Prisonnière

Oui, je me sens prisonnière de ce corps, de mon ventre en particulier.

Mon ventre et moi avons une relation… conflictuelle. Il me fait souffrir de toutes les manières possibles ! Problèmes intestinaux chroniques, douleurs, infections urinaires, acidité, infertilité, calculs, vergetures, et pour couronner le tout, je lui ai infligé un anneau gastrique. Une erreur, si vous voulez mon avis, qu’il me fait payer…

Si je regarde les photos de moi enfant, et même bébé, j’ai toujours eu du ventre. Un bidon rond enfant, un petit ventre à l’adolescence et en tant que jeune femme, qui me gênait, mais que je camouflais bien. En tout cas, si je l’aurais préféré plus plat, il ne m’empêchait pas de me sentir belle, sexy, féminine… libre.

15 ans, un accident, une dépression et 35 kilos plus tard, il est plus que jamais présent. Quasiment tout mon poids en trop est concentré dans ce ventre, il est ma honte. Il me précède, il m’étouffe, il s’affiche sans que je le veuille, je désespère de le camoufler sans être vêtue d’un sac à patates ! Il cache mon pubis, il m’empêche d’aimer l’homme qui m’aime, il me tient chaud, me fait suer, me fait mal, me fait pleurer, de honte, de fatigue, de tristesse.

Peut-être suis-je ingrate ? C’est vrai qu’il m’a donné, avec un peu d’aide médicale, le plus beau cadeau du monde. Mon enfant, mon trésor, ma merveille, qui m’a transformée en maman confortable pour les siestes. Mais n’empêche… Je n’arrive toujours pas à l’aimer. Il m’en fait trop baver.

Alors je rêve… Je rêve que je m’en découpe une bonne tranche au couteau de cuisine, et que je cicatrise miraculeusement. Que je respire enfin, sans ce poids qui me compresse. Que je me trouve harmonieuse et gracieuse dans un miroir. Que je suis riche, et que je peux me faire opérer. Que je deviens moi.

Que je suis libre, enfin.

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4 réflexions au sujet de « Prisonnière »

  1. bonjour,
    je lis toujours discretement, sans laisser de commentaires, même si je suis à ce jour touchée par chaque femme qui à laissé un texte ici ..et je suis aussi admirative, je n’ai pas le cran de le faire..mes tes mots sont les miens, ils sont mes mots et mes maux aussi.

    je les partage, je les comprends je les subis aussi.

    j’imagine souvent aussi et depuis trèès longtemps de simplement couper ce ventre, le trancher et hop voilà….

    moi aussi il a donné la vie, deux fois, pour mon plus grand bonheur…et pourtant..

    bises

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  2. Ce texte j’aurais pu l’ecrire, la photo un peu différente mais tout aussi criante de vérité sur le dégout que je porte à ce corps
    « Dans la peau d’une grosse », voilà ce que je dis de moi. C’est pas sympa, ni pour moi ni pour les « grosses »
    Bref je me rends compte que la vie est bien courte, et qu’on passe 98% de sa vie à se détester… Alors ca me donne envie de changer mes pensées, mais le miroir me ramène souvent à la réalité…
    To be continued…

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  3. Merci!
    d’avoir ecrit , merci d’avoir partager ce bout de vie !
    ton récit est exactement identique au mien je fait les meme reve de trancher se ventre au couteau de cuisine et depuis toute petite ….
    je me sens moin seul …

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