De l’HUMANITE bordel ! (Un peu de DOUCEUR dans ce monde de bruts)

3 avr

mon corps m'appartient

Parler de mon corps, ça me parle. Tout comme lui semble savoir me parler.
Quelqu’un m’a murmuré un jour à l’oreille qu’existait la sagesse du corps. Vous en avez entendu parler?
Expérimenter, chercher un équilibre.
C’est quand même "vachement BON", comme dirait l’un.
J’ai envie de partager un petit bout de ma modeste quête ma foi bien ambitieuse… J’aime écrire des belles histoires et mon corps y participe. Quand les histoires virent au moche, tu te grouilles d’aller chercher tes crayons de couleurs pour y mettre un peu d’éclat. C’est pareil pour le corps ? oui, non ?
J’aime la spontanéité, le naturel dans les histoires; je trouve que ça les rend plus authentiques, plus jolies. C’est pareil pour le corps? oui, non?

Apprendre à (se)(re)connaître, à repérer ce qui nous correspond, devenir soi, devenir FEMME, ETRE une femme—-> ce sont les kiffs de cette vie que je choisis.

Ce texte illustré d’un bout de mon corps a pour objectif de faire passer un doux message sur l’espace public : c’est cool de vivre avec vos réalités, vos vérités tout en respectant celles des autres.

A mes enfants, A mes amours, A mes amis.
A "mon corps m’appartient".

Ma première fois

2 avr

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Cela pourra sembler très, voir trop personnel mais tant pis, je vais le faire tout de même et brièvement (ou pas finalement !).
Je veux simplement mettre des mots sur cette soirée, sur cette nuit, sur ce moment là. Parce que je m en souviendrais certainement bien longtemps si ce n est toute la vie. En fait, je ne sais pas si c est quelque chose qui marque autant que ça, si ma grand mère ou même ma maman s’en souviennent encore.
Je ne raconte pas cela pour me mettre a nue ou m en vanter (je ne vois pas en quoi je pourrais m en vanter d ailleurs) mais simplement parce que, je pense que c est une étape dans la vie d une femme et aussi parce que j aime écrire et avoir une trace des moments importants de la vie.
Certes, c est une étape importante mais je ne pense pas qu il faille sacraliser autant cette fameuse "première fois".
De nouvelles sensations, de nouvelles notion comme celles de la nudité, la pudeur, la timidité parfois et l’appréhension. C est une approche différente avec son corps, avec le corps de l autre également. Mais après tout, chaque nouvelles fois avec un partenaire n’est pas une sorte de "nouvelle première fois" ?
Mais chacun à sa propre vision des choses, alors, sacraliser cette première fois et prétendre a ce que celle ci se réalise avec une personne qu on aime, avec qui on est en couple depuis quelques mois (bah oui sinon tu passes pour une "fille facile" ou "qui couche le premier soir") je ne pense pas que c est essentiel ni même nécessaire pour que les choses se passent bien.

C était en Décembre dernier, une virée en boîte de nuit tant nous aimons danser jusqu’à en avoir mal aux pieds et des acouphènes en se couchant ! Nous sortons à nouveau et par surprise, ils sont encore là. Toujours plus beaux. Il faut alors qu’on discute.

Chose faite, nous passons une très bonne soirée tous ensembles et prévoyons de nous revoir.

Les semaines passent, nous discutons et le rendez vous est pris. Ce samedi, a la mi mars, nous nous rendrons chez eux.
La soirée se passe, nous discutons toute la soirée, nous rigolons, sans ambiguïté !
Vient le moment de se coucher. Nous jugeons finalement bon de rejoindre leurs lits respectifs, après mûre réflexion.
Je ne vous détaillerais bien entendu pas la suite des événements mais je veux tout de même en toucher deux mots.
Ma seule peur était de le regretter plus tard. Chose qui est arrivée à certaines de mes amies et que je ne veux en aucun cas ressentir moi aussi. Parce que du haut de mes 17 ans (je trouvais la phrase jolie, no comment !)je n’avais pas encore fait l’amour et c’était loin de là une quelconque honte ou je ne sais quoi, non, ce n’est en aucun cas une course.
Le principal, pour moi, n’était pas de le faire "pour le faire" mais de le faire lorsque je m’en sentirais capable, prête et lorsque j’en avais envie. Et si ce moment là arrivait avec une personne avec laquelle je ne suis pas en couple et que j’ai rencontré en boîte de nuit (et d’un côté, je n’aime pas écrire ça, c’est le stéréotype de la fille dévergondée et sans complexes)eh bien c’est comme ça ! Je me suis sentie prête, et je ne le regrette pas, pour rien au monde.
Le lendemain de cette soirée, je me suis jurée de ne jamais l’oublier. Parce que, sur le moment, on pense encore à cette fougue, au moment "tout neuf" qui vient de passer mais avec le temps, souvent, on oublie. Je ne veux pas oublier. Je veux me rappeler, toujours, que c’était un moment unique, doux, sucré, tendre. Tout était de l’ordre du respect et de la tendresse. Je ne regrette rien de rien et si c’était à refaire, je dirais mille fois oui.
Voilà comment, moi aussi j’ai dévoilé mon corps à quelqu’un. Un corps qui ne me plaît pas sur tout les points et que j’aimerais façonner selon mes envies mais ce serait bien trop facile ! Pendant ce laps de temps là, plus rien ne m’y a fait penser, j’étais juste bien.

