Lui

Lui c’est ce corps. Je ne dis pas mon corps car ce n’est pas le mien.
J’ai 24 ans. Je ne sais pas vraiment quand ça a commencé. Je dirais dans l’année de mes 20 ans. J’ai un problème avec la nourriture. Je suis capable d’ingérer des quantités de nourritures diverses et variées jusqu’à en avoir mal au ventre. Et puis après je me dégoute. ça me dégoute. Je hais la bouffe, mais elle m’enferme. ça va mieux depuis que je suis installée avec mon ami, mais des fois j’ai des crises. Quand il n’est pas là, la seule chose à laquelle je pense, c’est manger. Bouffer plutôt. et après j’ai honte, j’ai mal au ventre et je me dégoutte encore plus. Je ne pense pas que ce soit de la boulimie car c’est par épisodes, pas régulier et je ne me fais pas vomir. Je n’en ai pris conscience que l’année dernière, quand j’ai dépassé la barre des 70kilos pour 1m62.
Ce corps dans lequel je vis n’est pas le mien. C’est très étrange comme sensation. des fois je me sens bien, puis d’autres fois je me dégoutte. Quand je me vois en photo, ce n’est pas moi. Je ne me ressens pas comme je suis. C’est très étrange encore comme sensation. Ne pas avoir conscience de ce qu’on est. Je ne me vois pas aussi ronde que je suis. Pourtant, le ventre est là, les vergetures, la cellulite, les bourrelets. moi je suis dessous.
Ce corps me fait mal aussi. quand je cours. Quand je monte les escaliers. Pourtant j’essaye de lutter. Je vais à la piscine, je marche. Mais des fois, je craque. Alors je comprends bien qu’il ne peut pas lutter tout seul, mais je n’arrive pas à l’aider comme je voudrais.
Je ne sais pas quoi faire. J’étais allé voir une nutritionniste, mais je n’ai pas continué. J’ai l’impression que rien ne peut changer. des fois je chiale, puis je me dis que c’est de ma faute, que je fais souffrir ce corps qui n’est plus le mien.
Ma plus grande angoisse est que mon homme me quitte. Je sais qu’il m’aime. Mais je ne peut pas imaginer qu’il puisse aimer ce corps.
Alors j’avance avec ce poids qui m’entoure sans savoir comment m’en délester….

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15 réflexions au sujet de « Lui »

  1. Si touchée et émue par votre témoignage. Je suis aussi passée par ce stade où mon corps était un ennemi, un poids insoutenable et source de souffrance.
    Jusqu’au jour où j’ai compris que lutter ne sert à rien car plus vous combattez quelque chose, plus vous lui donnez de la force.
    Alors, tout doucement, j’ai commencé à l’apprivoiser, lui parler, en prendre soin.
    Et il me l’a rendu au centuple.
    Je parle rarement de moi mais si je le fais, c’est pour vous dire que je vous comprends…
    Pas de conseils, juste quelques suggestions que vous êtes libre d’accepter ou pas.
    Ce désamour prend racine dans les blessures profondes, que vous avez subies dans l’enfance car, même si les symptômes se sont manifestés plus tard, la cause est toujours à rechercher dans le rapport au corps de l’enfant. A-t-il été accepté, aimé, choyé ou bien dénigré et méprisé ?
    Apprendre à s’aimer est la chose la plus difficile mais c’est par là que tout passe.
    Et il est presque impossible d’y arriver toute seule. L’amour de votre ami peut vous aider mais chacune de ses absences déclenche un manque, que vous comblez par la nourriture. Et vous ne vous sentez pas digne d’être aimée, juste à cause de votre physique. Avez vous pensé que ce sont d’autres qualités qui font de vous un être « aimable » ?
    Vous êtes si jeune, désirez vous passer le reste de votre vie dans cet état ?
    Ou pouvez vous ne plus lutter mais accepter et changer les choses petit à petit, en vous faisant aider, de préférence.
    Avec toute ma tendresse…

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    1. Bonjour.
      J’ai eu une enfance très heureuse. A part le décès de mon grand père, aucun nuage à l’horizon.
      Je pense que c’est mon rapport à la nourriture qui n’est pas bon.
      Quand vous parlez de me faire aider, vous pensez à quoi?

