Ces traces sur mon corps

11 juil

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Tu es en moi, tu m’appartiens autant que je t’appartiens. Je n’arrive pas à me détacher de toi, à te quitter, à te dire que tout est fini, que maintenant tu dois partir, me laisser. Tu es plus fort que moi. Tu m’étouffes, m’oppresses, me fais mal. Je ne te supporte plus, et pourtant, je te garde en moi. Je veux te jeter hors de moi une bonne fois pour toute. Tu es mon fardeau, mon poids, mes douleurs, mes tremblements, mon angoisse. Mais rien ne sort de ma bouche, pas un mot. J’emprisonne mon propre bourreau et deviens moi aussi, autant que lui, mon tortionnaire. Je suis ma pire ennemie.

Il m’emprisonne, me détruit. Il est mes larmes, ma souffrance, ma haine, mon humiliation, ma peur, ma colère, ma honte, il est tout ça, et je le garde en moi, comme un secret précieux, comme un secret honteux.
Il parvient parfois à s’échapper ; négligence involontaire ou non de la gardienne que je suis. Juste quelques signes, quelques traces, quelques marques. Dès que je m’en aperçois je les camoufle, les renferme en moi, les dissimule. Ils font partis de moi. Ils sont en moi. Je les cache derrière une bonne humeur, un sourire, un peu d’humour, je les maquille aussi, quand des yeux autres que les miens peuvent les voir. Je suis devenue douée à ce jeu de cache cache. Tellement douée que j’aimerai bien y perdre une fois, rien qu’une fois, que quelqu’un me dise « tu as perdue, je t’ai trouvé ! » , pour me décharger de ce fardeau qui devient trop lourd, qui fait trop mal, qui me pèse, m’étouffe.
Juste parce que ça ne se voit pas, ça ne s’entend pas, ça ne se dit pas. Je le crie dans ma tête, en espérant que quelqu’un l’entende. J’espère que ça puisse se voir dans mes yeux, s’évaporer par ma peau, s’échapper de mes gestes. Un non-dit qui ne peut se dire, qui ne peut que se taire et qui hurle pourtant en moi.
Quand ils transpercent ma peau en passant du rouge au violet et du violet au vert je me dis « allez ! Vas-y ! tu as des preuves ! » et je ne fais rien. Je mets des manches longues, un col un peu plus haut, du fond de teint, et ça y est ! J’efface moi-mêmes les preuves de ma non culpabilité, de la vérité, et ouvre grand la porte à la sienne. Sa vérité. Celle qui me bafoue, me dénigre, me trahie. Celle qui me fait passer pour responsable, pour folle, pour menteuse.
Sa vérité est plus forte que la mienne. Elle fait moins peur, elle est plus heureuse, elle redonne espoir. Elle me dit qu’effectivement je l’ai bien cherché ; je n’avais pas à parler comme ça, je n’avais pas à faire ça. Elle me dit que j’en fait des tonnes pour rien, que tout le monde aurait réagit de la même manière face à ce que j’ai fait, ou pas fait, elle me dit que j’exagère, encore, toujours…elle me dit que je l’ai bien méritée ; elle me dit que la coupable c’est moi.

Mon corps l’engloutit cette culpabilité, comme tout ce qui va avec. La douleur, la peur, les larmes, je ravale tout. Je les garde en moi, comme un trésor. Mon corps enfle. Je veux qu’il explose. Que tout s’en échappe. Je le veux vraiment mais je n’y parviens pas. Dès qu’une bribe se faufile hors de moi, dès que quelqu’un commence à tirer sur le fil, je m’échappe et remporte le tout avec moi. Des médecins, mon kiné ont eu des doutes que j’ai très rapidement balayés d’un revers de manche. Je m’invente des chutes dans les escaliers, des chocs contre les portes, en priant pour que malgré toute l’assurance que j’y mets, mes mensonges ne soient pas crus. Mais je mens trop bien, il faut croire.

J’ai honte. J’ai mal. Je grossis. Je suis devenue obèse. Pourtant, mon alimentation n’a pas changée. Je gonfle. Pour qu’on me voit. Mais aussi pour qu’on ne m’aime plus, qu’on ne me désire plus. Et ça marche. Même moi je me déteste.
Je ne supporte plus qu’on me touche, qu’on touche ma peau; un simple effleurement est insupportable. Me déshabiller devant quelqu’un, même un médecin est devenu impossible. Mon corps est comme un témoin, un témoin que je dois faire taire, que je dois empêcher de parler à tout prix.
Il est le témoin et la victime de mon silence.

Celui que j’ai aimé me bat. Lui dit que non, que déjà, il ne me tape pas tous les jours. Et que ce n’est pas de sa faute si je marque vite. Que je n’avais pas à lui parler comme ça. Que n’importe qui aurait réagit comme lui. Il me bat. Lui. Celui que j’ai aimé. Celui qui était mon confident, mon meilleur ami, celui que je pensais être mon âme sœur. Il me cogne, me pousse contre les murs, me tord les bras. Il me frappe. Mais je marque vite. Les bleus se font sur mon corps au moindre effleurement. Il m’a assommé. Une fois. Rien qu’une fois. Donc ça ne compte pas. C’était un accident. Puis j’ai dû faire semblant, sûrement, de voir tous ces petits points brillants devant mes yeux, de me sentir partir, de manquer d’air, de force. Son coude avait juste effleuré ma nuque. Ça ne peut pas suffire à assommer quelqu’un. J’ai dû faire semblant. Et de toute façon, je l’avais bien cherché. Les fois précédentes ne comptaient pas. J’étais enceinte ; il se défendait juste. Je les avais bien méritées ces baffes qui m’ont mises à terres et m’ont fait perdre connaissance.
Il m’a violée. Trois fois. Mais c’est de ma faute. Après avoir mis au monde notre deuxième enfant, je ne voulais pas de lui. En plus mon vagin était tellement distendu qu’il ne sentait rien. Il m’a sodomisé, trois fois, sans mon accord. Il avait plus de sensation. On est un couple, et puis on a des enfants, ce n’est pas comme si nous n’avions jamais eu de relations sexuelles. Ce n’étaient pas des viols. Je n’ai pas pleuré assez fort. Je ne l’ai pas repoussé assez fort. D’ailleurs, il ne s’en souvient même pas.
Il me crie dessus, m’insulte, me traite comme la dernière des merdes. Mais je ne me rends pas compte à quel point je le maltraite en répondant à ses insultes, en ne l’aimant plus, en refusant qu’il partage mon lit, en lui demandant de partir. Je devrais l’aimer, le respecter. Un homme se respecte. Je l’ai bien cherché. C’est de ma faute. Tout est de ma faute. Je suis mauvaise. Je suis une mauvaise femme, une mauvaise mère. Une grosse feignasse qui ne fout rien de ses dix doigts. Qui doit tellement s’ennuyer qu’elle s’invente une vie.
Ça n’arrive pas tous les jours. Pas suffisamment donc pour dire que je suis une femme battue. Je suis juste une femme qui a ce qu’elle mérite. je ne suis plus rien.