Ca nous ronge de l’intérieur jusqu’au point de non retour

1 avr

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Quand je repense à tout ce qu’il s’est passé depuis ma naissance, je me dis que j’ai quand même eu beaucoup de force pour tout garder pour moi et de courage surtout pour continuer à avancer.

Mon enfance a été assez douloureuse. Je n’ai quasiment aucun souvenir de ces périodes, mis à part les choses qui me hantent depuis enfant.
Je suis née d’une grossesse non désirée. Mon père était alcoolique, droguée et avait fait de la prison. Ma mère était une jeune fille de 19 ans un peu paumée.
Lorsqu’elle a appris sa grossesse il était trop tard pour elle d’avorter, elle a alors caché pendant un moment sa grossesse à la famille, car ça aurait été assez mal vu selon elle.
Quelques mois après ma naissance, mon père nous a mise à la porte toute les deux. Ma mère c’est réfugié chez son père. J’ai grandi en étant trimbalé un coup chez ma mgrand-mère, un coup chez mon grand-père, mon père me gardait de temps en temps les weekends.
Ma mère a toujours reporté sur moi la colère qu’elle avait envers mon père de l’avoir traité ainsi (elle avait été battue, rabaissée…). Elle voyait mon père en moi.
Elle s’occupait rarement de moi, c’était mes grand-parent qui jouaient son rôle, pendant qu’elle sortait faire la fête avec ses copines. J’ai grandi sans avoir vraiment de mère, puisque nous n’avions jamais tissé de lien et sans père puisqu’après nous avoir mis à la porte, ma mère a tout fait pour l’éloigner de moi.

A mes 2 ans, nous sommes allé vivre dans une autre région, car elle avait rencontré un autre homme (avec qui elle a eu ma belle-soeur).
Cet homme a eu du mal à m’accepter et me l’a fait ressentir pendant des années: il m’injuriait, me rabaissait, disait que je n’étais qu’une mois que rien, que j’étais idiote, sans cerveau, il m’a maltraité (il me donnait des douches glacées, m’enfermé dans le garage dans le noir à genoux sur le paillasson le doigt en l’air pendant des heures, me donnait des claques plus que forte cul nue à répétition, il a même été jusqu’à me donner des coups dans le dos une nuit…). C’était juste horrible.
Ma propre identité en à souffert.

Mon adolescence a été elle aussi difficile. Ma mère et moi on ne faisait que s’engueuler. Cris, larmes, claquements de porte, injures étaient notre quotidien.
Tout ce qu’elle m’interdisait, je le faisais. Elle était beaucoup plus complice avec ma petite soeur, qu’avec moi. J’étais comme invisible. J’ai essayé à plusieurs reprises de tenter des gestes de tendresse (l’enlacer), mais cela la gênée.
J’ai été violé par un garçon à mes 12 ans, trop naïve…je pensais que c’était mon ami, je l’ai invité chez moi quand ma mère n’était pas là. Il a demandé à voir ma collection de CD alors nous sommes montés dans ma chambre et là j’ai vécu un enfer…(je n’expliquerait pas en détail car ça fait trop mal).
Je pense que ce garçon a du raconter des choses sur moi au collège, car une fois en rentrant chez moi (c’était un petit chemin au bord d’un canal) deux garçons m’ont suivis, j’ai marché plus vite mais ils m’ont couru après. Un m’a attrapé et plaqué contre le mur, mis la main sur la bouche et à commencé à me faire des attouchements. L’autre garçon rigolait à côté. J’avais très peur les jours suivant de faire la route à pied seule. J’ai commencé a être mal dans ma peau ensuite. Je restais enfermée dans ma chambre et n’en sortait que pour l’heure du repas ou pour aller en cours (lorsque je ne les séchait pas).

A mes 19 ans, ayant signé un contrat d’un an, j’ai profité de l’occasion pour quitter la maison. J’ai alors pris mon appartement car la vie sous le même toit que ma mère était devenue impossible. Moins on se voyait, mieux c’était.

Entre temps, j’ai fait des recherches et j’ai retrouvé mon père, j’ai repris contact avec lui. Malgré que je lui en voulais de ne pas avoir été présent, je l’avais toujours porté dans mon coeur et souhaitais le rencontrer pour apprendre à le connaître et pourquoi pas rattraper un peu le temps. J’avais besoin de savoir qui était mon géniteur et connaître un peu plus ma famille (de son côté).
Nous avons échangé des mails et des coups de téléphones pendant quasiment 3 ans (il habitait une autre région, était sous tutelle). Nous avions décidé de nous rencontrer. Il était convenu qu’il viendrait dans ma région et prendrais un hôtel pendant quelques temps pour que l’on puisse passer du temps ensemble. Il faisait son possible avec sa tutrice pour faire des économies pour réaliser ce projet. Il y était presque…
Malheureusement, le 2 décembre 2012, il est décédé sur son lit d’hôpital. L’infirmière l’a trouvé tout bleu et crispé. Il était rentré à l’hôpital pour un sevrage alcoolique, il avait décidé de s’en sortir avant de venir me rencontrer. Il voulait me prouver qu’il pouvait y arriver, car il voulait retrouver sa fille qu’il aimait tant.
J’ai très mal vécue cette période. Je suis partie en train pour les funérailles mais arrivé là bas ceux ci ont été repoussé pendant 15jours (autopsie, enquête étaient en cours car il était décédé dans un hôpital). J’ai du repartir entre temps chez moi et n’ai pas pu assister aux funérailles de mon père, car je devais être présente au travail et mes jours de congés exceptionnels étaient épuisés.
Pendant mon séjour là bas, j’ai demandé à voir le corps. Je voulais lui dire "bonjour et au revoir", au moins voir son visage en vrai une fois…ça n’a pas était possible, la dame m’a répondu : "son corps est trop endommagé, il ne vaut mieux pas que tu le vois comme ça."

