L’autre moi

L’hyperphagie boulimique… j’ai entendu ce mot pour la 1ère fois il y a 2 mois. Je ne savais pas que cela existait, que c’est cette maladie qui me bouffe en me faisant bouffer. Comme si cela allait me rassurer de savoir que tout n’est pas complètement de ma faute, car c’est une maladie. Comme si des problèmes extérieurs à moi pouvait expliquer ce ventre, ces bras, ce corps que je ne (re)connais pas.

J’aimerai tellement trouver la force de me séparer de cette « autre moi », qui me remplit non pas de joie mais de honte, de tristesse, de mal-être … en plus des kilos.

Je suis à la recherche de ce qui pourra m’aider à mettre fin à cette idylle forcée. J’ai essayé la psychanalyse, mais ce n’est pas pour moi. On m’a parlé de thérapie comportementale et cognitive, de gelstat thérapie, de réunions collectives….
J’ai déjà dû mal à digérer le mot « obésité sérieuse » (jeté sans ménagement par ma nutritionniste) alors comment entamer cette démarche qui je sais, va être douloureuse, va remuer des sentiments que je n’ai pas envie de remuer, des souvenirs que je préfère laisser où ils sont?

Aujourd’hui, je suis perdue, j’ai mal, je n’aime pas ce corps où j’ai l’impression d’être enfermée, prisonnière. Les gens pensent que je suis fainéante, qu’il suffirait que « je me bouge » pour retrouver ce petit 42 que j’ai perdu. Puis après tout, « il vaut mieux faire envie que pitié »…
Alors je leur dis oui, parfois je ne dis rien et je subis leur critique, leur regard de pitié, de mépris parfois malgré leurs bons mots…

Et je me tourne vers cet « autre moi », qui me consolera, qui me dira que » tout ça, ce n’est pas de ma faute : c’est celle de la thyroïde! et puis de l’hyperphagie! et puis des hormones en folie! et pis de l’arrêt du sport! ».
Elle me dira qu’il faut pas que je m’inquiète pas, que « ça va revenir quand tout ça sera réglé ». Ensuite, cet « autre moi » me fera éviter les miroirs, me fera éviter ces regards qui jugent et me réconfortera avec 2 ou 3 tablettes de chocolat et quelques gâteaux.

Un jour peut-être, je trouverai suffisamment de force en moi de dire STOP à tout ça, mais aujourd’hui l’énergie me manque, même pour pleurer …

Alors pour l’instant, je mange….

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10 réflexions au sujet de « L’autre moi »

  1. Je n’ai malheureusement aucun mot à poser ici qui permettrait d’alléger ta (je peux dire tu ?) douleur et de te faciliter les choses. Mais je prends l’engagement, au vu de ce texte, du précédent et de d’autres lus ici de toujours faire attention par la suite au regard que j’aurais sur ceux dont la silhouette n’est pas celle que j’aimerais, à commencer par la mienne d’ailleurs, que je juge si durement.
    Il est facile de croire que les gens sont responsables, sans doute parce que c’est rassurant : ça lui arrive à lui parce qu’il le mérite, mais ça ne pourrait pas m’arriver, je fais attention. Et parce qu’on est faible parfois. Et qu’il est plus facile de dénigrer les autres que de chercher à s’améliorer soi. Pardon.
    Alors si je ne peux rien faire pour t’aider directement, je vais faire en sorte de ne pas (plus ?) porter de regard de jugement sur le physique des gens et de m’intéresser à ce qu’ils sont et non à ce qu’ils paraissent.

    Bonne continuation vers une étape de ta vie où ton corps et ton serez réconciliez et où tu te plaira, que tu correspondes aux critères des autres ou non.

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  2. dur de lire ce texte dans lequel je me retrouve tellement …. éviter les miroirs, avoir envie de changer, mais non plus avoir la force …. je vous souhaite plein de courage

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  3. Bonjour,

    Je comprend ton sentiment de prison. J’ai le même :x
    J’espère que tu réussira a trouver la solution à ton problème ;/ N’y a t’il pas une opération de la thyroïde envisageable si vraiment elle déconne ?

    Courage

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    1. Hello,

      Pour répondre à ta question ( et faire ma Dr House) j’ai une maladie auto-immune de la thyroïde : mon corps fabrique des anticorps qui attaquent ma thyroïde et la détruisent petit à petit. L’opération ne servirait donc à rien :-(

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  4. Comme je te comprends.ce n’est pas de la compassion ou de la pitié,mais du partage de sentiments,de sensations.je vis la meme chose.je me dis souvent que je devrais vraiment faire quelquechose « qui marche »,pr mes filles qui grandissent et qui vont etre confrontées au regard des autres sur leur maman.puis la realité reprend le dessus,mon mal etre reprend toute la place et le besoin de remplir ce trou béant dans ma vie revient au galop.oui je pourrais cuisiner equilibrer,bouger mon gros cul du canapé,arreter de m’empiffrer toute la journée.mais ca je le faire deja.les ennuis debarquent le soir,quand je me retrouve seule face a moi meme.alors oui comme je te comprends,et comme j’aimerais te dire que tu n’es pas seule.