Eliaitat

L’art de la faim / Après la faim

10 juin

1- L’art de la faim

Faim, n. f. : Sensation qui traduit le besoin de manger

Sensation. Besoin de manger. Ne pas manger. Retenir la sensation. La faim remplit le vide. Elle tient compagnie. Elle devient familière. Elle est exigeante. Chaque jour réduire un peu plus ce que l’on met dans son estomac, pour l’avoir continuellement présente en soi. On n’a pas d’émotions, pas d’idées, pas de désirs, quand on a faim. L’effort perpétuel consistant à la maintenir s’empare du peu d’espace qui reste. C’est simple. Difficile mais simple.

La faim s’estompe au bout de quelques temps. D’autres sensations la remplacent. La fatigue, les douleurs, le froid. A tout le reste je deviens hermétique. Mes cheveux sont tombés cet automne-là. Je me souviens aussi d’un cours de biologie, dans une classe entièrement carrelée, d’un froid glacial en hiver. J’ai enlevé mes gants en laine, gardé mes gants de soie. Le prof m’a demandé de les retirer. Je me suis exécutée, lentement. Aucune sensation dans mes doigts devenus blancs. Silence de mort dans la salle, pudeur de mes camarades de classe. Ces gamins de 15 ans faisaient preuve d’une décence qui me crève le cœur.

Les chiffres sur la balance dégringolent. Pas que je veuille maigrir. Maigre, je l’étais déjà, avant. Les chiffres n’ont rien à voir avec ça. Ils sont un repère, une preuve matérielle de la disparition progressive du corps après que la faim s’est éteinte.

Le corps acquiert une certaine beauté, étrange et morbide, dans ce que l’absence de chair révèle du squelette, de l’architecture primaire d’un être humain débarrassé de son identité physique. L’extrême maigreur, fragilité ostentatoire, sacrificielle, est une protection vis-à-vis du monde, le signe extérieur de la folie de celle qui l’exhibe. Elle fascine. Elle fait peur. Elle isole. Elle rend intouchable.

Vient un état d’engourdissement, de semi conscience, où le moindre geste demande une totale concentration, un effort physique inouï qui brûle chaque muscle, chaque parcelle de peau, mon squelette tout entier. Mettre un pas devant l’autre, tenir un crayon, coordonner mon souffle et le mouvement de mes lèvres pour pouvoir parler. Je n’arrive plus à sourire. L’immobilité fait mal aussi. Rester debout, rester assise, rester allongée. Mais l’anesthésie s’étend. La douleur diminue. Il faut accroître encore les efforts, courir plus longtemps, dormir moins, s’exposer au froid. La douleur ne procure aucun plaisir. Elle est insupportable. Le vide l’est juste davantage.

Ma mère m’a demandé un jour « Mais qu’est-ce que tu cherches ? Tu veux mourir, c’est ça ? ». Non, je ne veux pas mourir. Mais la mort est une perspective rassurante, nécessaire, de plus en plus nécessaire à mesure que je vois mes capacités physiques et intellectuelles décliner. La mort d’une anorexique n’est pas un suicide ; c’est la solution au dilemme, la fin simultanée de la souffrance et du vide. C’est en cela qu’elle est rassurante. Elle est la seule libération accessible. La seule liberté qui reste quand il ne reste plus rien de soi.

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2- Après la faim

On m’a enfermée dans une chambre d’hôpital vide. Pas de livres, pas de téléphone, pas de visites. La seule distraction c’est le plateau repas qui arrive à heures fixes 6 fois par jour. On se met rapidement à attendre ces moments. C’est humiliant. C’est le but. Il faut « casser » la maladie. Les dégâts collatéraux ne sont pas pris en considération dans le protocole. Je fais tache dans ce service de pédiatrie. Entourée de pauvres gosses atteints de vraies pathologies, qui n’ont rien demandé à personne, je suis celle qui s’est volontairement mise dans un état maladif. Comme si c’était un choix. Que j’aurais aussi bien pu me teindre les cheveux en bleu, si je tenais tant que ça à me rebeller. J’aurais moins emmerdé le monde. On me fait sentir que je prends de la place. Plus exactement que je prends la place de quelqu’un, d’un pauvre gosse malade. L’après-midi les parents viennent voir leurs gamins cancéreux. Les portes sont vitrées, il m’est interdit de tirer le rideau devant la mienne. C’est l’heure du zoo. Chaque personne qui passe devant ma chambre marque un temps d’arrêt, observe la bête de foire.

Il faut manger, reprendre du poids, c’est la seule façon de s’en sortir. La Solution. Tu parles. J’ai juste accepté de ne pas mourir. Manger ne résout rien. A part à rentrer dans des normes de poids médicalement acceptables pour sortir de l’hôpital. La faim a tout rempli, tout défini de moi. Elle n’est plus là. Le vide a fait son retour, d’autant plus violemment que tout a été effacé. Je suis une page blanche. Je n’ai plus d’identité, je ne sais plus qui j’étais avant, et même si je le savais, je ne saurais quoi en faire. Mon corps lui-même est une page blanche ; il n’a pas d’âge, pas de sexe. Je me suis rasé la tête. Retour au point zéro.

