R.A.S

Rien à signaler c’est vrai. C’est ce que n’importe qui pourrait se dire en me voyant dans la rue. Mince, sans tare physique apparente. On pourrait même me détester. Oui, moi et mon 38 trop grand qui me tombe sur les fesses, moi qui peux manger ce que je veux, en quantité que je veux, à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. Mais si tous ces gens savaient à quel point ça explose dans ma tête, à quel point j’abhorre mon corps.

Voilà. Vous avez le parfait exemple de la douleur invisible, donc inexistante pour les autres, ou pire encore, illégitime. Cette envie de s’ouvrir la bras du poignet au coude qui ne parle qu’à vous. Cette petite voix qui ne crie que pour vos tympans. C’est vrai après tout, qui pourrait deviner ? Personne n’est là au moment des faits. Personne n’était là pour me voir quand j’étais à l’hôpital psychiatrique pendant des mois. Personne lors des tentatives de suicide. Personne lorsque j’étais en sous-poids. Aujourd’hui toujours personne n’est là pour voir les cicatrices sur mon bras puisque je prends bien soin de les cacher avec des manches longues tout au long de l’année. Personne à nouveau n’est là pour celles de la cuisse droite. Personne encore lorsque je me penche au dessus des WC pour vomir.

Non, définitivement personne. Puis ça m’arrange bien il faut dire. Il me suffit d’un sourire pour avoir l’air « normale » et sauver les apparences dans la rue ou à la fac. Non franchement c’est génial. Bien plus facile que d’avoir à expliquer la dépression et la boulimie.

– K –

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2 réflexions au sujet de “R.A.S”

  1. Tu sais, il ne faut pas essayer de sauver les apparences mais avec une thérapie adaptée, tu dois réussir à exprimer tout cela, tout ce qui est à l’origine de ces troubles alimentaires et la dépression. Il y a toujours des raisons. Il faut les chercher, s’y confronter, ça fait mal, mais c’est un mal nécessaire. Tu vas imploser à force de tout garder en toi, alors que la vie peut offrir de belles choses. Je sais qu’on ne peut sans doute pas y croire lorsqu’on est dans cette spirale infernale, mais ce que tu vis va revenir plus fort encore dans quelques années si jamais tu n’arrives pas à extérioriser. Il y a forcément quelqu’un dans ton entourage à qui tu peux te confier, ou alors via un forum ? Es-tu suivi par un psy ? Bises et bon courage

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  2. Ton récit m’a beaucoup touchée. J’ai 17 ans et 2 ans d’hôpital psy a mon actif. Personne n’était là et maintenant tous reviennent. Ils ne voient pas les cicatrices, les larmes et les medicaments. Moi je vis avec tout le temps. Mais j’apprends à m’aimer comme ça :). Belle dans le regard de autres, difforme dans le mien, je prends mon temps pour accepter que ce corps m’appartient. Je pense très fort à toi, courage ;).

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