      Je vous remercie de votre commentaire, ça me donne l’espoir de pouvoir m’en sortir un jour.

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      1. Il y a différentes sortes de thérapies brèves, j’ai lu les commentaires qui suivent et à votre question sur l’hypnose, je dirai « oui », bien entendu pas celle de foire mais l’hypnose eriksonienne, pratiquée par les psychologues ou les psychiatres.
        Cela induit juste un état modifié de conscience, vous êtes parfaitement lucide, juste profondément détendue et réceptive.
        Sinon la suggestion d’Ellona me semble judicieuse.
        Oui, il existe plusieurs sortes de boulimie et n’ayez pas honte, nous sommes si nombreuses à être passée par là et la culpabilité non seulement ne résoudra rien mais provoquera d’autres fringales.
        Vous vous en sortirez car déjà le fait de l’avoir écrit ici est un signe de votre désir de changer.
        Cela me ferai plaisir que vous nous teniez au courant et soyez plus douce avec vous…

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  2. Bonjour..

    Je ressens beaucoup de detresse dans votre article.. Je me permet de vous dire que si il est bien possible qu’il s’agisse de boulimie, elle prend differente forme.. elle se manifeste par une obsession de la nourriture, et avoir des ‘crises’ comme vous les decrivez, ça peut etre par phase, une lutte continue aussi, certaine personne arrive meme a ne jamais craquer mais porte cette obsession, ce rejet ou desir face a la nourriture.. toute les boulimiques ne se font pas vomir.. certaine ne le sont que dans la tete (tout comme les anorexiques mentales), l’etre humain à plein de variante :).
    J’ai lu votre message aussi,
    Pour vous aidez, si vous le desirez, il y a des psychologues de la nutrition, spécialisés dans les rapports que l’on a avec la nourriture..

    Bise

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    1. Bonjour,
      Je ne savais pas qu’il existe différentes sortes de boulimie… Je pensais juste avoir un manque de volonté face à la nourriture. Je vais me renseigner alors sur ces psychologue. Car vraiment ça me bouffe. ça faisait un moment que j’avais envie d’écrire ce qui me ronge. ça soulage, mais ça fait peur de mettre des mots. Car du coup on le dit au lieu de le cacher et de mentir. Je crois que c’est ça aussi qui me fait du mal, c’est de mentir dès qu’il s’agit de parler de ce que je mange… Pensez vous que l’hypnose puisse me libérer?

      Amicalement,

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  3. moi je rejoint elisabeth, j’aurai pu vous dire certaines choses comme elle
    relisez bien, je vous assure, vous etez jeune donc c’est genial, je dis cela parceque je suis plus agée, et maintenant avec le recul, bah il s’en passe des choses ds ma tete, et oui jaurai du faire cela, donc ecoutez les gens desfois plus agé vous verrez ya de bons conseils, je dis pas lol que nous sommes des vieilles memeres !!!!!!!
    bon oui, le probleme du rapport corps ame, c’est maintenant bien connu et bien cerné, alors si on a mal aux dents, on va voir le dentiste, si on a mal au corps on peut voir quelqun de specialiste, essayer au moins un mois si cela vous plait pas vous verrez on vous oblige en rien,
    tout existe dans nos tetes, dans notre vision des choses on peut changer son regard
    exemple
    si je vous dis il pleut en bretagne c’est nul pour la balade, oui bah oui c’es nul j’ai froid ca me plait pas
    si je vous dis il pleut en bretagne, c’est joli sous la pluie c’est typique, je peux faire des supers fotos, bah c’est different
    pourtant, il pleu dans les deux cas !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