Et puis il faut se justifier, a posteriori, de n’être pas allée jusqu’au bout. Trouver un sens au renoncement, à savoir à sa propre vie. Tout un programme. J’essaie. Rien ne m’anime, rien ne m’investit. Je ne fais que passer le temps alors que c’est le vide qu’il me faut combler. La faim n’est plus une option. C’est la petite sœur infernale de l’anorexie qui vient s’engouffrer dans la plaie béante. Boulimie. Mot détestable et sale, honteux, impossible à prononcer sans détourner les yeux. La mécanique se met rapidement en place, insidieusement, sans que l’on comprenne ce qui arrive. Remplir le vide. Se remplir. Manger, vomir, manger, vomir, encore et encore, jusqu’à épuisement. Dormir. Dissimuler les traces, effacer les marques, sauver les apparences. Recommencer.

Mes cheveux ont repoussé. Le corps reprend sa place, son âge, son identité. Ses sensations. L’intimité physique est facile quand on n’a pas d’émotions. Mais le corps, vide de substance, devient vite encombrant. Il attire les regards. L’image que l’on projette est publique. Il me vient la pensée récurrente que mon corps est par conséquent public et qu’il appartient à celui qui le regarde. Je suis terrifiée, anonyme et seule dans Paris. Je m’enferme. Je me détruis, quotidiennement, méthodiquement, rituellement. Ce que je fais depuis un certain temps déjà ; la différence est que je ne le cache plus. J’ai le visage bouffi et marqué de brûlures, des entailles dans les bras, mon poids grimpe et dégringole au rythme imposé par la peur. Les regards ne s’attardent plus.

Le souci c’est que je veux vivre. Pas que cela aille de soi, pas qu’il me reste un quelconque instinct de survie. Je veux vivre parce que j’ai pris cette décision un lundi soir dans le cabinet d’un médecin et pour cela accepté les humiliations qui allaient avec. Mais je ne peux pas vivre en enfer. Même si je sais que le bonheur ne m’est probablement pas accessible, je sais aussi que je ne vais pas pouvoir cumuler le vide, la douleur, la solitude et la honte beaucoup plus longtemps. Que je vais finir par me tuer, d’une façon ou d’une autre, plus ou moins volontairement, avant même d’avoir commencé à vivre. Cela prend du temps, de sortir de l’enfer. Mais peu à peu la peur s’estompe. La torture s’arrête. La honte est reléguée au passé. On redevient fonctionnel. Suffisamment normal aux yeux du monde extérieur. Ne reste que le vide. A nouveau.

Je commence à comprendre que le vide sera toujours là, et que, peut-être, il est ce que je possède de plus précieux. Qu’il faut l’accepter. L’assumer. L’utiliser. Utiliser l’absence de sens, de règles, de projet, comme une forme de liberté. Puisque rien n’a de sens, je n’ai rien à perdre. Je peux être inconséquente, ouvrir ma grande gueule, aimer qui bon me semble le temps d’une nuit, m’attacher, me détacher. Les sentiments ne sont qu’une construction mentale dont il est facile de s’affranchir. Et puisque demain n’aura pas plus de sens qu’aujourd’hui, je peux vivre sans entrave les moments d’ivresse. Ils sont rares, mais ils existent. J’ignore s’ils rendent le vide plus cruel ou bien si c’est le vide qui fait naître les sensations violentes, les émotions insensées. Peu importe, en réalité. Je n’ai pas d’autre choix que d’évoluer dans cette alternance de dépression et d’instants de beauté fugaces. Mais les états de grâce sont parfois suffisants pour me permettre de supporter la laideur et la médiocrité du quotidien. Et tant qu’ils existeront, j’aurai une raison de continuer à lutter contre le désespoir. Quelque chose à quoi me raccrocher. Quelque chose qui en vaut la peine.

Célibataire

10 juin

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Depuis mon premier petit ami, j’ai été très amoureuse, aimée, aimante -et priant Marie-Madeleine à qui beaucoup fut pardonné au motif qu’elle aimât beaucoup.
J’ai découvert mon corps et d’autres, le désir et le plaisir, l’intimité, la réjouissance, le goût et l’odeur, des caresses et des vertiges.
J’aime bien mon corps, et ses quelques détails agaçants sont assez légers pour qu’on cohabite avec bonheur : j’ai chevillée à l’âme une certaine gourmandise pour la vie.

Et puis voilà un an que je suis célibataire, je ne peux plus me souvenir si ça m’était déjà arrivé.
Me passer de sexe n’a pas été si difficile.
Au début.
Et puis les fenêtres ouvertes, les petits déj’ dehors, et ce truc sexuel qui pétille dans la lumière du printemps.

J’ai appris à me masturber.
Je ne savais rien : avoir trois maris bons amants vous apprend d’autres choses.

Je n’ai besoin de rien de plus que d’intimité.
Je ferme les yeux, un souvenir de désir, y prend place et lentement s’y déforme et s’entremêle d’autres émotions en fils crus, poétiques, esthétiques.
Mes mains explorent, reconnaissent et examinent des replis, des collines et des chemins, du chaud de l’humide, du si doux du plus grenu, moiteur et langueur dansant avec les images d’une rêverie décousue.

C’est la genèse d’une explosion intense et surprenante à chaque fois, dont je redescends essouflée, à deux doigts d’éclater de rire, ne faisant qu’une avec mon corps, parfaitement réjouie.