Je n’ai pas eu le temps de me remettre du décès de mon père qu’en mars 2014, j’apprends que je suis enceinte. Ma 1ère grossesse, mon 1er enfant, vous n’imaginez pas mon bonheur dans ma tête. Le jour de la 1ère échographie, elle m’annonce que je suis à 8 semaine 1/2, qu’il mesure presque 5cm mais… qu’il est situé dans ma trompe droite. Je fais une grossesse extra utérine. Il faut m’opérer de toute urgence.
L’opération a eu lieu le samedi 27 avril 2013, ils m’ont enlevé mon enfant et ma trompe droite. Le père de l’enfant a préféré fuir que de me soutenir. Je suis passée à deux doigts de la mort, ma trompe avait éclatée et l’hémorragie interne commencée à être importante. Par la suite, il n’a pas été plus présent, j’ai du me débrouiller toute seule pour tout, malgré qu’il fallait que je reste coucher pour mes douleurs et cicatrices. Il m’a également rabaissée, injuriée. Peut être m’en voulait-il, je ne sais pas. En tout cas, moi oui j’avais une bonne raison de lui en vouloir, car il m’avait laissé seule.
Depuis ce jour là, mes journées sont devenues un enfer. Je voulais tant cet enfant…je l’aimais déjà tant…

Ensuite je me suis complètement renfermée sur moi-même. J’ai fait comme si tout allez bien, alors que rien n’allait, c’était dans ma tête un tourbillon d’horreur.
Jusqu’à il y a quelques semaines, où la couple pleine à céder par ces années de souffrance et d’accumulation. Me taire m’a tué à petit feu…
J’ai commencé à me mutiler le 16 mars et c’est fou mais ça me fait du bien. Je me sens tellement vide. Je ne ressens plus rien à part la douleur de tout ce qui c’est passé et la tristesse. Je ne sais pas qui je suis. Je n’ai aucune confiance en moi.
J’ai été voir le médecin le 17 mars dernier et j’ai craqué devant lui. Je n’ai pas tout raconté, je lui ai dit qu’il fallait que je vide mon sac parce que je n’en pouvait plus de vivre avec tout ce poids sur mes épaules.
Il m’a donné un traitement contre mes angoisses et me voit chaque semaine en psychothérapie maintenant.

Tout ça pour dire que, même si c’est difficile de parler des choses qui nous font mal, ça l’est encore plus si on les garde pour nous, car tôt ou tard ça nous ronge de l’intérieur jusqu’au point de non retour.

Mon corps , mes grossesses et la femme que je suis ….

6 fév

Ventre

37 ans , toutes mes dents enfin pas vraiment et ce corps de maman qui a porté 8 bébés dont 5 venus nous combler et nous faire travailler sur notre chemin de vie …..

1er bébé à 23 ans , 18 kg de prit pour avoir un joli bébé tout rond et moi qui a toujours été mince , je me retrouve avec un ventre en serpillière …
Au début je l’aime comme j’aime mon BB .
Notre puce arrive 18 mois aprés habillant encore un peu de vergetures ce ventre , ensuite c’est le tour de notre 3ième larron et là après ectte grossesse , je ne me reconnais plus , un ventre toujours rond alors que j’aborde une jolie robe de mariée , que je pars en voyage de noce dans les Iles entourées de si jolies nanas .

Mon homme m’aime comme je suis , pour moi c’est plus dur …..je ne me reconnais plus ….

Et puis je reprends le sport , des arts martiaux plusieurs fois par semaine , je perds mon poids , retrouve mon corps de jeune fille avec toujours ce ventre strié .

7 ans de sports intensifs , je pense trop tard à la chirurgie qui n’est plus remboursé .

Puis 2 autres loulous arrivent avec des grossesses superbes ou je me suis sentie si belle , juste du ventre me retrouvant à chaque accouchements plus mince qu’avant …..

