Je me sens belle

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Mon histoire risque de surprendre, j’hésite depuis plusieurs mois à écrire ici, aujourd’hui je me lance !

Pourquoi surprendre ?

Parce que je me suis toujours sentie grosse, j’écris bien « sentie » car en regardant les photos de moi ado à présent je ne l’étais pas du tout. Je me sentais grosse parce que tout mon entourage autour de moi me le disait, me le criait.

Moqueries, insultes, humiliations, …

J’ai connu la solitude à l’école très tôt, j’ai connu les coups aussi, que je recevais puis que je donnais, seule véritable arme que je connaissais à l’époque pour me défendre, me protéger, me préserver.

Pour survivre.

Oui la cours de l’école est ingrate, les platanes s’en souviennent peut-être, les seules à m’écouter.

Mais pas que, j’ai connu les professeurs humiliants, rabaissant, violents. Ceux qui pensent que s’en prendre à l’élève fragile de la classe pour briller aux yeux des autres est ce qu’il y a de plus courageux. Un professeur me donnait même des gifles en sport. Un autre me traitait de grosse vache devant toute la classe, et je pleurais, et ils riaient.

Durant toutes ces années difficiles, je construisais ma vie seulement en moi, dans ma tête, à cette endroit mes parents étaient réconfortants et doux, mes frères protecteurs, mes professeurs soutenant et mes camarades amusants.

Et puis j’ai pu intégrer un lycée au lycée, à 100km de chez moi, en internat, où j’apprendrais l’Art et peut être même à vivre à l’extérieur aussi.

Je ne connaissais personne là bas. C’est là que j’ai découvert que j’avais un corps.

Je n’existais pas seulement à l’intérieur, dans mes pensées. J’existais aussi avec un corps.

Alors j’ai commencé à le découvrir, me toucher, à me masser, ça à commencé bêtement, j’ai acheté une crème ventre plat et la notice disait masser vous le ventre en faisant des mouvements circulaires matin et soir bon je m’exécute, et là je découvre que mon corps peut ressentir des choses, qu’il est là, qu’il est à moi, c’est le mien !

Grâce à ces petits massages anodins je prends possession de mon corps et je commence à l’aimer.

C’est le début d’une belle histoire d’amour.

Oh elle traverse des tempêtes mais elle perdure.

Aujourd’hui, je suis en surpoids, toujours, mais j’aime mon corps, chaque centimètre de mon corps. J’aime mes vergetures, j’aime mes grains de beauté, j’aime mes bourrelets, mes yeux, ma bouche, mes petites rides qui arrivent, mes sourcils bien fournit, mes poils qui repoussent trop vite, mon sexe, mon nez, mes mains …

J’aime mon corps non pas parce que je suis grosse, je l’aime parce que c’est le mien.

Depuis maintenant plus d’un an j’ai découvert pourquoi j’étais en surpoids, après une importante réforme alimentaire il y a 10 mois environ, j’ai perdu une vingtaine de kilos et je continue de perdre du poids.

J’aimais mon corps avant cette perte de poids, comme je l’aime maintenant.

Je le chouchoute, je le masse, je lui choisi de beaux vêtements, je danse, je vibre dans ce corps que j’ai cru inexistant pendant très longtemps.

Je suis intimement convaincue que la beauté d’un corps réside dans la manière dont on l’habite.

Je me sens belle ! Pour la première fois de ma vie, j’ose le dire ! J’ose l’écrire !

J’ai mis du temps à faire une photo, et puis j’ai décidé de vous montrer ce que j’aimais le plus en moi, ce petit grain de beauté très léger parfaitement déposé sur mon front entre le sixième et le septième chakras. Entre la terre et le ciel, là où je suis, là où nous sommes.

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10 réflexions au sujet de « Je me sens belle »

  1. Joli message, beau témoignage. En revanche, je frémis quand tu évoques tes professeurs. Je suis moi-même professeur en collège, et je ne connais aucun collègue qui agit comme ce que tu décris, et heureusement. Au contraire, nous sommes tous attentifs au mal-être que vivent ces ados, qui apprivoisent leur corps et souvent ne l’aiment pas, et nous nous gardons bien d’en rajouter dans ce mal-être… je suis outrée de savoir que d’autres professeurs ont l’attitude justement inverse, qui révèle aussi un manque d’humanité et de professionnalisme… Je travaille avec mes élèves de troisième sur les récits de vie, et je leur demande de parler d’eux-même, d’écrire sur eux ; ils se livrent, ils se révèlent, et quand ils me parlent de leurs complexes, de la difficulté qu’ils ont à se sentir beaux face aux diktats de la mode, face aux regards souvent cruels de leurs condisciples, je ne manque pas une occasion de leur apprendre à s’aimer, de leur expliquer qu’ils sont pour l’instant en phase de chrysalide, qu’ils se sentent chenilles, mais que bientôt, leurs corps seront papillons qu’ils pourront soigner, aimer, chérir, quelles qu’en soient les couleurs… Désolée, au nom de toute la profession, de ces profs qui ont contribué à détruire ton estime de toi, même si tu as su te détacher de leurs regards…

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  2. Bravo ! C’est si important de s’aimer… c’est la base de tout, de la confiance en soi, de la distance que l’on prend par rapport aux jugements des autres et de l’amour que l’on donne et que l’on reçoit. j’ai d’ailleurs fait un billet un peu semblable sur mon blog « A 40 ans, je m’aime enfin » … il n’est jamais trop tard ;-)

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