Az

Mon enfer quotidien

30 mai

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Obèse, 115kg pour 1m61, je suis obèse, difficile a dire, difficile a accepter, difficile a s’aimer…. Je me hais, je hais tout en moi, mes bras, mes jambes, mes énormes cuisses, mes hanches et ce ventre mon dieu ce ventre… Je me hais…. lors de ma quête du corps parfait j’ai testé tous ces régimes prometteurs de kilo en moins, ces médicaments qui vous filent la diarrhée et vous rendent malade….. 10kg de perdu 15 de repris….. La pilule aussi chaque changement ou reprise + 10 kg…….
Puis j’ai eu un entretient psy, je n’ai pas réussi à continuer, trop de choses sont remonté, trop de choses ont était remuer…. J’ai eu mes 2 enfants, 2 grossesses merveilleuses et qui plus et avec une énormes perte de poids 15kg pour le premier et 25kg pour mon second…. Malheureusement tous repris ou en tout cas en grande partie ! Je me hais…..

Je me sens être un «poids » et une honte pour ma famille, pour mes enfants.
Et LUI quand est ce qu’il se rendra compte du monstre que je suis devenue, quand est ce qu’il va ouvrir les yeux et se demander qu’est ce qu’il fou avec une erreur de la nature comme moi…. Quand ?
Ce regard de pitié aussi de ma mère qui se demande toujours ce qu’elle a pu louper alors que sa 2e est fine et magnifique et sportive et……..etc. Mes beaux parents qui me regardent et se demandent aussi pourquoi ? Leur fils vaut mieux que CA non ?!

Toutes ces copines qui se marrent de tout ce que je peux leurs raconter concernant mes soucis, grâces a « l’autodérision » … Oui oui faut pas croire qu’une grosse qui se fou du fait qu’elle soit grosse est une grosse bien dans sa peau…. non loin de la ! C’est une grosse meurtrie, qui en as tellement pris dans la tronche…. des boudins, ta vu ta gueule, grosse vache, tu fais des éclipses…Etc.
Les crachats que l’ont subit enfants, les insultes, les insinuations plus que douteuses sur notre existence….
bref je me hais…..

J’aimerais disparaitre et cette envie de disparaitre et accentué lorsque vient aussi le moment fatal de devoir s’habiller, s’acheter des vêtements, mettre des chaussures…. une paire de botte ? NON pas pour les grosses… Les vitrines de magasins qui affichent : « rassurez vous on va jusqu’au 42 » youhouuu je fais du 52 !
Ou celles qui n’affichent rien mais dont les vendeuses vous regardent d’un air mitiger entre la pitié, la moquerie et le dégoût ! Et quand de temps en temps y en as une qui se croit forte et qui vous balance « si c’est pour vous vous trouverez rien chez nous désolé ! »

Je me hais… Je LE hais……

Mes poils de combat : un éloge !

29 avr

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Il faudra l’avouer: au commencement il y a un homme. Il y a quelques années, il m’a dit aimer mes poils sous les bras, de les trouver extrêmement érotiques. Visuellement, mais encore plus odorifèrement. Un peu par paresse, un peu car je percevais déjà la dépilation comme une constriction, j’arrêtai de me dépiler les aisselles. Je m’aimais ainsi. Dans l’intimité, c’était devenu mon signe distinctif. Signe distinctif, mais saisonnier : avec l’arrivée de la chaleur, des robes sans manches et de la plage, je faisais place nette de ma touffe sous les bras. A contrecœur, bien sûr, et non sans noter sur mon agenda la date de cet acte apocryphe.

Les étés passés, entretemps les poils ont repoussé, et à présent je continue de résister. Au fond, nous ne sommes qu’en avril. Oui, mon acte est, sans le vouloir explicitement, un acte de résistance. Car en piscine moi j’y vais, et j’y emmène même mes poils. Inutile de le dire, je suis la seule. Quand, pendant les exercices d’aquagym –par ailleurs ridicules, il faut l’avouer- on soulève les bras, ma tache noire est la seule à se révéler. Je n’en ai pas honte, même si parfois je remarque que mes poils ont le pouvoir de réveiller auprès des couples de copines cette espèce de complicité féminine qui peut être très bête et agaçante. Je m’en fiche royalement, mais n’empêche que mon excentricité pilifère me met beaucoup de tristesse car elle marque l’homicide consensuel de la variété des corps et de leur naturel qui est si magnifique.

Je ne veux pas assimiler mes aisselles poilues à un acte de résistance féministe : je me méfie des catégorisation et en plus dans ce cas il n’y en a aucun besoin. Simplement, moi j’aime les poils. J’aime leur consistance soyeuse, j’aime l’odeur qu’ils retiennent et j’adore que le nez de mon aimant puisse s’y faufiler. L’existence de ma petite forêt de l’étage du dessus ne devrait pas représenter un acte de résistance. Et pourtant…

La dépilation est désormais devenue une vraie dictature. Complice le porno, complice l’incroyable chiffre d’affaires de l’industrie de l’épilation, complice un diktat culturel qui court après un faux hygiénisme. Complice trop de femmes consentantes.

Femmes, je voudrais venir chez vous cacher vos rasoirs, détourner vos chemins quand vous allez dépenser votre argent dans les centres esthétiques. Venez avec moi dans la forêt des libertés. Faites avec moi l’éloge des nos corps et de leur naturel. Pas non plus d’obligation aux poils, mais une invitation complice à reconsidérer leur rôle et leur beauté. Contre l’esclavage de l’épilation et pour la célébration de notre diversité. Que cet éloge soit un antidote à la solitude pilifère.
-Giulia

Le langage de mon corps, et moi

29 avr

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 Mon corps et moi c’est l’histoire de deux choses qui ne parlent pas le même langage et qui doivent cohabiter.
Ce que je vais dire est banal …

J’ai 20 ans, plutôt musclée. l’année dernière je faisais 40Kg après un été à travailler en accrobranche … et à compter chaque calorie. Pourtant ce que je retient de cet été c’est la sensation de bien être qui m’habitais. Le matin je me regardais dans un grand miroir et pour la première fois je sentais que mon corps et mon esprit était d’accord. J’étais belle. Et les mains des hommes sur moi ne faisait que le confirmer. Volage cet été et léger … si léger.
Puis voilà la rentrée, les cours, la ville, le stress … Le poids, la cellulite qui reviens alors qu’avant même en serrant les fesses ma peau restait obstinément lisse. Mon ventre … petit ventre alors que mes abdos étaient saillants.
Je me regarde chaque jours en détail et pince tous le gras en trop pour me rappeler que je ne suis pas tel que je devrais être.
J’aimerais tant revenir en arrière … pendant ces deux moi ou mon corps et moi on parlais un peu la même langue.

