Je crois que j’ai besoin d’aide

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Aujourd’hui, mardi 30 juillet 2013, je tombe par inadvertance sur ce blog, je me dirige directement dans la rubrique « Viols », j’ai lu tous les articles, tous sans exception, c’est horrible. Je lis, et je pleure, je ne cesse de pleurer. Je prends conscience de chercher celui qui me correspond le plus en définitive. J’ouvre « TextEdit » et je décide d’écrire, peut-être qu’en l’écrivant j’arriverai à vivre en paix avec ceci :

J’ai bientôt 20 ans, je suis ronde et je déteste mon corps et j’ai couché avec 110 mecs différents, je trouvais ça normal.
Le fait de manger beaucoup ? J’avais faim.
Le fait de coucher avec pleins de mecs ? J’aime juste séduire et changer.
Le fait d’aimer dominer les hommes ? C’est mon caractère.

Tout faux, j’avais tout faux.

Lorsque mon grand-père est décédé en 2009, j’étais au téléphone avec ma soeur lorsqu’elle m’a dit : « De toute façon il avait des choses à se faire pardonner. », Je la questionne, elle m’avoue des attouchement mais je sais qu’elle ne me dira jamais tout. Et là, un tilt dans ma tête, une remonté d’informations que j’avais délaissé remontent à la surface.

J’avais entre 8 et 10 ans, en fait je ne me souviens plus, je sais que j’étais au primaire. Tous les lundis soirs j’allais dormir chez mes grands parents. Ils venaient me chercher à l’école le soir et m’y amenaient le mardi matin, tout se passait très bien. Je dormais avec ma grand mère dans la chambre de mes grands parents et mon grand père dormait dans la chambre de ma soeur. Sauf que ce soir là, ça ne s’est pas passé de cette façon. Je m’étais endormie dans la chambre ou je couchait, ma grand mère assoupie dans le fauteuil devant la télé et d’un coup je me réveille en sursaut, sa bite devant ma tête, proche de ma bouche qui me regarde d’un air pervers en me disant « tu veux toucher ? » Ecoeurer, je suis écoeurer, j’ai envie de pleurer, je me lève, il essaye de m’en empêcher, je cours voir ma grand mère, lui avoue la chose et la réponse fatidique je ne me rappelle plus les mots employés, mais à ses yeux j’étais devenue une menteuse.

J’ai vécu ma vie en annihilant ce souvenir, jusqu’à ce fameux jour de 2009, où j’avouais à ma soeur ce lourd fardeau. Cette dernière qui l’avoua à ma mère, à ma demande.

Ma grand-mère atteinte de la maladie d’Alzheimer, obligation d’emménager cher moi, je la déteste du plus profond de mon être, je n’arrive pas à vivre sous le même toit. Sans aucune explication, je décide de m’inscrire dans un lycée à Marseille, en internat, passant tous les week-end chez ma tante. Tellement dur de cohabiter avec des gens avec qui l’on a jamais vécu, mais grâce à elle j’ai grandi et pris conscience de beaucoup de choses qui me paraissaient normales mais qui au final ne l’étaient pas :

– depuis cet épisode de mon enfance, je n’ai eu de cesse que de grossir, alternant boulimie et anorexie, avec beaucoup plus de boulimie ;
– j’ai souvent pleuré sans raison ;
– je me suis scarifiée ;
– j’ai touché au sexe à l’âge de 13 ans ;
– j’ai eu mon premier rapport sexuel à l’âge de 14 ans avec un garçon qui en avait 22 ;
– quand mon passé à ressurgi (j’avais 16 ans), le premier mois j’ai couché avec 10 mecs ;
– mon conteur affiche aujourd’hui 110 mecs.

Je me suis donc rendue compte :

– que j’étais boulimique ;
– que j’étais légèrement dépressive ;
– que pour compenser je fais des achats compulsif (mon énorme dressing représente le vide qu’il y a au fond de moi) ;
– que depuis ce jour j’ai abandonné l’idée de travailler à l’école (je viens de louper une deuxième fois mon bac S)
– que j’aimais prendre les mecs et les jeter comme de vulgaires chaussettes pour montrer le dessus que je n’ai pas eue lorsque j’étais petite ;
– que je m’attachait à quiconque me portait un peu d’attention
– que je ne supporte plus ce corps qui pour moi représente ma seule existence pour les hommes

Je pleure en écrivant ceci, je n’arrive pas à guérir, j’espère le pouvoir un jour. je me sens tellement mal, ce corps me fait mal, et ce qu’il contient aussi, je ressens souvent l’envie de mourir.
Je crois que ça fait du bien d’écrire, mais je ne veux pas le relire.

A ce qu’il parait : « Pardonner ce n’est pas oublier. C’est accepter de vivre en paix avec l’offense. »
Je crois que j’ai besoin d’aide.

