Je t’en prie, je t’en supplie, libère moi

toi
Toi,

Oui toi que je croise parfois au détour d’un miroir, toi que je n’ose regarder, sais-tu que mon souffle est coupé à chaque fois que je te distingue ? Sais-tu que ma voix se brise ? C’est tant mieux, je n’aurais pas la force de te parler, de toute façon.

Sais-tu que tu m’impressionnes ? Que tu me fais peur au point que je baisse la tête à chaque miroir, chaque vitrine, chaque glace, voiture… que je croise ?

Je n’ose te toucher, chaque centimètre de ta peau me fait frissonner, entre dégout et horrible fascination. Tes marques, tes cicatrices me rappellent tant les souffrances que tu endures.

Tu me tourmentes, parfois tu m’épouvante jusque dans mon sommeil. Tu rends mes nuits agitées et fiévreuses, je n’arrive pas à te sortir de mes pensées. Tu es partout. À chaque marche que je grimpe je te maudis, à chaque bouchée que j’avale je te hais plus fort encore.

A chaque regard des autres, chaque réflexion, je voudrais te faire disparaitre, t’enterrer loin, très loin. Toutes les paroles deviennent moqueries, tous les regards sont torves, tu fais de moi une folle paranoïaque. Tu me rends agressive et en colère, pourtant eux, n’y sont pour rien.

Pourquoi ? Pourquoi viens-tu, intrusif, t’immiscer sens cesse dans ma vie ? Vas-tu me laisser le temps de déguster ce repas ou va-t-il falloir encore que tu assailles ma tête de tourments violents qui me laissent chaque fois un peu plus épuisée, vaincue ?
Vas-tu encore me briser au point de ne pas avoir la force de me relever des semaines durant ? Vas-tu encore faire de moi ton jouet, poupée pantelante au fond d’un lit, à la merci de la souffrance et de la douleur que tu engendres. Vas-tu encore faire de moi un demi-être, une incapable, une dépendante des autres…. Une faible ?

« Ce n’est pas moi, ce n’est pas de ma faute, me dis-tu, c’est toi. C’est dans ta tête.»

Menteur ! Tu es un sale menteur ! Non… ?

Je voudrais hurler la souffrance, la douleur, l’incompréhension. La rage d’être enfermée, toi qui me diminue, qui m’empêche d’être moi.

Je t’en prie, je t’en supplie, libère moi.

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