Maintenant je ne pense plus à la chirurgie , j’ai accepté ce corps de femme et je l’aime comme ça , je me sens belle et sexy avec mes seins qui ont donné du lait et mon ventre zébré ;)

Je ne désire plus d’enfants , ma vie ayant pris vraiment uen autre direction plus intérieur et en même temps plus extérieur ;) J’accompagne de belles mamans pendant leure grossesses , j’accompagne de belles personnes quelque soit leur formes ;)

Popoya

Cette carapace que je hais tant

4 fév

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Avant il n’y avait pas de question, tout était fluide, avant c’était l’enfance il y avait de l’amour dans les yeux de mon père, dans les yeux de ma mère, avant c’était l’insouciance et l’inconscience.
Puis il a grandi, au premier abandon paternel il a grossi, à chaque regard d’homme son embonpoint il a poursuivi, sans questionnement, le sucre, dans cette vie, hum c’est la seule chose de bon.
Un jour il y a eu les réflexions, ce corps si lourd prenait trop de place aux yeux des autres : un sentiment de honte et de culpabilité, une incapacité à prendre du plaisir, chaque main posée me rappelle qu’il est la, qu’il est gros, trop de graisse….
La descente aux enfers, des paquets de gâteaux, des pots de glace et puis tout ce qui passe, suivi de cette envie de mourir tellement la honte est grande.
A certain moment l’incapacité de te sortir par angoisse profonde de te montrer, toi qui me fait si honte.
Puis vient cette période sans alimentation, où tu fonds comme neige au soleil, mais ne crois pas que je me sens mieux, je te vois toujours si gros, si laid, et je suis si honteuse. Et ces hommes qui me font croire qu’ils m’aiment pour mieux abuser de moi, non tu ne m’y prendras pas, je retourne à mon chocolat. Mais je ne te supporte plus à te sentir plein de graisse alors je me vide à chaque prise alimentaire, un peu plus violente chaque jour, gros que tu es, je te déteste.
Parfois j’ai envie de te tuer, parce que tu as pris 500grammes, mais le pire c’est que je sais que c’est stupide et que la vie c’est tout sauf ça, et pourtant je suis vouée à l’autodestruction, de toi, de moi, de nous.
Je sais que la vie ce n’es pas ça, j’envie les gens qui vivent pleinement, même avec 150 kg qui les enveloppe, j’ai conscience que toi c’est aussi moi et que je devrais t’aimer et pas te détester, mais c’est trop dur.
Je sais encaisser les coups, je suis une adepte de l’empathie, mais c’est simple, la honte que j’ai de vivre, cette culpabilité constante c’est mon quotidien.
Ne me parlez pas de me laisse aimer, c’est une illusion, m’aimer moi ? Mais pourquoi vu que tout ce que je suis est laid. Profitez des petits bonheurs, impossible, je suis trop utile aux autres, pas le temps pour les plaisirs de la vie,
Je continue à garder espoir qu’un jour je me sentirai libérée de ce poids, et dans tous les sens du terme….
En attendant ma vie est un combat contre moi même.

Du Marécage

1 fév

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"Vert absent/absinthe, troublant, touchant
écoeurant
Tu vas et viens, lendemain matin.
De la destinée bafouée, enterrée,
Catin puante, chantante
te lovant dans un coin,
Putain éclatante, rougeoyante,
je te tiens.
Tu es lasse, oh combien…
Tu crèves, bordel, crève en expirant
Ton haleine verte de marécage
et du message,
Retiens-le, beauté, retiens-le
Car il est maintenant imprimé en toi,
marqué au fer rouge;
Achève-le!"

Ce poème a été écrit au beau milieu de la nuit, en 3 minutes, comme un jet de vomi ou un coup de rasoir sur les bras. Il a jailli, presque malgré [moi].
Le problème, c’est qu’on écoute pas. "Ah, ça, mais c’est "normal", c’est un homme, il a des besoins, alors tu écartes les cuisses et tu fermes ta gueule.".
Et face à ça, on se sent à la fois salie (par lui) mais sans savoir pourquoi. Faudrait tout de même pas qu’une femme apprenne qu’elle a des droits sur son [propre] corps. En voilà une drôle d’idée.
Puis la suite, d’éventuels petits amis/copains/compagnons (appelez ça comme vous voulez) : "Oui, je suis pas comme ça moi, je comprends, MAIS moi je veux/moi j’ai besoin/Moi-Moi-Moi…". Marrant ça. Alors qu’on crève du besoin de compréhension, on se retrouve devant un égocentrisme primaire. Toujours eux.
Et on compte les points: "bon, alors, et les doigts, c’est un viol avec les doigts? Et avec le dos bousillé on a le droit à des points bonus?". Oui mais non, t’es coupable d’être une femme/avoir mis une tenue féminine/ne pas voir dit non distinctement (et chialer alors qu’on a les poignets maintenus au-dessus du crâne avec le poids de son corps sur le mien, ça vaut pas un non? En gros, le consentement, c’est quand ça arrange le coupable. Oui, le coupable, oui, même si je dois encore me le répéter chaque jour. )
Au final, dans ce bourbier sociétal, on recherche juste un peu de reconnaissance.