Je suis une salope …et alors?

29 avr

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Étrange de se sentir salope avec mon enfance brisée…
Oui, je suis une salope au sens où j’aime le sexe. J’aime qu’un homme me désire, me caresse, me baise, me fasse jouir.
Et pourtant, qui aurait pu le croire…. Moi, la jeune femme coincée, timide, craignant le regard des hommes.

A huit ans, un pote de mon grand frère vient dans ma chambre en pleine nuit. Il soulève mes couvertures et fait de moi son jouet. Je ne suis plus une petite fille. Tout cela dure environ un an, jusqu’à son déménagement. Mais le mal est là. Du haut de mon enfance, je me sens coupable. S’il a fait ça, c’est parce que je suis jolie, mince, gentille. Timide et ne contestant pas l’autorité.

« Tu aurais pu te défendre ! » Mais comment se défendre quand on a huit ans. Quand on se sent honteuse. Qu’on se dit que c’est de sa faute. Et comment supporter que malgré l’horreur de ces attouchements, on ait pu éprouver une forme de plaisir? Impossible.

Il m’a fallu plus de 20 ans pour tolérer d’appeler ça un viol. Pour comprendre que non, je ne suis coupable de rien. Pour accepter que le plaisir que j’ai eu était un plaisir purement mécanique, et que parfois, même avec du dégoût, il y a le plaisir mécanique contre lequel on ne peut pas faire grand chose.

Ce viol a déterminé ma vie de femme d’une manière inimaginable…

Adolescente, j’étais effrayé par le regard des garçons. Des formes qui viennent très tôt, alors la seule solution pour ne plus être désirable est de grossir. Grossir encore. Encore. Encore. Ne plus être désirable mais juste une baleine dont on se moque. Après tout, je l’avais mérité.

Et ce mensonge qui enfle au creux du ventre. Ce mensonge à tout le monde, les parents, les frangins, les copines. Alors il en faut de la place pour le cacher ce mensonge.

Jeune femme, ma première expérience se fait à 19 ans. Gentille expérience, ça ne va pas bien loin. Mais voilà, je ne fais confiance à aucun homme. Je me sens honteuse du décalage entre mes désirs , mes envies de pluralité, masculine et féminine, et ma sexualité hyper coincée. Où je ne m’autorise rien. Même une fellation me débecte.

28 ans… Je divorce. Je couche avec mon meilleur ami. Je découvre alors que baiser, peut aussi être synonyme de douceur, de tendresse, et de plaisir mutuel. Oui, moi aussi je peux, et j’ai le droit d’avoir du plaisir. Oui, j’ai le droit d’avoir envie de certaines choses.

Deux ans plus tard, j’ai des sex friends. Pas un seul, mais plusieurs. Cette situation me convient. Tout doucement, j’apaise mes blessures. Petit à petit, je reprends confiance en moi. Je découvre ma sexualité. J’aime le sexe, plus que je ne pouvais y songer. Je découvre mon plaisir qui est particulier. Fait d’orgasmes multiples, répétés, qui s’enchaînent. Je découvre que j’aime être dominée. Et surtout, j’accepte enfin ma bisexualité. Mon désir de plusieurs partenaires en même temps.

Mais tout n’est pas aussi simple. Le changement est trop soudain pour moi. Les flash backs du passé reviennent dans mon sommeil. Je passe en auto destruction. Je passe dans les tentatives de sexe SM. Je sais que je m’auto détruit. Pourtant, je continue. Jusqu’à ce que je craque. Je me retrouve chez celui qui m’a ouvert les portes de mes désirs cachés, en position foetale. Pleurant sans pouvoir me calmer, et lui me tenant pour ne pas que perde totalement pied, me suppliant d’aller voir un psy…

Trois mois plus tard, je suis chez une psy. Et je lâche ce lourd secret que je tenais dans mon ventre depuis plus de 20 ans. Pourtant, je ne pleure pas, je suis très calme. Je sens que mon ventre s’allège, se vide peu à peu pendant la séance.

Aujourd’hui, j’ai rencontré un homme. Qui ne connaît pas encore ce secret, mais à qui je le dirai car je sais qu’il saura comment réagir, comment garder ce secret. Et est ce que je suis toujours une salope ? Oui, bien sûr ! Parce que j’aime quand il me fait l’amour ou quand il me baise. Mais avec lui, ma sexualité est différente. Plus belle, apaisante…

Dans ma seconde vie qu’est Internet

29 avr

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 En y réfléchissant, j’aurais pu avoir une vie heureuse et sans problème.
Après tout, mes parents m’aiment malgré la difficulté que présente mon père à communiquer et ma sœur semble m’apprécier malgré notre manque évident de complicité. Je vis correctement, je mange à ma faim tous les jours, je suis habillée et j’ai même accès au besoin superflu que représente internet. C’est d’ailleurs ce dernier qui a déréglé ce semblant d’harmonie pour laisser place à un joyeux calvaire.

Déjà gamine, je ne me sentais pas adaptée totalement dans la société qui m’entourait. Pourtant jamais seule, je ne me suis jamais totalement sentie intégrée dans mon groupe. J’ai toujours regardé les relations que se créaient les filles entre elles avec une certaine distance. Je les ai d’abord enviés, désirant moi aussi connaître ses liens si forts qui les unissaient puis, je les aie considérées comme un tas de mensonges et de faux-semblants. Avec les garçons c’était assez semblable, j’en étais entourée dans le milieu scolaire sans pourtant pouvoir en attirer un quelconque regard. Dès mes onze ans j’ai souffert de ce manque d’attention tandis qu’internet m’ouvrait grand les bras. Un endroit merveilleux, n’est-ce pas ? Où tout semble possible, des milliers… que dis-je ? Des millions et des millions de personnes accessibles, un réseau immense d’amis potentiels. Les jeunes de mon âge me semblaient peu intéressants étant donné qu’on m’avait conforté dans l’idée que j’étais trop mature pour eux. Alors, j’ai cherché à m’élever en traînant dans des endroits où seuls les adultes se logeaient, je m’y faisais passer la bas pour beaucoup plus vieille sans réelles difficultés, c’est toujours plus facile lorsqu’on pianote sur un clavier d’ordinateur. Bien que je ne me souviens pas de la qualité de mes discussions, celles-ci ne semblaient pas trop mals pour une gamine de onze ans. J’étais peut-être un peu plus mature mais je restais une enfant et… les enfants sont vulnérables.