    bah nous c’est pareil, notre passé,nul ou pas bien ou ce que voulez comme mots qui vous est propre, vous pouvez en donner une autre definition

    bisous, jolie femme qui ne sait pas qu’elle est jolie,
    au fait je veux dire, que si ton homme t’aime, c’est deja une preuve, pas mal je trouve, sinon il te prendrait pas ses bras, je veux pas dire que les hommes sont pervers, mais le physique compte pour eux, et apparemment tu es a son gout, donc c’est une preuve a ajouter dans ton panier tete, ensuite fait toi joli et sort avec une copine, fais le test,regardes qui te regardes, regardes si ta copine te dis woau tu es bien habillée aujourdh’ui waouh ta nouvelle coupe elle te va, (regardes l’emission relooking) fait plein plein de choses positive pour toi
    fais tout cela tranquille a ton rtyme sans te forcer, il te faut de la douceur, pepere trankil,
    faut aller vers le bon c’est tout le bonheur
    deja sur la foto, té loin d etre affreuse, franchement sur ce site beaucoup de femmes mettent des fotos et moi avec mes yeux je vois pas des moches, mais avec ses propres yeux je sais c’est pas pareil
    je dis cela idem, car mes yeux desfois m’envoient des messages, ils me disent pfffff, regarde comment tu deviens, regarde tes bourrelets, regarde les autres femmes , desfois j’ai honte aussi, des bouffees de complexes anciens reviennent, ba je dis stop j’ai un coup de blues, donc je sors mon parapluie anti blues, tiens la meteo moral est pas toujours au beau fixe,
    on a beau donner des bons conseils, tinkiet on vit toutes cela
    le plus important, allez c’est la vieille qui te parle, C EST LA SANTE
    je t’assure
    bisous encore jolie jolie jolie,

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  4. Salut.
    ça s’appelle de l’hyperphagie. il y a quelques mois j’aurais pu écrire toutes tes phrases quasiment au mot près. si tu vas sur le site hyperphagie.org, tu te reconnaitras probablement parmi les témoignages.
    je suis presque guérie (disons qu’il m’arrive encore de manger avant d’avoir faim, et un peu plus loin que la satiété). n’hésite pas à me contacter via l’adresse mail de mon blog. je pense qu’en quelques mails on pourrait discuter et que cela pourrait t’aider.

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    1. Merci pour vos messages, je me sens moins seule… en vous lisant ça me donne envie de pleurer car je mets enfin des mots sur ce « truc ». Ellona, j’ai fais un tour sur ton blog. Je vais me documenter plus en profondeur et vous tenir au courant bien sure. Merci encore :)
      Amicalement

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      1. Salut :)
        Je te souhaite beaucoup de courage. Le chemin est simple en soi (par son concept, disons qu’il n’y a pas une longue liste d’ingrédients), mais difficile. N’hésite pas à me contacter pour me donner des nouvelles ;)