Ceci est mon corps, qui est pour vous

29 jan

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 "Ceci est mon corps,qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi". Ou plutôt,faites cela en mémoire de mon ancien moi.
J’ai longtemps cru que ce corps, cette enveloppe charnelle, cet amas de graisse, ce n’était pas le mien. Mon esprit ne méritait pas ce corps,il ne me correspondait pas. D’ailleurs je parlais de Lui en tant qu’image….Ce n’était pas MON corps, mais mon image…
J’ai longtemps cru que ces maudits kilos, que cette masse immonde était le problème de mon mal être…mon manque de confiance en moi,ce dégoût de moi, ce rejet de CE corps… Je n’avais plus qu’une seule idée en tête : me débarrasser de ces bourrelets encombrants accumulés au cours de mon existence.
J’ai longtemps cru que si j’étais grosse, c’est parce que c’était ma morphologie, ma malbouffe…Mais quelle malbouffe????? Je me privais de tout…D’ailleurs oui, de tout. Bouffe….Loisirs…Plaisir…Amitie…Amour….
J’ai longtemps cru que tout ça, c’était de ma faute. Ma vie n’est que restriction,culpabilité. Et quand je dévie du droit chemin, je me punis.
J’ai longtemps cru que priver mon corps de bouffer allait le faire maigrir. Grossière erreur. Vient mon frigo, vient que je te vide!!!!!! C’est là que la culpabilité arrive….Cercle vicieux. Vient connard de corps. Vient que je te frappe, que je martèle ce ventre de coups de poings. …Vient abruti d’estomac que je te remplisse à nouveau. Tu as voulu bouffer,ben tiens, bouffe!!!!!!!
J’ai longtemps cru que j’allais finir ma vie ainsi. Triste, pas épanouie, grosse et moche….Parce qu’il va de soi qu’une grosse, c’est moche. Et puis une grosse,c’est pas féminin. C’est vulgaire la féminité chez les grosses.
Et puis j’ai arrêté de croire. J’ai commencé à entrevoir…à comprendre. ..à espérer…Je sais ENFIN que ces kilos, je les porte comme Jésus a porté sa croix. C’est la croix de ma culpabilité, la croix de ma honte.
Aujourd’hui j’ai compris qu’il fallait que je me débarrasse de ma culpabilité pour voir ces kilos s’envoler. C’est mon chemin de croix avant ma résurrection.
Viendra le jour où je serais vivante et ce jour là, je serais libre. Libre de vivre sans culpabiliser.

Ceci n’est pas une fiction

27 jan

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Ces derniers temps, beaucoup de discussions avec des proches et aussi sur internet sur la fessée et la violence. Je suis très affectée par tout cela, je suis triste pour tous ceux qui n’ont pas la force ou le courage de reconnaître, et surtout d’avancer.

J’ai lu récemment un texte écrit du point de vue d’un enfant, qui en grandissant, subit une violence éducative assez ordinaire : tape sur la main, fessée, un jour une gifle, l’enfant tombe, se cogne à un coin de table, est hospitalisé. On ne regrette sans doute pas les deux premiers, ce sont des coups malgré tout, on regrettera sans doute la dernière, pour sa violence, parce qu’on s’est laissé emporter. Mais trop tard, la réalité est là, c’est l’escalade.
A la fin de ce texte, on peut lire "ceci est une fiction", ça fait réfléchir, peut-on encore se dire qu’une fessée ne fait pas de mal, que l’accident n’arrive qu’aux autres ?

J’ai grandi dans une famille de 4 enfants. Je ne me suis jamais considérée comme malheureuse ou battue. J’ai été malheureuse à certains moments, mais je n’ai jamais fait ce constat de dire je suis une enfant maltraitée. J’ai eu beaucoup de colère, j’avoue j’en ai encore vis à vis de mes parents. Pas pour ce que j’ai vécu, je leur accorde toute ma compréhension et ma compassion car je connais leur enfance. Enfance volée, maltraitance, alcoolisme, abus sexuels, misère sociale.
Ce sont des mots durs à lire, pourtant c’est la réalité, ce n’est pas du misérabilisme, ce n’est pas pour faire pleurer dans les chaumières.
C’est pour faire comprendre que la violence entraîne la violence.
La violence casse la relation de confiance et d’amour. Tout se répare, mais je vous assure que les cicatrices restent.
En frappant un enfant, on insinue en lui cette violence, on lui apprend que la violence est une réponse normale, légitime, et qu’en plus on peut frapper plus petit et plus faible que soit.
Mais aussi on le fragilise, on l’abîme dans sa confiance en lui même, en l’adulte, en l’autorité, en le monde.

Voilà, si j’ai encore de la colère, c’est parce que je vois ma famille, parents, frères et soeur vivant ensemble, tous enfermés dans ce cercle, je les vois tous souffrir enfermés dans un mal être.

Ceci n’est pas une fiction.