Dans cette seconde vie que m’apportait internet, j’étais fière de mes mensonges qui m’apportaient une grande distraction. L’on dit bien qu’il ne faut pas jouer avec le feu puisque j’ai rencontré sur internet un homme. Je dis bien un homme puisqu’il avait trente-sept ans tandis que j’étais sur la fin de mes onze ans. J’ai discuté avec cet homme durant longtemps, aussi bien à l’écrit qu’en vocal – ma voix grave me permettait de me faire passer pour beaucoup plus vieille que je ne l’étais -. Puis, au fur et à mesure des conversations, cet homme qui me pensait être une jeune femme d’une vingtaine d’années à commencer à me faire la cour. C’était la première fois que quelqu’un s’intéressait à moi et je vous confie que cela a flatté mon égau à un plus haut point. Ainsi, je promettais déjà à cet homme monts et merveilles lui faisaient croire à une future romance dans la vraie vie. J’étais donc en couple sur internet avec un homme qui avait plus du double de mon âge et qui fut bientôt plus gourmand en demandant des photos de ma personne. Alors, je me suis contentée de lui donner une pauvre photo de très mauvaise qualité de moi-même qui pouvait laisser croire que j’étais beaucoup plus âgée. Mais les hommes sont friands de ces choses, il en demandait encore mais… je refusais. En contrepartie, j’ai accepté d’échanger quelques mots sensuels avec lui au téléphone. J’étais si excitée de pouvoir plaire que je ne me rendais pas compte de la bêtise qui m’envahissait. Ainsi, ma première masturbation au téléphone faite, il en suivit d’autres…
L’homme proposa de me voir, plusieurs fois, je refusais mais il insistait. Alors un jour, j’ai accepté… J’étais dans un immense pétrin, que faire . J’ai donc pris mon courage à deux mains, et j’ai envoyé un SMS pour dire que je ne voulais plus de cette relation. Cela peut sembler ridicule mais même par le biais d’internet une gamine de douze ans peut s’attacher à un homme de trente-sept ans, j’ai donc pleuré toutes les larmes de mon corps.

Mais, l’homme revint vers moi, il était réellement blessé de cette "rupture" et tenait à l’image idéale que je lui donnais de moi. Comment résister à la promesse d’une jeune et jolie blonde de vingt ans ? C’est alors que j’ai continué à mentir, me plaisant presque à jouer avec cet homme qui était à cette heure victime de moi. Il m’a plu de lui raconter que j’étais en couple dans la vraie vie avec un autre homme mais que celui-ci était méchant avec ma personne et m’avait même frappé. Inutile de préciser que j’étais perturbée mais l’on peut remarquer que j’avais un certain goût pour les mélodrames. Et… dans ce cycle infernal, j’étais à nouveau pendu virtuellement à ses bras. J’ai continué la découverte de ma sexualité via ses instructions quand j’ai craqué à nouveau. Je lui ai à nouveau inventé un immense mensonge pour lui expliquer notre rupture. Mais, lorsqu’il est revenu vers moi j’ai trouvé bon de ne plus lui mentir qu’à moitié. En effet, je lui ai avoué que j’étais mineure et pour ne pas le choquer totalement que je lui ai à nouveau menti sur mon âge. Tandis que je lui disais que j’avais quatorze ans, j’en avais en vérité douze ans et demi.
C’est alors que l’improbable s’est produit. Alors, que je m’étais préparée à me faire jeter par l’homme à qui je m’étais indéniablement attaché, celui-ci a trouvé bon de me dire que malgré tout il m’aimait et qu’il voulait tout de même me rencontrer en vrai. Eh bien, j’étais "amoureuse" alors, j’ai dit oui

Ma première rencontre avec cet homme n’a pas été comme je le pensais. Je maudis aujourd’hui ce jour qui n’a fait que m’embourber dans un cercle vicieux dont j’ai eu du mal à sortir.
C’était en mars il me semble et je me rappelle tout à fait encore comment j’étais habillée, j’allais prendre mes treize ans dans quelques mois. Il était là dans sa voiture et je suis montée, on a parlé puis… il m’a embrassé. Nous avons à nouveau parlé lorsqu’il m’a présenté son sexe. Je n’en avais jamais vu alors il a trouvé judicieux de me montrer à quoi ça ressemblait. MAIS BORDEL MÊME SI J’ÉTAIS CENSÉE AVOIR QUATORZE ANS ON NE MONTRE PAS SON SEXE A UNE FILLE DE QUATORZE ANS QUAND ON EN A PLUS DU DOUBLE ! Eh oui j’ai touché son sexe, et oui celui-ci a même atterri dans ma bouche, je n’avais même pas encore douze ans et j’étais totalement inconsciente de mes actes…
Et puis, nous sommes partis à l’hôtel, j’étais curieuse, trop curieuse pour mon âge. Ma première fois s’est donc déroulée dans un hôtel bas de gamme avec un homme qui avait deux enfants plus âgés que moi.
Après cet acte, je me suis sentie obligée de révéler quelques semaines plus tard à cet homme que j’étais plus jeune qu’il ne le pensait, j’allais en effet bientôt prendre mes treize ans, j’en avais donc douze. Il était en pleurs et répétait "Je suis un pédophile, je suis un pédophile". J’ai cru que c’était fini pour de bon, je pleurais également, j’étais attachée.
Pourtant, il a dit qu’il m’aimait malgré tout et qu’il voulait rester avec moi, il m’a demandé de mettre ma webcam et de me masturber devant lui.