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  5. Je me reconnaît dans ton témoignage. Je ne me rendait pas compte de mon corps, lorsque je me regardait dans un miroir, mais c’était sur les photos. Les photos me faisaient toujours un grand choc. Aujourd’hui encore, d’ailleurs. Petite, j’étais obèse, après le décès de mon père. Et en grandissant, je me suis affinée. Pour moi, j’étais toujours grosse. Je faisait 62 kilos pour 1 mètre 70. Et puis je me suis mise à grossir énormément. La première année, j’ai pris 5 kilos, puis ça c’est enchaîné. Après ça, je me suis mise avec mon copain. On a pris 20 kilos chacun en un peu moins de deux ans. Et je suis tombée enceinte. Quand je suis allée me peser au premier rendez-vous de ma grossesse, j’étais à 82,3 kilos. Pendant ma grossesse, je mangeait beaucoup moins aux repas, mais tout aussi mal, voire pire, et je grignotait beaucoup. Voire je me gavait. Pourtant je n’ai pris « que » 12,8 kilos. Mais mes kilos ne me dérangeaient plus, j’en était fière, je trouvais même que mon ventre n’était pas assez gros. Le comble ! J’aimais mon corps de femme enceinte. Et un jour, une amie commente une photo de moi « La grossesse te va tellement bien ! ». Sauf que voilà : cette photo, c’était AVANT ma grossesse ! J’étais donc à 95 kilos la veille de mon accouchement. Et là, c’était le choc. Et puis après l’accouchement, le ventre mou, vide, je l’aimais beaucoup moins. Je faisait 87 kilos lors du retour à la maison. Le choc de ce ventre, de ce corps, m’avait coupé la faim (ou plutot la gourmandise !). J’avais énormément de chocolat en cadeau, le rêve, et pourtant je n’y ai pas touché. J’ai mangé un macaron, ça m’avait presque fait vomir. Le dégout de ce gout sucré que j’aimais tant ! Je suis rentrée à la maison, donc, et ait tout de suite entamé un régime. Ce n’est pas très conseillé, et d’ailleurs il a été suivi de nombreux problemes de santé les deux premieres semaines, à vouloir en faire trop. Mais aujourd’hui, deux mois après l’accouchement, j’en suis à -10 kilos par rapport à quand je suis rentrée de la maternité. Mais je ne me rends pas compte de ma perte de poids. Je me regarde dans le miroir, je ne voit rien, je me regarde en photo, je me trouve énorme. Je ne sais pas où sont passés ces kilos. Et pourtant, je flotte dans mes jeans ! Il me reste d’énormes vergetures sur le ventre, qui sont heureusement en train de disparaitre grâce à ma crème miracle (une crème Lierac, je la conseille fortement !), et la peau de mon ventre est encore molle (mais je vais m’appliquer la crème Lierac, toujours, pour la fermeté du ventre/taille/hanches, une fois que j’aurai terminé ma cure anti-vergetures, j’espère qu’elle fonctionnera aussi bien !).
    Je te souhaite beaucoup de courage. Personnellement je regrette énormément de ne pas avoir fait attention. Maintenant mon image est totalement dégradée, et j’ai beau perdre du poids, je ne le voit pas, et ça me démotive énormément…

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  6. Merci encore. J’ai expliqué à mes parents en utilisant ton blog Ellona. De mettre des mots sur mes maux, c’est étrange. ça me fait peur en fait. Mais il est important pour moi que mon entourage qui « subit » un peu mon changement de caractère dû à cette « maladie », comprenne ce que je ressent face à la nourriture et qu’il puisse réagir en conséquence. J’ai pris un rendez vous chez une psychologue, j’y vais vendredi. J’ai envie de m’en sortir, maintenant que je comprends. Je vous tiendrais au courant et encore merci.

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  7. Bonjour,
    J’ai suivis les conseils, je vois une psychologue. Et punaise que ça fait du bien !! Je fais toujours des crises, mais ce n’est pas pareil. Elles sont moins importantes. Je les comprends un peu mieux. Et surtout j’apprends à accepter mon corps. Je me vois différemment. Les deux premières séances je me suis franchement demandé ce que je fichais là, puis maintenant je sais. Je m’aide à aller mieux. Car ce n’est pas parce qu’on a pas mal qu’on est pas malade. Je parle, je raconte, et elle m’aide à comprendre. J’ai encore du travail à faire pour ne plus faire de crises, mais j’ai compris que ce n’est pas un régime qu’il me faut mais bien comprendre pourquoi je fais ces crises, pour les éradiquer. C’est comme ça que je me retrouverais. Et déjà ça commence avec deux kilos en mois sur la balance, un changement de contraceptif (les hormones ce n’est pas pour moi, ça me détraque complètement). Je me sens plus épanouie, plus heureuse, écoutée et comprise. Merci :)

    Audrey

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