Mon père qui tape la tête de ma mère sur l’évier de la cuisine,
mon père qui me renverse un bock de bière sur la tête,
mon père qui nous met des coups de ceinture,
mon père qui rentre d’une semaine de chantier loin de sa famille à dormir comme un rat dans sa voiture et ma mère qui lui hurle dessus, qui hurle son épuisement, ses enfants dont elle en peut plus,
ma mère qui nous force à rester à table pour manger, nous qui nous faisons des coups de traître en se mettant des restes de gras dans l’assiette les uns des autres,
le petit dernier qu’on prend en grippe,
ma mère qui lui pince le nez pour qu’il mange,
ma mère qui casse une cuillère en bois sur mon frère,
ce bras, qu’on sait tous les trois lever pour mettre devant notre visage en pliant le coude, poing serré, et regarder avec aplomb, et sûrement beaucoup de haine à cet instant précis,
mes parents qui se disputent encore,
les 3 enfants, unis, pour crier à ma mère de divorcer,
mes parents qui se disputent, mon père qui pète la table basse,
les voisins qui se plaignent souvent, pas facile d’habiter au dessus de chez nous, on parle d’appeler les flics,
ma mère qui un jour enferme mon père dehors, mon père qui fait le tour, crie à la fenêtre du salon à mon petit frère de lui ouvrir, ma mère qui pleure pour qu’il n’ouvre pas, moi qui me cache dans les toilettes, mon père qui brise la vitre avec le seau à pinces à linge en métal du balcon. Je crois que mon petit frère a fait pipi sur lui.
Ma mère qui fouille dans mes affaires, moi qui traite ma mère de pute dans mon journal intime, moi qui mange 3 plaquettes de spasfon au collège, moi qui ai tant de colère…
Ma mère qui nous tape avec sa pantoufle, nous qui ne gardons jamais les nôtres au pied, je lui rendrais bien tiens,
moi qui court sur le chemin de l’école, abandonnant mon petit frère seul sur le chemin, au bord de la grande route, avec les voitures qui passent vite, et celle de ces voisins qu’on reconnaît, on aurait toujours espéré qu’ils nous emmènent,
ma mère qui ne conduit pas, qui nous fait porter des courses comme des ânes, parce qu’elle est fâchée avec mon père,
elle qui m’envoie dans un après-midi noir d’automne jusqu’à un magasin échanger une paire de chaussettes de foot que j’ai acheté en me trompant de couleur ou de taille, je fais 5km en bord de route avec des voitures qui me frôlent, et j’ai si honte dans le magasin de salir leur moquette avec mes godasses pleines de boue,
nos seules vacances en famille à la mer où un soir excédé par les pleurs de ma soeur mon père crie qu’il va l’étouffer, et tout ce dont je ne me souviens plus …

Puis toute cette violence qui continue maintenant entre eux avec mes frères, qui à leur tour, pètent des plombs, l’un menace de se suicider, traite ma sœur de façon insultante parce qu’elle s’habille comme ça , eux qui se disent des insultes, les reprochent à mes parents, tu aurais mieux fait de m’avorter, mon père qui veut les jeter dehors, ma mère qui me raconte sa souffrance et me demande de ne pas la juger…

J’ai connu tellement de familles ou c’était pareil, pire, que dans la mienne, que vraiment je pense que toute cette expérience de la violence et aussi de belles rencontres avec des gens militant pour des valeurs de respect et d’écoute, plus tard, m’ont permis d’ouvrir les yeux, surtout quand je suis devenue mère, d’affirmer ce que je ne veux pas pour ma famille. Et aussi de toutes les erreurs que j’ai pu faire.

J’ai cette violence en moi, j’aurais pu être de celles qui maltraitent, de celles qui abandonnent, de celles qui ne se sentent pas capables, trop blessée et fragilisée par des expériences sur le fil.
J’ai eu recours aux fessées avec ma grande, j’ai eu des mots durs, j’ai même donné une gifle une fois. J’ai voulu partir pensant ne plus être capable de rien.
Ce n’est pas moi qui ferais le discours du parent parfait, on a tous nos limites, nos failles et blessures, nos faiblesses, du stress et de la fatigue accumulés. Oui on peut craquer et sortir de ses gonds.
Mais c’est pour cela qu’il est important de prendre conscience de ce qu’est la violence, de faire le point sur son passé pour en guérir et surtout de lire, de s’informer, d’échanger avec des parents, se faire aider par des professionnels s’il le faut, pour briser ce cercle, ne pas reproduire.
Il faut le faire pour soi, il faut le faire pour ses enfants.
Se fixer une ligne de conduite c’est se poser des gardes fou.

Je travaille dans l’Éducation, la violence n’est pas tabou, on en parle, on cherche ensemble des solutions, on essaie de comprendre. Crier sur les enfants est déjà considéré comme de la maltraitance éducative. On a pas recours à la violence dans l’accompagnement éducatif des enfants et des jeunes, aussi difficiles soient-ils. Neill disait "Un enfant difficile est un enfant malheureux.".

Pourquoi sommes nous aussi éloignés de ce respect dans les familles ? Pourquoi encore cette peur de reconnaître, pourquoi est-ce qu’on avance pas, pourquoi frappe t-on encore ceux qui nous sont les plus chers et qui ont le plus besoin de notre protection ?

J’ai voulu témoigner pour dire que la violence détruit, mais surtout que ce n’est pas une fatalité.

Mon accident

27 jan

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Avril 2004 – Je travaille dans une supérette. Je viens d’arriver, je vois le patron monter une étagère.

Un peu plus tard il me demande de la remplir. Je monte sur un tabouret, je range des cartons de vaisselle petit à petit. Au dernier étage de l’étagère, tout s’écroule, bascule, se renverse, m’entrainant. Je tombe, je crie, j’ai mal je ne comprends pas encore, on me dégage et on appelle vite les pompiers.

Je m’assoie sur un siège de caisse, je regarde mon pied gauche, qui pend littéralement, complètement tordu vers l’intérieur, en tremblant sur lui même. Je ne m’évanouis pas.
Fracture grave de la cheville et luxation.
Quand on te réduit une luxation, sur une fracture, comme ça, comme dans les films, te te rappelles longtemps de ta douleur.

