à dire, plus rien à signaler, et on laisse chacune seule se débrouiller de son côté. Je ne demande pas que chacune soit obligée de se justifier, je demande que chacune soit mise en condition de comprendre son acte, ce qui à mon avis est très loin d’être le cas. Et cela, je dis que c’est grave pour notre équilibre psychique, et que c’est une fausse liberté que de pas pouvoir avorter en conscience, que de pas avoir la possibilité de comprendre, et que sous prétexte de nous respecter, on nous foute sur le billard sans un mot. La première fois que j’ai avorté, j’avais un doute sur le père et j’étais sur le point de partir faire des études à l’étranger. Pas vraiment le moment de me retrouver enceinte, les raisons semblaient évidentes. J’ai un peu pleuré la veille, parce que mes seins avaient gonflé, mais après l’ivg ce fut un soulagement très vif, et je suis effectivement partie faire ces études à l’étranger. Quand j’en parlais à mes copines, elle me disaient « et ça va? Et je les regardais et je leur disaient, « mais oui ça va! (ça m’énervait qu’on me regarde d’un air compatissant) Et c’était vrai, j’étais tellement contente d’être dans cette école. E plus, je me entais presque fière d’avoir vécu cet évènement, comme si j’avais franchi une étape, de je ne sais quoi, mais une étape. La deuxième fois, c’était presque à la fin de mes études, quand il fallait rentrer dans mon pays, et que j’étais en couple avec une jeune homme de ce pays d’accueil. Je me suis dit que je n’allais pas gâcher ma dernière année d’étude, et puis je voulais rentrer en France, et ma relation était passionnée et instable, bref, encore de très bonne rasions pour avorter. La troisième fois, j’avais fini mes études, j’étais rentrée en France, avec un nouvel amour, et là j’ai vraiment eu envie d’un enfant. Je suis tombée enceinte, et c’était d’ailleurs pas vraiment un accident, mais pas vraiment assumé non plus. Et là mon compagnon m’a fait peur, il voulait que je reparte à l’étranger et j’ai eu clairement peur de m’y retrouver coincée avec un enfant, il venait de quitter sa compagne, était fragile, son père mourant. Bref, panique à bord, encore un avortement. Mais là, ce fut la dépression pendant trois ans. Latente, puis lorsque ma mère a eu elle même un vrai problème mental, je me suis effondrée et je suis allée me faite soigner. J’ai parlé de ma mère pendant trois moi, je pleurais à chaque fois, et puis ensuite j’ai parlé de mes avortements pendant cinq ans. J’ai bien compris en analysant mes actes, que non seulement mes grossesses étaient inconsiemment désirées (d’ailleurs ma contraception n’était pas suffisante, et je n’ai pas pris la pilule du lendemain) mais que je me mettais surtout à chaque fois en situation de ne pas pouvoir garder ces enfants, je me créait des empêchements parce que j’avais peur de devenir mère comme ma mère. (qui a été une mère très aimante, mais très fragile psychologiquement, et une mère qui a pu donner le sentiment d’avoir « sacrifié sa vie pour ses enfants »). Bref, c’était un peu long, mais j’ai parlé de moi pour qu’on comprenne que les nuances que je souhaite exprimer sur la pertinence de l’ivg, et ses insuffisances d’encadrement ne sont pas pour blâmer les femmes, bien au contraire, mais pour peut-être éviter des gâchis, des années perdues, des fonctionnements à vides, de répétitions inutiles. ET je crois quand même que des spécialistes, en me posant quelques questions sur moi, ma vie, ma mère, auraient pu quand même m’aider à ne pas en arriver à avorter 3 fois. Enfin, la quatrième était la bonne, c’est déjà ça. D’autres n’ont même pas cette chance.

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      3. La psychanalyse est un courant à manier avec prudence. Je passerais sur ses dérives évidentes et sur sa tendance à faire culpabiliser alors qu’elle n’a pas à le faire pour en arriver à un simple point : si vous estimez que vos grossesses étaient inconsciemment désirées, il n’en va pas de même pour tout le monde. Je pourrais vous citer 10 auteurs qui penseront la même chose que vous et 10 autres qui diront tout l’inverse.

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  8. « Mais ceux qui sont contre l’IVG et que je lis le plus souvent, sont ceux qui insidieusement vous expliquent […] qu’on avorte comme on va chez son boulanger en somme. »

     » Tant que l’on part de l’idée qu’une IVG est forcément une situation lourde/grave/compliquée, et bien on aura du mal à avancer, même avec vos bons sentiments. »

    D’une part, vous vous insurgez contre les personnes qui reprochent aux femmes d’avorter de façon complètement désinvolte. D’autre part, vous vous insurgez aussi contre les personnes qui expliquent, contrairement aux premières, qu’un avortement n’est pas désinvolte et qu’en gros, on n’avorte pas comme on va chez son boulanger.

    N’est-ce pas un peu contradictoire?…
    Que soutenez-vous au final comme idée, que la décision d’avorter peut parfaitement être facile et prise à la légère? Ou pas?
    C’est bien beau de faire des doigts d’honneur à la terre entière,mais en dehors de la vulgarité (qu’on utilise souvent quand on est à court d’arguments), le plus intelligent n’est-il pas d’exposer sereinement et clairement votre point de vue?

    Ce que je note dans ces interminables débats c’est qu’autant les anti-avortement ont une position plus que tranchée, à laquelle on adhère ou pas bien sûr, autant les gens comme vous, ne font qu’attaquer les « anti » (ou jugés anti),, mais ne défendent en réalité rien.
    Un peu dommage.

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  9. Je suis contre l’avortement !! Et, je l’assume. Quand, je lis : « Ces personnes ont leur réflexion amputée, mais heureusement, il reste toujours des personnes réellement capable d’empathie, de logique et tout simplement d’intelligence. » Ça me fait doucement rigoler !! Et pourrais tout simplement vous retourner le compliment !!
    Dans cette société kleenex ou l’on se débarrasse de se qui nous gêne à la poubelle, pour recommencer derrière les même connerie, oui ça m’indigne !! Et de l’empathie j’en ressent pour ce « tas de cellule » qui n’est qu’une verrue à éliminé à vos yeux !! Le respect de la vie tout simplement, encore plus depuis que j’ai eu un enfant. Lorsque, je suis tombé enceinte de mon fils, évidement que je n’étais pas prête !! Pas de boulot, avec mon homme on faisait toutes les teufs et festival que l’on trouvé avec bien évidement tout les excès qui vont de paire… Et malgré cette peur de l’inconnue, de ne pas réussir, je n’ai jamais penser à l’avortement et vu ce qu’était ma vie à l’époque il est clair que ce n’était pas compatible avec un enfant !!! Mais voilà, les mois on passer, le changement ce sont fait progressivement et nous sommes devenue parents, une famille et pour rien au monde je n’aurais voulu renoncer à ce bonheur qui est la vie. Je suis enceinte de mon deuxième et les émotions son partager entre peur de l’inconnu et joie !! Je sais pourtant que dans 5 mois quand, je tiendrais pour la première fois ce petite être contre mon sein, oui, je sais que la peur s’envolera !! Comment ne pas être choqué par la légèreté de vos parole face à cet acte, OUI ! Mesdames, qui n’est pas anodin !!!!! Vous aviez belle est bien un future bébé dans votre ventre et non un vulgaire kyste !! Une d’entre vous à avorté à 11 semaines c’est déjà un bébé bel et bien formé qui lui n’a eu d’autre choix que de subir cette mise à mort prématuré !!! Oui, cela m’indigne !!

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