9 réflexions au sujet de « Je crois que j’ai besoin d’aide »

  1. Je ne peux passer à côté de ce message, après avoir lu tes mots si touchants sans te répondre…
    Tu as vécu un traumatisme à multiples rebonds: l’agression de ton grand-père, le refus d’être cru par ta grand-mère, pour ensuite te retrouver confronter à vivre avec elle sous le même toit… Cela est amplement suffisant pour se perdre et accumuler beaucoup de souffrance !
    « Pardonner ce n’est pas oublier. C’est accepter de vivre en paix avec l’offense. » C’est joliment dit, mais le chemin est parfois long pour accéder à la paix et tu n’as que 20 ans ! Le fait de reconnaître avoir besoin d’aide est à mon sens un grand bond en avant. Maintenant, il te reste à trouver par quel moyen accéder à la paix, une psychothérapie peut être ?
    En tous les cas tu as ouvert les yeux sur tes souffrances donc tu es déjà sur la voie de la paix à mon sens, même si celle-ci ne sera pas atteinte en quelques jours, je te souhaite de tout coeur que tu la trouves rapidement.
    Je t’envoie toute mon amitié et tout mon courage.

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  2. tu sais moi je suis pas une professionnelle en psy, et je viens ici desfois pour donner mon humble avis, j’espere toujours de pas dire trop de bêtises, mais tu vois, je pense que tu as fait un enorme pas en avant, car tu décris bien ta situation, ton ressenti, tu as compris ton mal être , et d’ou il vient, surtout

    premierement, ne regrette pas les garcons que tu as eu, ou le fait que tu as mangé etc, ce qui est fait est fait, et personne ne peut dire si c’est bien ou mal apres tout, donc c etait une période de ta vie comme cela à cause certes d’un traumatisme et c’est tout, le mot c’est tout c’est pas pour dire c’est pas grave , c’est juste pour te dire, que surtout faut pas de culpabilité ni de regret

    deuxiemement, pardonner, on comprend pas bien ce mot je crois, on crois que c’est ne pas en vouloir a la personne, mais c’est plus difficile et compliqué de le faire, c’est pas pardonner au personnage, c’est vouloir etre bien, et se retrouver en liberté interieure, et donc moi je dirai accepter ce qui est arriver en comprenant pourquoi , que c’etait une personne déviante et malade (je l’excuse pas) et ta grand mere une personne de son époque et qui se faisait un denni que son mari puisse agir ainsi, donc c’est pas du pardon c’est comprendre comment les autres t on fait du mal et pourquoi, ensuite je pense que la ya un soulagement et que apres petit a petit avec un professionnel tu pourra dire lacher des mots etc, enfin lui il sait te diriger, et tu y arrivera

    troixiemement, tu es jeune et toute la vie devant, de belles choses a créer a penser , l’amour a trouver, va vers tout ce qui est beau sympa joyeux tu verras, profites d’aujourdh’ui, hier est passé il a laissé des traces mais demain tout est neuf, aujourd hui sera ton passé de demain, ne t’infliges pas alors de mauvais jours, il faut construire aujourdh’ui pour que demain tu puisses dire ouais super je me sens bien ,
    bon j’a »i l’air bargeot et pas comprehensible dans ma phrase, lol

    bisous, et tu peux etre fiere de toi je t’assure té une sacré nana car avec tout cela moi je trouve que tu as l’air hyper bien, franchement, tu mérites le bonheur,

    encore grosses bises de reconfort

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  3. Je te souhaite une douceur de vivre.
    Je sais que les traumatisme de viol et abus, et violence est difficile .
    Les multiples souffrances accumuler laisse des traces .
    Moi j`ai du faire beaucoup de deuil car `ma souffrance était au max. Ou peut- être , pas assez de courage.
    Mais j`entend et vue parler de certain plaisir qui résonne rien pour moi. J`ai essayer , essayer, essayer mais trop douloureux.
    Alors j`ai fait un deuil sur plusieurs plaisir que les gens trouve ça super. Mais pas moi.
    J`ai choisi cette façon de trouver la paix dans mon âme.
    Je choisi les combats pour moi.Peut-être pas courageur .mais….
    Tu sera dans mes pensés
    BONNE CHANCE
    Damoiseau..
    Damoiseau

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  4. Mettre des mots sur les souffrances permet déjà d’avancer… Tu viens de faire un très grand pas et pour ça je te félicite! Maintenant tu vas pouvoir avancer, petit à petit, pour apprendre à aimer ton corps à nouveau et doucement te créer une nouvelle histoire. Courage, le chemin n’est pas facile mais tu viens de faire le pas décisif, le plus difficile peut-être: la prise de conscience…

    Ton message m’a touchée parce que j’ai vécu quelque chose de semblable, il y a longtemps.. j’ai réussi, petit à petit à me reconstruire mais il reste toujours une tache sombre, quelque chose qui ressemble à de la honte et qui m’empêche de me sentir vraiment libre, vraiment moi-meme avec les autres, avec les hommes que j’ai aimé et celui que j’aime. J’aimerais être plus légère, plus insouciante, mais il reste toujours une peur, quelque part, une faille, une blessure. Ce que tu décris vient de me faire prendre conscience d’une chose: peut-etre que témoigner aussi permettrait de m’en libérer ?
    Alors je te dis merci..

