Cheville reconstructrice et ventre immaculé…

Cette femme existe comme un tout et non comme des parties, elle l’a compris un jour en brulant sa cheville dans un hammam. Elle vous montre sa cheville parce qu’elle en est fière. Cette cheville brulée au 3ème degré, 6 semaines de souffrance absolue, de décollage des nécroses au scalpel, millimètre par millimètre. Tous les soirs la visite de son infirmier, bien plus que cela. Un travail d’orfèvre, les mots qui soulagent quand la douleur devient intenable. Et surtout l’acceptation du corps meurtri :  » si tu veux guérir tu dois la regarder cette cheville. Elle a souffert, elle ne mérite pas en plus que tu la rejettes. Elle fait partie de toi ». Enfin mon regard accepte de se poser sur cette partie de moi, de voir les chairs à vif et presque comme un miracle la cicatrisation… au-delà de toutes les espérances. Plus encore c’est le début d’un long cheminement vers une autre vie professionnelle qui fera d’elle une thérapeute.

 

Cette femme encore. Son ventre est plat et lisse, cette fois il n’affiche pas de cicatrice à l’exception de l’exérèse d’un gros grain de beauté. Il n’a jamais donné la vie et pourtant elle est maman. Sa cicatrice elle est au fond du coeur et au fond de ses tripes alors faute de scan cardiaque et d’écho elle vous montre son nombril. Son nombril immaculé à l’extérieur, ses tripes ravagées à l’intérieur par les colites. Et ce jour où sa fille est née d’un autre ventre, ce jour où elle n’était pas à ses côtés, comment aurait-elle pu savoir ? Ce jour là elle avait écrit dans son journal  » je n’ai pas pu me rendre chez M… car j’étais pliée en deux, parcourue de douleurs et de spasmes nous avons du rentrer à la maison et j’ai du m’allonger.

Depuis elle s’est levée la nuit pour réconforter sa fille, le matin pour les biberons, elle a peur pour elle, et surtout elle rêve pour elle.

Elle est une maman pour de vrai comme son ventre ne l’indique pas.

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2 réflexions au sujet de « Cheville reconstructrice et ventre immaculé… »

  1. Moi non plus je n’étais pas au côté de mes enfants lorsqu’ils sont venus au monde. Ce n’est pas grave, elle, elle était là. Aujourd’hui c’est moi qui tiens leurs mains. Je n’ai pas de traces d’eux dans mon corps, mais pourtant ils sont si profondément ancrés en moi que jamais je ne doute de ma maternité.

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