Ainsi, j’ai eu une relation amoureuse avec un homme qui avait plus du double de mon âge pendant plus d’un an, c’est-à-dire jusqu’à mes quatorze ans. Je mentais à mes parents en leur disant que j’allais voir des amies. Chacun moi il venait un week-end et nous nous retrouvions dans un hôtel pour avoir des relations sexuelles. Nous étions comme un couple finalement, on sortait au restaurant, on s’offrait des cadeaux. Pourtant un truc clochait, nos âges. Nous nous tentions de nous persuader que ce n’était qu’un détail et qu’à mes dix-huit ans tout irait mieux et que notre amour serait légalisé aux yeux de la loi. Ainsi nous nous cachions…
Puis mes quatorze ans passés, le corps de cet homme a commencé à me dégoûté, lorsqu’il venait je me forçais à coucher avec lui.
Énormément de disputes plus tard, j’ai décidé de rompre mais j’étais malgré moi rattacher à lui, après tout, c’était…mon premier amour…
Avec mon consentement il est revenu me voir uniquement pour du sexe. J’étais perturbée, je ne savais plus où j’en étais, il m’écœurait. Il est reparti puis via internet il a menacé de diffuser des photos de moi nue. Il ne l’a pas fait. J’ai coupé tous les ponts avec lui et j’ai décidé de ne plus jamais le revoir.

Aujourd’hui j’ai seize ans. Cette expérience n’a pas marqué que mon corps, elle a fait bien plus que ça. Elle m’a marquée tout entière, elle est irréversible, indélébile. Elle reste présente, dissimulée dans un coin de ma tête tandis que je tente d’avancer. Quinconce vous dira que je suis une adolescente normale car personne ne sait. Personne ne doit savoir. Elle reste là enfouie à tout jamais, bouillonnante, toujours prête à éclater. Personne ne doit savoir. Alors, personne ne sait et je suis seule face à cela, bien trop effrayée devant les conséquences qu’une poignée de mots pourrait déclencher.

Ma vie sentimentale et sexuelle ne s’est pas arrêtée pour autant.
Dans la suite de ma rupture j’ai connu des préliminaires pathétiques avec un garçon de dix-neuf ans qui après avoir obtenu son éjaculation a prétendu s’en vouloir étant donné mes quatorze ans. Je l’aimais.
L’année dernière, quelques jours seulement après m’être mise en couple avec un garçon j’ai faits des préliminaires avec celui-ci. Nous nous sommes quittés même pas après un mois de relation. Je ne l’aimais pas.
Durant les vacances d’été j’ai couché avec un garçon de nombreuses fois. Je ne l’aimais pas.
Durant les dernières vacances j’ai faits des préliminaires avec un même garçon dans des toilettes lors de deux soirées alcoolisées. Je ne l’aimais pas.
Le fait d’avoir d’autres expériences sexuelles m’aide peut-être à avancer. Elles effacent mes débuts et me permettent de faire disparaître peu à peu le mot "Pédophilie" de ma tête.

Mais je me sens sale, je me blâme en me disant qu’il n’est pas normal que je prenne du plaisir à ces actes étant donné mon passé. Mon passé a gâché mon enfance, a bafoué mon innocence et me pourrit encore pourtant, je ne sais sur qui remettre la faute. J’étais une enfant perturbée, je ne sais pas qui il était. Impossible de définir exactement ce passé.
Je n’ai pas grande confiance en mon avenir, j’ai l’impression de me laisser sombrer peu a peu. Je ne prend goût qu’aux plaisir facile, renonce devant toute difficulté, je n’ai aucune motivation et le sentiment que je vais finir mal.