    Prends soin de toi, écoute tes besoins, tes émotions, ton corps.. Ils te guideront sur la meilleure voie à suivre pour toi.

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  5. Les premières lignes m’ont interpellé car comme toi, j’écris pour me venir en aide, pour évacuer. J’avoue toutefois avoir lu en diagonale certains paragraphes mais saches que tu n’es pas seule. Cette suffocation. cette aigreur, ces angoisses… Un jour m’a mère m’a dit « tu es femme et tu es forte, c’est notre nature »… La donne n’est pas la même, je suis femme, je me force d’être forte mais il y a des jours où j’ai besoin d’être faible mais je n’ai pas le droit de craquer…

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    1. Julyaly

      Je me pose une question, c`est quoi une femme forte…

      Pour moi être forte,
      C`est reconnaïtres mes faiblesse et mes forces.

      Un jour, j`ai dit à ma thérapeute , Moi je suis forte, car je ne pleut pas .
      Je ne ressentait pas la peine car je rationalisais .
      Elle m`a dit… qu`en tu seras assez forte… tu vas pouvoir ressentir tout les émotions. Agréable et désagréable ect.

      ALORS QUE PLUSIEURS PERSONNE CROIS QUE C`EST D` ÊTRE FORT DE NE PAS PLEURE.

      Désolé j`ai de la difficulté a m`exprimer par écrit.

      Accueil toi .

      Il faut être fort pour dire…….

      bonne journée

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  6. J’aie du mâle à parlée du drame que tu vie .chaque viol est différant. le plus dure on fait confiance à cette personne de notre famille .Grasse à une Spy ma vu de x +ma vie sont anéantis le traumatisme m’a détruite . On ne peu pas s’imaginer vivre avec un loure passée ( sosialement,confiance ,regard de soi ,la santé ,pas d’amies ,la vie de couple ,,,et la peur pour c’est enfants) . le courage ni fait rien ! Les cicatrices sont la

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  7. Bonjour tout le monde j’ai comme bon nombre d’entre vous j’ai subit des traumatismes au cour de mon enfance et adolescence. Je poste mon commentaire sur ce texte car je me suis beaucoup reconnu en son auteure – A qui au passage j’adresse tout mon soutien (un gros bisou à toi si tu me lis ma belle) – J’ai vu un psy pendant un an cela m’a fait du bien d’en parler mais ce qui a vraiment été salvateur pour moi c’est l’hypnose et le bouddhisme. J’ai en effet appris lors d’une séance d’hypnose que l’on pouvait ne pas laisser les croyances néfastes engendrées par nos expériences passées influencer notre présent et notre futur (C’est pas génial ça comme découverte?! En gros on passe d’esclave de son passé à maître de son présent). Quant au bouddhisme il m’a enseigné de nouvelles croyances basées sur l’amour, la compassion, le respect… Bref tout ce dont j’ai manqué par le passé. Et ainsi cette philosophie remplace de jour en jour, au fil de mes lectures et questionnements les croyances qui me rongeaient. Je me sens en perpétuel reconditionnement depuis ce déclic. Au lieu d’être fataliste (= « avec ce qu’il m’est arrivé je ne serais jamais heureuse… ») je suis curieuse de savoir de quelle manière je pourrais m’épanouir davantage (J’ai commencé 3 danses et je pratique du sport régulièrement). Depuis j’ai davantage confiance en moi, en l’humain et surtout j’ai arrêté de me détester (par exemple je peux désormais regarder mes cicatrices de scarification sans me juger moi même et donc sans craindre un jugement extérieur : mon corps c’est moi, mes cicatrices c’est moi et je m’aime). Aimez vous, personne ne pourras le faire à votre place. Chouchoutez votre corps (ex: faire du sport) et vôtre esprit ( ex :lire « les 4 accords toltèques » un livre qui offre 4 solutions concrète pour vous « sortir d’affaire » ). Pourquoi passer sa vie à subir un événement passé au lieu de profiter, de développer son potentiel? Encore un petit message pour l’auteure : Tu as fait un premier pas en confiant ta souffrance, cela témoigne de ta volonté de ne plus souffrir et de guérir, ne t’arrête pas en si bon chemin. Bisous à toutes

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