Je suis hospitalisée 15 jours, c’est long. J’ai une première opération. Quand les médecins chirurgiens viennent me voir, je pense qu’ils vont m’annoncer une bonne nouvelle, que je vais bientôt sortir.
Et bien non, c’est une fracture grave, l’intervention n’a pas été suffisante. Nouveau rendez-vous pour le bloc programmé.
Après la première, deux autres opérations pour rattraper seront nécessaires. A chaque fois je me fais prendre au piège de l’entrée du staff dans ma chambre, je suis déçue, je craque. Les infirmières me disent de ne pas pleurer.
Trois voisines de chambre se succèdent.

Jusqu’à la 3e opération, je suis complètement immobilisée. J’ai un plâtre qui pèse très lourd, je ne peux pas bouger, me lever, aller prendre une douche, aller aux WC. Au début, c’est dur, de sonner pour pisser, de sonner pour que l’infirmière vienne chercher le bac dans lequel j’ai fait caca. De se laver au gant de toilette pendant 8 jours. De pleurer de joie quand un aide-soignant me lave les cheveux dans une bassine. De devoir montrer son corps nu, comme il est.

De ne pouvoir bouger, je n’en peux plus, je fais une crise de nerf, je crie, je pleure, je me secoue, puis je me calme et m’endors.

Trois anesthésies générales, de la morphine. Mon corps en prend plein la gueule.
Ravier dents de lion : c’est le nom d’un des outils utilisé pendant mon opération, ça fait flipper hein !

Le soir je n’arrive pas à m’endormir car j’ai trop faim. Les repas ne sont pas terribles.
Mon cousin ainsi que mon amie et ses copains viennent me voir. Les visites, y’a que ça de vrai quand t’es à l’hosto, rappelles t’en toi qui ne prends pas le temps d’aller voir ta grand-mère ou ta tante handicapée. Et ce qu’ils amènent, soyons honnête : nourriture de l’âme – livres – et chocolat noir.

Quand mes opérations sont terminées et l’atèle en résine posée, on peut me promener en fauteuil. Avec mon redon accroché en bandoulière. Vision de ce sang noir, faut pas être sensible. Prendre l’air dans le parc de l’hôpital une pizza sur les genoux, respirer l’air pollué du boulevard Magenta, prendre un mauvais café dans une brasserie populaire. La vie quoi.

Pendant mon hospitalisation mon employeur ne m’aura pas fait livré de fleurs, ne sera pas venu me voir à l’hôpital qui est à 15min de la supérette à pied, ne m’aura pas téléphoné pour prendre de mes nouvelles.
Quand je sors je fais 45kg toute mouillée, mes jeans ne me tiennent plus à la taille, et mon cousin va m’acheter deux t-shirts en urgence sur le boulevard.
Quand je sors un cocon de douceur et d’attention m’entoure à nouveau. Je reste quelques jours chez mon amie. Je déménage dans un appartement en colocation, soyons folle au 8e sans ascenseur. J’apprends à me déplacer et à me débrouiller seule avec mes béquilles. Parfois la solidarité : on me laisse la place dans les transports en commun, des mecs me portent dans les escaliers du métro.

Je souris à nouveau. Je décide de rentrer chez moi en province, de redémarrer ma vie là où je l’ai quittée. Avec ma fille. Je vais la chercher.

Tout n’est pas simple. Je vis quelques jours chez mes parents puis je prends un appartement seule avec ma fille. Je n’ai jamais vu un enfant d’un an et demi aussi compréhensif qu’elle. Jamais elle ne s’est sauvée. Elle marchait au pas, se tenait à ma béquille pour traverser. On allait faire les courses à pied ensemble, moi avec mon sac à dos blindé, elle accrochée à ma béquille. J’apprends qu’être handicapée n’est pas simple au quotidien et que tu transpires pas mal pour te démerder seule.

Je suis en accident de travail pendant plus de 2 ans. Deux ans pendant lesquels officiellement, tu ne fais rien, tu attends qu’un médecin conseil te dise que tu peux vivre, reprendre une activité. Mais je ne peux pas attendre. Je me fais moi même mes piqûres dans le bide comme une grande, j’abandonne un traitement dont les effets secondaires me causent nausées et bouffées de chaleur. J’ai envie de vivre normalement. Comme médicaments et alcool ne font pas bon ménage, je préfère ne pas prendre d’anti-douleur et boire une bière de temps en temps.
Je n’ai pas le droit de poser le pied, je peux sentir la pointe de ma broche à fleur de talon. Je retourne à Paris où on m’enlève mes broches. Autre AG.
De retour chez moi, on me diagnostique une algodystrophie : ma cheville se raidit, j’ai des sensations de chaud-froid, des douleurs. Les visites chez le kiné rythment ma semaine. La douleur est mon quotidien, la débrouille mon crédo. Je me déplace aisément. Ma fille est hyper autonome.
Tant pi pour la Sécu, je retourne à la fac, termine ma licence. Qui mettrait sa vie en pause pendant deux ans ?
Mon état devient stable, je remarche, longtemps avec deux béquilles, puis une béquille, puis sans. En boitant, puis normalement. Sauf quand j’ai trop mal.