A toi

28 avr

a toi

Faut que j’en parle, il le faut bien un jour, je dois dire ce que je ne pourrais jamais te dire en face que c’est par ta faute que je suis comme cela, toi que je considérer tant, toi qui m’a vu grandir et qui disait m’aimer, toi qui m’a fait souffrir et qui n’a d’ailleurs pas fini, oui à toi mon ancien meilleur ami as-tu prit conscience qu’à cause de toi ma vie n’a plus de sens?
Voilà j’ai subi un tsunami, pas n’importe quel tsunami celui qui ne cesse de te détruire, je suis comme un volcan, je brûle mais jamais je ne m’éteins, je suis morte au fond de moi et toi tu es bien vivant.
Moi je ne m’en sors pas, tandis que toi tu es heureux. Tout le monde parle de toi en bien, MA famille, Mes amies et moi je suis là, condamnées au silence parce qu’il ne faut pas salir ta réputation, attouchée, laissée comme cela, comme une moins que rien, comme un objet sans aucune valeur, tu étais tout pour moi !!!Cela ne signifie rien pour toi alors !!!Moi à moitié, mi violé, mi saine et sauve. J’ai droit à quoi moi?
Me souillais et obliger de continuer de te côtoyer ne t’a pas suffi, il a fallu que tu sois apprécié par ma famille, tes gestes, tes sourires de côtés, ta voix, à l’aide, à l’aide je n’en peux plus….
Je cherche comment en parler, quel terme dois-je utilisé, j’utilise le mot viol mais ce terme me semble trop violant. Un silence si pesant au bout de 8 ans, ma parole se libère peu à peu, je veux passer à autre chose, mais le chemin reste encore long.
Il m’a volait m’on insouciance et volé mon enfance, il a réduit mes rêvent et a fait les cauchemars accompagnée mes nuits. Comment oublier il me suffit juste d’être allongé durant des heures et de fermer mes yeux pour revivre ce cauchemar, parfois je me réveille et je ne peux m’empêcher d’haïr la vie et de me haïr.
Mais j’ai voulu disparaître, parfois je me sens sale et je suis dégouté au fond de moi, j’ai haï les hommes comme jamais je ne pouvais haïr et peut après je me suis haïe, je me sentais brûlait lorsque l’homme me touchaient, dégouter lorsqu’il me regarder ou me draguait, les câlins m’insupporte, les bisous aussi, même leurs compliments à mes oreilles sonnent faux. J’avais un besoin de reprendre le contrôle de mon corps ne plus rien manger être maigre ne plus avoir ses formes qui encouragent l’homme à me regarder, me faire vomir me scarifier en gros m’autodétruire de toute les façons c’est ce que je méritais chercher une solution pour ne pas attirait le regard de l’homme sur moi puisque c’est à cause de ce corps que j’ai étais violer.
J’ai mal X ne vois-tu pas que je souffre? Comment tu ne peux pas le voir, car devant toi la peur peut se lire dans mes yeux et malgré moi j’affiche devant toi ce mal que tu m’as infligé. J’aimerais que l’on m’enlève ce poids sur mon cœur, ne serais ce qu’une journée juste pour souffler, je ne demande pas beaucoup mais juste une petite journée.
Les autres me regardent, vite je dois sourire me montrer heureuse, faire la conne devant eux, car il ne faut pas qu’ils le sachent, il ne faut pas qu’ils le voient, mais malgré tous ces efforts j’ai l’impression qu’ils le voient quand même, est-ce marquer sur mon front que j’ai subi un traumatisme?
Je suis en larme et je ne vois plus rien, mais je tape toujours, X pourquoi me fait tu ça, ai-je méritais tout cela!!??REPOND MOI, je ne suis pas quelqu’un de bien c’est ça? Il est 00h et après tant de cauchemars je suis la assise par terre, ivre encore une fois, seule chez moi, ma bouteille comme seule compagnie, 8 ans après tu me fais toujours cet effet, cet effet ou je me sens misérable, une moins que rien.
Il n’existe pas de mots assez fort pour exprimer ce que tu m’as fait, j’aimerais pouvoir être enfin moi, est ce qu’un jour j’aurais la chance d’être cette fille-là ?
Aujourd’hui à bientôt 20 ans j’ai la sensation que ma vie est fini, alors que je devrais seulement la découvrir, à mes yeux le viol est une souffrance incomparable, tu sais j’aurais aimé disparaitre après, plutôt que de vivre toute ma vie avec ce souvenir qui me hante.
Personne ne peut comprendre, parce que les gens ne sont pas vous. Personne ne peut comprendre ce que je ressens moi à l’intérieur. Difficile d’être comprise, parler ces ceux que les gens disent, mais au début les gens nous entourent, seulement à un moment ils oublient, mais pas moi et c’est ce qui est le plus dur c’est que jamais je ne pourrais oublier.
8 ans après je m’accroche à ceux que la vie ma réservée et me réserve, à mes amie et à ma famille à mes rencontre d’un instant, à mes expériences amoureuses (qui sont d’ailleurs lamentable) et amicales, aux gens qui arrivent et qui repartent et a ceux qui y reste, je me suis façonnée ma bulle l’endroit où j’oublie tout , ou tout est rose et magnifique sa peut faire rire plus d’un mais moi ça me tient en vie, la détruire c’est me détruire ne pas chercher à y rentrer elle n’est faite que pour moi.
J’ai mis 3 jours à taper ces lignes, 3 jours waw j’aurais jamais penser y mettre autant de temps j’ai eu peur de cet lettre de la lire et de la relire et de la taper car ces mon histoire en fait , pas celle d’une autre la mienne la pire de tous, l’encre noir indélébile sur ma vie !taper, effacer, réfléchir au bon mot ,je n’es pas pu faire semblant d’avoir oublié cet histoire puisqu’en fait elle est ancrer en moi, j’ai la haine a certain passage j’ai ce dégout qui a étais encore plus fort et qui m’a empêcher de manger correctement durant ces 3 jours, au bout de ces 8 ans je n’es toujours pas fait le deuil de ce qui m’est arrivée je n’es pas mis de mot sur ma souffrance puisque très tôt j’ai voulu tourner cette page et je ne suis pas prête de la retourner, je ne mentirais pas je me sens un peu mieux de l’avoir dit, et lorsque j’apprends que des jeunes filles voir des garçons qui ont subi cela n’ont pas su ce relevé j’ai mal et une larme coule de mes yeux car je me dit que ça aurait pu être moi.
Chaque viol commis, chaque agression me ramène à mon histoire car même si chaque histoire est différente la peur est la même pour tout le monde, et la vie d’après dur pour chaque personne.
A celui que je croyais connaître, j’espère qu’un jour la haine que j’ai envers toi puisse s’atténuer, et qu’arrivé à te pardonner et ne plus continuer de te voir puisse m’aider à avancer.
Méli-mélo.

De l’HUMANITE bordel ! (Un peu de DOUCEUR dans ce monde de bruts)

3 avr

mon corps m'appartient

Parler de mon corps, ça me parle. Tout comme lui semble savoir me parler.
Quelqu’un m’a murmuré un jour à l’oreille qu’existait la sagesse du corps. Vous en avez entendu parler?
Expérimenter, chercher un équilibre.
C’est quand même "vachement BON", comme dirait l’un.
J’ai envie de partager un petit bout de ma modeste quête ma foi bien ambitieuse… J’aime écrire des belles histoires et mon corps y participe. Quand les histoires virent au moche, tu te grouilles d’aller chercher tes crayons de couleurs pour y mettre un peu d’éclat. C’est pareil pour le corps ? oui, non ?
J’aime la spontanéité, le naturel dans les histoires; je trouve que ça les rend plus authentiques, plus jolies. C’est pareil pour le corps? oui, non?

Apprendre à (se)(re)connaître, à repérer ce qui nous correspond, devenir soi, devenir FEMME, ETRE une femme—-> ce sont les kiffs de cette vie que je choisis.

Ce texte illustré d’un bout de mon corps a pour objectif de faire passer un doux message sur l’espace public : c’est cool de vivre avec vos réalités, vos vérités tout en respectant celles des autres.

A mes enfants, A mes amours, A mes amis.
A "mon corps m’appartient".

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