Rétrécir

Quelle partie du corps décrire ….quelle partie pourrait faire appel à quelque indulgence de ma part ?.Ce corps ou je me suis senti quelque fois à l’étroit et que je voulais faire rétrécir encore un peu plus, jusqu’à disparaître mais pas mourir (où était alors la nuance…où est-ce que je la mettais cette nuance, je n’ai pas la réponse à cette question)….Ce corps, qui au contraire, il fallait qu’il se voit pour qu’on ME voit….Ce corps que j’ai maltraité sans parvenir à faire copain-copine vraiment une fois avec lui. Ce corps dont je me suis servi pour faire sortir quelque chose parce qu’il fallait que cela sorte …quoi au final je n’ai pas encore mis le doigt dessus, mais j’y travaille.

 

Ce corps qui porte alors les stigmates du temps mais aussi de mes fluctuations rapides de poids entre mes périodes d’anorexie et mes périodes de boulimie, trois grossesses, des allaitements….Ces bras flasques qui pendouillent, ces cuisses qui subissent la loi de la pesanteur de manière violente, ces seins qui n’en peuvent plus de passer du 90 B au 100 D-E…ce ventre reconstruit mais qui subit….

 

Et puis une rencontre….comme celle qu’on ne vit qu’une fois ….une parenthèse dans ma vie, le vol de ces heures….un partage sans faille, quelqu’un qui est là qui vous engueule tout en vous épaulant dans la même seconde, « bienveillant » j’ai aussi appris le sens de ce mot à côté de cette personne. Les mots justes sans pitié qui claquent, blessent et paradoxalement ouvrent des portes….

De cette rencontre, il me reste essentiellement une phrase :

 

« ton corps est un magnifique palimpseste et je l’aime pour ce qu’il est justement ».

 

J’ai du alors chercher quel était ce mot, l’inculte que je suis…Un mot jeté presque par hasard et si je ne l’avais pas si bien connu j’aurais pu le croire. Un mot qui résonne en moi, oui, ce corps est quelque chose que j’ai détruit et reconstruit de manière successive, tout en gardant l’historique des traces anciennes. Quand on le regarde : il traduit des douleurs passés mais aussi des moments de douceurs, de plaisir. Ce corps commence à doucement à n’être plus le miroir du « Tout le dedans sème le dehors et tout le dehors creuse le dedans ». Sourires…..En tout les cas ce mot qui maintenant me suit, tapi dans un coin de ma tête. Un mot qui m’apaise et me permets pas (encore mais qui sait ?) de l’aimer ce corps, non, mais de le regarder sans trop de dégoût, de le faire sien et d’accepter qu’il m’accompagne….sans me suivre, ni me précéder….

 

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Une réflexion au sujet de « Rétrécir »

  1. Comme tu le dis, il faut que ça sorte, pour le moment c’est ton corps qui encaisse, mais ton travail sur toi portera ses fruits et tu finiras par trouver les origines de tes maux. Ce peut être une accumulation de petites choses, il ne faut pas croire que c’est forcément un seul traumatisme. Puis surtout essayer de ne pas culpabiliser… Bon courage, bises.

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