Mais ma cheville est foutue. J’ai toujours des broches, et je garde une douleur quotidienne, qui s’accentue dès que je fais trop d’activité, que je marche trop. Alors ma cheville se raidit et je ne peux plus marcher, il me faut une cane pour mettre un pied devant l’autre. Souvent c’est le soir, alors personne ne le voit.
Tout le monde a plus ou moins oublié cette période de ma vie. Ce handicap ne se voit pas donc très souvent je l’assume seule. J’ai pourtant une reconnaissance de travailleur handicapé. Que je ne mentionne pas. Mais c’était important pour moi cette reconnaissance.
J’ai aussi mené une action contre mon employeur, qui n’a pas été jugé responsable, qui a menti sur les circonstances de l’accident. Souviens toi le jour où tu es au bord de l’inconscience avec ta fracture qu’il faut prendre des photos et recueillir des témoignages. Sinon t’es baisé.

Toutes ces démarches administratives et juridiques étaient nécessaires, mais elles m’ont beaucoup déçues et déstabilisées. Tu te retrouves face à des gens pour qui tu es un pourcentage d’invalidité, un N° de Sécu, un N° de dossier, tu perds ton humanité et tu chiales ta race sur le banc du Tribunal des Affaires de la Sécurité Sociale parce que t’as posé un jour de congé, fais une heure et demi de transport, fais garder ta gamine pour assister à ton audience et qu’évidemment, ton employeur est représenté par son avocat, et que l’affaire est reportée. Tout cela a duré 7 ans.

Ça peut paraître fou mais cet accident est arrivé à un moment de ma vie (dépression, séparation et exil) où j’avais besoin d’un coup de pouce/coup de pied au cul/ bonne grosse claque de cow-boy (au choix hein). Donc c’est arrivé au bon moment en fait. Je dirais même que l’hospitalisation a été un sas dans ma vie, mon accident une étape.
La page est tournée de l’évènement, restent les blessures, qui font partie de mon corps, que jamais je n’ai cherché à cacher.
Après ça je me suis reconstruite physiquement, moralement, affectivement. Et maintenant, malgré ma douleur, malgré les escaliers montés sur la pointe des pieds, malgré les kilos accumulés, le fait que je ne pourrais plus jamais faire de patins à glace, du roller avec ma fille, apprendre à skier, porter des chaussures à talon, courir après mon fils, sauter à cloche pied, faire de la corde à sauter, ou une randonnée, malgré le fait que je ne sais pas de quoi mon futur est fait et comment je vieillirais dans ce corps déjà abîmé et souffrant, enfin je suis heureuse et j’ai une vie normale.

N.

Stabat Mater Dolorosa ? Pleurer mon IVG ?

22 jan

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Ces derniers temps, il est beaucoup question de l’IVG. Ici, parce que l’Espagne s’apprête à supprimer le droit le plus élémentaire à l’avortement, là, parce que la France vient de supprimer, à juste titre, la notion de détresse.

Ces derniers temps, je lis un peu tout et n’importe quoi sur l’IVG. Je lis des connards (et beaucoup de connasses, étrangement) qui nous sortent l’éternel discours de grenouilles de bénitier :
« L’avortement c’est le mal, vous tuez un petit être, vous abandonnez l’idée d’être maman » (allez vous noyer dans votre eau bénite).

Mais ceux qui sont contre l’IVG et que je lis le plus souvent, sont ceux qui insidieusement vous expliquent que quand même, les femmes avortent par confort, que quand même certaines avortent par facilité, que quand même certaines utilisent l’IVG comme un moyen de contraception, que quand même avec tous les moyens qui existent aujourd’hui…
Et puis quand même c’est un acte lourd, à prendre au sérieux, que ça a une incidence sur la vie de la femme, qu’aujourd’hui les femmes jouent avec leur corps n’importe comment et qu’elles n’ont plus le sens de ce que c’est qu’une vie. Qu’on avorte comme on va chez son boulanger en somme.

Et puis, il y a les pro-choix. Tout du moins ceux qui s’affichent comme tels. Qui indiquent qu’ils sont absolument pour le droit à avorter, mais qui dans le même temps sont capables d’indiquer que l’avortement est TOUJOURS une situation de détresse, que l’avortement est un acte lourd, que l’avortement n’est JAMAIS facile et que c’est une décision qui n’est pas à prendre à la légère.

A tous ceux-là (oui, tous ceux cités plus haut), je voudrais leur adresser un bon gros fuck.

Oui l’avortement peut être bien vécu, non les femmes ne culpabilisent pas TOUJOURS, non dans leur esprit elles ne sont pas enceinte d’un petit bébé dont elles vont se séparer, OUI elles vont bien, merci.

Ça a été mon cas, et quand ça s’est mal passé, c’est parce que j’ai été confrontée à des gros tocards qui ont tout fait pour rendre cette IVG compliquée, qui ont tenté de me culpabiliser ou qui ont tenté de distiller du doute en moi.

Allez-vous faire mettre, TOUS, avec votre bonne morale. Tant que l’on part de l’idée qu’une IVG est forcément une situation lourde/grave/compliquée, et bien on aura du mal à avancer, même avec vos bons sentiments.

Mais l’enfer est pavé de bonnes intentions…

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