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  5. Je vous souhaite que l’energie vienne à vous.. je vous souhaite aussi du courage pour traverser ce periple. La renaissance viendra peut-etre pour vous aussi. Bise

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  6. je souffre aussi d’hyperphagie. c’est par période. là je suis obese, je crois. enfin mon imc dit ça, car je ne ressemble pas à une obese. j’ai aussi un pbe de thyroide, mais il est « reglé » depuis des années. je suis sous médocs.
    enfin, tout ça pour te conseiller une auteure géniale qui me permet de me réconcilier avec mon corps et de stopper mes pulsions. elle s’appelle Lise Bourbeau, elle a écrit plein de livres. je te conseille « STOP au controle ». si jamais tu l’achetes, tiens-moi au courant.

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  7. Je tiens aussi à réagir à ton billet…

    Je suis également boulimique hyperphage et g également connu l’anorexie (avant)… Bref rien de nouveau pour toi hein!!! ;)
    Tout ca c échelonné sur presque 15 ans avec de grosses prises de poids, les mots obésité sévère sont souvent apparus…
    Un jour g eu le déclic, suite à une rencontre amicale, cette amie m’a parlé d’un groupe de parole qui dépend d’une unité psy. J’ai mis 3 semaines avant d’appeler, j’ai rencontré un psychologue à 3 reprises. A notre 3è rencontre il m’a parlé des 2 voies qui s’ouvraient à moi : continuer dans ce cercle viscieux ou tenter de le rompre.
    Si je décidais de le rompre, 2 possibilités s’offraient à moi : l’hospitalisation de jour dans ce centre pour addictions (ki se fait en groupe) ou la thérapie de groupe le soir 1 fois par semaine avec rencontre régulières également avec lui.
    Je ne me suis pas décidé de suite mm si je savais ke je voulais m’en sortir et ke j’avais deja fait un boulot monstre avec ces 3 rencontres.
    J’ai donc opté pour la thérapie de groupe le soir 1 fois par semaine car ca collait mieux avec mon emploi du temps et mon nouveau depart dans la vie (je débutais une nouvelle formation).
    Ca n’a pas été simple, voir que je n’étais pas seule dans ce cas m’a aidé, entendre mes « amis TCA » parler de leurs crises, de leur vie, de leurs pbs… a été dur car ca te envoie en plein visage tes propres pbs, tes propres crises… mais ca t’aide aussi à mettre des mots sur des ressentis, à clarifier certaines idées, certains fragments de vies, de pbs qui te bloquent dans ta démarche, dans ta vie… Bref ca n’a pas été simple loin de là, je suis souvent sortie de ces rencontres anéantie mais au final apres tous ces mois à avancer d’un pas à reculer de 3 et bien je me suis rendue compte que j’avais finalement avancer et que ce fameux groupe TCA m’avait permis d’exister et m’avait donné des armes pour avancer dans la vie avec la boulimie.
    J’ai « rechuté » (oui on est tjs boulimique en soin mm si on le gere au quotidien) lorsque je suis tombée enceinte. AU depart je me suis dit ke j’allais gérer et au final les angoisses étaient là et les crises avec… J’ai à nouveau pris contact avec le groupe qui m’a proposé d’intégrer le groupe « addiction et parentalité » g commencé enceinte de 8 mois et g continué apres avoir donné naissance à ma merveilleuse petite Puce.
    Ct pas facile pour moi d’accepter de rechuter mais la grossesse avait déclencé kk chose en mois et du coup cette nouvelle thérapie m’a aidé a accepter d’etre maman, m’a aidé à voir ke gt une bonne maman, que ma boulimie n’était pas héréditaire (c con mais on le pense toute!!!), ca m’a aidé aussi au moment de la diversification car la nourriture étant un stress pour moi, ca l’était également pour les repas de ma fille… et g appris doucement à gérer ce stresse, à lui donner à manger avec plaisir et à accepter kel ne mange pas assez ce jour là ou trop un autre jour… Bref à gérer mes craintes pour ne pas ke celles ci agressent ma Puce.
    Je me suis aussi faite enlever la thyroide car comme toi g la maladie de Basedow et on c rendu compte de tout cela apres ma grossesse. Je pense réellement que cette intervention à eu son role dans la gestion et le controle de ma boulimie et de mon poids. Je le sens chaque fois ke mon taux n’est pas glop (kk petits pb de dosage il y a eu!!!).
    Depuis, g perdu du poids, c pas encore parfait (et ca ne le sera jamais) mais j’essaie chaque jour de m’accepter et d’accepter ce corps pour ce kil est et pour ce kil fait et a fait de bien.
    C pas encore mon ami mais ce n’est plus mon ennemi.
    Je te souhaite donc d’avoir ce déclic et de trouver la voie de l’appaisement et de l’estime de toi.

    Pomme

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